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-I CAN'T LOVE YOU IN THE DARK ❱ quinrid [rp express]-
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Je suis : CHIKAKA , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 27/04/2016 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 242 hiboux. J’incarne : Henry Cavill , et l’avatar que je porte a été créé par : Bermudes . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Vega, Ciena et Betty Je parle en : teal



Je suis âgé de : 36 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : un Raffleur pour le Ministère J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres car même dans sa mort, il reste mon Maître et mon Guide. Je porte fièrement sa marque. Côté cœur, : Je suis marié depuis février à Mererid Nott, et mon coeur l'aime, tout autant que son jumeau.

MessageSujet: I CAN'T LOVE YOU IN THE DARK ❱ quinrid [rp express]   Mer 17 Mai - 2:34

I can't love you in the dark.
Quintus et Mererid
It feels like we're oceans apart, There is so much space between us. Maybe we're already defeated.


6 avril 1991
Il s’en veut atrocement, tellement qu’il a quitté le manoir Nott depuis maintenant vingt-six heures. Il est onze heures du soir passé quand il franchit la porte de sa demeure, la pluie ruisselant toujours de sa cape de sorcier. On aurait dit que la météo s’était agencée à ses émotions, le rendant encore plus maussade et incertain. Il est frigorifié, son corps tout entier tremble quand il remet sa cape à l’elfe de maison qui l’accueille. Ce dernier le dévisage presque, mais Quintus ne le remarque pas. Il aurait pu se sécher avec sa baguette un nombre incalculable de fois, pourtant, il était toujours détrempé et immobile, sur le pas de sa porte. « Vous allez bien, maître? … Voulez-vous que je fasse venir M. Curning? » L’elfe tremble lui aussi, comme s’il ne sait pas quoi faire. Là, les prunelles du mangemorts se concentrent sur le vieux serviteur, mais il laisse échapper un soupire en guise de réponse. Certes, l’obstétricien était sans doute sur place pour surveiller l’état de sa femme, mais il n’était pas malade lui. Hier, quand Mererid s’était évanouie, il avait attendu dehors jusqu’à ce que le médicomage sorte de là pour lui annoncer l’affreuse nouvelle de la perte de son fils. Persée attendait près de lui et elle avait pleuré pour lui, ressentant la douleur que vivait son frère aîné. Il avait expressément fait comprendre à l’homme qu’il devait s’assurer que Mererid s’en sorte vivante, ce qui devait expliquer le fait qu’il se trouve encore au manoir ce soir. Son corps comme son esprit est épuisé, il a besoin d’une bonne douche brûlante pour dénouer ses muscles endoloris. Pour effacer aussi le sang qu’il a sur ses poings, ayant préféré utiliser ses derniers plutôt que sa baguette dans un affront pas plus tard qu’une heure auparavant.

Ses pas sont lourds et lents quand il monte les escaliers jusqu’à la chambre principale du manoir, dans l’aile sud du manoir. On dirait que l’elfe a fait savoir aux autres membres de la demeure de ne pas déranger le maître, parce qu’aucune de ses sœurs ne sortent de leur chambre. Ni même Alyssa. Ses prunelles se dardent un peu trop longtemps sur la porte de Drefer, mais il continue tout de même le chemin. La vérité, c’est qu’il en veut au jumeau de ne pas l’avoir retenu. À sa femme aussi de l’avoir jeté comme un simple paria, comme s’il ne valait rien. Mais surtout, il se déteste lui. Pour n’avoir pas pu être assez forts pour rester pour le réveil de Mererid. Pour ne pas avoir pu sauver l’héritier. De ne pas être assez bon à ses yeux. Pour que sa femme ne veuille pas l’avoir de sa vue dans un moment aussi crucial. Finalement, peut-être que le mangemort était aussi amer et inutile socialement que tous l’auraient voulu. Son cœur de pierre était plus prouvé que jamais. Il se demandait encore comment il affronterait le regard de Mererid. Si elle était dans leur chambre. Elle pouvait très bien s’être installée dans une chambre d’ami pour ne pas supporter sa simple présence. Honteux et angoissé, sa main se déposa sur la poignée de sa porte pour l’ouvrir avec une lenteur surprenante. Il faisait plutôt noir dans la chambre, le sorcier eut du mal à s’habituer, si bien qu’il attendit quelques secondes à l’entrée de la chambre, pour s’acclimater. Il aperçut un corps enveloppé dans les couvertures du lit, mais il ne tourna pas pour autant la tête. Il n’était franchement pas prêt à cet affront. Couillons. Lâche.

