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And then the sea swept in, and left us all speechless — PV Priam

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Parchemin envoyé Lun 8 Mai - 1:04

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And then the sea swept in and left us all speechless
(Florence + The Machine) ▽ But I still see you in the light
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Elle n’avait jamais eu autant besoin de s’échapper. Ses pensées ne cessaient de la ramener à cette soirée chez les moldus, ces explosions qui auraient bien pu lui coûter la vie, et avait failli lui coûter sa sœur. Elle ne comprenait pas pourquoi Scylla insistait pour rester dans ce conflit, pour y prendre part, pour porter ces idéaux qui n’avaient aucun sens. Ils allaient la tuer, si ce n’était physiquement au moins mentalement. Calypso était de ceux qui pensaient que le meurtre était sacrifier une part de soi-même, d’endormir l’humanité que la plupart des hommes possédaient. Elle n’était pas dupe, elle savait que des monstres évoluaient parmi eux ; des hommes qui n’avaient pas d’empathie, ou qui ne comprenaient pas que prendre la vie de quelqu’un était renier sa nature. Il n’y avait pas d’excuse pour donner la mort. Voir Scylla sombrer ainsi dans ce qu’elle pensait être une spirale destructrice la rendait malade, et elle savait que les derniers évènements n’aidaient pas à la chose. Elle avait été témoin de la haine, de la colère, et rien ne pouvait changer cela. La mort de leur maître, de Voldemort, n’avait fait qu’empirer les conflits, de ce qu’elle en avait compris, et elle ne pensait pas que cela s’améliorerait avant l’inhalation d’un groupe. Elle ne souhaitait pas que les Death Eaters gagnent cette guerre, pas lorsque leurs valeurs étaient un mélange de violence et de haine ; pourtant elle ne souhaitait pas perdre sa sœur.

Elle se sentait perdue. Prendre part à cette guerre lui semblait impensable, et pourtant elle savait qu’elle ferait tout pour sa sœur. Tuer, peut-être. Ca lui donnait froid dans le dos. Que serait-elle, après le meurtre ? Les voix, Bastius arrêteraient-ils de l’encourager ? Elle en doutait. Cela empirerait sûrement. Le goût du sang ne ferait qu’entretenir ses troubles, elle le savait. Alors, il fallait qu’elle s’éloigne. Elle maîtrisait assez sa magie pour pouvoir survivre quelques temps hors du manoir, et elle n’avait de comptes à rendre à personne, pas lorsque les derniers membres de sa famille étaient trop occupés à faire allégeance à un fantôme tyrannique, même dans sa mort. Le bois qu’elle choisit pour sa retraite fut l’un des seuls qu’elle avait visité dans son enfance. Le souvenir était flou, mais le lieu assez précis pour qu’elle puisse y transplaner sans se blesser. Le campement où ils avaient passé quelques jours n’était plus là, mais l’espace existait toujours entre les arbres. L’odeur de la forêt lui remplit le nez, et elle lâcha un soupir. Le silence semblait se propager jusqu’à son crâne, et pour la première fois depuis quelques jours, elle apprécia une tranquillité relative. Son faucon s’envola jusqu’à une branche non-loin, et sa chauve-souris s’osa à descendre jusqu’à son cou. Elle s’assit sur souche.

Elle aurait pu passer des jours à contempler la forêt. Un charme la gardait réchauffée, et elle était bercée par le bruit des oiseaux. C’était bien sa chance, de n’être dérangée par aucun moldu. Elle ne savait pas comment elle aurait pu expliquer son accoutrement, si différent des leurs, ou bien la chauve-souris qui reposait entre ses doigts. Sa baguette était camouflée dans sa manche, mais elle avait l’air bien excentrique. Le bal mis à part, elle n’avait jamais encore été confrontée aux moldus. Elle savait que nombre de sorciers n’en rencontraient jamais, à travers leur vie, mais elle était intriguée. Ils étaient beaucoup plus nombreux qu’eux, de ce qu’elle avait lu, et ils étaient capables de choses qui lui paraissaient extraordinaires. Comment avaient-ils réussi à aller dans les étoiles, alors que les sorciers se contentaient de les lire ? L’idée la faisait rêver. Y avait-il d’autres mondes, au-delà ? Étaient-ils seuls dans l’univers ? Un bruit la ramena à la réalité, et les branches qui craquèrent soudainement derrière elle la firent sursauter. Melancholia grimpa à nouveau dans ses cheveux, et son faucon s’agita sur sa branche, avant de décoller bruyamment, s’envolant au-delà de la cime des arbres en quelques secondes.

