indiscrétions
- gossip witch est bavarde -


L’homme en Jupe On a vu semblerait-il un sang pur jouer les transformistes au Cirque Avery. Nous n’avons pas encore de nom mais son jeune âge semble indiquer que son travestissement est une quête identitaire !

La tête d’enterrement N'est-il pas courant que lorsque l'on perd un être cher, on verse quelques larmes ? Eh bien si la mort de l'Actrice Louise de Montmorency emeut les foules, sa fille ne semble pas bien touchée. Etrange non ?

Le dimanche au Pays de Galles c'est le jour des mariages Il y a des évènements heureux dans ce monde enfin si l'union forcée et arrangéeest un évènement heureux ! Desmond Meadowes s'est débarassé de sa plus jeune soeur, reste la plus vielle des deux.




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In the Dark of the Night, the faintest light is brighting • Deslynn

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Parchemin envoyé Lun 23 Avr - 19:19

- I am Odedient, what else ? -
Je suis : Enaira , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 09/04/2018 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 26 hiboux. J’incarne : Caitlin Stasey , et l’avatar que je porte a été créé par : Aidadubourg Je parle en : #FFFF66



Je suis âgé de : 27 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. J’ai juré allégeance : à personne, je suis complètement perdu(e) et je ne sais pas sur quel pied danser, ni à quels saints me vouer. Côté cœur, : je suis mariée, bien que je n'en ai aucun souvenir. Le doux prénom de Desmond ne m'évoque plus rien si ce n'est un questionnement intense.
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In the Dark of the Night

Sept mois. Voilà sept mois que j’arpentais ces couloirs, cherchant des réponses derrière chaque pierre, derrière chaque ornement. Mais rien. Le vide. Le trou noir. Le néant. Il n’y avait aucune réponse à trouver car aucun souvenir capable de m’aider à poser les questions adéquates. Les seuls qui tournaient dans mon esprit étaient Pourquoi ? et Est-ce vrai ?. Je doutais inlassablement de tout ce qui m’entourait, de la véracité même de cet univers dans lequel j’évoluais. Sept longs mois de doute, ponctué par des retrouvailles familiales avec le seul cercle en qui je pouvais avoir confiance : les Peverell. Pas tous, non. Mais Gideon et Galen étaient mes phares dans ce brouillard, m’offrant une main secourable pour m’aider à me relever de cet enfer dans lequel j’avais plongé.

La nuit était tombée sur le manoir des Meadowes, nouvelle journée passée dans ce monde étranger qui se devait être familier. J’étais loup dans la bergerie, étrangère parmi les miens, me contentant de sourire poliment, creusant désespérément dans ma cervelle pour espérer voir des bribes de souvenir faire surface. Tous se donnaient beaucoup de peine, passant la journée à essayer d’activer un souvenir en partageant des anecdotes qui, disaient-ils, me concernaient, essayant de raviver tous mes sens avec une saveur particulière dans un plat spécifique, une odeur, un objet… Mais les efforts étaient vains et, au fond de moi, la petite voix qui me hurlait que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve duquel je me réveillerais ne cessait plus de m’alerter du danger de la situation, de ce mariage qui ne me disait rien. Jour après jour, secrètement, je perdais la foi et je me renfermais sur moi-même, incapable de savoir en qui faire confiance. Entrouvrant la porte de sa chambre, mes yeux se posèrent sur cette silhouette, allongée dans un lit qui se voulait princier. Je déglutis avec difficulté, ne souhaitant pas le réveiller. Juste l’observer.

Qu’il était difficile de se savoir unie à un homme dont, finalement, on ignorait tout. Desmond était là, allongée, dormant certainement d’un profond sommeil réparateur. Ce sommeil, moi, jamais je ne saurai le retrouver. Je ne dormais plus vraiment depuis ma fuite d’Ecosse, mes pensées ne cessant de marteler mon crâne avec rage, cherchant à me faire passer un message, certainement. Mariée. J’étais mariée à cet homme brun aux yeux clairs, charmants si on oubliait un instant que découvrir le pot aux roses avait été un choc. Je le revois encore passer le seuil de la porte, son regard transparaissant d’émotions contradictoires alors que, la seule chose à laquelle il m’avait été donné de penser à ce moment là avait été Qui est-ce ?. Les explications qu’il avait apportées avaient alors été un océan trouble et tumultueux, désireux de me noyer sous des flots sombres. Et puis, il avait abordé Isolde. Notre fille. Ma fille. J’étais mère et jamais je n’en avais eu la moindre idée. Perdue, détachée de cette réalité, j’avais finalement préféré fuir. Fuir ce qui semblait être des mensonges, me rattachant à des paroles prononcées par un inconnu qui, malgré lui, avait su me faire entendre sa version des faits. Peut-être cet anneau que je portai et gravé de son nom avait été l’élément nécessaire ?