Il décida d’abord de se rendre à la salle de bain des maîtres pour laisser tomber au sol ses vêtements lourds et glacés. Il passe plusieurs autres minutes sous la douche. Il tente de retrouver le calme intérieur. De placer les mots dans sa bouche pour qu’elle ne pense pas qu’il est encore pire qu’elle ne puise l’imaginer. Quand il sort de la chaleur invitante de l’eau, il redoute encore trop l’affront. Il est pris au piège. Il se sèche aussi rapidement que faire se peut et enfile un bas de pantalon de pyjama, avant d’entrer à nouveau dans la chambre. Il espère qu’elle dort. Ça serait franchement plus facile. Il laisse la faible lumière allumée à l’extrémité de la chambre et embarque dans les couvertures, en fixant un peu trop longtemps le plafond de leur lit. Le silence est pesant, ce qui lui permet enfin de prendre son courage à deux mains et de tourner son corps tout entier pour observer le corps de sa femme. Elle a les yeux fermés. Elle semble plus paisible que jamais. Comme si déjà, elle avait retrouvé toutes ses forces. Une panique infondée s’ensuit. Le sorcier se demande si elle n’est pas trop immobile, justement. Bien qu’il ait aimé la voir réellement endormie pour ne pas avoir à s’expliquer, il se serait attendu à recevoir les cris de haine de Mererid. Il se relève et se rapproche doucement d’elle, jusqu’à apposer son visage juste au-dessus du sien, pour savoir si elle respire. Simplement. Quand il se rend compte qu’elle est belle et bien en vie, il est trop tard et il fait désormais face aux yeux de sa femme qui s’ouvrent à une vitesse ma foi… Fulgurante. Plus que tout ce qu’il a accompli depuis son arrivée dans le manoir, quelques minutes plus tôt…


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Je suis âgé de : 24 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : une femme entretenue, parfaite façade derrière laquelle se tapissent mes ambitions. J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres car même dans sa mort, il reste mon Maître et mon Guide. Je porte fièrement sa marque. Côté cœur, : je suis mariée à Quintus Nott depuis février 1991. Une alliance rêvée mais entourée de mensonges. Champ Libre :







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MessageSujet: Re: I CAN'T LOVE YOU IN THE DARK ❱ quinrid [rp express]   Jeu 18 Mai - 4:07


I can't love you in the dark
It feels like we're oceans apart, There is so much space between us. Maybe we're already defeated.
Le premier éveil est le plus difficile. Toute entière engourdie par les potions médicamenteuses que le Dr Curning lui a administré sans qu'elle ne s'en souvienne, elle ouvre les yeux sur son frère assis à même le sol, qui s'est endormi avec la tête posée sur le bord du lit. Une douleur sourde au ventre tente de se rappeler à elle, à la manière d'un souvenir trop vivide faisant son chemin jusqu'à ses pensées conscientes. Tout lui revient brusquement et elle se plaque une main sur la bouche pour étouffer ses sanglots. Elle ne veut pas le réveiller, elle craint de ne pouvoir retenir en elle la douleur s'ils échangent ne serait-ce qu'un regard. Mais les larmes ne s'arrêtent pas de couler et ses épaules se secouent au rythme de sa peine. Une tristesse faite d'incompréhension, d'errance, de perdition. Mais aussi d'autre chose ; d'un mélange de tout ce qu'elle a retenu en elle depuis quelques temps déjà. Quand tout à coup Drefer lève les yeux vers elle, les barrières finissent de céder et ses pleurs redoublent. C'est à peine si elle sent les bras qui l'entourent tandis qu'il se glisse dans le lit à ses côtés, lui soufflant des mots qu'elle n'entend pas. Elle reste ainsi de longues minutes, piégée dans une spirale où aucune pensée cohérente n'a sa place, jusqu'à ce que la fatigue l'emporte à nouveau.