Elle avait peur de se retourner. Elle pouvait sentir une présence derrière elle, et vu le départ précipité de l’un de ses animaux, elle devinait que ce n’était rien de bon. Lorsqu’elle eut enfin le courage de tourner la tête, elle se figea à nouveau. Se tenait entre les arbres un griffon, encore jeune pouvait-elle déduire de sa taille, mais tout aussi dangereux qu’un adulte. Il ne semblait pas l’avoir vu, pas encore, sa tête massive tournée vers un autre point de la forêt. Elle aurait aimé transplaner, mais son souffle était court, et elle craignait les conséquences d’un tel geste. Lentement, elle se releva. Elle n’osait pas respirer, n’osait pas bouger plus d’un centimètre par seconde, terrifiée de faire le moindre bruit, et d’attirer l’attention de la bête. Distraitement, elle ne put s’empêcher d’admirer la beauté de l’animal, la force qu’elle pouvait deviner sous ses plumes ; les dégâts qu’il pourrait lui faire s’il se sentait menacé. Soudainement, le regard perçant fut braqué sur elle, et elle se figea à nouveau. Elle était redressée, prête à fuir, alors qu’il la fixait, la tête inclinée sur le côté. Après un temps qui lui sembla infini, passé à se regarder, le griffon détourna le regard, et tourna sur lui-même, sa carrure frêle face aux troncs gigantesques. Quelques minutes de plus, et l’animal avait disparu entre les arbres.

Elle ne savait pas bien pourquoi elle s’était mise à courir dans la direction opposée. L’adrénaline saturait son sang, et elle se sentait plus en vie que jamais. Presque joyeusement, elle parcourait la forêt, zigzagant entre les arbres, un sourire frais aux lèvres alors que le ciel semblait s’ouvrir au-dessus d’elle, lâchant une pluie torrentielle qui la trempa en quelques secondes. Sa course fut interrompue lorsqu’elle heurta quelqu’un de plein fouet. Le choc la jeta par terre, et elle chercha, confuse, la cause de sa chute. La forme qu’elle avait renversée lui sembla familière, et ses yeux s’écarquillèrent légèrement. Cette femme, elle l’avait déjà heurtée, au bal. Décidément. Inquiète, elle sauta sur ses pieds, et ne perdit pas un instant pour relever la jeune femme, déglutissant soucieusement. « Vous allez bien ? Je suis désolée, je ne m’attendais pas à croiser quelqu’un ici. » La pluie avait entièrement mouillé ses cheveux, et l’eau dégoulinait à présent sur son visage, sensation qui ne lui déplaisait pas. Être sous la pluie lui rappelait qu’elle était libre, et elle n’aurait gâché ce sentiment pour rien au monde.

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Parchemin envoyé Lun 15 Mai - 0:45

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Je suis : Syriane , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 14/11/2016 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 92 hiboux. J’incarne : Ira Chernova , et l’avatar que je porte a été créé par : Avatars : Gallifreys, Faust, Babine. Signature : anaëlle. . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Mererid, Valeryan & Siofra Je parle en : Grey



Je suis âgé de : 28 ans , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : dealeuse de poudre d'escampette pour la Main noire. J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, je ne porte pas sa marque mais je compte m'enrôler dans ses rangs. Côté cœur, : célibataire Champ Libre :
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24 MAI 1991, HIGHLANDS
Après être sortie, elle avait commencé par raser les murs. Une vision étrange que voilà, une Greyback qui se terre, qui sursaute au moindre bruit, au moindre mouvement brusque. Comme un chien battu, elle avait craint à tout moment qu'on la jette à nouveau en cage. Pendant plusieurs jours, elle n'avait pas su fermer l’œil et quand elle y arrivait, elle rêvait de cette pièce, de ces quatre murs gris. La réalité de sa liberté ne lui avait jamais semblé aussi parfaite, aussi satisfaisante ; elle se trouvait soudain ridicule d'avoir toujours pesté à tord et à travers contre les chaînes métaphoriques que cette société lui mettait aux chevilles. Qu'était-ce, comparé à l'enfermement réel ? Ses vexations passées lui paraissaient soudain risibles.