Je refermai délicatement la porte, reprenant ma route dans les couloirs du manoir endormi, errant tel un fantôme abandonné de tous mais surtout par lui-même. Guenièvre. Le prénom de ma cousine me revint en mémoire, provoquant un frisson contre lequel je ne sus lutter, frémissant des pieds à la tête de cette sensation étrange qu’elle me laissait. Durant des années, je n’avais compris sa jalousie déplacée, maladive, presque dévastatrice. Puis, était venue la confiance. Comment avais-je pu y croire aussi simplement ? Comment avais-je pu penser qu’elle n’était nourrie que de bonnes intentions à mon égard après ce passé commun ? Quelle idiote. Quelle naïveté. J’avais été le dindon d’une farce des plus terrible, et je le demeurai aujourd’hui, incapable de savoir où était le vrai, et qui mentait pour mieux m’abattre.

Poussant une nouvelle porte, je me glissai dans la chambre d’Isolde, repoussant le lourd battant derrière moi, laissant celui-ci entrouvert. A pas de velours, je m’avançai jusqu’au petit lit de bois dans lequel elle dormait à poings fermés. Voilà à quoi se résumait la plus grande partie de mes nuits. Je restai là, immobile, observant ce visage enfantin que je côtoyais depuis des mois et qui m’était toujours aussi inconnu. Evidemment, et fort heureusement, elle me ressemblait grandement. Peut être trop, d’ailleurs, rendant la chose toujours autant improbable que ce jour où Desmond m’avait annoncé mon statut de mère. Mais l’enfant endormie rendait tout cela plus réel. J’aurais aimé la toucher, l’effleurer du bout de mes doigts, essayer de me rappeler… Mais le malaise était toujours plus grand quand elle se précipitait vers moi, espérant une étreinte que je m’efforçai de lui offrir bien que me trouvant toujours autant perdue dans mes sentiments à son égard, dans ce statut familial qui était le nôtre et que je ne pouvais assumer sans retrouver ces précieux souvenirs, si tant est qu’ils aient existé.

Perdue dans ma contemplation, je m’étais fermée au monde extérieur. Une larme glissa le long de ma joue, solitaire, signe de ce sentiment de perdition sincère dans lequel je me trouvai, marquant la contradiction de mon état d’esprit.


© Belzébuth
Parchemin envoyé Lun 25 Juin - 18:35

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Je suis : Dezaia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 20/08/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 541 hiboux. J’incarne : Torrance Coombs , et l’avatar que je porte a été créé par : (c) lexie la toute jolie ♥ . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Odette & Pietro & Leik & Zekeriak Je parle en : #663333



Je suis âgé de : trente six ans (02.01.56) , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : Ambassadeur du Royaume-Uni Magique et Lieutenant des Mangemorts nouvellement nommé J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres car même dans sa mort, il reste mon Maître et mon Guide. Je porte fièrement sa marque. Côté cœur, : Marié à Adelina Meadowes. Cette femme qu'il a aimé et qu'il aime simplement de toute son âme. Brèvement fiancé à Artemisia Black lors de la disparition de Lynn. Champ Libre :


