indiscrétions
- gossip witch est bavarde -


L’homme en Jupe On a vu semblerait-il un sang pur jouer les transformistes au Cirque Avery. Nous n’avons pas encore de nom mais son jeune âge semble indiquer que son travestissement est une quête identitaire !

La tête d’enterrement N'est-il pas courant que lorsque l'on perd un être cher, on verse quelques larmes ? Eh bien si la mort de l'Actrice Louise de Montmorency emeut les foules, sa fille ne semble pas bien touchée. Etrange non ?

Le dimanche au Pays de Galles c'est le jour des mariages Il y a des évènements heureux dans ce monde enfin si l'union forcée et arrangéeest un évènement heureux ! Desmond Meadowes s'est débarassé de sa plus jeune soeur, reste la plus vielle des deux.




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[FB/N-17] I'll be with you from dusk till dawn | Loveleen & Carter

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Parchemin envoyé Dim 19 Nov - 6:13

- I am decadent, and here I am. -
Je suis : Aloysia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 26/10/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 62 hiboux. J’incarne : Tom *sexy* Hardy , et l’avatar que je porte a été créé par : Aloysia Je parle en : #996633



Je suis âgé de : 35 ans , et j’ai le sang : pur, mais, pensez-vous réellement que ça ait la moindre espèce d'importance ? Moi, je m'en fiche. Dans la vie je suis : Manutentionnaire au sein du Cercle de Jeux J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis un célibataire endurci

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From dusk till dawn

Loveleen Fuller & Carter Rookwood

– « On se prend pour les rois de la Terre, meilleur que tout, meilleur que les loups, alors que clairement on est juste des chiens. On se bouffe entre nous, on se tue, on se chasse, on se perd de vue, on s’efface. On est que des chiens. La voilà la finalité.»



Il a la gerbe. Y a rien à faire, sinon s'y habituer. Mais il a beau faire depuis des semaines Carter, ça ne passe pas. Ça veut pas passer. Ça le prend dans tout le corps dès qu'il foule le pas de l'Enfer. Ça le renvoi au contenu de ses tripes rejeté se mêlant à celles d'une fille dont le visage est désormais gravé sur sa peau. Sur son bras. Sur celui qui lui maintenait la tête tandis que l'autre brisait sa nuque. Elle est toujours là, Amy. Elle vit sur son bras, faute de ne plus pouvoir que se désagréger ici, lentement, jours après jours, accrochée tel un vulgaire morceau de viande parmi les autres dans une case. Oui, au fond, la vraie Amy, elle a plus rien de l'image qu'il a fait poinçonner dans sa chaire. Elle est creuse. Froide. Rongée. Elle s'en joint malgré elle à nourrir l'odeur pestilentielle qui le fait s'accrocher toujours plus fort à cette table infernale où son agonie résonne encore. Ça lui lève le cœur, mais il a un boulot à finir ce soir Carter. Un devoir à remplir, parce que c'est comme ça que se dresse les chiens : à grands coups d'exercices, jusqu'à ce que la leçon soit retenue. Le meurtre, c'était la phase facile. L'obéissance ? Il la pratiquait depuis le jour de sa naissance. Ça aussi, c'était facile. Simple. Basique, mais l'acceptation de la Mort, du résultat final à l'acte meurtrier, c'est l'étape supérieure. Celle qu'il a du mal à franchir. Celle qui le fait encore chialer malgré lui, comme un môme, chaque fois qu'une vie s'arrache à la Terre par sa faute et que le sommeil lui refuse ses portes. Ça, ça ne passe pas. Ça veut pas passer. Se faire marteler le corps à l'encre n'y changera rien. Ça obscurcit juste sa peau, comme une façon étrange de porter au dehors tout ce qui se pourri en dedans. Il est en train de perdre Carter. Il est pas encore assez con pour ne pas en avoir conscience. Il a perdu, jusqu'au bout de la ligne et s'obstine malgré tout à perdre encore le peu qu'il lui reste, parce que c'est ce qu'il veut Carrow. Il n'a plus le temps déjà de s'empêtrer d'un loup dépourvu de ses crocs. Carrow, il veut un chien, alors Carter le lui livre. C'est simple. Ça prends chaque jour un peu plus de sens. C'est ça ou s'en aller retrouver Amy. C'est ça où pourrir au milieu des autres putréfiés se balançant comme des cons au milieu de la grange, alors Carter, il inspire à plein poumons le haut de son t shirt imbibé de parfum et se concentre pour ne plus respirer qu'à peine, puis il jure. En silence, rien que pour lui. Il jure. Peu importe le prix, il ferai pas parti des guignols le toisant d'au-dessus. Alors, le mépris s'installe. C'est plus facile ainsi. Trancher les corps, y jouer les couturiers du dimanche, c'est une façon comme une autre de les insulter, même s'ils ne sont plus là pour entendre. T'as été trop con pour survivre. Tant pis pour toi. Il coud Carter, comme une bonne femme à son ouvrage les longs soirs d'hiver. Comme sa catin de belle-mère aimait tant coudre pour sa flopée de gamins, en oubliant bien volontairement le seul qu'elle avait pas pondu. Il coud. Encore. Encore. C'en est presque insultant à présent de devoir offrir tant de précaution à ces morceaux de chaire qui n'ont même plus la décence d'être en vie. Il pourri Carter. Pas physiquement comme ces cons suspendus au plafond. Non. Lui, il pourrit en dedans. Un peu plus chaque jour. Plus il s'enlise dans cette voie, plus il la supporte et ainsi, le dégoût face à l'odeur passera un jour lui aussi. Ça passera. Il le forcera à passer, comme passe son aiguille entre les tissus organiques que le maître a laissé derrière lui. Carrow, il trouve cet instant magnifique. Carter, il n'y voit qu'une raison de plus à ne pas flancher. Finir comme eux, c'est pire que la mort elle-même. C'est dégradant. Plus dégradant que d'avoir offert son cœur à une sang-de-bourbe. Plus dégradant que d'avoir échoué à se construire une vie malgré toutes les cartes qu'il avait en main. Plus dégradant que de n'être qu'un assassin, qu'un chien. Le meilleur d'entre tous. Se coupe le fil. Un jour, il serait maître, non d'autres chiens. De lui-même. Claquent les liens, la chaire qu'il balance à son épaule. Ce con pèse une tonne, mais un jour, il aurait les épaules plus solides Carter. Il soulèverai ce même poids avec la facilité d'un port de plume. Claquent les rails, le crochet. Il pourrira lui aussi, non loin d'Amy. Non loin des autres. Non loin de ce tas de proies malheureuses, incapables de s'estimer suffisamment pour survivre. Claquent les chaînes, quand le travail se conclue.

Claque une chaîne, et Carter s'immobilise.

Ça y est, la gerbe revient. Ses oreilles habituées au silence et aux bruits métalliques, les refusent. Son nez encore paralysé des effluves de son parfum se réhabilite à l'infection environnante. Ça tourne tout autour, à mesure que sa tension s’affaisse. A mesure que ses yeux s'inscrivent tout entier sur les lueurs vacillantes de la lampe à huile, sur la mezzanine, seule source de chaleur dans ce capharnaüm innommable. Faut pas qu'il traîne, Carter. Faut pas qu'il cède, parce que la poupée qui vit là-haut, c'est le jouet préféré du maître. Parce que la fille qui vit là-haut, elle le renvoie à chaque fois aux désirs qui ont failli lui coûter la vie face à Amy Dearborn. Il l'avait pas sauvé Amy, alors, Loveleen, il parviendrai pas à la sauver non plus. Sa confiance réduite à l'état de cendres par le souvenir de sa première victime, il tente à se reprendre Carter, se force à émettre les quelques pas jusqu'à la patère retenant son cuir, se force à le prendre, à continuer sa lancée jusqu'à pouvoir enfin quitter l'Enfer. La porte grince. La porte retombe. C'est toute sa cage thoracique qui se gonfle à plusieurs reprises, qui se délecte de l'air frais au dehors. C'est vivifiant. C'est comme renaître à la vie pour chaque fois où il quitte les lieux. Un pas, puis un autre, mais il n'est pas encore tout à fait dressé Carter. Il a beau soupiré, se traiter d'abruti, ça ne change pas bien la donne. Il est pas encore dressé. Pas encore suffisamment pourri pour se décider vraiment à partir. A s'en tenir aux règles. Tu rentres. Tu recouds. T'accroches. Tu te tires. C'était pas bien compliqué pourtant. Tu rentres. Tu t'appliques. T'as intérêt à faire ça bien si tu ne veux pas que la prochaine leçon d'anatomie se pratique sur tes chaires. Tu rentres. Tu fais. Tu te tires.


« Fais chier... »

Le Diable lui même n'aurait pas fait tant de bruit en poussant la porte. Porte qu'il injurie en l'ouvrant à coups de pieds, ses mains gardées au fond de ses poches. Ça claque. Encore. Pas un regard pour la table, pour les instruments, pour la barbaque suspendues dans chaque coin de la pièce. Le regardez pas avec vos orbites à la con, il en a rien à foutre Carter. Il se contente de s'enfoncer au fond de la pièce, dans le coin le plus sombre, le seul où personne ne se balance. L'odeur n'a même plus d'impact sur lui alors. Ni ça, ni le reste. Seulement elle. Seulement cet ange à la blondeur insolente, étendue sur ses draps, à la lueur de sa lampe et sitôt qu'il la voit, il sait, Carter, qu'il vient encore de faire une connerie. La même qu'il fait depuis des jours. La même qu'il commet depuis la première fois que Cadmos consentit à le laisser pratiquer seul dans la Grange et c'est le même bordel à chaque fois. Il entre. Il coud. Il fait ce qu'il a à faire et puis, au lieu de se barrer, il la rejoint. Il y passe des heures, à n'en plus voir tourner le temps. Lui parler, peigner sa chevelure, l'écouter lire, c'est s'inscrire à nouveau dans la vie, quand toute la sienne n'a plus que les reflets de la mort. Lui parler, la regarder, simplement se tenir à ses côtés, c'est l’antidote malheureux qui rend son dressage moins bénéfique que ne le voudrai le maître. C'est la fissure dans une prison jugée sans failles et il s'y perds Carter. A chaque fois. Sans pouvoir y déroger. Elle n'a besoin de rien au fond, Loveleen, pour le contraindre à la plus douce des soumissions. Il suffit qu'il se perde au vert imprenable de ses yeux et la grange a un parfum de miel. L'obscurité s'estompe et se colore au blond de ses cheveux, au blanc de sa peau. Au vert de ses yeux. Elle est sa faille, Loveleen, comme un fruit défendu, brillant de toutes les menaces pouvant lui être faites. Non, ça, c'est ce qu'Il voudrait, mais Loveleen, elle est l'Eden. Le dernier morceau de Paradis survivant au milieu de l'Enfer. L'unique souffle de vie auquel le chien s'abreuve en guise d'hommage à celui qu'il était et ne sera plus jamais. Alors, Carter s'avance, s’enivre à ce subtile mouvement de lèvres, comme un semblant de sourire. Alors, Carter s'approche, encore et se laisse tomber à genoux devant ce lit qu'il voudrait tant arracher aux murs et elle s'approche elle aussi, Loveleen. Ange aux mains salvatrices ; il y enroule ses doigts, son visage déjà porté par le bord du matelas. Il attend. C'est là ce que font les bons chiens. Ils attendent que leur maître les y autorise avant que de grimper sur les coussins confortables où ces derniets reposent. Ils attendent un geste, avant que d'en réclamer un autre. Ils attendent, patiemment. Ils attendent parfois toute une vie s'il le faut, alors, Carter se contente de tenir doucement ses doigts dans les siens, de plonger les yeux dans ses émeraudes scintillantes. De murmurer dans un souffle défait et fier à la fois.


« J'ai encore échoué. »

Échoué à ne pas te voir.
Échoué à lui obéir.

Échoué, à poursuivre ma vie sans tes mains pour la guider encore.






©️Aloysia
[Base fiche RP par ©Lexie]
Parchemin envoyé Dim 19 Nov - 20:13

- I am Divergent, deal with it. -
Je suis : Sha , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 15/11/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 48 , et l’avatar que je porte a été créé par : Nastya Kusakina Je parle en : #9B636D



Je suis âgé de : 25 ans. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Charmeresse pour la Main Noire. J’ai juré allégeance : à personne mais loin d'apprécier cette guerre, je trouve le monde injuste et violent. Secrètement je pense que l'Ordre du Phénix détient la solution, et je partage leurs idées. Côté cœur, : je n'étais pas la bonne, il aurait dû être le bon.
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« Je suis – mais qui je suis, nul ne sait ou s’en soucie ; mes amis me délaissent tel un souvenir vieux : de mes propres souffrances je me rassasie – elles enflent et meurent dans un essaim oublieux comme les ombres de nos affres amoureuses – »
Le petit murmure perce les ténèbres environnantes, celle qui ont avalé tout entier l’étage de la mezzanine. Il n’y a rien ici qui subsiste, juste ce murmure et la flamme vacillante de la lampe à huile qui brûle sur la table de chevet. L’enfante, allongée sur le dos dans ce grand lit fait de plumes et de fourrures, tient contre son sein le dernier livre que le Maître a bien daigné lui donner. C’est un tirage rare, un livre que Cadmos a dû extirper de la vieille bibliothèque qui trône dans la Demeure.
Elle n’y a pas le droit. Ça fait déjà deux ans qu’elle est ici, enfermée, enchaînée. Elle ne se plaint pas car elle aurait pu vivre bien pire. Elle ne se plaint pas car Cadmos n’aime pas entendre ses jérémiades. Il est comme ça, le Maître, il a des poings qui ont le goût de sang, des yeux aux couleurs de flamme, et il dessine tous les jours sur le corps de la gamine des images d’enfer, d’anges qui chutent ou d’ailes arrachées.
Ce matin très tôt il est venu, d’abord pour observer l’évolution de ses anciennes plaies. Cadmos était très satisfait – c’est vrai qu’elles sont jolies ses cicatrices, si fines qu’elles sont à peine visibles, mais elles font encore mal. C’est ce qu’elle aurait voulu dire mais elle n’a rien dit. Elle a souri simplement, avec ce visage qui respire la tendresse, et elle a laissé les doigts précis du Carrow enrouler autour de ses jambes des bandages épais et blancs. Elle l’a laissé partir en remerciant le hasard du rien qui s’était passé. Rien ce matin. Pas de souffrance, pas de coups, pas de sang. Juste le silence.
Allongée avec ce livre contre elle, elle repense à cette époque où parfois elle chantait. Sa mère – Alana – était une excellente chanteuse. Quand Loveleen l’observait, elle rêvait de devenir comme elle, aussi belle, aussi forte. Il y avait tout chez Alana qui l’inspirait. Mais maintenant, quand la gamine ferme les yeux, tout ce qu’elle voit c’est le visage de Macnair, ses rides qui déforment le coin de ses yeux et le sourire morbide qui accompagne ses dents, sa bave au coin des lèvres.
Souvent alors elle refuse d’éteindre la petite lampe, de lâcher son livre ou de fermer les yeux. Elle reste de longues heures sur le dos, assoupie mais pas endormie, somnolent entre deux mondes. L’Enfer où elle se trouve et la cage de Paradis qu’on lui a dessiné. Quelle Eve fait elle avec cette chaîne à ce pied ? Pour combler le vide, elle récite, parce qu’il lui semble que quand elle déclame de la poésie ceux sont les Anges eux même qui parlent à sa place. Elle frisonne alors, avec force, avec vigueur, pendant quelques seulement.
« Et pourtant je suis et je vis – balloté, vaporeux, dans le vaste néant du mépris et du bruit »
Elle s’arrête alors, toujours à ce moment, et tends l’oreille. Ça fait déjà trois semaines qu’il travaille là. Elle le rencontre parfois, quand il monte. Il est beau, plus vieux qu’elle, mais il ne lui fait pas peur. Au début elle avait peur, que Cadmos le sache, que quelque chose se casse. Au fur et à mesure, la jolie sirène s’est montrée de plus en plus agréable, de moins en moins réticente. Mais elle ne se leurre pas : lui aussi a les mains qui sentent la viande.
Elle l’écoute alors, imagine ce que font ses mains si froides, ses longues phalanges si dures et épaisses comparées aux siennes. Elle sert un peu plus fort le cahier contre son cœur et il y a le silence qui accompagne ses songes. Elle frissonne en entendant le bruit du rail. Elle sait ce que ça signifie. Souvent Cadmos la détache de l’étage et l’emmène avec lui, en bas. Perchée sur un tabouret, elle assiste aux représentations de son Maître. Elle baisse souvent les yeux même si Cadmos déteste ça, prend un air horrifié qui lui fait tant plaisir, et elle se tait.
Le silence a quelque chose d’agréable. Le silence ne trahit jamais.
« Dans l’océan vivant des rêves éveillés, sans le moindre bonheur et sans la moindre vie, seul le grand naufrage de mes vies estimées ; et même les êtres que j’aime, les êtres chers, me sont devenus étrangers – et je les perds. »
Il y a un petit sourire sur le bout de ses lèvres parce qu’elle réalise doucement – au bruit de ses pas sur le sol – qu’il part. Elle les compte, se mord doucement la lèvre. Elle pourrait courir jusqu’au rebord de la mezzanine, agripper de ses petits doigts au rebord et lui demander de rester, de venir auprès d’elle. Elle pourrait mais elle ne bouge pas. Elle prie seulement, un Dieu du Hasard car il n’existe aucun autre dieu auquel elle pourrait croire. Elle sert plus fort le livre quand il ouvre la porte – elle l’entend, elle grince toujours, comme si cent os se rompaient d’un seul coup. C’est normal pour une porte de l’Enfer.
Elle inspire profondément, puis doucement elle compte. Le nombre de secondes. Le temps se suspend à ce moment, alors qu’elle ferme les yeux. Ses phalanges roulent sur la couverture. Encore un peu. Encore… Une… Seconde ?
Quand la porte s’ouvre de nouveau, un sourire radieux se dessine sur son visage. Elle repousse aussitôt le livre sous les lourds coussins de la tête de lit. Elle roule sur le ventre, sans faire attention à sa tenue – de toute façon, c’est toujours la même. Une simple robe de lin blanche que Cadmos a l’air d’apprécier, qu’il lui enfile tous les jours, propre mais identique.
Elle attend, le menton enfoncé dans les couvertures. Elle se tapie comme un félin qu’elle n’est pas mais qu’elle pourrait être tant son corps est souple et élastique. Loveleen écoute alors, du bout de son oreille de lutin – pointue et ridiculement petite – les marches qui craquent. A chaque pas c’est une nouvelle victoire, une nouvelle attente. Elle sert contre son visage un coussin, ses phalanges enroulées de pansements sont impatientes.

