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let her go (skandette)

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Parchemin envoyé Mar 21 Juin - 22:18

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Je suis : Dezaia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 18/07/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1249 hiboux. J’incarne : la sublime Sarah Gadon , et l’avatar que je porte a été créé par : © class whore . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : D.M. - P.L - L.G. - Z.S. Je parle en : #996666



Je suis âgé de : vingt-neuf ans (20.01.62) , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Mère au foyer, ex-psychomage, et Médicomage pour l'Ordre du Phénix J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : Je suis mariée avec les Leader de l'Ordre, Skander Lupin. (le 8 juin 1991) Champ Libre :

Maman de quatre enfants (Antigone, Orion, Finlay, Sirius) et belle-mère de Victoire.

Elle a été agressé par un loup quand elle a eu 24 ans et garde de forte séquelles vis à vis de la violence et du sang, la rendant parfois inoffensive ou trop agressive, tout dépens de l'enjeu.

malle

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ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
Only know you love her when you let her go
And you let her go



DÉBUT JUIN 1990 – POUDLARD


- Nuit du 1er Juin 1990 -
La mâchoire crispée par la douleur, le sang qui ruisselle sur son visage, les cheveux roux d’aurore s’entremêlent dans une vague de sanglots, dans une vague de sanglots qu’elle ne parvient pas à retenir. Elle roulée en arrivant dans « la zone ». Cette zone hautement sécurisée à Pré-Au-Lard pour prévenir des mangemrots, des gens indésirables. Mais étaient-elles indésirables les trois cousines Moody ? Pas du tout. Pas du tout. Elle tend la main. Elle la tend vers la main d’ivoire qu’elle distingue entre ses pleurs. Cette main qu’elle s’était promis de guider ce soir, cette main qu’elle avait lâchée un instant. Et c’était la fois de trop, l’unique fois de trop. Finalement, elle se traine jusqu’à elle. Elle s’y traine roule. Pleurant silencieusement. Oui, elle pelure aurore, comme elle n’a jamais pleuré. Parce que c’est sa faute, c’est sa faute à elle si elle est inerte sur le gravier. Elle serre ses doigts, elle les entrelace à la main ivoire encore tiède de sa cousine. Elle est désolée tellement désolé. Finalement, c’est presque un miracle qu’Esme la rejoigne saine et sauve quelques minutes plus tard. Elle est toute proche d’Odette Aurore. Elle est si proche d’elle. Mais elle est si loin la blonde, elle est partie. Définitivement partie. Elle l’a vu. Elle l’a vu tomber, comme une poupée de chiffon dans ce champ de bataille. Ça devait pas se passer comme ça. Une larme tombe sur le visage gelé de la blonde. Une larme rouge du sang qui maculait le visage de la rouquine. Un gémissement. « Oh… Ody. » Un surnom, celui qu’elle ne pourrait plus jamais lui dire. Parce qu’elle ne l’entendait plus. « Putain Ody… » Les mots restent presque bloqués dans sa gorge. Elle a mal à la mâchoire Aurore, mais ce n’est rien en comparaison de la peine qui lui arrache le cœur. Elle relève la tête d’Odette qu’elle ne tombe pas dans le vide, comme si elle ne voulait pas croire à ce qu’elle voyait. Pourtant, c’est la triste réalité. Oui, ses yeux azur de la blonde sont morts, vides de vie. Elle lâche un sanglot Aurore, un de plus. Elle ne pleurait jamais assez. C’était sa faute, sa putain de faute. Et finalement, c’est un cadavre qu’elle serre contre elle alors qu’Esme ferme les yeux de la sorcière. Aurore n’a pas à supporter ça qu’elle lui dit. Mais si, elle doit tout supporter, parce que c’est sa faute, c’est entièrement sa faute. Les premiers agents commencent à arriver autour d’eux. Mot de passe… Elle explose. « J’EN AI RIEN À BRANLER DE V’ TRE MOT DE PASSE ! » Elle est ivre de tristesse, de rage, de culpabilité. Odette, elle ne laissait pas qu’Aurore et Esme derrière elle. Elle laissait deux enfants, elle laissait son père, elle laissait Skander. Parce que tout le monde le savait à Poudlard. Odette, elle laissait des gens qui étaient accros à elle. Et elle avait mal de pas l’avoir protégé suffisamment. Pourtant, c’est un cri de rage qui sort de sa mâchoire fracturée. Puis plus rien, comme si les autres autour venaient de comprendre qu’il y avait un mort. Plus rien. Une plainte. « Putain Ody… C’pas vrai. » Elle caresse la joue de sa cousine Aurore, parce qu’elle a l’impression d’avoir perdu une sœur. Et Esme aussi, elle est triste, mais elle a réussi à passer. Pour aller chercher quelqu’un.