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Le retour de Lynn, Isolde, les mangemorts, l’ambassade magique, tout était assemblé pour que la vie soit plus belle plus clémente, mais dans ce tableau presque idyllique, il y avait l’amnésie, les souvenirs qui pouvait lui le tourmenter, alors que sa tendre épouse en était épargnée. De toujours, il n’avait jamais eu si mal d’être oublié, il n’avait jamais autant souffert un martyre pareil, même la rupture du contrat de fiançailles avec les Blacks semblait plus doux que de savoir que l’être aimé avait tout oublié de vous et de votre histoire. Les enfants ? Il n’en tenait absolument pas rigueur, combien de temps avait-elle tenu Isolde et Tristan dans ses bras ? Dix minutes ? Comment lui en vouloir d’avoir tant souffert dans cette épreuve, alors que chacun avait ses blessures, Desmond se réfugiait dans le travail et laissait à Aoife et Kieran la patience de se faire une belle-famille respectable, même Artémis prenait le temps avec sa belle-fille. Desmond lui restait le temps qu’il pouvait au Ministère pour se consacrer à elle dès qu’il revenait à Galway. Mais il y avait ces soirées importantes de missions, ou bien les soirées où Quintus venait éponger la peine d’avoir perdu son épouse… Il comprenait, il compatissait tellement, c’était une cousine par alliance que Desmond avait perdue… Mererid, la jumelle de Drefer, le mari de sa tendre Siofra… Dieu que le destin était cruel quand le monde était entouré de Meadowes, il ne doutait en rien que sa famille, sa lignée pouvait avoir été maudite quand il entendait le récit de Quintus à ce sujet. Mais c’était loin d’être le cas, puisque tout devrait rentrer dans l’ordre, le procès prenant également de son énergie e de son temps, Desmond rentrait fort fatigué, que ce soit physiquement ou psychiquement, bien que la psyché soit une place importante à ce niveau, il ne doutait pas que si son mental flanchait, c’était la maisonnée qui pourrait tombé. Lui qui avait fait tomber tant de têtes pour arriver à cette place qu’il avait convoitée, alors qu’aujourd’hui, il aspirait à la douceur d’un foyer qu’il avait du mal à retrouver. Lynn n’était qu’un fantôme et son cœur saignait, car il arrivait à voir les faux semblants, les doutes et la peine dans son regard, il était son époux, même si elle en doutait parfois… Il savait lire en elle, et il voyait à quel point cela était douloureux d’être ce qu’elle était dans un monde qui n’avait rien de familier. Mais il osait croire que tout pourrait redevenir normal par la suite…

Allongé dans les draps, à moitié nu, il n’entend que le bruit de la porte qui se referme et tâte la place froide à ses côtés. La chambre conjugale n’était pas son endroit préféré et il n’en doutait pas un instant. Desmond avait préféré lui laisser le choix et lui proposer ses propres appartements avait été un geste qui aurait pu lui inspirer plus de confiance, mais il en doutait. Cependant, les pas feutrés du manoir lui cassent le cœur, aussi fort qu’il cogne dans ses tempes. Elle était là à l’observer, comme beaucoup de fois dans une semaine, comme bons nombres de fois en sept mois. Même Bonnie et O’Malley sentaient que quelque chose n’était pas normal. Mais il n’y pouvait divinement rien. C’était hors de sa portée, malgré la confiance dont il voudrait lui témoigner, il était incapable de le faire. Toujours gauche pour savoir comment s’y prendre avec elle. Toujours secret au sujet de Tristan, il n’avait pas la force d’en parler, c’était douloureux, encore trop récent, et elle n’arrivait même pas à se faire à la présence d’Isolde, alors lui dire que l’un des fruits de sa chaire était mort il y a un an… Presque deux, ça serait au-dessus de ses forces. Quel mari était-il à lui mentir, mais quel mari était-il s’il ne la ménageait pas un minimum ? D’un geste las, il repousse les couvertures pour poser ses pieds au sol, alors qu’une larme s’échappe de son regard bleuté. Il n’arrive pas à croire qu’il la voit errer de la sorte comme il a déjà mainte fois vu errer la mère de Gwen sous forme fantomatique. Gwen… Cette femme qu’il considérait comme sa meilleure amie, cette femme qui semblait être la cause de tous ses maux. Même si le réalisme le poussait à la détester de tout son être, il croyait à l’explication qu’elle n’avait rien fait, mais il ne pouvait se confier à personne sur ce point, il refusait qu’on le croie faible. Il protégeait les intérêts de sa famille, ceux de Lynn, pas ceux de ses amitiés nocives pour les deux premiers points. C’était un patriarche, aussi jeune soit-il, l’irlandais se devait d’avoir la tête sur les épaules. Mais cette fois, les mains sur son visage se rejoignent entre elles, prière silencieuse pour que tout puisse aller au mieux, et enfin, il se lève, enfilant une chemise noire qu’il ne ferme pas et suit les pas déjà tout tracé de cette âme en peine qui n’est autre que la moitié de son âme.