Enfin il apparaît.

Elle a un petit sourire, et qu’il est tendre ce visage baigné de lumière. Qu’il est beau aussi. C’est comme si une sirène avait aimé un Ange. Elle a la voix du diable mais ses yeux sont comme deux bulles d’eau, tantôt d’émeraude, tantôt d’un bleu éclatant. Un magnifique turquoise qui ne connaît aucun précédent, aucun suivant. Elle brille, comme une luciole plantée en haut de la grande d’un vieux père. Du bout de ses cils qui ombrent ses pommettes, elle le fixe, le laisse approcher, farouche animal. Elle s’était hérissée la première fois, craignant qu’on ose caresser son échine ou ses flancs d’une main trop volage. Depuis, elle a compris que le Rookwood n’était pas de ceux-là.
Ce n’était pas Macnair.
Comme un animal apprivoisé – mais pas domestiqué – elle reste statique, statue de sucre au goût agréable pour l’âme. Carter est attiré par le piège, il s’approche, s’abandonne devant le lit avec les dernières forces qu’il lui reste. Lentement, Loveleen approche, méfiante, toujours prudente. Elle rampe avec lenteur, chaque geste lui ait compté. La chaîne qui la retient au mur sonne, lui rappelant sa condition, aussi misérable que douloureuse.
Arrivée à proximité, elle suspend son geste. Sa main se faufile dans les draps comme un serpent ; il les lui saisit, comme s’il s’agissait de la dernière main tendue vers lui. Elle lui sourit ; dans son sourire, il y a un abri. Elle ne protègerait rien Loveleen, pas avec cette petite taille, pas avec cette taille fine et ses poignets tout juste bons à casser. Elle ne protègerait rien mais son air donne à croire qu’elle le pourrait, parce qu’il n’existe aucun homme sur cette terre capable de broyer la beauté même.
Aucun homme à part Cadmos Carrow.
« J’ai encore échoué. »
Elle a un petit rire qui sonne comme le torrent paisible qui descend le long du Rhin. Bien sûr Loveleen n’est qu’un petit affluent. Avec douceur elle sert ses doigts dans les siens, du pouce elle caresse le revers de sa main. Son visage s’extirpe du coussin, s’extirpe de la pénombre et elle approche doucement de sa tête. Ses lèvres se posent tendrement sur son front ; elle y dépose un baiser, ce n’est pas le premier, mais c’est encore rare, d’autant plus rare qu’il est sincère.
« Il te punira s’il l’apprend. »
Punir est un faible mot, mais ils savent tous les deux de quoi il s’agit. En enfer, ils ne sont plus que deux rescapés. L’une est victime, l’autre est bourreau. Ils sont pourtant deux chiens à la solde du Maître. Un Cerbère à deux têtes, un chien bicéphale, une tête noire, une tête blanche.
« Tu as les mains froides. Comme la viande. »
Elle a un pauvre sourire, alors qu’elle enroule sa seconde main autour du poing de Carter. Elle aimerait le réchauffer mais elle-même n’a plus cette flamme en elle, cette flamme qu’elle avait plus jeune. Fille de deux guerriers de l’Ordre, elle avait pourtant elle aussi eu un jour cette fougue, cette incroyable énergie, cet infini espoir aussi. Aujourd’hui, brisée, l’Ange a plus de plumes dans son lit que sur ses ailes. Elle soupire, et alors qu’elle recule, se redressant pour s’asseoir dans le lit, elle tire à peine sur la main du Rookwood. C’est toujours en silence qu’elle lui donne le droit de venir, d’entrer dans son domaine à elle.
Elle y est une Maîtresse tendre et pleine de bonté. Il faut au moins des bons sentiments pour pardonner à un « autre Cadmos », un apprenti. Pardonner alors même que ses deux chevilles sont encore enroulées d’un bandage, qu’elles lui sont douloureuses. Pardonner alors même que ses cuisses sont décorées d’arabesques sanguinolentes. Pardonner. Tout simplement. Sans conditions. Sans préalable. Car on ne punit jamais un fils pour les crimes de son frère – du moins, on ne devrait jamais.
Elle se retrouve à le regarder, assise, suspendue à lui sans même le toucher. Elle a un sourire, penche la tête alors qu’elle tend ses doigts fins vers lui. Ses phalanges effleurent à peine sa joue et viennent finalement essuyer sa joue, du bout de l’index. Quand elle le lui montre, il est rouge sang. Un rouge vif dont elle ne lui tiendra pas compte. Elle l’essuie négligemment sur un de ses pansements – ceux de ses chevilles sont rouges, si rouges qu’ils ont laissé dans les draps blancs des traces, mais elle a l’habitude. Cadmos lui a déjà dit qu’elle devait elle-même faire ses pansements, mais elle n’écoute pas, car elle n’a pas envie d’écouter. C’est trop dur parfois. C’est trop dur tout le temps, pour une si petite créature comme elle.
Toujours suspendue dans le temps, elle approche doucement, sans peur. C’est une biche qui autorise à ce qu’on la contemple, mais elle ne supporterait pas qu’on la contraigne. Alors quand elle pose sa tête sur son épaule, c’est seulement par envie. Quand elle ferme les yeux et qu’elle respire le parfum qui s’échappe de sa gorge, qu’elle le hume, qu’elle s’enivre car pour la première fois depuis longtemps elle oublie cette vilaine odeur qui remonte de l’atelier en contrebas, elle sourit, les doigts toujours perdus dans ceux du tueur. L’instant est beau, et parce qu’il est beau, il est nécessairement fragile.
« Merci… Carter. »
C’est une biche qui tend sa gorge à un chasseur. Elle le sait, elle le sent mais elle n’a pas peur.



And these fingertips
Will never run through your skin
And those bright blue eyes
Can only meet mine across the room filled with people that are less important than you.


CODAGE PAR AMIANTE






Sweet dreams are made of this
Who am I to disagree?



Parchemin envoyé Lun 20 Nov - 2:25

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Je suis âgé de : 35 ans , et j’ai le sang : pur, mais, pensez-vous réellement que ça ait la moindre espèce d'importance ? Moi, je m'en fiche. Dans la vie je suis : Manutentionnaire au sein du Cercle de Jeux J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis un célibataire endurci

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From dusk till dawn

Loveleen Fuller & Carter Rookwood

Qu'il est doux son rire. Ce délicat éclat de voix, si léger et si capable de tout dans le même temps. Il a le cœur au bord des lèvres Carter, chaque fois qu'elle le lui offre. C'est comme se réveiller d'un long cauchemar, comme s'en rappeler à la vie. C'est comme inspirer à plein poumons l'air frais du soir après avoir trempé trop longtemps dans le stupre. Elle est un don Loveleen. Un don qu'il ne peut que bénir, auquel il ne sait que répondre lorsque ses premières paroles s'en viennent claquer son esprit pour y ramener quelques ombres.  « Il te puniras s'il l'apprend. »

Il le sait. Il s'en fout ; parce que ses mots, ce sont des mots d'enfants. Tellement doux qu'ils en effacent la menace sous-jacente à sa conscience éperdue. Oui, il s'en moque. C'est ainsi. Décidé. Au moins pour l'instant. Et puis, Carter, au fond, il se dit que cela en vaux la peine, que lui appartenir a un sens. Que de n'appartenir qu'à elle, qu'à ses doigts qui l'effleure, qu'à ce baiser qu'elle s'en vient poser tendrement à son front, c'est bien plus réel que tout ce qu'on veut bien enfoncer dans son crâne. C'est simple. Logique, et ça l’électrise Carter. Ça lui ferait presque oublier qu'en dessous, la mort a ses droits et qu'en son dedans tout est noir, mais il oublie. La voilà, finalement, la douce facilité qu'elle insuffle. Il oublie, mais ça ne durerai pas, car c'est ainsi que tout se finissait toujours. Après elle, lui qui ne souffre d'aucune chaîne à ses chevilles s'en irai retrouver son appartement, un port comme un autre, une destination vaine n'ayant pour seul but que de ne pas le laisser à la rue. Après elle, il y aurai le silence. Les gestes mécaniques, l’écartèlement de ses draps pour s'en venir accueillir son corps, l'attente. Le rien. Tout au plus quelques instants de sommeil volés qui se teinteraient de rouge, de cris. Des leurs. Des siens. Après elle, la vie reprendrai son vrai sens, celui d'une existence dont aucun Dieu ne viendrai le tirer. Ni pardon. Ni salut. Il est seul Carter. Plus seul qu'il ne l'a jamais été, broyé par la crainte. Figé par le doute. Alors, lorsque ses yeux à nouveau se plongent en les siens, tout s'efface. La vie prend de nouvelles couleurs. Il s'échoue pour mieux reprendre pied. C'est si facile au fond. Il ne suffit que d'elle, que de ses voluptés ingénues et l'Enfer est comme mis à l'arrêt. Alors, il plonge Carter. Plonge en elle, jusqu'à s'y noyer. Encore, et encore. Soir après soir, il savoure la douceur de sa peau sur la sienne, ses efforts vains pour le réchauffer. Il est froid Carter. Froid, comme de la viande. Ça lui fait l'effet d'une gifle quand elle ose ces mots, mais qui oserait seulement blesser cet ange l'accueillant en son antre ? Blessé dans son orgueil, le chien ne peut que se taire. Qui d'eux au fond semble alors le plus la proie de l'autre ? Réponse évidente, à l'image même du rituel qu'elle déploie. C'est elle qui mène la danse, depuis le premier jour. Elle, qu'il avait cru un temps devoir apprivoiser, avant que de réaliser qu'à la seconde même où sa vie s'était entremêlée à la sienne, elle avait été seule maîtresse de leur embarcation de fortune. Elle encore. Toujours elle. Il aurait beau contester Carter, le constat serait le même : de tout temps, l'oiseau, bien que fragile, mutilé, ses ailes cloués aux barreaux d'une cage insalubre, n'en resterait pas moins le plus redoutable des prédateur pour l'insecte en mal de lumière qu'il se plaît à devenir. Lui appartenir, c'est ça, sa seule finalité à présent. A lui en laisser le droit d'approcher toujours plus. A l'y encourager de ses mains qu'il ne sait déjà plus dégager des siennes. A n'en rien dire lorsque ses doigts s'en viennent chasser un peu du sang d'un autre resté à sa joue. Il a honte, Carter. Honte des stigmates qu'il provoque, qu'il inflige à sa vue. Ce rouge sur ses doigts, à elle, ça l'oblige à faire face à nouveau à ce qu'il tente d'oublier. A ce qu'il veut oublier, de ces bandage écarlates qui rompent l'harmonie de sa peau opaline aux tintements exténuants de cette chaîne qui l'entrave. Ce serait si facile, là, de suite, d'arracher ces horreurs. De l'arracher elle à l'Enfer, de s'en extirper à son tour. Au dehors, c'est toute une vie qu'ils pourraient se construire. Pas ici. Loin. Par delà les océans, par delà ce peu qu'il connaît tellement mal, existe un monde, un lieu, où l'obscure ferait place au soleil. Où la lumière rendrait à ses charmes tout ce qu'ils ont déjà de si époustouflant à la simple lueur d'une flamme. Un jardin. Peut-être dans le Derbyshire. Mais quand la tête de l'ange s'en vient se poser à son épaule, quand son nez s'en vient se loger à la base de son cou, à l'instant même où ce délice fait naître l'écho d'une fantasmagorique révolte, le rêve s'effondre. Le maître avait bien travaillé après tout. Si bien qu'il en avait terni l'idéal et l'espoir en un choc foudroyant, ranimant tout le pire. Le jardin. Le Derbyshire. Tout ça, ça appartenait à Nola et elle y avait mit feu. En avait rit à pleine gorge. Nola, elle a tout ravagé sur son passage, alors du jardin, du Derbyshire, ne reste qu'un tas de cendres fumantes aux vapeurs toxiques, et pour eux, ne restait plus qu'un lit surélevé au-dessus du Styx, quelques bruits de chaînes et la chaleur naissante de leurs peaux se rencontrant. « Merci...Carter. »


Ça l'estomaque. Ça le prend au cœur. Merci. Merci, de quoi ? Il n'est pas en train de la sauver Carter, il l'abandonne. Il s'y raccroche. Il s'y soumet pour mieux oublier tout ce qui existe en dehors d'elle. Au fond, cette tendresse qu'il supplie au Ciel, c'est elle seule qui lui offre. Lui, se contente juste d'obéir, alors merci, c'est pas à elle de le dire, même si cela fait joli dans le décor. Ça le fait enrager Carter. Ça lui donne envie de crier. De se jeter de nouveau au dehors, mais il n'y a pas d'échappatoire là-bas. Pas plus qu'ici. Seule Loveleen peut encore faire office de porte vers un monde meilleurs, alors ce trésor-là, Carter se jure de faire son possible pour en prendre soin. Pour mériter un peu de ce merci qu'il n'ose pas lui rendre verbalement. Alors, lentement, ses lèvres s'en viennent effleurer sa tempe. Sa main cueille son visage pour le pousser à s'éloigner délicatement de lui. Il se lève Carter, mais ce n'est que pour mieux revenir à ses pieds. A ses chevilles qu'il dégage des pansements entachés. Il a vu le pire en bas Carter, et provoqué plus encore, mais ce spectacle-là, ça réveille un instant la bête grondante que l'on a muselé. Ça fait trembler ses mains de rage quand celles-ci s'en viennent soulever avec la plus grande précaution les membres endoloris de son ange. Ça boue. Ça lui donne envie de tout brûler alentour, de laisser pour une fois dans sa vie sa colère s'exprimer sur une cible méritante, mais il se perd Carter. Il se perd encore aux nuances verdoyantes de ce regard innocent l'interpellant de plus haut. C'est pas ça qu'elle veut Loveleen. Pas ce soir. Son merci, il faut le mériter, alors, le loup se couche à nouveau pour laisser seul au chien le soin de souffler doucement sur ses plaies pour chasser la douleur. C'est ainsi qu'elle faisait Dorothy. Cela, il s'en rappelle encore et il fait de son mieux, Carter, pour couvrir de nouveaux langes propres ces marques qu'il jure d'un jour faire cesser. Un souffle dessus à nouveau, avant que de jeter au loin le sale pour mieux y accueillir le propre. Que faisait-elle déjà, la gouvernante des Rookwood, pour chasser la douleur ? Elle posait un baiser. Pas sur la blessure même, encore trop sensible, mais juste au dessus, comme un point final au malheur. Alors, Carter, il en fait de même, mais parce que ses yeux ne parviennent à quitter ceux de l'ange, c'est à peine s'il s'autorise à l'effleurer, ses lèvres déjà en feu de ce peu dérobé. Puis, comme sous l'emprise d'une étrange impulsion, la bouche remonte. Calque le même geste un centimètre plus haut. Puis un autre. Puis un autre, jusqu'à se figer à la naissance du mollet. Jusqu'à le pousser à reprendre le dessus sur lui-même, un fin sourire maladroit étirant péniblement ses lippes faméliques.



« Voilà. C'est fini. »

Fini la douleur, mais il est une autre chose plus terrible qui s'en vient lui ronger le ventre. Loveleen, il la regarde. La rejoint. Assis sur le lit, il se refuse à laisser ses pieds quitter de nouveau le sol de peur d'affronter de nouveau les rives menaçantes d'une beauté trop parfaite. Ça l'angoisse Carter, parce qu'au fond de lui, il sait bien qu'elle n'est qu'une enfant, qu'importe ce que Carrow a déjà pu lui arracher d'innocence. Parce qu'en son for, les quelques derniers éclats de lucidité qu'il a conservé lui renvoi une image détestable, écœurante, pour toute réponse à sa propre étroitesse le tenant en étau, mais il n'apprend pas Carter. Il n'apprend jamais vraiment, à moins de vraiment le vouloir. Alors, pour réchapper à ce nouvel obscur, ses yeux s'en viennent trouver la seule véritable source de lumière qu'il connaisse. Alors, pour la première fois depuis que se tisse la toile de leurs nuits volées à la barbe du maître, son état empire. Elle n'a plus mal Loveleen, mais lui, il se tord à l'intérieur face à l'inacceptable impulsion qu'il réprime. Ça fait mal au dehors. Ça fait mal face à elle. Pour la première fois, plus aucun échappatoire ne subsiste, alors Carter soupire, s'en vient loger son propre visage dans ses mains, espérant que dans le noir, une nouvelle porte parvienne à le délivrer.