La fois d'après, c'est presque facile. Surtout, elle se doit de ne pas repenser à cette scène, pour éviter de réveiller des émotions qu'elle est incapable de gérer. Elle s'en fait une mission ; chaque seconde de chaque minute qu'elle passe éveillée, elle s'occupe l'esprit avec autre chose. Elle entreprend de relire les rares livres qu'elle a ramené de chez ses parents et qui ne contiennent pas grand chose d'exceptionnel. Elle n'ose pas demander à Drefer pourquoi Quintus n'est pas encore rentré, si bien que la question reste en suspens entre eux. Si au début, elle arrive à ne pas y penser de la même manière qu'elle occulte le souvenir de sa fausse couche, bientôt elle réalise qu'il va peut-être véritablement la répudier. Cette crainte, construite uniquement à partir de ses incertitudes, se met à grossir comme une tumeur en elle au fil des heures qui passent. Madame Nott et ses enfants viennent lui parler quelques minutes, lui exprimant leur tristesse et leur compassion, mais elle ne lit ni dégoût ni rejet sur leurs visages. Même si certains, comme Persée, ne la portent pas spécialement dans leur cœur, aucun ne lui souhaite une telle chose ni ne ne la pousserait dehors - après ce que Mererid considère pourtant ni plus ni moins comme un échec personnel.

Elle a été trop dure avec lui, sûrement, songe-elle en tournant dans leur lit. Blesser les sentiments d'autrui, c'est un concept qu'elle a du mal à maîtriser mais qui ne lui est pas totalement étranger. En général, elle le fait volontairement aux autres. C'est un bon moyen de les affaiblir, de leur prouver qu'on a du pouvoir sur eux. Ce qu'elle a fait à Quintus, c'est bien différent. Cela relève de l'instinctif ; elle n'a pas réfléchi, pas pensé les mots qui sont sortis de sa bouche. Sa dernière défense, ce fut le rejet. Aucun avertissement ne l'a précédé, puisqu'elle même ignore ses propres limites le plus souvent - jusqu'au point de rupture. Elle n'est à l'évidence pas prête à l'accepter si proche d'elle, assez pour assister à un tel moment, mais elle lui ment tant et depuis si longtemps qu'il n'aurait jamais pu s'en rendre compte si ce n'était pas arrivé. Lui qui n'a guère connu de femmes, comment aurait-il pu deviner que le plus souvent, elle ne fait que tolérer leur intimité ? Elle-même n'en est qu'à peine consciente, n'ayant jamais appris à écouter ce que son corps et son esprit lui soufflent.

Elle a fini par s'endormir, malgré ses pensées confuses et agitées, et avec le vain espoir qu'il soit là quand elle se réveillerait le lendemain matin. C'est le bruit de la douche qui finit par la réveiller ; une mélodie inhabituelle à cette heure-ci, qui suffit pour qu'elle ouvre un instant les yeux et réalise qu'il est rentré. Son odeur flotte encore dans la pièce, et en la respirant elle se surprend à lâcher un soupire de soulagement. Mais pourquoi est-il parti si longtemps ? Vingt six heures qu'il a quitté cette pièce et qu'il l'a laissé seule avec ses doutes. Quand elle entend la porte de la salle de bain, elle referme les yeux et s’évertue à imiter la respiration profonde de ceux qui dorment d'un sommeil sans rêves. Elle sent le léger tremblement du lit indiquant qu'il s'est couché à coté d'elle, puis sa chaleur lui parvient ainsi que l'odeur mêlée de sa peau et du savon. Malgré sa fatigue et ses courbatures, tous ses sens sont en alerte, à l'écoute de celui qu'elle a cru avoir perdu pour de bon. Elle ne veut pas montrer qu'elle est éveillée pour ne pas briser cette réalité agréable et réconfortante ; pour quelques instants au moins, avant qu'elle ne se rendorme, elle veut profiter de cette douce illusion que rien ne s'est passé.