Il reste un instant dans l’ouverture de la porte qu’il ne pousse guère afin d’y voir l’aimée et sa fille dans la même pièce, il ne doute pas un instant qu’Isolde dort depuis de longues heures d’un sommeil réparateur. Mais Lynn ainsi assise face à sa fille dans l’incompréhension totale lui brise le cœur, pourtant, elle n’avait des Meadowes que le sang et ce regard bleu héréditaire. Sans doute le don de voyance, mais l’avenir seul pourrait le dire. Foutu avenir, mais il serre le poing quand il voit la larme qui roule sur la joue de porcelaine de la demoiselle comme un énième poignard qu’on enfonce dans son cœur. Il se fait discret, assez pour prendre place à terre, juste à côté d’elle et de poser son front contre sa taille afin de la rassurer, même s’il savait qu’il ne l’était pas, il était juste là pour elle et ça lui suffisait d’être là pour elle. L’instant et le moment cela était précieux. Quand il arrive juste à lâcher un maigre. « Désolé. » Désolé de quoi ? D’être son époux, de l’avoir ramené dans une vie qu’elle ne connaissait pas, qu’il n’aurait jamais dû l’épouser pour que tout cela ne lui arrive pas. Ne pas être venu au monde aurait finalement aurait été bénéfique pour tout le monde. Il lève les yeux vers elle et finalement se redresse pour lui tendre la main. Ils ne devaient pas rester là. Rare était le temps de la discussion à cause de son emploi du temps, mais il était hors de question de réveiller Isolde à cette heure tardive de la nuit. Et finalement, il espère qu’il la suit dans les couloirs du manoir jusqu’à la rambarde de l’escalier où il pousse les lourdes portes de son bureau et lance un sort pour activer le feu dans la cheminée. Et il se retourne vers elle, le regard aussi triste que le sien, cherchant ses mains pour les serrer dans les siennes. « De quoi te rends-tu encore coupable Lynn ? » C’était une question qui revenait souvent, mais le plus coupable ici, c’était lui.



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Parchemin envoyé Dim 12 Aoû - 14:10

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In the Dark of the Night

J’aurais pu rester ainsi des heures, des jours durant, à contempler la sérénité paisible qui habitait cette enfant qui était mienne. Il y avait quelque chose d’apaisant dans ce doux visage aux traits détendues, à la paix débordante. Je ne cessai plus de l’envier, de vouloir me retrouver à sa place, être cette jeune femme qui dormait à poing fermés, qui se reposait, était guidée d’un sommeil réparateur plutôt que l’être tourmenté par des souvenirs inexistants. Et pourtant, dès que mon regard se posait sur cette petite fille endormie, mon esprit achevait de se tuer avec des interrogations empoisonnées. J’étais sereine et c’était cette sérénité même qui me permettait de relâcher tout ce que j’intérioriser, de pouvoir pleurer sans honte et respirer comme si je venais de naître. Mais toujours dans le silence oppressant de quatre murs sombres de la chambre d’enfant d’Isolde.

Un bruit, furtif, m’indiqua que je n’étais plus seule, ne sursautant donc pas quand Desmond entra dans mon champ de vision, prenant place à mes côtés, s’agenouillant à mes pieds tel un chevalier offrant son cœur à l’élue de son cœur. Cela, il l’avait fait plus d’une fois, encore et encore, cherchant à me persuader de la noblesse de ses sentiments, de cette vérité qui entourait ses dires sans parvenir, jamais, à me convaincre entièrement. Comment pouvais-je céder, lâcher prise, quand j’avais l’impression d’ignorer jusqu’à ce que cet homme aimait et n’aimait guère ? Sa tête vint à la rencontre de ma taille, mes mains demeurant sur mes genoux, incapables de venir le toucher, ne sachant guère si j’en avais le droit ou l’obligation. Dans le silence assommant de la pièce, il s’excusa d’un simple mot, sans offrir de raison à ces excuses, sans que je puisse comprendre ce qu’il se reprochait pour me demander ainsi pardon. Je fermai les paupières, accusant simplement la chose en silence, priant pour que notre présence ne réveille nullement notre fille. Il resta là, immobile, nos corps dans un contact minime et déjà envahissant pour être notifié tandis que je me statufiais un peu plus pour ne faire aucun bruit et simplement ne pas le déranger dans ce qui semblait être un autre moment de méditation.