©️Aloysia
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Parchemin envoyé Lun 20 Nov - 3:19

- I am Divergent, deal with it. -
Je suis : Sha , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 15/11/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 48 , et l’avatar que je porte a été créé par : Nastya Kusakina Je parle en : #9B636D



Je suis âgé de : 25 ans. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Charmeresse pour la Main Noire. J’ai juré allégeance : à personne mais loin d'apprécier cette guerre, je trouve le monde injuste et violent. Secrètement je pense que l'Ordre du Phénix détient la solution, et je partage leurs idées. Côté cœur, : je n'étais pas la bonne, il aurait dû être le bon.
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Quand Carter est là, aucune seconde ne coule. C’est comme si sa cellule s’attachait haut dans le ciel, entre deux étoiles. Elle se sent bien avec lui, en sécurité. Il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’elle ait de nouveau peur. Un simple geste la surprendrait et elle redeviendrait la farouche enfante qui se cachait jusqu’alors sous les épaisses couvertures offertes par son bienfaiteur. Il est étrange Cadmos avec elle, tantôt brutal, tantôt doux. Il la dresse comme ça.
Carter, lui, l’apprivoise. Comme le petit Prince face au renard, il est doux et responsable. C’est pour ça qu’elle ose fermer les yeux quand elle a sa tête sur son épaule. Elle est bien dessinée cette épaule d’ailleurs, comme son dos et tout le reste. C’est un corps de prédateur. Il pourrait l’écraser et la saccager, comme Macnair. Macnair ne lui a encore rien fait, mais il fait partie de ses monstres qui hantent le dessous de son lit la nuit.
Parfois elle pleure, mais pas quand Carter est là. Il lui suffit de serrer ses doigts dans les siens pour se rassurer un peu. Elle ne pense pas qu’il la défendrait face à la cruauté de son Maître, parce qu’il n’est qu’un chien, et aucun limier ne défendrait le gibier à la face même de celui qui le nourrit.
Pourtant, c’est un chien qui se lève devant elle. Elle le laisse faire, ses yeux le suivent en silence. Elle enroule ses doigts les uns dans les autres, se retient de les tordre parce qu’ils sont eux-mêmes bandés et douloureux, mais elle aimerait vraiment, parce qu’elle ignore ce qu’il va faire. Pourquoi le ferait-il d’ailleurs ? Elle penche la tête, ce qui lui donne un aspect de poupée, de bambin. Son sourire s’étire doucement quand elle sent ses doigts sur ses chevilles. Elle le regarde avec curiosité, sans sourciller, parce que Carter fait bien moins mal que Cadmos.
« Ce n’est pas grave » murmure-t-elle, comme un secret.
Du bout des doigts elle effleure ses cheveux quand il remet en place le bandage. Elle ne veut pas le déconcentrer, mais elle ne veut pas non plus qu’il soit chagriné. Il y a déjà trop de peine ici. Trop de ressentiment, trop de souffrance. Elle ne sait pas vraiment pourquoi il serait triste pour elle, parce qu’il est un tueur lui aussi, mais parfois elle voit les yeux de Carter qui brillent et ses sourcils qui se froncent. Il y a un quelque chose qu’elle ne comprend pas.
Peut-être est-ce juste parce qu’elle est la plus jolie des biches ? Bien sûr c’est évident, elle a ce sang qui la rend si belle, si attirante, la proie de tous les prédateurs. Ça ne marche pas sur Cadmos. Il ne la trouve jolie que quand elle a des robes carmin, des pétales de rose qui sortent de son ventre, quand il entend les os de ses jambes craquaient. Il la répare toujours – comme Carter – mais ses doigts à lui sont durs.
Quand elle le regarde ainsi, elle se demande si ses doigts sont aussi doux que ça quand il tord le cou à ses victimes. Mais elle ne dit rien. Parfois quand elle dit quelque chose qui ne lui plaît pas, elle sent le loup qui ressort de lui. Il a les dents plus longues, le regard plus incisif. Il pourrait la dévorer. Elle ne veut pas être mangée.
Alors elle le laisse faire, même quand il pose ses lèvres sur sa peau pâle. Elle se pince les lèvres alors que ses doigts serrent le bas de sa robe. Elle ne le fait pas exprès, parce que ses yeux sont figés sur la bouche de Carter, mais en serrant plus fort, elle dévoile davantage le haut de ses genoux. Ses pommettes ont légèrement rougi, mais c’est un frisson d’horreur qui lui remonte le long de l’échine. Un mélange de sensation étrange. Au demeurant, elle a peur. Quelque chose lui tord l’estomac. L’instinct. L’image de Macnair, son sourire baveux, ses yeux qui désirent.
Elle ressert doucement les cuisses, et si son visage est toujours le plus joli masque du monde, avec ce sourire rassurant, il y a dans ses yeux turquoise quelque chose qui frôle l’inquiétude. Elle lui jette un regard décontenancé. Il la regarde en retour. Son cœur tambourine dans sa poitrine. Elle ignore pourquoi, mais il n’y a aucun papillon dans son estomac, juste un nid d’araignées.
« Voilà. C'est fini. »
Elle sert ses deux chevilles l’une contre l’autre, avant d’esquisser de nouveau un sourire ravi. L’inquiétude petit à petit la quitte et elle est contente, si contente qu’elle remet une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle est un peu maladroite, Loveleen, elle ne sait plus vraiment comment marche le monde depuis qu’elle vit ici. Elle a encore du mal à savoir s’il fait jour ou s’il fait nuit. Il y a bien un peu de lumière qui filtre à travers les portes de la grange, mais il faut qu’elle arrive jusqu’à la balustrade de la mezzanine.
Souvent, elle n’a pas la force. Souvent, elle n’a pas le courage. Elle reste seulement dans le lit, avec un livre, et elle attend que le temps passe, que la douleur s’estompe, qu’un nouveau jour se lève. Elle aime quand Carter est là, car c’est comme si c’était l’aube. Ses iris doubles sont à la fois le soleil et la lune qu’elle ne voit plus.
« Tu n’avais pas à le faire » reprend-t-elle, toujours à ton bas, comme une confidence, « il le fait toujours quand il revient. »
Quand elle dit ça, ses pieds se frottent de nouveau l’un contre l’autre. Elle a une hésitation, alors que ses doigts se tordent sur sa robe de lin, serrant le tissu, le relâchant pour finalement le serrer de nouveau. Elle hésite, et elle a bien raison, car elle sait que tout ce qu’elle dira pourra être retenu contre elle. Cadmos a une oreille partout, et elle ne comprend pas toujours pourquoi il sait toujours tout. Il est comme un Dieu omnipotent et omniscient, qui châtie chaque erreur mais jamais ne récompense.
Carter est un croyant dans cette drôle d’église – c’est du moins ce qu’elle se dit quand elle le voit loger son visage dans ses mains. Elle le laisse faire, car elle n’a jamais rien vu de pareil auparavant. Elle hausse un sourcil amusé, et de nouveau elle a un petit rire clair comme de l’eau de roche.
Elle tend sa main, ses doigts fins effleurent la tignasse du jeune homme, et puis, par jeu peut-être, par naïveté surtout, la douce ingénue glisse ses doigts dans la nuque de Carter. Elle glisse sa main sans faire attention à lui. Elle est comme un enfant à qui on aurait jamais dit non, et d’ailleurs, s’il ne le dit pas, comment serait-elle sensée savoir si personne ne le lui dit ? Cadmos ne dit rien, lui, quand elle le frôle de sa main. Il sait qu’elle est plus ingénue, car ce n’est pas dans cette grange miteuse qu’elle pourrait apprendre des choses de l’amour.
Elle ne sait rien de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, car ici, on fait tout, tout pendant que le Maître a décidé. Cadmos aussi la touche de cette façon. Il ne fait jamais rien de plus. Même quand il la lave, il la lave comme si elle n’était qu’une enfant. Elle ne dit rien et est docile, comme Carter à ce moment-là.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Comme elle dit ça, son index passe sur le tatouage qui dessine une petite croix sur le dos de Carter. Elle est haute, au niveau de ses omoplates, et comme il est penché et elle est perchée, elle peut voir dans l’encolure de son t-shirt – elle peut même toucher. Elle ne s’en prive pas. Puis à un moment, elle retire sa main, comme si elle sentait qu’elle pouvait se faire mordre. Elle appuie d’ailleurs son bras contre son propre torse, comme pour la protéger.
« Tu bâtis un cimetière sur ton dos ? »
Le sourire du petit Ange est d’une tristesse infinie. Pour sûr que même le Diable aurait pleuré à la voir si attristée. Bien sûr qu’elle sait, qu’elle n’ignore pas que souvent il vient, il s’entraîne sur les cadavres, il coupe, découpe, coud. Elle entend les bruits. Elle les retient quand Cadmos l’autorise à descendre, pour regarder. Elle ne participe jamais. Elle ne saurait pas.
Et puis soudain, sans trop savoir pourquoi, elle a un tout petit sourire, minuscule, plus timide que la pluie dans les déserts. Elle baisse les yeux et hausse doucement les épaules.
« C’est pas grave, dans les cimetières il y a toujours des fleurs. »



And these fingertips
Will never run through your skin
And those bright blue eyes
Can only meet mine across the room filled with people that are less important than you.


CODAGE PAR AMIANTE






Sweet dreams are made of this
Who am I to disagree?



Parchemin envoyé Lun 20 Nov - 4:41

- I am decadent, and here I am. -
Je suis : Aloysia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 26/10/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 62 hiboux. J’incarne : Tom *sexy* Hardy , et l’avatar que je porte a été créé par : Aloysia Je parle en : #996633



Je suis âgé de : 35 ans , et j’ai le sang : pur, mais, pensez-vous réellement que ça ait la moindre espèce d'importance ? Moi, je m'en fiche. Dans la vie je suis : Manutentionnaire au sein du Cercle de Jeux J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis un célibataire endurci

Dossiers du ministère
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From dusk till dawn

Loveleen Fuller & Carter Rookwood

Il attend Carter. Il respire, fort, se force à compter le bon nombre de secondes entre l'inspiration et l'expiration, mais rien ne passe. Y a rien à faire contre ça. Rien qu'il ne puisse vraiment se permettre de faire devant la candeur de ces deux orbes scintillantes se refusant obstinément à se détacher pleinement de lui. Ne me regarde, voudrait-il lui crier. Non, ne le regarde pas Douce, car le compagnon de solitude, là, à quelques centimètres de toi, est en train de muer. Il se tord Carter, se courbe chaque seconde un peu plus vers le sol pour mieux enfouir son visage dans l'obscurité de ses paumes. De ses mains, aussi sales, malgré leur netteté apparente, qu'il ne l'est lui, tout entier. Ça le brise Carter. Ce qu'il ressent, ce qu'il lui arrive, ça, ça ne devrait pas exister. Encore moins avec elle dont le merci résonne encore au fond de son crâne, à lui en vriller les tympans. Non, ça ne devrait pas exister. Ce n'est pas ça qu'il veut lui offrir. Pas ça qu'il veut laisser transparaître. Alors, malgré lui, son esprit se perd. Il cherche, fouille. Il y avait bien un autre visage autrefois au fond de cet esprit à l'agonie. D'autres traits, des qui n'ont rien de commun avec les siens. Inspire. Expire. Il y avait à la place de ce ciel ingénu, deux billes noires, comme un ciel d'hiver. Comme un espace infini dont on ne saurait voir la fin et autours, de longs cils. Exagérément longs, sans besoin d'artifices, aussi noir que les iris en leur centre. Inspire. Expire.  « Tu n'avais pas à le faire. » Non. Bien sûr que non. Il n'aurait pas dû faire ça Carter. Il le sait. Il le sent jusqu'au fond de son ventre que c'était une connerie. Rien qu'une connerie, une de plus à ajouter à la longue liste de ses bonnes intentions mal achevées, mais Loveleen, elle n'en démord pas. Elle ne laisse rien au silence, pas assez pour l'apaiser de nouveau. « il le fait toujours quand il revient. »  Et il est bien là tout le fond du problème. Le véritable fond du mal lui obstruant la gorge. Il ne le veut pas. Qu'importe l'identité se cachant derrière ce il tellement évident, il ne veut pas Carter, que des mains plus rudes et sales encore que les siennes s'en viennent ne serait-ce qu'effleurer cette peau. Mais pire encore, il sait Carter, qu'il ne pourra jamais empêcher que cela arrive. Alors, au feu lancinant, prémisse d'un inavouable désir, s'en vient un fléau plus douloureux encore que le reste : la cruelle impuissance face à une jalousie qui ne devrait pas exister. Carter, il lui appartient. A Lui. A Elle. Mais Elle, elle n'est qu'à Lui. Elle le serai toujours, alors la morsure le relance un peu plus. Alors, ses mains raffermissent leur prise sur son visage. Des cheveux mi-longs. Ou longs. Il ne sait plus. Peut-être à cause des boucles parfois trop indisciplinées. Une mâchoire légèrement rectangulaire. Des lèvres roses, charnues. Une peau ni pâle, ni hâlée. Prenait-elle bien le soleil ? Il ne sait plus, Carter. Il ne la voit plus vraiment au fond. Nola, aujourd'hui, elle apparaît dans ses souvenirs comme constamment masquée d'un large voile transparent s'en venant flouter la scène et seul survit en net son image au milieu des arbres embrasés. Des buissons flamboyants. Des cendres. Partout des cendres et une expression à son visage qu'il n'identifie pas vraiment, mais il ne voit plus que cela Carter. Plus que ce regard noir, transpirant le mépris et la défiance. Plus que sa silhouette amincie, dégarnie de ses courbes, grise au milieu du gris et puis, tout saute. Lui avec, alors que la main de son ange s'en vient effleurer le tracé de sa pénitence.


« Qu’est-ce que c’est ? » Que peut-il seulement y répondre, Carter ? C'est une preuve. Fine, noire, le passage sur Terre d'une vie qu'il a rompu. La première depuis Amy. La vraie. Le baptême. Il y en aurait tellement d'autres au fil des années, mais celle-ci, c'est la première, alors elle a son importance, même si Pietro avait pas forcément cherché à comprendre quand son vieil ami de Poudlard avait débarqué de nouveau dans son salon. Il en sortait à peine Carter, lorsqu'il s'en était revenu le voir, le bras encore prisonnier dans le cellophane, le visage d'Amy Dearborn le toisant dans tout ce qu'elle avait laissé de beauté sur cette table. Une croix. Après la Vierge, ça paraissait logique, si tant est qu'on puisse trouver un semblant de rationnel à un sorcier de sang-pur se tournant vers un dieu moldu. C'est pas son affaire Pietro. Il grave. Il laisse la pointe de ses aiguilles transpercer l'épiderme pour mieux le marquer à vie. Il est un peu comme Carter au fonds. Il obéit, sans trop poser de questions. Mais Loveleen, elle sent pas ces choses-là. Elle sait pas à quel moment se taire, ni comment lire une gestuelle lui commandant la paix. Non, Loveleen, quand une question lui passe par la tête, elle la pose, parce qu'elle a pas apprit à lire dans les esprits, ni même sur les visages et que son visage, Carter, de toute façon, il se refuse encore à le montrer. Inspire. Expire. « Tu bâtis un cimetière sur ton dos ? » C'en est trop. Trop pour sa paix. Trop pour ce semblant de calme qu'il tente de feindre. Comment fait-elle, Loveleen, pour savoir si bien sourire ? Il ne sait pas. Il ne sait plus. Une part de lui s'en fout au fond, parce que Loveleen, elle est comme lui, pas forcément cérébrale, mais terriblement perspicace. Alors, ses mots, ils font l'effet d'une flèche en plein cœur. D'une décharge à la gorge. Il ne peut plus laisser ses mains en place Carter, parce que ces dernières l'étouffent à présent que les larmes s'en viennent lui obstruer les yeux et que sa gorge se serre un peu plus. Elle l'a délivré, Loveleen. Encore une fois. Elle l'a délivré du désir, pour mieux le jeter à la gueule du désespoir.