Le léger mouvement du matelas et le souffle sur son visage, indiquant qu'il s'est approché, lui font brutalement ouvrir les yeux. Réflexe presque épidermique. Elle le fixe de ses grands yeux, cernés et accusateurs. Elle a peur mais elle ne sait rien faire d'autre qu'attaquer, manipuler, mentir. Admettre sa terreur qu'il l'abandonne, elle en est incapable, alors elle trouve un moyen détourné de s'exprimer. « Où étais-tu ? » Trois mots qui claquent froidement, et l'air qui se transforme en électricité autour des époux. « Une journée entière sans nouvelles. Je me suis réveillée seule. » Encore un mensonge. Elle veut qu'il culpabilise comme elle a souffert de se penser rejetée, détestée. Incapable de supporter la place à laquelle elle se trouve, elle fait tout pour inverser les rôles, pour qu'il soit le coupable et elle la victime. C'est pourtant elle qui l'a chassé, elle s'en souvient avec clarté - c'est d'ailleurs tout ce dont elle arrive à se rappeler, réalise-t-elle soudain. Surprenant, comme il est facile d'enterrer les moments les plus difficiles de sa vie, pense-t-elle naïvement. Elle le dévisage, d'apparence aussi imperturbable que la pierre malgré la multitude d'émotions qui l'assaillent sous la surface.
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MessageSujet: Re: I CAN'T LOVE YOU IN THE DARK ❱ quinrid [rp express]   Dim 28 Mai - 1:43

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Quintus et Mererid
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6 avril 1991
Quand il l’observait, avec la lumière aussi tamisée, il avait l’impression qu’elle ne bougeait. Que son corps n’était pas secoué doucement par sa respiration. Peut-être que la perte de l’enfant s’était aggravé depuis son départ. Si c’était le cas, il aurait la tête du Dr. Curning sur un plateau dans l’heure qui suivait, il fallait en être assuré. Le mangemort s’était rapproché d’elle jusqu’à déposer l’une de ses mains de l’autre côté du matelas. Entourant sa femme de ses bras et en tentant de déceler le moindre signe qu’elle dormait paisiblement. Et à la seconde où il ressentir ton souffle sur sa joue, il fut confronté à deux prunelles le dardant telles un coup de Doloris. Figé, ses pupilles se dilatèrent néanmoins. Il semblerait que ce ne soit pas seulement la lumière qui ait cet effet chez l’Homme. Les émotions qu’il pouvait ressentir en présence de l’ancienne Rackharrow le changeait. Même ses sœurs pouvaient voir qu’il était différent depuis que les deux jumeaux étaient entrés dans sa vie. En bien, pour la plupart du temps. Enfin, sauf peut-être aux yeux de Persée qui perdait indéniablement son frère pour de bon. Pendant quelques instants, il a l’impression d’être un enfant qu’on a pris la main dans le sac. Son souffle qui s’est arrêté, son corps qui ne bouge toujours pas. Comme si le fait qu’il soit immobile le camoufle aux yeux de la belle. Absurde. Et il pouvait déjà le deviner en remarquant l’air qui traversait ses paupières. À faire courir n’importe quel animal la queue bien entre les jambes… « Où étais-tu ? » Son ton qui claque. Il répond donc sur la même lancée : « En mission d’une extrême importance. » Pas tant que ça, il fallait l’avouer. Mais plus pour pouvoir supporter davantage l’ambiance qu’il avait fui plus de vingt-quatre heures auparavant. « Une journée entière sans nouvelles. Je me suis réveillée seule. » C’est à ce moment-là que les sentiments de honte et de désespoir refont surface. Elle pense passer pour la victime. Bien qu’elle le soit en tous les sens du terme étant donné ce qu’elle avait vécu, Quintus n’oubliait pas ce qui l’avait poussé à quitter le manoir au plus vite. Il détend son bras gauche de sorte qu’il s’éloigne un peu de Mererid et à se trouver juste de son côté du lit. « Tu m’as chassé comme si je n’avais plus ma place dans ma propre maison. » Il le lâche avec une tristesse apparente. Dans son visage, il n’y a aucune dureté que tous les sorciers de la planète ont su affronter. Lui aussi avait perdu un enfant. Son héritier, un garçon en plus. Elle l’avait chassé comme s’il n’avait aucune importance. Comme s’il n’était rien. « Ça ne m’en a pas pris plus pour me décourager. » Qu’il rajoute. L’un comme l’autre était déjà assez handicapé des sentiments comme ça. Ils avaient tous les deux bien du mal à s’y faire et au moins, Quintus tentait de mettre au clair ce qui s’était produit. De lui faire comprendre que ce que Mererid avait fait l’avait touché presque autant que la perte de l’enfant.