Mais la fin de l’instant survint et il se releva, me laissant l’opportunité de croisé ses yeux clairs, azurés. Isolde avait ce même regard qui semblait lire au sein de votre être, au plus profond de votre âme les plus grands secrets de votre existence. Dès lors que Desmond me regardait, je savais que je ne pouvais lui mentir, que la conservation des apparences demeurerait pour les autres mais nullement pour lui. Les Meadowes se donnaient bien du mal à m’occuper. J’étais telle Isolde, enfant ennuyée à qui il fallait faire passer le temps bien que nos occupations différaient à cause de notre âge. L’une souhaitait des poupées quand l’autre voulait de la politique. Mes yeux noisette plongés dans l’océan de ses pupilles, je le vis me tendre une main dans la pénombre. Il souhaitait me guider dans un de ces lieux où nous pourrions discuter en paix, sans risquer de réveiller un quelconque habitant de la maisonnée. Les lèvres légèrement pincées, j’adressai un dernier regard à la petite princesse allongée dans son lit avant de prendre sa main, le laissant me conduire à l’extérieur.

Le contact de nos mains ne dura que le temps de sortir de la chambre après quoi, machinalement, je le suivis à travers les couloirs, les observant à nouveau, cherchant un indice qui m’aurait échappé jusque là sans parvenir à le trouver. Le dédale de couloir nous amène finalement face à la grande porte du bureau de Desmond qu’il ouvrit sans ménagement. D’un Incendio, il raviva les flammes dans l’âtre, apportant un peu de cette lumière éblouissante pour laquelle il devient nécessaire de s’habituer, plissant légèrement les yeux. L’attention de mon époux s’en retourna à moi tandis que ses mains vinrent retrouver les miennes, forçant mon regard à, de nouveau, lui faire face. Coupable. Nous l’étions tous un peu, finalement. Desmond, Guenièvre… Et même moi. Comment pouvais-je être la blanche colombe de cette histoire quand, aujourd’hui, j’étais celle qui provoquait toute cette souffrance chez mes proches. Je lâchai un long soupir, retenant les larmes qui bordaient déjà mes yeux, humectant mes lèvres pour essayer de me donner contenance. « Elle est ma fille… Et pourtant, quand je la regarde, je ne vois qu’une étrangère. » Je fermai délicatement les paupière, une larme solitaire se risquant finalement à glisser le long de ma joue lisse.

Je repris mes mains, croisant mes bras contre ma poitrine dans un geste qui se voulait protecteur envers moi-même. « J’aimerais me souvenir… Tout comme j’aimerais que quelqu’un comprenne ce que je ressens… C’est comme… C’est comme vivre dans un rêve en ne sachant pas si l’on est éveillé… Et quand le rêve vire au cauchemar, ne plus être capable d’en sortir. Je me sens… Piégée. » Le dernier mot avait été prononcé avec un mélange de dégoût et de peur tandis que je sentais mon corps tout entier trembler de nouveau. J’étais terrifiée autant que perdue. Je voulais croire Desmond autant que je me persuadai de me méfier de lui. Je reniflai rapidement, ravalant ma peine et mes larmes pour essayer de conserver la face devant lui. J’étais forte. J’étais une Peverell. Comme Gwen. La pensée désagréable de cette cousine vénéneuse força un frisson à parcourir mon échine, secouant mon être violemment sans que je ne puisse me contrôler. Déglutissant avec difficulté, j’essayai de reprendre. « Je suis désolée, Desmond… Tu auras beau me montrer tous ces souvenirs encore et encore… Ce ne sont pas les miens. J’aimerais… Je voudrais tellement… Comprendre, savoir… » Je me mordis la lèvre inférieure, le masque manquant de se fissurer pour de bon, dévoilant ma peine à la figure de cet homme qui n’aspirait qu’à me couvrir de bonheur et d’amour.