« Regarde-pas. Ça va t’abîmer les yeux. »

Voilà tout ce qu'il a trouvé de mensonge, Carter. A peine un bobard bon à convaincre un nouveau-né. Ne regarde-pas. N'écorches pas le seul regard qu'il puisse encore soutenir à l'horreur de ses actes. Fermes les yeux Loveleen, comme tu le faisais si bien, ton visage à son épaule. Ça vaudra mieux. Ça vaudra mille fois mieux que d'entendre gémir l'homme qui se brise sous sa propre culpabilité sans aucun moyen de la racheter. De s'en défaire. Des croix. La souffrance de l'aiguille martelant sa chaire, cognant dans ses os, la brûlure qui s'en vient et qui reste après coup, un temps, c'est tout ce qu'il a trouvé Carter et ça ne suffit qu'à peine à le soulager. Quand la douleur s'estompe, c'est un retour simple et net à la case départ, sans jamais vraiment quitter celle de la prison. Et puis, comme répondant aux prières qu'il exerce, l'ange appose son souffle bienfaiteur sur son humanité à l'agonie. C'est doux. Parfaitement idiot. Ça fait cesser en une seconde tout ce qu'il avait de souffrance dans le ventre. Partout. Parce qu'au fond, «c’est pas grave, dans les cimetières il y a toujours des fleurs.» Il rit. Nerveusement, quelque peu secoué de surprise, mais il rit Carter. Vraiment. Doucement. Pour la première fois depuis un temps tellement infini qu'il n'en saurait plus remonter au dernier de ses éclats. Il respire. Inspire. Expire. Tout s'en devient si facile alors, parce qu'elle est là, douce et tendre. Incapable de le haïr qu'elle semble être, il se haïra pour eux deux, mais ne le peut plus sur l'instant. Carter, il essuie brutalement ce qui pourrait encore mouiller ses yeux, parce qu'il est hors de question de lui laisser voir comme il a mal. Carter, il tousse un peu, pour redonner à sa voix un peu de contenance, pour mieux ravaler la boule qui glisse lentement vers le fond après avoir manqué de lui exploser en pleine bouche.


« Et qui fleurira les tombes, quand tout le monde sera sous terre ? »

Ça pue l'amertume. Il la taquine bel et bien pourtant Carter, s'autorisant enfin à se retourner. A retrouver son regard. Alors, lentement, comme si la moindre esquisse de son mouvement pouvait s'en venir la briser, il lève la main Carter, attends quelques secondes entre chaque centimètres de gagné pour lui laisser le temps de le repousser si l'envie le lui prend, et puis, doucement, il glisse à nouveau sur sa peau. Frôle sa joue d'un revers. La cueille au creux de sa paume devenue chaude de l'avoir trop longtemps cachée.


« Je connais un endroit, où les fleurs poussent dans la terre, pour elles seules. Elles ne sont ni dans des pots, ni dans des vases, ni sur des tombes. Elles vivent, elle fanent, elles repoussent et quand le vent est d'humeur blagueuse, il les transporte de terre en terre et les disperse au gré de ses envies. Alors, les fleurs de l'année passée qui étaient blanches, s'en deviennent roses. Rouges. Jaunes. Oranges. On ne peut jamais vraiment savoir, mais ce qui est sûr, c'est qu'elles ne font de mal à personne... »  Un temps. Silence. « Moi, si. »


Les yeux se baissent, sous couvert de la honte qui jamais ne le quitte. Sa main avec. Comment sourire, comment la toucher encore, quand tout pèse si lourd. C'est à peine s'il parvient encore à se porter Carter, mais à elle, il ne peut pas mentir. Elle sait. Lui aussi, mais Loveleen, elle est comme un dernier espoir d'échapper un jour l'Enfer, alors, Carter, il se décide pour la première fois à admettre. A poser des mots sur l'innommable. Le faire auprès d'elle, c'est prendre le risque le plus terrifiant de sa vie, mais il se fixe alors une certitude. Si elle l'accepte, les lendemains, un jour, seront meilleurs. Si elle le rejette, il partira. Ne reviendra plus jamais. Il oubliera, comme elle lui avait si souvent permit d'oublier jusque lors.


« Je ne peux pas mettre de fleurs sur leurs tombes, parce que eux... » Son regard cherche le fond de la grange en dessous. « …Ils n'en ont pas. Ils en auront jamais. Sauf là. » Un geste pour désigner son bras. « Et là. » Un geste pour désigner son dos. « Alors oui, tu vois, ma peau, c'est un peu comme un cimetière, parce qu'il faut pas les oublier et qu'un jour, quand moi aussi je serai sous terre, peut-être que le vent me balaiera joyeusement. Il les dispersera à travers le monde pour qu'ils puissent le voir à nouveau. Pour qu'ils puissent vivre, encore un peu.»


Pouvait-elle vraiment comprendre tout le sens de cette histoire ? Il ne le sait Carter. Au fond, ça n'a pas vraiment d'importance. Ce n'est qu'un geste. Sans doute qu'une connerie. Une connerie de plus à ajouter à la liste de ses bonnes intentions mal achevées, mais il s'en moque Carter. Sur l'instant, une seule idée le bouleverse, s'en vient raser ce semblant de sourire qu'il tentait à nouveau de feindre pour rendre un peu de lumière à l'obscure. A son tour.






©️Aloysia
[Base fiche RP par ©Lexie]
Parchemin envoyé Lun 20 Nov - 17:43

- I am Divergent, deal with it. -
Je suis : Sha , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 15/11/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 48 , et l’avatar que je porte a été créé par : Nastya Kusakina Je parle en : #9B636D



Je suis âgé de : 25 ans. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Charmeresse pour la Main Noire. J’ai juré allégeance : à personne mais loin d'apprécier cette guerre, je trouve le monde injuste et violent. Secrètement je pense que l'Ordre du Phénix détient la solution, et je partage leurs idées. Côté cœur, : je n'étais pas la bonne, il aurait dû être le bon.
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« Regarde-pas. Ça va t’abîmer les yeux. »
Elle a un petit sourire timide. Non, c’est trop tard Carter, tu ne le sais pas encore, mais elle a vu bien pire, elle a baigné sa joue pâle dans le sang de son père en regardant sa mère se faire souiller. Elle se souvient encore de chaque détail, de chaque tressaillement. Elle n’a pas crié à ce moment-là. Elle a simplement laissé ses iris brûlaient. Ils sont beaux ses yeux, à la jolie Loveleen, beaux mais profonds comme un puit sans fonds. C’est à chaque que ressemble la douleur qui l’habite. Douleur lisse, stable, comme un torrent qui glisse le long du Rhin. Ils sont beaux ses yeux mais ils ont déjà trop vu – ils sont abîmés. Beaux mais abîmés. Comme de la poésie.
Loveleen elle aime la poésie parce qu’elle ne parle pas beaucoup, elle n’aime pas parler pour ne rien dire, elle préfère le silence car le silence ne trahit jamais. Elle s’y baigne avec plaisir, et elle aime quand les autres parlent à sa place. Ça l’oblige bien sûr, mais elle a l’habitude. Son corps est rompu par l’exercice. Elle aime cette sensation. Être broyée est doux, parce que ça signifie qu’elle est touchée, qu’elle est pressée par une présence aussi accablante que tangible. Elle n’est plus seule dans ces moments. Elle n’est plus seule quand Carter est là. Elle l’aime même s’il n’est pas comme les autres, même s’il ne prend rien qu’on ne lui donne pas. Carter, c’est de la musique sans paroles. Il est beau, mais il faut y mettre des mots – un peu de poésie, pour que ça illumine vraiment, pour que ça provoque quelque chose en dedans.
Il faudrait lui donner un peu de poésie, mais Loveleen ne veut pas. Si elle lui donne, elle sera de nouveau seule. Elle le sait, c’est Cadmos qui le lui a dit. Méfie-toi et ne donne jamais aux hommes, ils sont égoïstes, ceux sont des chiens sans maîtres, ils se nourrissent et disparaissent, ne reviennent que quand leur estomac est vide. Il l’ignore mais souvent elle rêve d’être dévorée parfois, pour ne plus avoir mal. Alors elle le fixe, elle continue de s’abîmer les yeux. Elle aime ça, ressentir la douleur, se faire mal, parce que ça veut dire qu’elle est encore vivante.
Elle continue, de sa voix douce. Elle met quelques mots, elle lui offre un peu d’elle pour le rendre plus beau. C’est vrai qu’il est beaucoup plus beau Carter avec des fleurs au milieu des tombes de son dos. Elle, elle n’a que des plumes tâchées de sang, et des os, mais elle les chérit. Ils sont la preuve de ses souffrances, la preuve qu’elle a survécu. Lui, c’est l’inverse. C’est la preuve qu’il y a eu un mort. Est-ce qu’il est triste ? Elle effleure sa peau mais n’ose pas le toucher, elle s’y abîmerait.
« Et qui fleurira les tombes, quand tout le monde sera sous terre ? »
Elle a un petit sourire triste et penche doucement la tête sur le côté. Ses longs cheveux blonds glissent en une cascade interminable. Cadmos n’a jamais pris la peine de lui couper les cheveux, parce qu’il la trouve belle ainsi. Une Eve miniature, douce et offerte. Pécheresse de l’Eden mais victime sur terre. Bourreau ou proie ? Il serait difficile de le savoir. Sans doute un peu des deux.
Mais elle est celle qui décide, quand il approche sa peau, quand elle le laisse approcher. Elle relève légèrement sa joue, ferme les yeux quand il caresse sa joue, enfonce sa pommette dans sa paume, épouse la chaleur qu’il émet. Elle a un sourire satisfait et tendre, alors que son regard se plonge de nouveau dans les yeux sombres du Rookwood. Elle aimerait le toucher aussi, mais ses mains restent fermement accrochées à sa jupe, réflexe mécanique, instinct humain.
« Je connais un endroit, où les fleurs poussent dans la terre, pour elles seules. Elles ne sont ni dans des pots, ni dans des vases, ni sur des tombes. Elles vivent, elles fanent, elles repoussent et quand le vent est d'humeur blagueuse, il les transporte de terre en terre et les disperse au gré de ses envies. Alors, les fleurs de l'année passée qui étaient blanches, s'en deviennent roses. Rouges. Jaunes. Oranges. On ne peut jamais vraiment savoir, mais ce qui est sûr, c'est qu'elles ne font de mal à personne... Moi, si. »
Loveleen ne baisse pas les yeux. Elle le regarde, elle découvre sa honte, elle découvre cette culpabilité qui pèse sur ses épaules. Il suffit de le regarder pour voir sur ses épaules les colonnes du monde qui s’écroulent. Il l’ignore, mais elle l’imagine, elle, facilement ; elle les imagine ces fleurs sauvages qui ne vivent sur pour elle, et elle le voit aussi, qui coupe, arrache, pétales après pétales. Elle se mord doucement la lèvre alors que ses yeux suivent ses mains. Il s’éloigne, mais il est toujours si près. Elle frissonne. Son contact était si doux. C’est donc ce que ça fait d’être un lapin dans la gueule d’un loup qui hésite à mordre ou à bailler ? Elle n’a pas peur pourtant.
« Je ne peux pas mettre de fleurs sur leurs tombes, parce que eux... …Ils n'en ont pas. Ils en auront jamais. Sauf là. Et là. Alors oui, tu vois, ma peau, c'est un peu comme un cimetière, parce qu'il faut pas les oublier et qu'un jour, quand moi aussi je serai sous terre, peut-être que le vent me balaiera joyeusement. Il les dispersera à travers le monde pour qu'ils puissent le voir à nouveau. Pour qu'ils puissent vivre, encore un peu. »
Elle a un petit sourire parce que pour elle, c’est un peu comme une histoire dont la fin serait joyeuse. A la fin, tout le monde s’éparpillerait ici et là. Ils rejoindraient tous les abîmes de la terre. Ensemble ils s’y allongeraient, les yeux fermés, les bras en croix et l’âme – enfin – en paix. Elle aimerait s’y coucher bientôt, parce qu’il y a des jours où elle est fatiguée. Des jours où elle n’a plus envie. Des jours où elle n’a plus le courage d’essuyer ses larmes, où elle les laisse rouler sur ses joues froides.
Doucement alors, elle se laisse doucement tomber comme un arbre millénaire qui s’effondrerait sur un rivage d’azur. Elle n’est pas un roseau, Loveleen, si elle cède, elle rompt. C’est pour ça que Cadmos la gagne délicatement, il ne cherche qu’à la faire vibrer, mais souvent il entend son bois craquer. Il s’arrête alors, essaye de réparer, mais sait-il qu’un arbre aux écorces cassées se fait dévorer par les insectes ?
« Carter »
Elle est allongée sur le flanc dans les draps, sur le bord de ce lit qu’il s’interdit. Elle glisse ses doigts sur sa joue, mimant sa tendresse. Elle sent sur son épiderme la chaleur, les flammes de l’enfer qui se préparent, qui leur fabrique un petit nid. Elle est radieuse pourtant. Son sourire est si beau, si plein d’espoir, mais c’est un espoir aux couleurs du Styx qu’elle porte sur son visage d’ange.
« Quand je m’allongerais pour l’éternité, tu… tu t’allongeras avec moi ? »
Elle est déjà allongée pour l’éternité. C’est ce qu’elle se dit Loveleen. Elle y est déjà. Elle ferme doucement les yeux, ce qui lui donne un instant l’apparence d’un joli macchabé. Elle a un sourire en coin en y pensant, un sourire ravi. Elle s’imagine morte mais belle, si belle que le vent viendrait caresser son corps tout entier comme certains hommes font avec les femmes qu’ils aiment. Elle est jeune et elle n’a jamais eu le droit à ce genre de caresse, elle n’en connait que l’apparente volupté.
Elle n’en désire pas la moitié. Le simple contact avec Carter lui suffit, et elle souffrirait sans doute qu’on la force comme Macnair avait forcé sa mère. Cadmos lui-même l’effleure mais jamais ne la cueille, car ce n’est pas « son genre ». Il l’a déjà dit. Elle le croit. Quand elle rouvre les yeux et qu’elle plonge dans le regard de Carter, elle y voit cependant quelque chose d’autre. Une flamme, une idée. Son instinct lui crie de s’éloigner. Il est le loup et elle n’est qu’un lapin qui rêve d’être dévoré.
« Tu me cueillerais, Carter ? »
Elle soupire profondément, ses yeux se mouillant légèrement. Elle attrape doucement ses doigts, ses mains si froides jadis, si chaudes désormais. Elle les dirige lentement, les tire. Le Rookwood obéît, il les lui offre pour qu’elle puisse les poser sur sa gorge nue, dévoilée. Elle est belle Loveleen dans sa robe qui montre tout et cache à la fois. Elle tend sa nuque claire et pose la main de Carter contre sa peau chaude. Quand elle le regarde, elle a les yeux larmoyants, mais aucune larme ne roule. Aucune n’oserait salir ce visage si pur, si radieux. Elle sourit Loveleen. Elle a juste un peu peur, mais c’est normal.
« Pour voir d’autres jardins. Pour voir d'autres vallées, d'autres plaines, je veux bien être à fleur de ta peau. »
Ce qu’elle ignore, Loveleen, c’est qu’elle n’est pas une fleur sauvage, mais davantage une rose aux épines empoisonnées.


Sweet little words made for silence not talk
Young heart for love not heartache


CODAGE PAR AMIANTE






Sweet dreams are made of this
Who am I to disagree?