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MessageSujet: Re: I CAN'T LOVE YOU IN THE DARK ❱ quinrid [rp express]   Mer 14 Juin - 16:11



En mission d’une extrême importance. Mererid se retient de rire sèchement, une moue se dessinant sur ses lèvres. Une justification parfaite, à laquelle elle ne peut s'opposer : combien de fois a-t-il quitté le manoir en urgence, pour remplir ses devoirs de lieutenant ? Contrairement à la majorité des mangemorts, il n'est pas aisément remplaçable et sa présence est souvent requise. Il n'a d'ailleurs pas le choix, et elle le sait très bien. C'est pour ce pouvoir qu'il tient entre ses mains qu'elle s'est félicitée d'avoir attiré son regard, mais à l'instant elle n'a rien à répondre ; aucune raison acceptable de continuer à le fusiller des yeux, puisqu'après tout elle aussi aurait ferait passer la cause mangemort avant lui. Mais est-il entièrement sincère ? « Tu m’as chassé comme si je n’avais plus ma place dans ma propre maison. » Elle le dévisage sans chercher à s'en cacher, fascinée par les émotions qu'elle voit défiler sur ses traits. Au fil des semaines, l'image qu'elle se faisait de lui s'est envolée fil par fil, jusqu'à ne laisser que ce visage presque douloureux de sincérité. Sa souffrance se glisse entre les failles de la carapace de Mererid, et vient doucement faire écho à la sienne. Tout deux pleurent l'héritier, même si elle voit bien qu'il n'a pas tout à fait les mêmes raisons qu'elle. Il voit la famille qu'ils auraient dû former, sûrement, la chaleur d'un foyer, des enfants à aimer sans conditions. Elle touche du bout des doigts ce beau tableau, sa main s'avançant comme pour effleurer la joue de Quintus. Mais l'image d'Epinal lui fait l'effet d'une brûlure ; elle retire presque sitôt sa main, déglutissant. Non, cet être qui avait vécu en elle quelques temps n'était rien d'autre qu'un moyen d'atteindre un but. La fierté de ses parents, le regard bienveillant de la société sorcière, l'approbation d'un mari qui en échange, ne la pousserait pas dans la fosse aux lions. « Ça ne m’en a pas pris plus pour me décourager. » Mererid ne comprend pas. Elle le fixe, inexpressive. A-t-elle été si dure, si violente ? Comment un homme comme Quintus peut-il réagir ainsi à quelques mots lâchés dans la panique et la douleur ? Se décourager... S'il est là, à présent, c'est qu'il n'a pas abandonné. N'est-ce pas ? Elle se mord la lèvre, perdue. Veut-il dire qu'il a bel et bien failli la jeter dehors ? Ses doigts s'accrochent au drap nerveusement, tandis qu'elle tâche de se retourner et de s'approcher de lui. Seule sa mâchoire crispée révèle la douleur qui vrille encore son ventre ; son front se pose contre le bras de Quintus, à la manière d'une enfant. Geste irréfléchi, instinctif, qui lui apporte un soudain réconfort. Contrairement à son habitude, elle laisse les mots sortir sans les modeler, sans véritable but. Le besoin de les dire surpasse celui de les taire, comme si le voir ainsi démuni avait libéré quelque chose en elle. « J'avais peur. » À peine un murmure, à l'inavouable réalité. « J'ai cru que tu me détesterais. » Un hoquet étouffé annonce les larmes à venir, mais elle ferme les yeux et les retient minutieusement. Sa voix s'étouffe contre la peau de cet homme auquel elle ose enfin se confier. « Je t'ai deçu. » Immobile contre lui, elle tente de calmer sa respiration hachée, les mains toujours crispées sur le tissu. Peut-être fait-elle une erreur en s'ouvrant ainsi à lui et déjà elle regrette d'avoir pris un tel risque ; n'est-ce pas une femme forte et stable qu'il désire, plutôt qu'une gamine terrorisée d'un jour n'être plus qu'un embarras ?



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