© Belzébuth
Parchemin envoyé Lun 1 Oct - 4:09

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Quelque chose n’allait pas. Il le sentait, de toute façon, il le voyait bien dans son regard que rien n’était comme avant. En vérité, le mangemort se voilait la face, tout simplement. Il ne pouvait pas croire qu’elle l’avait oublié, il refusait de le croire, même si c’était l’inévitable sort qui avait été réservé à son épouse. Mais il la sent, la sait et la voit vivante, ce sentiment de bonheur et d’avoir déjoué tous les plans malveillants du monde, cela lui faisait du bien, même si elle ne pouvait pas y comprendre grand-chose. Privée de tout, elle était là car elle devait l’être pas parce qu’elle le voulait. Et malheureusement, ça lui arrachait l’âme. Il voulait savoir de quoi elle se sentait coupable. C’était toutes les nuits de la même façon, elle allait voir Isolde. Et malgré tout, elles se ressemblaient tellement et la petite était aux anges de pouvoir avoir cette mère tant désirée. « Elle est ma fille… Et pourtant, quand je la regarde, je ne vois qu’une étrangère. » Et il était l’époux étranger. Tout le monde le voyait. Kieran, Aoife, même Siofra quand elle venait leur rendre visite pour les aider dans cette tâche voyait bien que l’ancienne Miss Peverell n’était à l’aise avec aucun d’eux. Qu’elle n’avait ni habitudes, ni souvenirs de quoi que ce soit, elle qui régnait en Reine sur le manoir du temps où elle était là même enceinte de jumeaux, elle avait belle allure, aujourd’hui, il ne restait qu’une femme apeurée. Et ça le chagrinait. Tout ça, sans aucun doute, à cause d’une querelle adolescente. Triste vie qu’était la leur à cause de ces drames successifs. Elle ne savait pas encore pour Tristan et encore heureux. Il ne pouvait pas lui en parler ne serait-ce qu’un instant. Quelle serait sa réaction, ou même le dégout envers lui en apprenant ? Desmond refusait de l’imaginer.

Quand elle devient de nouveau la propriétaire de ses mains, l’Irlandais s’asseoit dans un fauteuil près de la cheminé. Il faisait frais, comme dans toute vieille bâtisse, mais son sang était doublement glacé par ce qu’elle disait. « C’est déjà … » Il n’eut pas le temps de finir qu’il releva son regard vers elle. Horrifié.  « J’aimerais me souvenir… Tout comme j’aimerais que quelqu’un comprenne ce que je ressens… C’est comme… C’est comme vivre dans un rêve en ne sachant pas si l’on est éveillé… Et quand le rêve vire au cauchemar, ne plus être capable d’en sortir. Je me sens… Piégée. »  Piégée. Ce mot raisonne en lui comme une insulte. Il ne voulait pas lui faire ça, en vérité, ce n’était en rien son intention et pourtant. Mais ce n’était pas entièrement sa faute et il s’en blâmait tout de même. Il ne comprenait pas, il ne pouvait pas comprendre, elle était le livre où il fallait réécrire une vie dont il était le gardien. Comment pouvait-elle le croire à cent pour cent ? Elle ne le pouvait pas, il était l’étranger dans sa vie, presque le tortionnaire qui la retenait prisonnière dans une tour d’ivoire. Et la peine qui s’affiche sur son visage, son cœur se fend lui-même en plusieurs millions de morceaux, comme à chaque fois qu’elle pleure. C’est presque s’il mord son poing, priant pour que la douleur qui prend ses phalanges le calme mais rien n’y fait. « Je suis désolée, Desmond… Tu auras beau me montrer tous ces souvenirs encore et encore… Ce ne sont pas les miens. J’aimerais… Je voudrais tellement… Comprendre, savoir… » Il n’y avait rien à comprendre et même son regard bleue claire détourne les yeux de celui de sa femme. Cette Isolde avec des années de plus, cette mère, cette épouse qu’il aimait. « Ce n’est rien. » Lâche-t-il subitement après de longues minutes de silence. « Je ne suis pas un bourreau, ni même un menteur, si tu ne te sens pas à ta place ici, du moins pas encore, tu peux aller trouver l’endroit où tu seras le mieux. » Pour le peu qu’un jour elle lui revienne vraiment. « Tu connais mes motivations, tu connais nos liens, tu as visionnés une bonne centaine de fois mes souvenirs et ceux d’autres Meadowes. On a fait … » Le maximum, mais ça lui arrachait le cœur de l’avouer, il ne voulait pas la perdre. Mari aimant, rongé par la rage envers Gwen, il se lève et se place en face d’elle. « J’ai fait des vœux, qui perdurons, qui font écho à beaucoup de choses. » Il baisse le regard sur ses propres mains. « Mais si tu dois partir, tu pourras les rompre, je ne m’en offusquerais pas. »