Parchemin envoyé Mar 21 Nov - 6:27

- I am decadent, and here I am. -
Je suis : Aloysia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 26/10/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 62 hiboux. J’incarne : Tom *sexy* Hardy , et l’avatar que je porte a été créé par : Aloysia Je parle en : #996633



Je suis âgé de : 35 ans , et j’ai le sang : pur, mais, pensez-vous réellement que ça ait la moindre espèce d'importance ? Moi, je m'en fiche. Dans la vie je suis : Manutentionnaire au sein du Cercle de Jeux J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis un célibataire endurci

Dossiers du ministère
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From dusk till dawn

Loveleen Fuller & Carter Rookwood

« Carter. »

Son nom entre ses lèvres. Carter. Et ça résonne. Ça rebondit à nouveau, à en faire sauter toutes les chaînes qu'il venait à peine de nouer autour de l'interdit. Carter. Rien que cela. Pourrait-elle seulement imaginer les prières qu'elle insuffle dans son nom, les désirs qu'elle y glisse, les promesses qu'elle y brode. Carter. Juste Carter, et son ventre se tord à l'agonie, se crispe, s'égosille à la voir ainsi s'étendre sur ce lit, où la blancheur de sa peau semble se confondre à celle des draps. Et ses doigts sur sa joue. Et son mouvement qu'elle reproduit. Et cette caresse qu'il n'opère plus, qu'elle pratique à sa place, le voilà, le fin fond de l'Enfer, car il s'est trompé Carter. Depuis le début, de but en blanc. Cette mezzanine, ce coin de lumière blotti dans le noir, ce n'était pas le Paradis. Cela ne l'avait jamais été. Non, cet endroit, ce lit, cette fille ; cette femme, car déjà il ne sait plus vraiment, tout cela, c'est ça le vrai cœur de l'Enfer. Le climax, le point d'ancrage où tout culmine, où le marin se perd au chant des sirènes pour mieux se faire noyer de leurs mains. Se rend-t-elle compte Loveleen ? Réalise-t-elle seulement ce que la souffrance dans ses yeux, à cet instant, a de différent avec l'étouffante culpabilité de l'instant précédent ? Ici, plus rien de l'impuissance. Plus rien de l'envie d'en finir, tout au contraire, c'est parce que tout se donne et tente à être commencé qu'il ne peut s'y résoudre, que toutes les coutures de son âme à l'instant craquent et menacent de se déchirer. Et puis, elle récidive son ange, à grand coups d'innocence pour mieux s'en venir l'achever. « Quand je m’allongerais pour l’éternité, tu t’allongeras avec moi ? » Mais il ne s'allonge pas, Carter. Il plonge. Plonge dans ce regard pour tenter d'y trouver ce qu'il cherche. Une étincelle, un rien pour signifier que l'innocence n'est plus de mise, que son appel en est vraiment un, qu'un sens caché se trouve glissé dans sa pureté, mais il ne trouve rien Carter. Rien que de la pureté. De la blancheur. De l'immaculé. Deux paupières closes et un sourire. En somme, rien qui ne puisse s'en venir la tâcher, lui dire qu'il a tort d'ainsi se museler. Mais il a tort, Carter. Tellement tort à vouloir trouver du sale dans ce qui ne l'est pas, alors la culpabilité le ronge. Encore. D'une façon bien nouvelle, plus douloureuse encore, peut-être, que tout ce qu'il connaît déjà et a déjà connu ; et puis, elle rouvre les yeux. Et puis, elle entrouvre les lèvres pour le piquer au flanc à nouveau. « Tu me cueillerais, Carter ? » Non, c'est bien pire que cela, car ni les loups, ni les chiens n'ont jamais été vus cueillant une fleur. Eux, ils les hument, parfois d'un peu trop près, à s'en tourner la tête. Eux, ils les mâchent, les dévorent, pour mieux se soulager parfois de quelques maux. Eux, ils leur pissent dessus, sans le moindre égard pour leurs parfums, simplement pour marquer leur territoire, pour montrer qui est le maître, et voilà tout. Tout ce qu'il puisse faire. Alors, Carter, il ne bouge plus d'un cil. En son for, il a brandit un fouet jeté à l'encontre de son propre dos pour mieux se flageller de ses desseins obscènes. En son for, il s'insulte de tous les mots, de tous les cris les plus vulgaires et humiliant dont puisse être fourni son vocabulaire. En son for, il se désagrège. Se brise, lui et toutes ses belles valeurs, tel un verre de cristal jeté au sol lorsque les doigts de l'ange s'en viennent guider les siens à sa gorge offerte. Il n'est plus froid Carter, tout au contraire. Sous ses doigts, la sensation qui a donné tout son sens au mot douceur s'en vient s'offrir, l'incitant malgré lui à approcher la couche et sa maîtresse de plus près. Ses pieds ont quitté le sol alors, ses jambes pendant au dessus du vide. Il est à elle Carter, parce que lui appartenir, ça a un sens. Mais elle, elle ne lui appartient pas. Qu'importe les paroles que peuvent chanter les pétales de sa bouche, qu'importe les implorations formulées, Loveleen, il peut bien lui appartenir de tout son être, la réciproque n'en sera jamais de mise. Pourquoi ses doigts perdent-ils leur temps, dès lors, à l'effleurer, à caresser cette peau contre laquelle elle l'a blotti ? Pourquoi s'infliger cela, quand il serait si simple de lui arracher sa main, de lui arracher sa présence et de simplement fuir ? Oui, il devrait partir Carter, s'enchaîner au mât et boucher ses oreilles tant qu'il en est encore temps. Mais il est trop jeune lui aussi, malgré la décennie les séparant. Trop jeune encore pour être raisonnable. Trop jeune encore pour savoir s'interdire durablement ce que sa propre morale réprime. Et puis, Loveleen, elle lui assène le coup de grâce. Le coup de trop. « Pour voir d’autres jardins. Pour voir d'autres vallées, d'autres plaines, je veux bien être à fleur de ta peau. »

Craquent les coutures. Craque l'âme. Craque l'éthique et, définitivement, son corps s'en vient gagner le lit. S'il ne s'est pas élancé furieusement, si la brusquerie et l'avidité sont pleinement absentes de cet élan misérable, Carter, il ne s'en retrouve pas moins auprès d'elle à présent, le corps étendu à son côté. Si son coude ne le maintenait pas sur le flanc, il tomberai sur elle à coup sûr, y plongerai pour de bon, mais il n'a plus d'air déjà Carter, que son envie de sécher ce regard où les larmes naissent sans jamais se résoudre à rouler.

« Oui. »

Voilà tout ce qu'il parvient à lui dire.

« Cent fois. »


Voilà tout ce que son esprit anesthésié se permet à produire, alors même que malgré lui, comme la main de l'ange avait imité son geste, ses propres yeux se fardent des mêmes nuances que ceux de sa belle, comme un reflet dans le miroir. Alors, quelque chose s'allume. Quelque chose qui s'en vient laver le péché de toutes ses disgrâces. Quelque chose qui transforme malgré lui la honte et le remord en une évidence mortifiante, innommable : le désir n'est pas seul. Et plus Carter se force à le croire, plus ses maigres paroles font la ronde dans sa tête. Oui. Cent fois. Non pour une nuit, non pour combler le vide, mais cent fois. Mille fois. Jusqu'à l'infini, ou simplement jusqu'à leur fin. Il ne parle pas sa langue Carter, ne comprend que la sienne, mais cela suffit à bousculer la globalité de son être à ce visage d'enfant dont il ne peut détourner les yeux. Cent fois. Mille fois. Jusqu'à l'infini, parce qu'il ne sait rien de sa douleur, pas plus qu'elle ne saurait jamais la sienne et que cela importe peu. Parce que l'évidence s’éclaircit un peu plus à chaque seconde passée et que, sans le sentir, déjà sa main glisse en emportant la sienne pour s'en venir retrouver sa joue. Cette joue qu'il cueille avec l'adoration d'un saint pour son dieu, qu'il enjoint à approcher de lui, jusqu'à pouvoir poser ses lèvres à son front. A sa tempe. A cette autre joue délaissée et qu'il réchauffe avant que de s'écarter. Avant que de blasphémer l'autel sacré l'aimantant. Alors, lentement, son coude se rétracte, laisse s’effondrer de fatigue celui qui lutte depuis maintenant une heure. Des jours. Des années. Qui lutte depuis une vie entière entre ses désirs et le refus de la vie de le laisser les assouvir. Il est épuisé Carter. Épuisé de ce peu à peine osé. Épuisé des images trop contrastés des corps inanimés obstruant la pièce en dessous contre celle de leurs deux corps à eux, bien trop vivant au-dessus. Carter, il a fini par se défaire, par capituler. De sa tête à présent posée sur le matelas, il peut encore sentir l'épaule de l'ange frôler son menton. Il peut encore sentir sa gorge retrouvée dans la paume de sa main, son bras pesant sur le lin de sa robe et qui le berce au rythme de la poitrine de Love se soulevant. Assez. C'en est assez. S'il la regarde encore, il en mourra. Se perdra pour de bon. Alors, Carter, il ferme les yeux, mais aucun sourire ne s'en vient se dessiner à ses lèvres, que ses sourcils qui se froncent un peu, malgré lui, sous le coup de la souffrance. De l'évidence : le désir n'est pas seul. Il s'est déjà entremêlé à quelque chose de plus fort, de plus vital. De plus dangereux. Quelque chose qui l'avait déjà perdu autrefois. Quelque chose qu'il se refuse à nommer de peur de ne plus jamais pouvoir en chasser l'idée de son esprit.

Il attend alors, Carter. Il attend que quelque chose se produise ou que le sommeil le gagne. A présent que ses yeux ne la voit plus vraiment, les choses semblent plus simples. Plus apaisées. Paupières closes, la porte s'ouvre à la rêverie. A un lieu perdu à l'opposé de là où il se trouve, à un ailleurs où seul le parfum de cette peau près de lui entourerai le décor. Où les rires de Loveleen ne serait plus jamais feins. Où ses jambes déliées pourraient courir à leur guise à travers l'herbe fraîche. Où elle s'en viendrait, ses maigres bras tendus vers lui, simplement se pendre à son cou. Alors, dans ses yeux, les ombres de la pièce, la mince lumière de la lampe à huile disparaîtraient pour ne plus y laisser que du bleu. Celui du ciel. Celui de ses propres iris à lui. Et comme il est doux, ce monde. Comme elle est belle cette image. Et puis, soudain, tout s’assombrit. Les bras de Loveleen s'arrachent à lui. L'herbe devient cendres. Au bleu de ses yeux ne persiste que du noir, de longs cils, un sourire malveillant qu'il ne lui a jamais vu, et quand les flammes s'en viennent réduire à l'état de poussière la magie idéale de son rêve, le transforme en cauchemar, Carter sursaute, se contracte sous l'assaut brutal du réveil. Il n'a pas vraiment dormi Carter, mais de sa maigre fantaisie ne persiste plus rien que quelques perles de sueur s'en venant poindre à l'orée de son dos, que quelques tremblement au bord de ses lèvres. Loveleen. Où sont-ils ses yeux à elle !? Malgré lui, sa main s'en est venue la saisir à la hanche, y presser ses doigts comme l'on se retient à la roche pour éviter la chute fatale dans le vide. Et puis, son regard retrouve le sien et sa respiration saccadée se calme un peu. Il lui faut encore de longues minutes à Carter, à ne faire que la regarder, pour qu'enfin ses doigts relâchent leur pression, sans vraiment la quitter. Pour que son cœur reprenne un rythme normal. Pour que la morsure des démons infiltrés du Carrow relâchent leur mâchoire de son esprit marqué, à vif.


« Serre-moi. »


Pitoyable est le chien suppliant sa maîtresse. Suppliant celle qu'il se devrait de protéger selon toute logique, mais il ne protégera plus personne Carter. Ni elle. Ni lui. Il a déjà perdu. Cent fois. Miller fois. Jusqu'à l'infini.






©️Aloysia
[Base fiche RP par ©Lexie]
Parchemin envoyé Mar 21 Nov - 8:16

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Je suis : Sha , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 15/11/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 48 , et l’avatar que je porte a été créé par : Nastya Kusakina Je parle en : #9B636D



Je suis âgé de : 25 ans. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Charmeresse pour la Main Noire. J’ai juré allégeance : à personne mais loin d'apprécier cette guerre, je trouve le monde injuste et violent. Secrètement je pense que l'Ordre du Phénix détient la solution, et je partage leurs idées. Côté cœur, : je n'étais pas la bonne, il aurait dû être le bon.
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Elle sourit Loveleen, mais elle baisse aussi un peu les yeux quand il la surplombe. Elle sent sa douleur, mais elle ignore si elle a le pouvoir de l’alléger comme elle le veut. Elle ignore si une petite poupée cassée comme elle peut ne serait-ce que faire quelque chose pour un homme aussi grand et fort que Carter Rookwood. Alors elle sourit seulement, hésitante, les doigts suspendus. Elle enfonce davantage sa tête dans les draps, déplace au coin de ses yeux ses iris bleus de vert, et elle se pince doucement les lèvres en attendant sa réponse. Elle hésite. Elle a peur qu’il ne comprenne pas. Peur qu’il se méprenne aussi. Peur qu’il lui arrache le cœur, alors même que les vélanes ne vivent qu’une fois les jeux de l’amour. Une fois dans leur vie. Elle a l’impression de le vivre, mais elle est confuse la petite Loveleen. Elle est terrifiée à l’idée de se méprendre aussi. Peut-être qu’ils se trompent tous les deux ?
Non, ils ne se trompent pas. Pas quand elle le regarde de cette façon-là, prudente mais tendre. La seule chose qu’il trompe en ce moment, c’est la Mort.
« Oui. »
Elle a un sourire ravi. Il la touche, au plus profond d’elle. Une petite chaleur diffuse juste derrière le myocarde. Elle ferme les yeux, bercée par ses mots si rares mais si beaux. De la poésie. De la musique à ses oreilles.
« Cent fois. »
Il n’existera plus un seul jour où elle n’y pensera pas, plus un seul jour où elle désirera sentir sa main sur son corps, se sentir soulever par une simple caresse. Elle se mord tendrement la lèvre en esquissant un sourire radieux. Elle aimerait rire, mais ses yeux sont encore mouillés, et ceux de Carter aussi. De quoi ont-ils l’air tous les deux dans ce grand lit fait de plume ? Il repose sur ses plumes arrachées mais elle n’a pas mal. C’est même agréable de l’avoir juste là, tout près du cœur, si près de son corps.
Elle avait tort aussi. Elle lui avait dit qu’il était aussi froid que la viande, mais à ce moment-là, c’est elle qui a froid. Elle qui tremble. Elle qui aimerait ramper contre lui, humer l’odeur de son t-shirt, sentir la morsure de ses baisers parce qu’elle jurerait qu’ils sont chauds eux aussi. Ils laisseraient une autre marque sur sa peau, une caresse indélébile. Lentement Loveleen ferme les yeux. Elle écoute avec attention la respiration lente mais mesurée de Carter. Elle se laisse aller, se laisse approcher quand elle aurait frissonné. Elle se surprend même à attendre plus, sa gorge déployée, sa respiration plus profonde et plus appuyée quand il revient cueillir sa joue dans la paume de sa main.
Elle ouvre sur lui ses grands yeux clairs et son sourire l’enjoint à continuer. Elle obéit même pour la première fois, elle approche afin d’obtenir sa récompense. Elle tremble légèrement quand son baiser glisse sur sa tempe, et elle entrouvre légèrement les lèvres quand il effleure sa bouche pour mieux baiser sa joue. Elle s’en mord l’intérieur de la joue, se retient de réclamer mais son regard est demandeur, un instant, car déjà il s’effondre. C’est Atlas qui vient de rendre les armes devant une petite fleur sauvage. Loveleen, ce n’est peut-être pas une rose, ni si jolie, ni si épineuse, mais c’est une fleur aux pétales éternels.
Elle a cette douceur quand elle se redresse à son tour sur son coude, quand elle l’observe d’un œil critique mais tendre. Elle le détaille, son visage surtout. Elle en apprend la moindre ride, la moindre trace de jeunesse, l’image parfaite – qu’elle trouve si parfaite. Elle ignore, mais il y a un quelque chose d’apaisant dans cette rencontre extraordinaire. Un peu de Paradis sur le bout de ses lèvres. Un peu d’Enfer aussi. Les phalanges du tueur ont un pouvoir étrange, c’est ce qu’elle se dit en le laissant tenir sa gorge gracile entre ses doigts. Elle l’observe chutait dans un endroit qu’elle ne voit pas, à l’abri de tous les regards, mais Carter oubli que c’est tout l’intérêt de la mezzanine. C’est un lieu oublié de tous les Dieux et de tous les Diables. Sanctifié par sa seule présence.
Alors pourquoi se perdre ailleurs ? Pourquoi se faire si mal, Carter Rookwood ? Elle a cet air triste sur le visage à le voir souffrir son duel contre un autre que lui, contre un autre que « lui ». Elle le comprend aussi, parce qu’elle-même à longtemps fermer les yeux dans ce grand lit. A l’ombre de Dieu, loin de la vallée de la mort mais loin aussi des jardins du repos, il est plus facile de se poser les vraies questions.
Les bonnes questions.
Les réponses ne nous plaisent pas toujours, Loveleen le sait – il y a quelque chose de cruel à ça, mais de jouissif aussi. On se découvre, on s’étonne, on se surprend soit même. C’est de l’intérieur de chacun que surgit les plus grandes nouvelles. C’est de son intérieur que surgit cette envie irrépréssible de lever sa main, d’effleurer ce front qui se tord, qui se fronce.
Sur quel rivage ta barque a-t-elle échoué ?
Elle se pince les lèvres, hésite, mais le laisse continuer son long trajet sur les eaux du Styx. On y passe tous, avec ou sans rames, avec ou sans barque. Elle trouve ça un peu ironique, car le fils du Diable s’appelle Charon, mais il n’a rien du Passeur. C’est bien le seul nocher qui refuse les oboles. Et elle alors ? Impossible qu’une créature aussi pure et aussi claire soit affiliée à l’Achéron. Impossible, car encore à ce moment-là, alors qu’il se perd dans les eaux noires, elle ne cherche qu’à lui tendre la main. Elle la pose contre sa propre main, celle qui tient sa gorge, en sert les doigts. Ça ne le ramène pas, pas avant qu’il ne sorte la tête hors de l’écume qui bouillonne.
Il lui jette un regard. Elle le fixe aussi. Il a l’air perdu, un peu comme elle, un peu plus peut-être.
Il prend pour se rassurer, car c’est ce font les hommes. Elle rougit un peu de ces doigts qui serrent ses hanches. En d’autres circonstances peut-être aurait-elle fait plus que rougir, peut-être aurait-elle rapproché son âme et son corps de la chaleur qui émane de l’Autre. Sans chercher à y penser, elle le fixe, elle aimerait qu’il revienne à lui, et c’est ce qu’il fait, petit à petit, conduit par cette étrange Ariane aux doigts fins et aux poignets graciles. Elle le laisse prendre son temps, parce que ça lui en donne aussi, pour l’observer, pour chasser de ses iris bleus les fantômes et les voiles que Cadmos a mis tant de temps à dresser.
« Serre-moi. »
Elle est heureuse, et ça se lit sur son sourire. Elle n’aurait pas caressé son âme avant, car un chien surprit est un chien qui mord. Doucement alors, le surplombant toujours, elle approche tout son corps gracile. Elle ressemble à une brindille comparée à lui, mais une brindille qui explose de lumière. Une lumière froide qui ira se nourrir à la chaleur de ses abysses. Elle love naturellement tout son corps contre le sien, essuie du revers de sa main le front humide pour mieux y déposer un baiser qu’elle ne retient pas. Un sur le front, un sur la tempe. Là elle glisse, leurs iris claires se croisent. Si proches, et pourtant si lointains.
Elle sent son souffle chaud sur ses propres lèvres. C’est la joue qu’elle doit embrasser. C’est ce qui a été fait, et ce qui a été fait ne serait pas être défait.
« Cent fois. »
Elle se mord tendrement la lèvre, son pied blessé glissant sur son mollet en une caresse apaisante. Elle frissonne, car il y a toujours cette main sur sa hanche, et cette envie qui pointe le bout de son nez. Les papillons qui se dessinent dans le creux de son estomac, alors même que les iris bleues de Carter capturent au miel de ses cils le magnifique papillon blond. Elle pose timidement sa main à plat contre la poitrine de Carter, tentant vainement de calmer son cœur alors que ses lèvres rejoignent les siennes. La caresse est exquise, secrète et cachée à l’ombre de la mezzanine.
Sous ses phalanges elle sent le myocarde qui s’anime et tambourine tendrement. Vivant. Elle lui jette un regard long quand enfin elle se recule, la bouche avide mais l’âme raisonnable, mesurée. Si Cadmos voyait le spectacle, qu’en dirait-il ? Elle n’y pense pas – elle ne veut pas y penser. Est-ce que ça pouvait être bien pire qu’à l’instant ? Pouvait-il lui broyer davantage les jambes et les bras ? Pouvait-il ouvrir plus fort ses cuisses ? Les pansements qui couvrent son corps prouvent qu’il en a déjà assez fait.
Trop fait.
« Nous sommes allongés. »
Elle a un petit rire alors qu’elle s’effondre doucement, laissant ses deux bras s’enroulaient tendrement autour de la nuque du Rookwood. Ses phalanges dansent sur le haut de ses épaules. Elle joue un drôle de ballet, sensuel, dont elle ne connaît que quelques pas pour avoir déjà vu faire. Mais elle ignore le reste. Elle ignore pourquoi il a un quelque chose qui l’empêche de continuer. Qui l’empêche d’ignorer cette main sur sa hanche. Qui la fait rougir un peu plus quand elle est juste là, suspendue à ses lèvres, comme le fruit doré à sa branche maudite.
« Et malgré tout, tu as encore mal. »
Elle l’attire doucement contre elle, le serre contre sa gorge. Elle se mord la lèvre en sentant ce corps contre le sien, cette immensité au-dessus d’elle. Carter pourrait l’écraser et la briser s’il le voulait, mais elle sait qu’il ne le fera pas. Elle ne lui en a pas donné l’ordre. Alors elle reste ainsi, suspendue au-dessus du vide, à deux pas de la Vallée de la mort. Comme des serpents, ses doigts s’enfoncent dans la nuque du Rookwood, joue avec ses cheveux. Il y a de la sueur et elle est froide, poisseuse, mais elle ne s’en offusque pas. Elle continue, comme si elle pouvait caresser son âme ainsi.
Allongée sur le dos, elle est une proie facile, un papillon dont la poudre des ailes a disparu, soufflé par le Diable. Carter a la capacité de la dévorer, de l’ouvrir et de la coudre comme les autres, mais il ne lui ferait pas de mal. Elle enfonce ses doigts dans son âme, du bout de ses phalanges blanches elle dessine les muscles de son dos, elle masse cette carcasse qui souffre autant qu’elle le peut car au final c’est elle qui est piégée, par sa propre volonté, par ce poids qu’elle s’est imposé, par cet homme qu’elle a voulu chien mais libre, sans savoir que ça ne serait jamais possible.
« Et rêver tel qu’enfant doucement j’ai rêvé, serein et calme, couché dans un songe éternel, l’herbe en dessous – par-dessus, l’arche du ciel. »
C’est un murmure qu’elle offre, les derniers vers de John Clare, dans ceux-là même où il proclamait à haute voix « je suis », même si tout le monde avait oublié son existence. Ceux-là même où il avait trouvé un coin de Paradis où se couchait et où son âme enfin avait pu trouver le repos.
Y avait-il du repos pour des êtres comme eux ?