Au final, elle avait presque retrouvé un quotidien normal - à l'exception de ces cauchemars qui s'obstinaient à hanter ses nuits. Elle avait tenté de ramener un amant, au bout d'une semaine, mais à peine quelques heures après qu'ils se soient endormis... Tout avait dégénéré. Un de ces songes insupportables. Un réveil un peu trop soudain. Et ses griffes, plantées dans le bras de l'homme. Un pauvre garçon qui n'avait rien demandé, qu'elle connaissait depuis quelques mois et qu'elle commençait à trouver sympathique. Presque un ami. Il avait crié, ragé contre elle et contre cette injustice, cette malédiction qu'elle venait de lui imposer malgré elle. Puis la fièvre avait commencé à monter et elle avait dû transplaner avec son corps inanimé dans les bras jusqu'à St Mangouste. Si personne n'avait posé de questions, et si la plupart ne l'avaient pas reconnu, d'autres lui avaient adressé ce regard spécial qu'on réserve aux Greyback. Ce mélange de peur et de dégoût, renforcé par la vision qu'elle offrait, avec ses phalanges éclaboussées par le sang de sa victime malchanceuse.

Elle avait quitté l'endroit comme une voleuse, la queue entre les jambes et pour la première fois depuis bien longtemps, honteuse. Ce qu'elle faisait pendant la Pleine Lune, ça n'était pas tout à fait elle ; c'était la bête, c'était quelque chose qu'elle contrôlait pas et ne voulait pas contrôler, mais dont elle ne se souvenait pratiquement jamais. Mais le reste du temps, c'était différent. Si elle n'avait presque aucun scrupule à mordre et griffer ses adversaires, en revanche ce n'était jamais arrivé qu'elle blesse quelqu'un qui lui faisait confiance... elle détestait la manière dont ça lui retournait l'estomac, d'y penser. La culpabilité, définitivement pas son truc, à la Greyback.

Mais elle avait réussi à arrêter d'y penser. En sortant plus, en dormant moins, en baisant plus. Elle foutait ses invités dehors avant qu'ils aient le temps de fermer l’œil, peu encline à revivre l'expérience.

Puis, il y avait eut la réunion des mangemorts. La nouvelle qui l'avait bousculé, la ramenant à une réalité dont elle se serait bien passée. Le Maître reviendrait peut-être, avec l'aide de ses petites mains, et peut-être que bientôt elle ne pourrait plus se garder d'en être l'esclave absolu. Cette perspective avait finit de la convaincre d'aller passer quelques temps loin de la société sorcière. Malgré l'appel des mangemorts, elle ne les soutiendrait pas dans cette entreprise. Pas tant qu'on ne le lui demandait pas directement, pas tant qu'elle pouvait s'y soustraire. De toute façon, quelle compétence avait-elle qui puisse les aider dans cette folie ? Tuer. Beaucoup savaient tuer, dans les rangs des mangemorts, même si rares étaient ceux à maîtriser cet art comme les Greyback. Non, définitivement : ils se passeraient d'elle.

Les Highlands. Destination évidente, loin de Londres et du fourmillement des humains, moldus comme sorciers. La zone qu'elle avait choisi était inhabitée, seulement visitée par quelques touristes moldus. La vision de sa nature sauvage presque intouchée allégea le poids de ses doutes dès qu'elle y mit les pieds. Elle était déjà venue, des années auparavant. L'endroit n'avait que légèrement changé, ses forêts se déplaçant au grès des cours d'eau et de la météo capricieuse. Elle se passait de tente, s'étant contentée de se faire un abris sommaire. Un tissu enchanté pour résister à n'importe quel temps, tendu entre trois troncs au dessus du sol. À coté des cendres du feu sur lequel elle faisait cuire ses provisions et griller le fruit de ses occasionnelles chasses, un tas de couvertures indiquait l'endroit où elle dormait. Un campement sommaire, qui lui aurait attiré le mépris de bien des sorciers, mais elle n'était pas là pour le confort ni pour passer ses nuits dans un endroit clos. Lentement mais sûrement, elle retrouvait un sommeil normal et parvenait à chasser de son esprit le souvenir désagréable de ses sept jours passés dans cette prison moldue.