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Parchemin envoyé Jeu 4 Oct - 14:18

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In the Dark of the Night

Il me fallait mettre des mots sur toutes ces choses que je ressentais, quand bien même ils pouvaient être durs à formuler comme à entendre. Desmond avait été bon, gentil et attentif à mon égard, ne cherchant jamais à me brusquer même quand sa patience s’effritait. Là était ma chance, dans cet homme qui ne me força jamais à la moindre chose sous prétexte qu’il détenait l’unique et seule vérité. La persuasion qu’il était un danger et une menace n’était que la création de mon esprit qui souhaitait désormais se protéger du reste de l’univers. Seule la parole du Seigneur des Ténèbres aurait pu me convaincre de la véritable histoire qui était la mienne mais, malheureusement, il n’était plus pour en témoigner. Ce n’est rien. Et pourtant, je l’imaginais lutter, lui aussi, pour ne pas hurler son chagrin, sa peine qu’il tentait de dissimuler d’un regard détourné. Il était digne, cet homme que je découvrais un peu plus chaque jour. Ses responsabilités étaient grandes au sein de notre Ordre et rien que cette information faisait vaciller l’histoire que Gwen avait essayé de m’enseigner car j’étais si engagée pour notre cause, autrefois, que je n’aurais que pu le croiser, au moins une fois. Mais rien. Dès lors que mes souvenirs essayaient de trouver Desmond, seul le néant apparaissait.

Les efforts qu’il faisait étaient honorables et je n’aurais pas eu ce désagréable sentiment d’être tombée dans la gueule du loup, peut-être aurais-je su les apprécier à leur juste valeur. Une autre que moi aurait très certainement déjà cédé, d’ailleurs, à ce regard polaire pour mieux être séduite par cet homme. Mais pas moi. Pas quand je me l’interdisais presque formellement, luttant pour ne voir dans ces tentatives de rapprochements qu’un nouveau mensonge mal déguisé. Ce fut pourtant à moi de baisser les yeux quand il reprit la parole, se défendant contre des accusations que je n’avais pas formulées mais que j’avais pourtant bien pensé. Bourreau. Menteur. Les mots étaient poignants mais je ne pouvais lui en vouloir car, dans mon regard, il avait dû percevoir ce sentiment. Dans ma terreur, il avait dû lire mes envies de fuites résorbées par la peur de ce qu’il se passerait s’il me retrouvait. Et pourtant, après ces accusations, il formula ce souhait que j’avais longuement réalisé dans mes pensées. Partir. La tristesse et la perdition de mes traits se muèrent en une surprise inattendue. Je le regardai sans comprendre, les yeux ronds, estomaquée qu’il formule finalement ces mots, lui qui avait tout fait pour me retenir au manoir Meadowes.

Et pourtant, si j’avais espéré pouvoir m’enfuir, l’annonce de cette libération avait un goût amer. Où irai-je si ce n’était dans ce qui était la demeure de ma famille ? Même eux me semblaient étrangers car cette année à les croire morts n’avait fait que les réveiller dans une mémoire qui avait tant fait pour les oublier. Mais là était mon choix. Soit je restais ici, à essayer de paraître une femme que je n’étais pas, soit je rentrais chez moi, chez les Peverell, où les uns comme les autres ne sauraient trop que faire et comment faire avec leur sœur brisée, à la mémoire douteuse. Et finalement, bien que le choix semblât n’être que par dépit, le visage de Gale me revint en mémoire et je sus qu’il saurait trouver les mots, les gestes et les attentions pour m’aider à me reconstruire. Lui ne me garderait pas dans une prison de verre, de peur que je me brise à nouveau.