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Parchemin envoyé Mer 22 Nov - 5:56

- I am decadent, and here I am. -
Je suis : Aloysia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 26/10/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 62 hiboux. J’incarne : Tom *sexy* Hardy , et l’avatar que je porte a été créé par : Aloysia Je parle en : #996633



Je suis âgé de : 35 ans , et j’ai le sang : pur, mais, pensez-vous réellement que ça ait la moindre espèce d'importance ? Moi, je m'en fiche. Dans la vie je suis : Manutentionnaire au sein du Cercle de Jeux J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis un célibataire endurci

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From dusk till dawn

Loveleen Fuller & Carter Rookwood



A la mesure de ce sourire qu'elle lui tend, le monde s'arrête, se détourne de son axe, de ses couleurs initiales. Il se teinte dans l'obscur aux milles teintes pastels des plus beaux jardins. Comment croire alors qu'en dessous puisse exister un tel amoncellement de douleurs et de drames, quand tout culmine autour d'eux, autour d'elle, pour ne plus être que douceur ? Elle a sourit pourtant, sa nymphe et ce sourire déploie avec lui autant de grâces que de remords en le cœur du suppliant, offert tout entier à ses gestes. Offert tout entier à ce corps qui s'en vient, à cette caresse à son front qui l'enveloppe, à cette bouche trop doucereuse qui se venge quelques peu de ses baisers qu'elle dépose, malicieuse, à l'endroit même où la fougue du chien s'en était venue poser la sienne sur elle. C'est une torture qu'elle appose, Loveleen. Un son de cor qu'elle s'en vient souffler à merveille pour mieux sonner les prémices d'une guerre. Celle qui transforme les petites filles en femme. Celle qui ramène les plus brutaux des hommes à l'état d'enfant hésitant, et comme il hésite Carter ! Comme il se tord et se tend sous l'éclatante ivresse que provoque les assauts de son ange. Le souffle alors a tout perdu de sa cohérence et le cœur, rendu fou, s'en perd à ne plus savoir comment battre. Sa main toujours perdue à sa hanche se crispe de nouveau, alors même que la bouche se glisse à sa tempe. Si c'est là l'Enfer, son brasier sera le sien à jamais. La réclame-t-il plus encore ? A-t-il gémit, ou eu le regard abattu à l'instant où ses lippes l'ont quitté ? Il n'en sait rien, Carter. Il ne sait plus grand chose au fond, jusqu'à n'en plus comprendre vraiment les deux mots qu'elle prononce. « Cent fois. » La voilà la réponse. Le signe attendu, réclamé par toutes ses prières silencieuses, mais le doute persiste et le peu de raison qui soit encore éveillé se refuse à croire qu'un tel don lui soit fait. Pour quelle raison le lui accorderait-on par ailleurs ? N'avait-il pas été clair ? Ne savait-elle donc pas ce que les mains la tenant avaient déjà pu porter de sang sur leur peau ? Elle si jeune. Elle si pure, comment oser soutenir son regard, accepter ses faveurs, accepter de l’entacher de tout ce stupre lui rongeant les reins ? Ne fais pas ça, Carter. Non, par pitié, pour elle et pour toi, ne fais pas ça. Rejette-la. Fait cesser, en adulte responsable, cet odieux ballet dans lequel tu t'es déjà trop perdu. Il se le répète. Dix fois. Cent fois. Mille fois, mais rien ne peut faire taire à présent ni ce que corps et cœur réclament en parfaite unisson, ni ce que sa main innocente s'en vient découvrir en se posant là où pulse dangereusement la vie. Démasqué, comme marqué au fer rouge, quelle raison pourrait-il encore écouter ? Que vaste hypocrisie pourrait-il seulement formuler pour empêcher ce pour quoi il ne cesse d'implorer ? Il a mal, Carter. Tellement mal, depuis si longtemps. Au dehors de ce lieu et jusqu'en dessous de leurs corps, tout est tellement souillé, maculé de violence, de cruauté, d'égoïsme et d'injures, qu'à travers elle c'est l'espoir qu'il regarde, droit dans les yeux. Une lueur, faible et pâle, comme un simple promesse que tout n'est pas encore parfaitement perdu. Qu'un meilleur les attends, non sous la terre, mais bien ici. Au-dessus. Dans ce présent qui se tisse. Dans ce baiser qu'elle lui offre, qui éteint toute conscience. Si léger, il en broie pourtant tout son être d'une avidité sans mesure. Insatiable. Et puis, la Venus s'en revient à la charge, délie sa langue, s'enroule autour de lui, l'embaume tout entier de ses parfums, avant que de mieux le gifler du constat qu'il tentait d'ignorer. « Nous sommes allongés et malgré tout tu as encore mal.»

Mal. Peut-il vraiment prétendre avoir mal, Carter, quand douceur et tendresse lui sont ainsi offertes, sans mérite, après une éternité sans plus les avoir entrevues ? Peut-il vraiment, à ce point, témoigner de tant d'ingratitude ? Non. Cela jamais. Cela ne change pourtant en rien l'évidence qu'elle a mit à jour, la blessure sous le masque arraché. Déchiffrée. Il a mal, Carter. Mal de ne pouvoir l'arracher à cette chaîne. Mal à ne pouvoir s'arracher lui-même de cette vie, de ne pouvoir l'entraîner dans son sillage. Mal, pour tous les cris et supplices dont on le force à être la cause, lui qui supporte si mal l'injustice. Elle le frappe pourtant de plein fouet, jour après jour. Pitoyable Carter. Misérable petit rien tentant à se cacher sous une épaisse armure de chaire et de muscles pour mieux dissimuler sa faiblesse, comme il est lâche au fond. Manipulable. Pourri jusqu'aux tripes, d'être à ce point si conscient et de faire malgré tout ce qui lui fait tant horreur. Cela n'a rien d'intelligible. Il ne peut même pas se cacher derrière la peur de mourir pour se justifier Carter, mais il obéit malgré tout. A son père. A sa mère. Aux Black. A son maître. A elle. Que savait-il faire de mieux, après tout, que d'éteindre son esprit pour mieux agir comme les autres le lui dictent ? Sera-t-il accepté de cette façon, lui que l'on avait toujours relégué ? Croit-il vraiment que sa docilité le sauvera des fantômes ? Tendre et parfait imbécile, qui ressert son étreinte sur le corps de son ange, la berce et l'effleure par cent fois, comme il avait tant rêvé autrefois qu'on le fasse pour lui. Sa vérité le condamne, parce qu'au fond, elle est comme lui, Loveleen : trop lucide pour son propre bien. Trop docile pour se tirer de ses chaînes. Ce n'est pas de lui dont elle aurait besoin Loveleen, mais d'un homme. D'un vrai. D'un qui serait capable de faire cesser tout le mal lui gangrenant l'existence. Oui, Loveleen, elle aurait bien besoin d'un loup et, pauvresse, se complaît pourtant à caresser le plus lamentable des chiens. Et puis, elle parle à nouveau, laisse couler quelques vers, quelques mots merveilleux et crée ainsi sans le vouloir une décharge électrique dans la chaire de son autre. Il disparaît alors un moment Carter. Disparaît dans un ailleurs bien lointain, dans les ombres d'un feu de cheminée, dans les coussins d'un canapé délicat, bercé par un récit où James s'en va retrouver Clara. Il cherche la fin. La fin de cette histoire. Le supplice du baiser sur la joue, mais tout est flou. Tout est vague. Alors, Carter, il s'en revient pour mieux s'ancrer dans sa miraculeuse réalité. Il abandonne la raison, l'injurie consciemment, pétri d'envie et d'égoïsme qu'il est. Ce qu'on lui donne, Carter le prend. Ce qu'on lui ordonne de faire, Carter le fait. Ça avait toujours été ainsi, à quelques maigres exceptions. A quoi bon, dès lors, tenter d'agir à l'encontre de l'évidence ? Il la veut, Loveleen. Non mue par un simple appétit charnel et bestial, mais il la veut. Toute entière, parce que Loveleen, c'est l'espoir. La roche à laquelle se retenir pour la vie. La promesse d'un peu de bien-être là où celui-ci semble s'être défait de tout. Il n'y peut rien Carter. Il est comme ça. Voilà tout. Faible, étouffé constamment par l'envie d'accomplir quelque chose de sa propre initiative sans jamais y parvenir vraiment. Oui, il est ainsi Carter : à la fois fou et tellement clairvoyant. A la fois bourreau et victime. A la fois meurtri de honte et trop étranglé de désir pour que cela le retienne. Alors, il tourne la tête Carter, et agit comme seul savent le faire les hommes trop bruts pour être poètes. Pour être pleinement sensibles. Il prend. C'est si facile à faire alors qu'elle est si près, encore accrochée à lui, alors il prend. Pend ses lèvres à celle de l'espoir, les y presse avec plus de vigueur qu'elle n'avait osé le faire, et ne se résout à les quitter que pour mieux laisser l'air lui revenir. Puis récidive. Encore. Encore, et tout y passe de ses lèvres à ses joues, de ses joues à sa nuque. De sa nuque à sa bouche qu'il dévore de nouveau, sans jamais penser à n'y laisser aucune marque qui pourrait les trahir. Cela fait un bien fou. Cela le martèle d'une douleur innommable. Cela lui coupe le souffle comme le poing du Carrow s'était abattu sur sa mâchoire, le laissant là, pantelant, avec pour seules compagnes les trente-six chandelles tournoyant au dessus de son crâne. C'en est assez. Assez de cette voix en son for qui l'insulte. Assez de cette sensation déchirante qui terni son extase, de cette dualité le faisant aller et venir, telle une vague insaisissable entre ses doigts fins, quand ton son être à lui ne demande qu'à être saisi.

« Je m'en fous. Je m'en fous d'avoir mal ! »

Parle-t-il pour elle ? Ne parle-t-il que pour lui ? Essaye-t-il de convaincre ou ne révèle-t-il seulement que l'obscure culpabilité l'étreignant en tonnant ainsi ? Pas de réponse de sa part, ni de celle de l'ange. Il a mal Carter, mais c'est bien le cadet de ses soucis. Ça ne lui rappelle que trop bien comme la chose est méritée. Comme il serait aberrant de ne pas ressentir au moins un peu de toute cette douleur quand l'absolution lui est offerte.



« Dis-moi ce que je dois faire... »

Ridicule. Elle n'est qu'une enfant après tout, et quel ordre croit-il pouvoir demander à ce regard voilé de candeur, qui ne sait sans doute rien de tout ce que ses propres années de plus lui ont apprit en matière d'amour ? Mais il est perdu Carter. Égaré et aveugle, incapable de comprendre vraiment ce qu'il peut et ne peut pas faire. Ce qu'il a le droit d'offrir, de prendre, et ce qui lui est interdit. Loveleen avant tout, puisqu’il n'appartient qu'à elle, comme il appartient aux autres, lui, qui ne s'était jamais appartenu à lui-même. Elle est là désormais, sa maîtresse, mais si frêle et fragile qu'il pourrait la briser à tout instant. Qu'il pourrait agir encore et ne jamais pouvoir se le pardonner. Alors, Carter, il la cueille, doucement, la poussant à se tenir au-dessus de lui. Il s'offre. C'est sa vie entière qu'il lui offre, car si hommes ne sont que des animaux prêts à tout, lui, se délecte dans sa plus belle loyauté. Dans cet amour inconditionnel le rendant esclave de cette fille. De cette femme. De cette poupée d'argile, façonnée au moule d'Eve. Parfaite. A l'antithèse de ce qu'il est. Elle au dessus, enfin, il contemple le Ciel. S'y soumet tout entier, car il sait bien Carter. Il sait que les hommes ayant bravé le ciel, ayant bâti des murs pour se rapprocher des dieux sans l'accord de ces derniers ont tous finis dans les ruines d'une Babel éventrée et il refuse Carter. Il refuse tout bonnement de tomber à nouveau, d'y risquer les abysses et pire encore, de l'entraîner elle dans sa chute.


« Dis-moi que j'ai le droit. Que t'appartenir m'est permis. »

Il a les yeux qui se mouillent Carter, parce que l'interdit lui fait peur. Qu'ajouter ne serait-ce qu'une faille à ce tableau angélique le toisant serait un crime inexpiable. Sans larmes pour rouler au dehors de ses yeux, il a l'eau à bord de regard, de honte d'être ainsi incapable de faire taire son désir. De honte d'ainsi agir si mollement face à la fragilité d'une fleur qu'il pourrait si facilement arracher. De honte, de ne déjà plus être capable d'agir sans une voix pour le lui commander. Déplorable pécheur, qui ne parvient pourtant ni à détacher ses mains de ces hanches si étroites, ni à défaire ses yeux de ces orbes turquoises, sujet de toute sa coupable adoration, de son désir jusqu'au délit.


« Refuse ou prends.»


Quoi qu'elle choisisse, il se sent heureux de le faire.


« Je n'ai que toi pour choisir. »



Que toi pour maîtresse.
Que toi pour conscience.
Un rien suffira.