Seule ombre à ce tableau apaisant : l'absence de son frère, ainsi que la mort de Nyx qui continuait de lui sauter au visage par instant. Peut-être était-elle finalement en train de faire son deuil. Elle n'y avait jamais vraiment pensé, pas même envisagé ; comment pourrait-elle accepter quelque chose d'aussi soudain ? Comment pourrait-elle faire la paix avec cette vérité quand la coupable était encore vivante ? Pourtant, elle devait se rendre à l'évidence. La rage et la souffrance tranchante avaient laissé place à la colère froide et la peine sourde, qui quand à eux se taisaient grâce aux bruissements de Mère nature. L'isolement et la nature avaient toujours été comme des berceuses pour la louve. Là où certains prenaient plaisir à laisser libre cours à leurs pulsions, elle courait après une paix intérieur au goût de chimère. Peut-être que si les choses avaient été un peu différentes, elle aurait été tentée de ne pas revenir après la pleine Lune...

Cette pensée l'effleure, tandis qu'elle revient du lac qui s'étend à quelques centaines de mètres de son « campement ». La gourde à sa ceinture est remplie d'une eau claire, et elle tient par les pattes le lapin qui s'est pris dans un de ses pièges. Quand elle sent les premières gouttes toucher ses joues, elle lève un œil vers le ciel. Si elle avait noté la manière dont le ciel s'était assombri, elle ne s'attendait pas à ce qu'il pleuve si vite. N'ayant pas prévu de quoi se couvrir, elle commence à accélérer le pas. Elle a laissé sa baguette avec le reste de ses affaires, et ce qu'elle craint plus que d'être mouillée, c'est de tomber malade. Les sortilèges de soin, c'est précisément l'inverse de sa spécialité, et elle se passerait bien d'un séjour à Sainte Mangouste pour une ridicule bronchite. Les sorciers aussi ont les poumons fragiles ; ils restent humains, malgré les rêves de supériorité dont certains se bercent.

Priam a les yeux rivés sur le sol, veillant à ne pas se prendre les pieds dans une racine. Le terrain est légèrement accidenté et elle ne s'imagine pas croiser qui que ce soit, surtout avec ce temps qui dissuade les randonneurs. L'approche de Calypso lui échappe totalement, et ce n'est que juste avant que l'impact se fasse qu'elle relève soudain la tête, flairant une odeur qui n'a rien de végétale. Le choc est soudain et elle lâche sa prise sous la surprise. Cette inconnue qui lui tend la main et l'aide à se relever... Elle a l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, sans parvenir à mettre de nom sur son visage. « Vous allez bien ? Je suis désolée, je ne m’attendais pas à croiser quelqu’un ici. » Priam peut sentir la magie, certes discrète, qui émane de la jeune femme. La louve passe une main sur son dos endolori, une brève grimace sur les lèvres. « Faut dire que moi non plus. Pourquoi tu cours comme... » En reposant les yeux sur la sorcière, elle se fige. Le bal. À la sortie des toilettes, elle avait déjà heurté cette femme, dont elle ignorait en effet le prénom. « Mais j'te connais ! C'est la deuxième fois qu'tu me rentres dedans. J'vais vraiment finir par croire que c'est un message caché. » Un large sourire, taquin à souhait, lui étire les lèvres. Mais la pluie commence à passer à travers son jean et ce qui n'était qu'une brise agréable quelques minutes plus tôt lui fait désormais l'effet d'un vent glacial. Elle ramasse à la hâte le lapin mort, et attrape de l'autre main celle de l'inconnue, lançant par dessus son épaule : « Je campe plus loin. » Sans plus de cérémonie, elle la tire avec elle. Ce sont désormais des torrents d'eau qui tombent sur leurs têtes tandis qu'un nuage un peu plus noire que les autres commence à descendre dans la vallée.