Desmond ne s’était guère tut durant tout ce temps, assurant qu’il avait tout fait pour espérer que les choses ne reviennent à ce qu’elles étaient avant. A ce qu’il disait être. Oui, j’avais vu et revu ses souvenirs, encore et encore. Les siens, quand il s’agissait de m’observer au sein du Ministère. Notre union solennelle. Ce ventre arrondi qui fut le mien… Mais toujours, j’avais des doutes. Si mes souvenirs avaient été enlevés, les siens pouvaient avoir été fabriqués de toute pièce. A mes yeux, la mémoire n’était plus preuve de vérité… Si ce n’était peut-être celle de Guenièvre, en ce fameux jour où ma mort avait été prononcée. Et finalement, il me fit face, se levant à nouveau, ses mains retrouvant les miennes, abordant ces vœux que l’on aurait échangé durant notre mariage. Des vœux qu’il était prêt à rompre désormais, si c’était là mon souhait.

J’étais perdue, définitivement. Depuis des mois, depuis qu’il m’eut trouvée dans ce cottage, Desmond n’avait eu de cesse de lutter pour que je me souvienne, pour que les choses ne reviennent. Il avait tout donné par espoir de me voir m’éveiller un jour, bien entière, mes souvenirs de retour dans mon esprit. Et aujourd’hui, il semblait baisser les bras. Il était las de ces tentatives vaines pour me voir revenir à lui, pour m’étreindre comme il avait pu le faire dans ses souvenirs. Ce qu’il fit, dans ces mots, c’était me rendre ma liberté toute entière, prêt à briser un engagement magique et spirituel parce qu’il ne désirait plus que je souffre. Un court instant, je mesurai l’étendu de son amour pour moi dans ce geste désespéré, dans cet acte que je n’avais qu’à demander pour ne plus jamais entendre parler de Desmond Meadowes. Et durant ce court instant, je le crus avec ce sentiment terrible de faire l’une des plus grosses erreurs de ma vie si j’approuvais ses dires.

Mes yeux ne quittaient plus les siens, oscillant d’un de ses iris pâles à l’autre, comme cherchant à y lire la duperie et le mensonge. Mais ce n’est pas ce que je trouvais dans ce regard désespéré, empli d’une souffrance que je partageai bien que n’étant pas due aux mêmes raisons. « Merci… » Il avait fini par lâcher prise, par renoncer à une partie de moi, à ce passé heureux que nous ne semblions plus en mesure d’obtenir. La gorge serrée, je retins ses doigts entre les miens, pourtant. C’était peut-être bien la première fois que je cherchai à garder un contact avec lui, que je n’essayais pas de le fuir. « Si tu m’y autorises… J’aimerais rentrer chez moi… Chez les Peverell. » Ma voix était douce et empreinte de cet espoir d’un bonheur que je ne saurais trouver entre ces murs. Pas aujourd’hui, du moins. Mes pensées allèrent alors à Isolde. Comprendrait-elle, cette enfant, pourquoi sa mère devait quitter la maison ? Déglutissant avec difficulté, je relevai la tête vers lui. « Mais nul vœu ne sera rompu tant que la vérité n’aura pas éclaté… » Le dévisageant comme si je le voyais pour la première fois, mes sourcils se froncèrent doucement. « Quand bien même j’ignore si tout cela est vrai ou non, Isolde est impliquée. Si elle désire me voir, alors je t’autorise à me la mener. Tu as été si patient avec moi, Desmond, que bien que j’ignore si nous sommes réellement unis… Je ne souhaite guère tourner le dos à l’homme qui n’a voulu que mon bien durant tout ce temps et qui le souhaite encore aujourd’hui en me rendant ma liberté toute entière. Pour la première fois… J’ai envie de te croire. »


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In the Dark of the Night, the faintest light is brighting • Deslynn
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