©️Aloysia
[Base fiche RP par ©Lexie]
Parchemin envoyé Mer 22 Nov - 8:14

- I am Divergent, deal with it. -
Je suis : Sha , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 15/11/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 48 , et l’avatar que je porte a été créé par : Nastya Kusakina Je parle en : #9B636D



Je suis âgé de : 25 ans. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Charmeresse pour la Main Noire. J’ai juré allégeance : à personne mais loin d'apprécier cette guerre, je trouve le monde injuste et violent. Secrètement je pense que l'Ordre du Phénix détient la solution, et je partage leurs idées. Côté cœur, : je n'étais pas la bonne, il aurait dû être le bon.
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Elle n’est qu’une plume posait au milieu des macchabés, une absurdité dans ce monde où la violence était de mise. Loveleen, elle est toute faite de douceur. Ses doigts agréables et son visage aimable, il n’y a rien chez elle qui ne transpire autre chose que la bonté, pas même quand elle a mal, quand les choses en bas sont différentes, quand les mains sales de Cadmos Carrow effleurent sa peau. Il ne lui tire pas les mêmes sourires, pas les mêmes frissons que Carter. C’est aussi parce que le Rookwood en a envie. Lui a envie de voir ce visage radieux, comme parfois il illumine à lui tout seul toute la mezzanine, brille comme une étoile increvable, si petite et pourtant si forte.
Loveleen elle est la vie, mais alors qu’est Carter d’autre que la mort ? Quand elle le regarde, elle ne saurait le dire. Une promesse ? Peut-être, mais les promesses ça ne se mange pas, ça ne libère pas. Elle aimerait y croire, un moment, elle aimerait reposer sa tête contre son torse, espérait qu’un jour de demain il sera plus fort que Cadmos, plus terrible, et qu’il arrachera de ses mains puissantes les chaînes qui la cloue au sol. Il la rattrapera aussi, avant qu’elle ne s’envole vers le ciel. Elle y croit à ce moment, naïvement, avec toute la candeur des jeunes filles ingénues, des pucelles comme on dit.  
Ils le savent, tous deux, qu’ils ne sont que des promesses fictives l’un pour l’autre, car aucun des deux n’a la force nécessaire pour fuir – encore moins pour entraîner l’autre à sa suite. Ils sont là, se jaugent, se caressent, allègent l’un pour l’autre les âmes pleines de ressentiment. Chaque baiser est un délice, interdit au goût de liberté, alors Loveleen s’y accroche, elle dévore tendrement, se laisse aller à réclamer, la bouche mi- ouverte, qu’il vieille de nouveau cueillir sur ses lèvres leur divine affranchissement de ce monde désuet et cruel. Elle ne vient pas la libération. Elle frustre, même. Le ventre de la gamine se tord, son corps tout entier ne comprend pas, mais elle suit ses instincts, parce que si ça doit être la dernière chose qu’elle fait sur cette terre avant que la Grande Faucheuse ne vienne la chercher, alors elle le veut. Elle le désire. Elle ne le regrettera pas.
Elle se laisse doucement submergée par les lèvres de Carter, offre sa peau. Elle se mord la lèvre en sentant son souffle chaud et court sur sa gorge blanche. Elle rougit encore, et ses doigts doucement se crispent sur le torse du tueur. Le lapin n’a pas peur des crocs du loup que devient le chien, mais elle aimerait qu’il y morde, qu’il fasse d’elle la sienne, qu’il y dépose sa marque. Elle ne veut plus que lui appartenir à ce moment, parce qu’elle ne trouve de repos qu’à ses côtés. Il est comme son carré de Paradis, et elle, son Ciel d’Eden. Si différents et si nécessaires.
« Je m'en fous. Je m'en fous d'avoir mal ! »
Elle le regarde, suspendue à ses lèvres à ce moment, et son sourire s’étire, merveilleux et luminant. Oui, elle aussi, elle aussi. C’est au moins la moitié de ce qu’il faut pour vivre cet enfer terrestre, au moins ce qu’il faut pour ne pas trop pleurer le soir quand le ciel étire sa couverture noire. Il faut au moins ça pour ne pas avoir peur. Les grands yeux turquoise de la sirène blonde le fixe. Ils lui crient qu’il a raison, qu’un loup ne saurait avoir peur des flammes ni du tonnerre.
« Dis-moi ce que je dois faire... »
Ecrasée par son poids, écrasée par ses instincts, elle le fixe. Elle a besoin d’un instant, pour réfléchir, pour capturer la réponse sur ses lèvres. Elle vient d’ailleurs la cueillir juste ici, sur sa bouche qu’elle trouve adorable. Elle l’embrasse doucement, brille dans l’obscurité pour le guider. Ses doigts caressent son visage avec une tendresse infinie, comme s’ils étaient protégés l’espace d’un moment de tout ce qui pourrait les entourer, les menacer. Cadmos lui-même est tenu éloigné de leur cocon de plumes et de miséricorde. C’est utopique, mais elle se pince les lèvres comme elle commence à croire à toutes ses promesses qui ne portent encore aucun mot. Ceux ne sont que des jeux. Ce n’était que des jeux. Mais les vélanes ne savent pas bien jouer des inclinations de leur cœur.
Il s’offre pourtant, et il n’en faut pas plus à Loveleen pour avoir un nouveau feu sur les pommettes. Elle sent le long frisson sinueux qui remonte son échine, frisson qu’il doit ressentir aussi. Elle se dresse comme Hyppolite face à Hercule, indomptable et encline à se laisser aller pourtant. A le voir si offert, si accessible, la douce hésite. Ses doigts de nouveau pianotent dans les airs.
« Dis-moi que j'ai le droit. Que t'appartenir m'est permis. »
Enfin ses doigts se posent sur le torse du Rookwood, et elle sent son cœur qui bat à tout rompre, comme jamais un cœur ne bat. Elle est certaine qu’on ne peut pas battre ainsi, pas sans une bonne raison. Qu’une fois dans la vie. Si un cœur devait battre ainsi tous les jours, il serait sans doute très fatigué, bien plus qu’elle ne l’est. Elle inspire profondément, parce que quelque chose remonte en elle. Ce n’est pas un sanglot, mais à le voir si vulnérable… Serait-elle un bourreau qui s’ignore ? Elle n’a jamais voulu pour lui que ce qu’elle voulait pour elle. De la liberté, des émotions, du cœur.
Pourquoi est-ce que tu pleurs ?
Elle sent ses propres yeux qui se mouillent et penche la tête. Il est beau Carter Rookwood quand il est désespéré. Elle le trouve magnifique parce qu’il souffre, et il n’y a que dans la souffrance que les âmes se subliment, s’élèvent. Quelle serait triste la vie sans douleur. Quelle serait pâle.
Pourquoi est-ce que tu pleurs ?
Elle aimerait lui demander, mais elle ne peut pas, sa propre voix est bloquée dans sa gorge de cygne. Elle aime ses mains sur ses hanches, ses yeux sur elle, son regard qui la pénètre et qui ont l’air de ne vouloir qu’elle. C’est peut-être un mensonge, pense-t-elle, mais si c’est un mensonge, alors c’est le plus beau d’entre eux.
« Refuse ou prends. »
Elle a un petit rire, mais il est triste. Elle lève sa main, la détache du cœur de Carter pour mieux essuyer une larme qui roule sur sa joue.
« Je n'ai que toi pour choisir. »
« Tu es bien cruel, Carter. »
Elle rit encore, mais il s’étouffe dans sa gorge. Elle met un certain temps à chasser ses larmes et à se pencher vers lui, à venir cueillir à ses lèvres un semblant de réponse. Son corps élastique et électrique est si proche du sien, elle le sent si fort, si puissant, et pourtant si faible face à elle. Ses grands yeux turquoise n’ont jamais été aussi proche des siens, de ce bleu qui rappelle tant la mer.
« Si tu me poses la question, c’est que tu as déjà choisi. »
Son visage se cale contre son torse, où elle respire son parfum, où elle frissonne sous les doigts de la bête qu’elle a couché là, sur son coin de Paradis. Elle est heureuse, si heureuse qu’elle en oublie la peur, le diable et tout son cortège morbide. Elle ne voit plus que lui quand elle embrasse son menton, que ses doigts glissent sur son torse, qu’ils se pressent pour en sentir toute l’intensité. Elle ne peut pas s’empêcher de les glisser sous le tissu, frissonnant en découvrant la robustesse de ce démon-là. Elle se sent si fragile, si petite. Elle sait que s’il le décidait, il pourrait abréger toutes ses souffrances. Elle aimerait, aussi, mais après avoir connu l’enfer et ses péchés seulement.
« Il nous punira s’il l’apprend. »
Elle ferme les yeux pour ne plus le voir, mais ses hanches ondulent d’elles-mêmes contre lui, entre ses mains. Elle est comme une chatte au pelage électrique, elle cherche la caresse sans savoir s’il s’agira d’une fessée ou non. Elle n’est pas impétueuse, Loveleen, elle est, tout simplement. Elle se laisse guider par ses envies en ignorant tout le reste, en omettant tout le reste. La menace d’un Cadmos Carrow ne saurait apaiser le feu qu’il a allumé en elle. Elle se mord tendrement la lèvre, en le fixant. Elle perd pied, mais c’est normal pour un ange sans ailes.
« Mais que sera cette punition aura le goût du paradis si elle m’aura permis de t’avoir, de t'appartenir ne serait-ce qu’un jour, qu’une minute. »
Il allège son cœur et son âme, quelque chose de beau, de magnifique, de fragile. Pour que ce soit beau il faut que ce soit fragile, Cadmos lui avait dit un jour alors qu’il brisait en deux ses tibias. Elle avait hurlé. Elle pouvait bien supporter de hurler encore longtemps si Carter ne la lâchait pas. Elle renifle d’ailleurs, un moment, et accroche ses doigts à ceux de Carter, les forçant à serrer ses hanches.
C’est un murmure qui meurt sur ses lèvres :
« Ne me lâche pas. »
J’en mourrais, crie ses yeux désespérés, car les vélanes n’aiment qu’une fois.



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Parchemin envoyé Mer 22 Nov - 11:27

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Je suis : Aloysia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 26/10/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 62 hiboux. J’incarne : Tom *sexy* Hardy , et l’avatar que je porte a été créé par : Aloysia Je parle en : #996633



Je suis âgé de : 35 ans , et j’ai le sang : pur, mais, pensez-vous réellement que ça ait la moindre espèce d'importance ? Moi, je m'en fiche. Dans la vie je suis : Manutentionnaire au sein du Cercle de Jeux J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis un célibataire endurci

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From dusk till dawn

Loveleen Fuller & Carter Rookwood

Elle rit, Loveleen, comme elle sait toujours si bien le faire. Elle rit, parce qu'elle s'est élevée à force de martyrs au-dessus de la souffrance même. Elle rit, parce que si elle ne riait pas, la bête livrée à ses sens pourrait se briser toute entière. Rire, au fond, cela permet juste de ne pas pleurer, d'appréhender le quotidien. Le silence. Alors, Loveleen, elle rit, mais cette fois, Carter s'en vexe en silence, car pour lui, il n'y a rien de drôle au tourment qui le scinde. Rien de drôle à se savoir si petit, quand tout son corps, à lui seul, peut s'en devenir une menace pour le sien. Rien de drôle, à cet accablement, à ce cruel dilemme où la peur de la brusquer pour toujours, où la morale même qu'on avait gravé dans son éducation s'en viennent tous à la fois frapper contre les ressorts d'un désir sans mesure. Elle ne se moque pas de lui pourtant, Loveleen. Elle est. Pareille à tout ce qu'il avait déjà entrevu d'elle, mélange exquis de candeur, d'innocence et d'une subtile maturité que bien peu de filles de son âge peuvent se farder d'avoir. Elle est, Loveleen, tout son monde en cet instant et tellement plus à la fois ; un fil pour suturer la plaie béante. Le baume pour s'en venir soulager la blessure. La main, pour s'en venir guider l'aveugle, pour chasser définitivement de ses yeux ce point d'eau qu'il n'a su retenir. Elle est, Loveleen, la plus douce absolution qu'un être tel que lui ne saurait jamais obtenir. Un espoir à défaut d'une certitude, et quelques mots, pour le tourner en ridicule quand elle s'en vient lui reprocher fragilement sa cruauté. Alors, Carter sourit à son tour ; d'un élan si précieux qu'il l'en surprend lui-même. Comprendrait-elle seulement l'ironie de ses mots ? Elle qui depuis trop longtemps le torture, le trouvait bien cruel dans ses incertitudes. Risible. Cela allège néanmoins tout le fardeau, parce qu'elle est un peu comme lui au fond, Loveleen : prise en grippe par l'envie, terrorisée par le refus. Mais Carter, il s'en moque bien alors. Si c'est là le rôle qu'elle lui donne, il l'endossera élégamment et taira pour mieux préserver sa naïveté, comme elle fut bien cruelle elle aussi, malgré elle, dans sa simple intention de bien faire. « Si tu me poses la question, c’est que tu as déjà choisi. »

Elle a raison, Loveleen. Tellement raison que l'admiration s'en vient poindre en son for. Évident. Il était évident qu'à l'instant même où ses pieds avaient quitté le sol de la mezzanine pour la rejoindre, son sort en était scellé. Son choix déjà fait, par delà ce combat stérile qu'il venait de mener contre lui-même. Plus encore, il avait choisi Carter, soir après soir, depuis qu'il s'était perdu à ouvrir la boîte de Pandore, à forcer leur rencontre. Il avait choisi, chaque jour passé, de lui revenir. De l'apprendre. De s'ouvrir à son tour à ses délices. Il avait choisi Carter, sans vraiment l'avoir bien réalisé lui-même, et cette soudaine clarté s'opérant sur son être l'enorgueilli dès lors d'un léger souffle de fierté. Ça le ranime, Carter. Ça le rend presque à la vie de savoir que même inconsciemment, il est encore un peu apte à choisir. Ça ne l'en comble que plus encore, lorsque le visage de la nymphe s'en vient peser sur sa poitrine, que ses lèvres s'en viennent s'égarer à son menton. Non, il n'a plus peur alors, car la morale s'est tue et que le poids qui s'en venait ternir son bonheur s'en est allé. Définitivement. Alors, Carter, il se laisse domestiquer, par choix, glissant dangereusement dans une béatitude encore jamais éprouvée tandis que les doigts graciles de l'enchanteresse s'en viennent frôler sa peau. Le contact est doux, chaud, extasié de maladresse, à n'en plus pouvoir être sali par les ombres de la menace qu'elle lui rappelle encore. « Il nous puniras s'il l'apprend. » Qu'il fasse. A cet instant, et jusqu'au lendemain, il n'aura plus peur Carter, car sa pensée se perd et se consume toute entière dans les mots de son ange. Qu'importe la punition, si cela lui permet de l'avoir. Si cela lui permet d'être à elle, toute faite pour l'amour, et non plus au cent autres au dehors ne demandant que sa perte. Qu'il punisse donc, il n'en a cure, oubliant presque inconsciemment qu'il ne serait pas le seul à payer le prix de l'interdit. Et puis, soudain, quelque chose se froisse dans les beautés de son autre. Quelque chose de presque imperceptible, et qui s'en vient rendre au chien toute cette fureur instinctive qu'il avait refoulé.


- « Ne me lâche pas.

- Jamais. »

Alors, les rôles s'inversent. C'en est assez de l'attente, de la pleine soumission. Assez d'être celui que l'on se doit d'apaiser. Loveleen, elle a comme dans les yeux une alarme, une supplication silencieuse qui pourrait bien finir par briser toute la belle emprise du Carrow sur ses pantins de chaire. Alors, Carter se redresse, l'entoure de son corps, l'emprisonne de toute sa fièvre. A la paume de ses mains, c'est son visage qu'il cueille, qu'il embrasse, qu'il effleure, la perdant parfois entre la masse de sa propre étreinte et les plis des drapés alentours. N'ai pas peur, douce odalisque. Plus jamais. A cet instant, le désir se détache, relayé au second plan face à la chimère protectrice s'en venant déployer ses ailes autour de l'ange n'en ayant plus. N'aie pas peur. Agrippe-toi de toutes tes forces ; car les miennes grâce à toi m'ont été rendues. Il ne faiblira plus Carter, pas tant qu'elle sera là. Son droit octroyé à la faire sienne ayant décroché ses chaînes, le voici libre à nouveau. Libre et en mouvements, éperdu d'une ardeur démesurée s'exprimant en caresses sur le corps de l'opaline. S'exprimant en baisers audacieux s'en allant à la rencontre de ses courbes sans jamais en relâcher la prise. Avait-il jamais autant aimé qu'en cet instant béni ? Si c'est bien là le cas, elle le lui a déjà fait oublier, Loveleen ; qu'il transporte à sa suite, à qui il témoigne toutes les patiences pour mieux s'en venir gagner ses soupirs. Et glisse l'homme. Glissent ses lèvres. Glissent ses mains, tandis que son front s'en vient se poser un instant au dessus de ce cœur endiablé, de cette pointe se dressant sous son souffle haletant à travers le lin. Une pointe qu'il embrasse, si discrète, si sensible, au travers de son masque de fibres. Elle est si légère cette robe, bel étui de finesse et qu'il s'oblige pourtant à ne pas arracher, car il sait Carter. Il sait, au delà de la volonté de ses sens à vouloir pleinement la contempler, qu'en dessous se cache des traces douloureuses, des marques à ne pas élancer. Alors, malgré lui, sa bouche reprend le chemin inverse. S'attarde longuement à dévorer toute entière les lippes rosies de ses assauts pour mieux détourner l'attention de ses mains la découvrant. Et puis, tombe la robe. Tombe le voile sur la terrible fresque de sa perfection entravée et il se fige Carter, pétrifié par la haine qui s'insuffle dans son être. Ses cuisses. Ses jambes. Ses flancs. Quel genre de monstre pouvait puiser la force de blesser pareille créature enchanteresse ? Et par delà ses beautés, comment cet homme pouvait-il puiser en lui l'envie d'écarteler ainsi ce temple de grâces et de jeunesse ? Si frêle, si fragile Loveleen que Carter, désormais n'ose plus la toucher. Il savait pourtant, mais ses yeux n'auraient pu deviner l'ampleur du carnage avant que de l'avoir constater, et ça le perce Carter. Ça lui glisse quelque chose dans le regard. Quelque chose de dangereux et de mortifié tout à la fois qu'il ne se force à renfermer en lui que par égard pour celle qui se trouve offerte à son côté, dans l'attente. Alors, aux rudesses, à l'empressement, s'en joint une tendresse infinie. Une délicatesse maladroite, le poussant à s'étendre sur le côté, elle, blottie contre son torse. « Ne me lâche pas. » Il ne le pourra plus. Plus jamais. Pas avant que le sort n'en ai décidé pour eux autrement. Pas avant que d'avoir su effacer la douleur au profit de son plaisir. Pas avant que ses mains ne l'aient apprise par cœur, toute entière, et ses doigts alors s'en viennent tracer un chemin sinueux entre les pans de sa peau épargnée, jusqu'à regagner ses hanches. Jusqu'à effleurer à peine, du bout de ses ongles, le satin de ce ventre trop creux, les frontières de son mont de Venus, les limites de son impudence.