Quelques minutes plus tard, l’abri salvateur apparaît devant elles. Priam se glisse en dessous et fouille aussitôt dans son sac à la recherche de sa baguette, lâchant sa prise sur le coté. En quelques gestes, elle se sèche et relance le feu magique, qui tremblote sous les assauts du vent et de l'humidité. « T'as d'la chance, d'habitude j'accepte pas les invités mais avec ce temps de chien... » Elle rit de ce jeu de mot que l'inconnue ne comprendrait sûrement pas. S'asseyant en tailleur, elle coule un regard intrigué vers la jeune femme, s'apercevant soudain que celle-ci porte des habits plutôt élégants. Et qu'elle est loin d'être déplaisante à regarder. « Ceci est l'humble demeure de Priam » commence-t-elle en levant le menton, le regard espiègle. Elle imite ce qu'elle imagine être les manières guindées des sang-purs. « J'espère que vous vous y sentirez à votre aise, jusqu'à ce que le ciel se calme et que je vous foute dehors, miss... ? »
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Les loups n'ont pas de roi

Viens, viens chasser avec moi, souffle une voix dans mon cœur, dépouille-toi de ta souffrance, que ta vie soit tienne à nouveau, il est un lieu où tout temps est maintenant, où les choix sont simples et ne sont jamais ceux d'un autre. Les Loups n'ont pas de roi.

Parchemin envoyé Sam 20 Mai - 10:25

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L’inconnue grimaçait, et Calypso ne pouvait que trop savoir pourquoi. Chuter sur ce sol nivelé n’avait rien d’agréable, surtout avec la potentielle rencontre de la chair et d’une racine. C’était bien connu, la fermeté d’un arbre l’emportait contre presque tous les opposants. Cela étant, cette jeune femme, très brièvement rencontrée auparavant, ne semblait pas en colère. C’était un soulagement pour Calypso, car l’idée de devoir se défendre, d’utiliser la magie de manière offensive, ne la mettait pas en joie. C’était plus l’intérêt de Scylla, les combats, le sang, l’adrénaline. Calypso préférait les choses simples ; et après avoir vécu tant d’années sans pouvoir utiliser sa magie, elle s’était habituée à ne pas en avoir la possibilité. La magie n’avait pas perdu son intérêt pour elle, non, seulement elle s’accommodait tout aussi de vivre d’une façon relativement moldue. La magie était utile seulement en ce qu’elle était pratique, en cet instant par exemple, le charme de chaleur qu’elle avait placé sur ses vêtements pour éviter qu’elle n’attrape froid à cause de la pluie, et du vent. La jeune femme qu’elle avait renversée aussi, était trempée, à présent. La brune ne put d’ailleurs s’empêcher de remarquer, curieusement, que celle dont elle ne connaissait pas le nom était décidément charmante. Même ce sourire, taquin à souhait, alors qu’elle venait de faire rougir Calypso d’embarras avec sa réflexion, rendait son expression particulièrement agréable.

Elle n’eut pas le temps de répondre que déjà sa vis-à-vis avait récupéré un lapin mort — peut-être était-elle en train de chasser, et les implications d’une telle observation faisaient voler des papillons dans le ventre de Calypso — et attrapé sa main, l’entraînant dans le dédale d’arbres sans qu’elle n’eût le temps de réagir. L’Anglaise, pourtant généralement averse au contact humain, surtout de ceux qu’elle ne connaissait pas, se laissa guider sans rien dire, enfermée dans une soudaine timidité. L’inconnue était fière, osée, téméraire, et c’était plaisant sans qu’elle parvienne à se l’expliquer. La pluie n’avait pas cessé, et semblait même empirer, alors qu’il semblait que c’était l’équivalent de seaux d’eau qu’on leur renversait sur le corps chaque seconde. Calypso pouvait sentir ses vêtements coller contre sa peau, et cela devenait presque désagréable. Les matières riches n’étaient pas faites pour être ainsi portées sous la pluie — et encore moins en forêt, pensa-t-elle soudainement — et elle s’inquiéta une seconde de ce que dirait son frère lorsqu’elle rentrerait. Mais son frère n’était pas son père ; et dieu merci, pas sa mère. Elle doutait qu’il trouve un intérêt particulier à son accoutrement, et c’était aussi bien.

Il fallut quelques minutes de ce trek pour arriver au niveau du campement promis, et l’aménagement spartiate arracha un sourire à Calypso. Apparemment, l’inconnue n’avait besoin que de peu de choses pour survivre, et l’Anglaise était impressionnée. Sans se faire prier, elle se glissa sous l’abri à la suite de sa sauveuse, et sans sortir sa baguette, sécha ses vêtements, puis ses cheveux, d’un geste de la main, la formule un murmure entre ses lèvres. Sans qu’elle en fût étonnée, sa chauve-souris quitta son abri au sein de son impressionnante masse capillaire, et se glissa contre son cou, venant se réchauffer à même sa peau après la pluie torrentielle. Un sourire reconnaissant s’installa sur les lèvres de la brune, alors qu’elle regardait poliment l’inconnue rire de ce qui devait être une blague, sans en comprendre le sens. Peut-être avait-elle eu une mauvaise aventure dans un tel temps ; ou avec un chien. Le regard que lui jeta Priam, elle ne sut interpréter, et son changement de ton lui fit hausser un sourcil. Elle aimait bien la franchise de la jeune femme, son ton presque insolent, c’était toujours plus agréable que la crainte qui occupait souvent le corps de ses interlocuteurs, lorsqu’on la reconnaissait. D’ailleurs, elle était surprise que Priam, c’était son nom, et elle sourit ; ne fasse pas le rapprochement avec Scylla. Peut-être ne la connaissait-elle pas ? Cela paraissait surprenant, mais ce n’était pas impossible.

Annoncer son nom était toujours quelque chose de difficile, et un petit sourire gêné s’installa sur les lèvres de Calypso. Il y avait toujours des réactions, face à son nom : certaines lubriques, qu’elle ne comprenait jamais, d’autres craintives, ou encore colériques. Elle ne connaissait pas non plus l’allégeance de Priam, et c’était surtout cela, qui l’inquiétait. Elle n’avait nul doute qu’avouer son nom à quelqu’un de l’Ordre la mettrait en danger, mais la jeune femme ne lui donnait pas l’impression d’être — non pas dangereuse, car elle avait la certitude que Priam pouvait l’être — particulièrement hostile. Elle prit une soudaine inspiration, et se jeta à l’eau, les doigts contre sa baguette, dans l’éventualité où elle aurait à faire une retraite anticipée. « Calypso … Lestrange. Je suis la jumelle de Scylla. » Elle retint son souffle un instant, mais sa vis-à-vis n’avait pas l’air d’avoir une réaction trop violente, alors elle continua, un sourire jeté à la hâte sur ses lèvres, tremblant. « Et s’il vous plaît, vous n’avez pas besoin de parler … comme ça. » Un vague geste de la main accompagnait ses paroles, et elle espérait que Priam comprenne ce qu’elle voulait dire. « J’apprécie votre attitude, comment dire, ‘directe’. » Un nouveau sourire s’était glissé sur ses lèvres, celui-ci plus gêné, et elle rougit légèrement, détournant son regard lorsqu’un bruit d’ailes attira son attention.

Son faucon, qui l’avait apparemment suivie après s’être enfui face au griffon, plongeait vers elles. Elle jeta une main devant Priam, dans le cas où cette dernière aurait eu une réaction trop hostile, et tendit son avant-bras vers son animal, avant-bras auquel il s’accrocha quelques secondes plus tard. Elle grimaça à peine en sentant les serres s’enfoncer dans sa peau, et elle caressa son plumage délicatement, ce dernier séchant intégralement après le passage de sa main. Elle ne cessa de le caresser, alors, arrangeant quelques plumes de l’animal. Se rappelant soudainement de la présence de son hôte, à qui elle laissa un regard penaud, elle surveilla du coin de l’œil le faucon, qui semblait avoir remarqué le lapin mort. « Désolée. Ce peureux s’est enfui lorsque nous avons rencontré un griffon, un peu plus tôt. Ah ; c’est pour ça que je courais, lorsque je vous ai … Enfin. Le griffon était parti, mais j’ai eu peur qu’il revienne. » Elle eut l’air gênée, et elle laissa reposer le faucon contre son genou replié, l’animal pesant son poids contre son bras. Caressant distraitement les plumes contre sa tête, elle jeta un regard à Priam, curieuse. « Et vous, si je puis me permettre ? Que faites-vous ainsi au milieu des bois ? »

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