Nulle Eve ne saurait être plus belle que toi, lui jure alors son regard, planté à ses orbes comme une promesse de ne jamais s'en défaire. Ombre sur toutes les beautés, laisse moi te dire à quel point, je sais, que pour toi, je me damnerais.






©️Aloysia
[Base fiche RP par ©Lexie]
Parchemin envoyé Mer 22 Nov - 13:20

- I am Divergent, deal with it. -
Je suis : Sha , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 15/11/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 48 , et l’avatar que je porte a été créé par : Nastya Kusakina Je parle en : #9B636D



Je suis âgé de : 25 ans. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Charmeresse pour la Main Noire. J’ai juré allégeance : à personne mais loin d'apprécier cette guerre, je trouve le monde injuste et violent. Secrètement je pense que l'Ordre du Phénix détient la solution, et je partage leurs idées. Côté cœur, : je n'étais pas la bonne, il aurait dû être le bon.
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Loveleen n’est pas faite pour les ordres, aussi ça n’en est pas un. Quand elle murmure « ne me lâche pas », c’est une supplique sans lubricité, sincère, pure, authentique. C’est aussi un danger, car quiconque s’attire les bonnes grâces d’une vélane est aussi la proie de ses jalousies, de sa possessivité. Alors quand la gamine entend en retour son « jamais », elle rougit et fond en lui comme il fond en elle. Elle se laisse apprivoiser alors qu’elle a toujours été farouche. Elle se laisse coucher sur le lit, se laisse écraser par cette masse, toute heureuse de son emprise. Elle sourit, plus radieuse que le jour, plus ravi que la joie. S’il existe un Dieu du Hasard, alors il a joué ses derniers dès. Elle ignore de quoi sera fait demain, mais elle savoure les baisers d’aujourd’hui comme les dernières gouttes d’eau dans le désert. Elle frissonne, s’enflamme doucement sous cette fièvre contagieuse, cette folie passagère.
L’innocente Bacchanale s’abreuve à la furie qui doucement possède Carter. Elle s’offre aussi, animal qui se veut docile pour son propre plaisir. Elle le suit des yeux, déguste ses expressions, apprécie ses étreintes, sa passion, son ardeur. Elle se soulève, cambre son dos quand les caresses lui plaisent. Elle réclame en silence, ondule, tangue. C’est bien la première fois que son âme n’a pas le vague à l’âme, qu’elle profite pleinement de ses propres désirs, exulte ses passions intérieures. Elle feule tout bas, non pas comme un animal blessé, mais comme un félin qui appellerait davantage. Elle n’a pas peur non plus, elle est bien trop alerte, bien trop vive. Ses propres mains s’adonnent à lui répondre, glissent dans sa tignasse que tantôt elle sert, tantôt elle caresse.
Quand ce n’est pas sa tête, elle va droit au cœur. Ses phalanges délicates s’aventurent sur son torse qu’elle découvre. C’est le premier homme qu’elle touche avec autant de ferveur, dont elle aimerait goutter la peau si seulement elle n’était pas aussi timide, aussi écraser par le géant. Elle est aérienne pourtant, zéphyr frais et brillant. Elle sourit et pousse de petits soupirs légers, de ceux qui n’attirent par les regards mais qui font frémir les plus réticents. Elle s’empare de son t-shirt, le soulève, mais s’arrête aussitôt qu’il décide de faire la même. Elle n’a pas eu le temps d’être plus impétueuse. Coupée dans son élan, elle se mord la lèvre pour ne pas gémir quand il ose. Elle sent son cœur qui s’emballe, comme si ça pouvait être pire. Elle se sent si petite, si infime comparée à lui. Est-ce que cette bouche ne la dévorerait pas tôt ou tard ?
Abandonnées toutes les résistances, elle enfonce de nouveau ses doigts graciles dans sa tignasse, soulevant son buste, par réaction seulement, par invitation aussi. Elle aimerait plus, plus rapidement, mais elle sait également qu’il y a une forme d’anticipation quand ses jambes se collent l’unes à l’autre. Elle n’a encore jamais laissé un autre homme que Cadmos observait ses peines et ses plaies. C’est intime, disait le diable, intime et beau. Elle ne se trouvait pas si jolie que ça, aussi, quand il retire sa robe, et quand bien même elle répond à ses baisers, elle se fige quelques instants. Lui aussi, d’ailleurs. Il faut dire que c’est davantage une boucherie qu’un corps.
Le silence est si pesant, si gênant, qu’elle finit par cacher doucement son ventre, mais surtout ses cuisses lacérées. Elle détourne un regard, frissonnant, mais elle ne baisse malgré tout pas le regard. Elle n’en a pas envie. Elle ne veut pas avoir honte, parce que ceux sont des mots, des histoires qui sont gravées là à même sa peau. Son histoire, plus exactement. Celle d’une gamine qui n’avait rien demandé à personne. Un ange transporté en enfer par erreur, juste comme ça, juste pour une histoire de famille dont elle ne connaissait aucun des acteurs. Elle se pince les lèvres un instant. Elle le voit bien dans son regard.
« C’est un champ de bataille. » Elle le murmure, comme une excuse. Elle aimerait s’excuser, mais est-ce vraiment de sa faute ? Quand elle passe ses mains sur ses flancs, les bras en croix, c’est pour se protéger, elle. Pas les autres.
Un champ de bataille qu’il semble de nouveau vouloir épouser. Elle pourrait être piquante en se disant qu’il n’est qu’un tueur, et qu’il doit bien avoir l’habitude, mais Carter ne doit pas pâtir de son ressentiment. Elle ferme les yeux alors, se laisse de nouveau guider par ses mains, et finalement, dès qu’elle retrouve la chaleur de son torse contre sa poitrine, elle a un sourire en coin, doux, tendre, infini.
C’est peut-être ici la meilleure place, celle-là même où il n’a pas à voir, juste à sentir. Elle aussi d’ailleurs. Elle frissonne quand ses doigts passent sur elle. Il trace sur son épiderme des traits de feu dont il ne voit sans doute pas les effets, mais elle est toute chose quand elle approche de nouveau son visage du sien, qu’elle l’embrasse amoureusement. Elle vient lui mordre la lèvre, par envie, par jeu, mais elle relâche aussitôt quand il effleure son pénil. Elle ne retient d’ailleurs pas sa gêne, ni ne la cache, elle l’assume. Ses jambes tremblent, mélange attendu d’excitation et d’appréhension. Elle lui jette un drôle de regard alors que lui l’assomme de toutes sortes de promesse. Elle peut les lire dans ses yeux.
La bonté – et l’envie – de la nouvelle Vénus la pousse à lui rendre la pareille. Elle ignore vraiment comment s’y prendre, mais elle imite parfaitement les mouvements étranges, les caresses inédites sur son torse, et glisse ainsi lentement vers sa ceinture. Elle est maladroite Loveleen, encore plus en amour, aussi elle tente par trois fois de la lui retirer sans regarder avant de réussir sur son quatrième et dernier essai. Elle se mordille la lèvre, si proche de lui, si loin aussi. Elle hésite, ses doigts figés, avant de finalement se frayer un chemin dans ses frusques. Elle rougit davantage encore, cherchant à donner autant qu’elle reçoit, cherchant à faire plaisir comme il la couvre de félicité.
Elle enroule alors sagement et avec douceur ses phalanges fines autour de sa virilité, et alors qu’elle pince ses lèvres, foudroyée par sa propre naïveté, elle l’embrasse tout entier. Elle chasse ses hésitations et commence à se mouvoir avec délicatesse. La jeune fille l’observe pour capter chez lui le goût du plaisir. Elle cherche dans ses yeux à percevoir l’éclat de son appétit alors qu’elle l’aguiche sans honte mais sans paillardise, sans impudicité. Elle est charmante et charmeuse, sensuelle, concupiscente mais jamais vulgaire.
Pressée aussi d’y goutter comme elle approche davantage ses hanches, grimaçant car ses flancs blessés lui font mal, mais elle ne se laisse pas aller à y penser. Il y a déjà bien assez du tintement de la chaîne pour lui rappeler combien ce Paradis est éphémère.
Elle se concentre plutôt – sans difficulté – sur la bouche du Rookwood, sur sa peau, doux foyer du péché.


Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un !


CODAGE PAR AMIANTE






Sweet dreams are made of this
Who am I to disagree?



Parchemin envoyé Mer 22 Nov - 20:28

- I am decadent, and here I am. -
Je suis : Aloysia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 26/10/2017 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 62 hiboux. J’incarne : Tom *sexy* Hardy , et l’avatar que je porte a été créé par : Aloysia Je parle en : #996633



Je suis âgé de : 35 ans , et j’ai le sang : pur, mais, pensez-vous réellement que ça ait la moindre espèce d'importance ? Moi, je m'en fiche. Dans la vie je suis : Manutentionnaire au sein du Cercle de Jeux J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis un célibataire endurci

Dossiers du ministère
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From dusk till dawn

Loveleen Fuller & Carter Rookwood

Un champs de bataille. Un jardin en ruines, et toujours cette même certitude logée au fond du ventre que par delà ce qui les sépare, tout semble être fait pour les rassembler. A lui, l'encre et les cicatrices. A elle, les plaies encore trop rougeoyantes et l'ombre du martyr. Cela le rend fou Carter, non plus de désir, ce dernier impérissable, mais de sa douleur à elle, de cette culpabilité incompréhensible qu'il croit deviner dans son murmure. Dans ses gestes de repli. Hors de question pour autant de lui laisser croire un instant que cela puisse dégrader ses beautés. Ces crevasses à sa peau, ses morsures du Diable, ce sont autant de preuves qu'elle est solide Loveleen. Plus forte sans doute qu'elle ne le saurait jamais. Plus forte que lui. Que lui qui se perd en frissons et en râles extatiques à sentir ses petites perles blanches s'accrocher à sa lèvre. Que lui dont les doigts s'en viennent glisser en ses contrées inexplorée, les effleurant lentement, avec dans le geste toute la taquinerie de l'amant se plaisant à voir l'éperdue se contorsionner sous ses grâces. Elle l’enivre, Loveleen. Elle le ramène une décennie en arrière, à l'heure où lui-même s'en venait découvrir pour la première fois les odes sensuelles résonnant entre deux corps prêt de s'aimer. Elle le condamne à tout savoir et à se perdre pourtant dans un sentiment de conquête, comme si ces terres étaient les premières foulées de son existence. Et puis, elle lui arrache un sourire à nouveau, Loveleen. Quelque chose de bien trop tendre, d'amusé et de compatissant à la fois. Quelque chose de satisfait, de presque fier, lorsque ses doigts graciles s'entêtent à l'encontre de sa ceinture. Si belle et adorable immaculée, qui soudain le fige. L'empoigne, et sa caresse est si dénuée du stupre de ses conquêtes passées, si délicieuse de candeur qu'il s'y perd Carter, à s'en ruer furieusement à sa bouche pour y trouver le contact de sa langue. A n'en plus sentir ses propres gestes, plus incisifs, plus éparpillés et dont les liqueurs en résultant ne l'anime que davantage. Tout ce qu'elle lui donne lui est rendu, et comme elle rends à son tour Loveleen, la bête la surplombant se fait plus rude, s'arrache à son traitement divin pour mieux en éviter la chute. C'est son tour alors de se découvrir, de lui offrir pleine vue sur son propre champs de misère où l'encre noire se dispute ça et là des morceaux de sa peau que les combats passés ont su meurtrir. Alors, aux croix déjà entrevues, c'est un cimetière tout entier qu'il lui découvre, la mort peinte jusque dans sa chaire, du visage paisiblement clos dans son dernier sommeil d'Amy Dearborn aux ombres de la corneille des Serdaigle à son cœur, dernier hommage rendue à cette meilleure amie que la Purge lui avait arraché. Oui, il a la mort dans la peau Carter, comme un poids inoubliable qu'il s'oblige à porter jusque dans cet instant où la vie n'a jamais si bien pulsée en lui. Alors, il glisse l'éperdu ; à nouveau. Emprunte du bout des lèvres et de sa langue enjôleuse les chemins préalablement tracés par ses doigts, tandis que ces derniers s'en viennent à la rencontre de ses orbes. Si petites. Si sensibles, il ne peut pour autant s'en défaire, car par delà cette féminité que susurre leur existence, ce sont des frissons provoqués par ce traitement dont le loup s'abreuve. Dont il s'arrache un instant pour mieux s'en venir délivrer pleinement sa nymphe. Pour mieux y poser le baiser de l'indécence. Pour mieux la dévorer. Alors, Carter, il vagabonde, main dans la main avec la frustration pour l'user, pour la pousser plus loin dans ses retranchements. Elle est sublime son ange et quand il la caresse, il lui dit tendrement qu'elle compte. Quand il effleure sa peau, il lui murmure qu'il sera toujours à ses côtés, ombre obsédante ou amant inaltérable qui bercé de ses parfums les plus intimes se tend, se retient, use la corde de ses propres limites pour mieux en glaner chaque secondes, mais il est affamé Carter. Prisonnier de sa propre avidité devenue douloureuse dans la délectation.


Alors, son seul regard lui suffit, comme les tremblements fébriles de ses jambes à ses épaules percent la bulle de raison entre eux. Alors, ses yeux sont une promesse l'accompagnant jusqu'au point du non-retour. Ainsi que le prédisent les plus saints des écrits, Eve s'en vient mordre à l'appel du fruit juteux que le serpent habile promenait sous ses yeux. En cet acte, il condamne leur monde à l'Enfer, leur prédit un futur empli de douleurs et de parjures. La désolation les couvrira autant que rugit à présent la fureur de l'envie, imprimée à l'encre indélébile sur ces draps qui n'ont jamais connu tel impact. Il n'en a cure Carter, car déjà, le Diable tient dans ses mains le pacte qu'ils viennent de signer pour ne plus former qu'un seul corps. Nous sommes perdus. Mais avec elle s'en vient l'air. Avec elle s'en vient la délivrance. Il s'offre Carter, et reçoit tout à la fois ; pleure sans larmes pour tout ce qu'il perd et gagne dans cette seconde où leurs deux êtres disparaissent pour donner vie à cette chimère de tendresse et de rage ne s'exprimant qu'en soupirs. Sous ses lèvres qu'il empoigne des siennes, jaillit le tout premier souffle d'un dernier espoir tandis que leurs chemins se croisent, s'éloignent. Il s'en va pour mieux promettre de toujours lui revenir. L'évidence les mène, les enchaîne, les éloigne pour mieux les rappeler toujours l'un à l'autre. C'est une danse qui ne connaît pas de fin, un ballet au goût du plus dangereux des bonheurs où mains et lèvres se damnent pour un peu plus de temps dans l'étreinte que celui qui se perd seconde par seconde comme tombent les grains du sablier. Au monde qui les entoure, au vocabulaire tellement riche qu'il a apprit au fil des années, tout disparaît pour ne plus lui laisser que son nom qu'il soupire sans pudeur au creux de son épaule. Il se défait Carter, et dans les délices de cette étroitesse éclatante, il se reforme. Renaît. Par delà l'absolution, c'est un baptême n'appartenant à eux qui se joue au cœur même de l'Enfer.



Alors, l'extase se dessine.
Alors, il n'est qu'à elle, Carter. Sans plus de crainte pour l'avenir.

Il sait, Carter, qu'elle n'effacera jamais pleinement la culpabilité,
Qu'il ne se sentira jamais pleinement le droit à ce bonheur l'étreignant.
Il n'est qu'à elle pourtant, comme elle est à lui.

Advienne que pourra.  







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[FB/N-17] I'll be with you from dusk till dawn | Loveleen & Carter
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