Et puis y avait fallu que des gens arrivent. Qu’ils la voient pleurer. Esme, quand elle est revenue, elle les a fait bouger. « Y’ a rien à voir, cassez-vous ! » Aurore, elle tenait toujours sa cousine dans ses bras, parce qu’elle avait l’impression que si elle la lâchait, elle allait se transformer en poussière d’or et qu’ils pourraient jamais l’enterrer correctement. La rouquine pleure, encore inlassablement et le temps de la calmer, il est peut-être deux heures du matin. Elle ne la lâche pas Odette. Puis on lui demande calmement. « Vous voulez de l’aider pour l’amener au château. » C’était hors de question qu’on l’aide, c’était son fardeau à la rouquine, personne n’avait besoin de l’aider. Elle fait non de la tête, se remettant difficilement sur ses pieds. Et la porte. Comme elle peut, la tête d’Odette contre sa poitrine. Esme vient y mettre un drap. Personne n’avait le droit de voir que c’était elle et dans quel état elle était. C’était hors de question. Puis un pas après l’autre, la mort dans l’âme, le cœur qui bat tellement bas qu’elle pense qu’il va finir par s’arrêter de battre. Elle remonte avec Esme le chemin vers Poudlard. À Pied, Odette dans ses bras. Parfois Esme lui frotte le dos et l’aide à avancer. Elles ont tellement mal les deux dernières cousines Moody. Puis finalement, elle commence à voir les lumières de Poudlard, elle a l’impression qu’elles sont toutes les trois et qu’Odette est qu’endormie. « On est presque rentrée... À la maison. » Comme si elle était agonisante et qu’elle devait tenir le coup. Mais elle était partie la poupée d’ivoire, si bien que dans un pas, sa main tomba raide vers le sol. La gravité elle-même ne voulait pas accorder un moment de répit à Aurore. Tout lui montrait qu’elle était l’auteure de tout ça. Alors que Cassiopeia, l’assassin, elle l’avait prise à partie personnellement Odette, en lui disant qu’elle avait pas à avoir ce cuir sur le dos. Et finalement, c’est là que tout avait commencé, que l’arrêt de mort avait été signé. Parce qu’elle portait pas le bon blouson ou elle ne savait plus quoi Aurore. Ça avait été si vite. Oui, Odette elle s’était bien défendu, elle avait repoussé, une, deux trois attaques. Cinq minutes de temps et la Greyback avait été plus rapides, deux éclairs de morts à la suite, une gerbe d’étincelles et quand l’aveuglement fut passé, Odette était à terre et la rouquine des Greyback, elle riait. Fort, comme une folle même. En disant que c’était bien fait. Et là maintenant, Aurore, elle n’avait plus rien, juste ses yeux pour pleurer. Parce qu’Odette était morte, qu’elle était froide contre elle, que son corps était appelé par la gravité terrestre. Et que la rouquine ne pouvait plus rien y faire, c’était trop tard. « On y est presque. » Esme étouffe un autre sanglot, elle a mal de voir souffrir sa cousine comme ça. Ça lui fait mal de voir Aurore au plus bas. Bercée par l’illusion qu’Odette était encore en vie, alors que c’était définitivement fini cette fois. Cette fois, c’était la fois de trop.

* * *

C’est Marek Lupin que les deux Moody aperçoivent en premier. C’est comme s’il les attendait, tout près de la grille. Il dit rien, juste il les regarde. Un peu figé, un peu inquiet. Les deux rebelles et leur bagage écarlate. Au début, il comprend pas très bien. Mais elles continuent de s’approcher. Toujours plus près. Et là il comprend. La brune, la rousse. Elle est où la blonde ? Alors il s’avance Marek, sort de sa torpeur. Même qu’il se met à courir vers elle, la tête vide. C’est qu’il ose pas penser, Marek. Mais il a pas l’temps d’arriver à leur hauteur que déjà, Aurore elle craque. Se laisse glisser à terre, fait tomber le corps drapé – car maintenant, Marek devine parfaitement les formes humaines sous le linge – et s’met à chialer. Comme ça, violemment. Pourtant les Moody, ça pleure pas. Esme pose délicatement ce qui semble être le haut du corps sur les cailloux gris et rejoint sa cousine. Et elle aussi, elle commence à gémir. Marek, il les a vues partir à trois. Il connaissait leur mission. Il sait c’qui va pas. « Putain putain putain. PUTAAAIN. » Et il s’énerve en arrivant près d’elles. Parce que le corps qui repose sous ce drap, c’est celui d’Odette. Parce qu’elle était pas censée rentrer dans cet état-là, parce que c’est pas possible. Pas elle. Et Skander, il est même pas encore rentré. Finalement Marek, il parvient à se calmer. C’est facile pour lui, suffit juste de prendre un peu de recul vis-à-vis du monde. De faire ralentir les choses, de pas se laisser influencer par l’état des autres. Il pose une main sur l’épaule d’Aurore. « Okay les filles, ça va aller. » Il attrape le corps inanimé au niveau des épaules – y va à tâtons – et soulève le buste. Il sent la tête de la morte qui bascule en arrière. Grimace. « C’est bon, je l’ai. J’m’en occupe, vous venez avec moi. » Son deuxième bras passe sous les jambes de coton, et c’est après avoir soufflé un bon coup, envoyant un peu de son adresse aux deux blessées de guerre, qu’il soulève finalement le corps sans vie d’Odette Moody. « Allez les filles, on rentre à la maison. » Et elles obéissent, l’échine courbée, les joues mouillées de larmes. Se lèvent à leur tour. Elles lui font confiance, le laissent porter ce fardeau qui n’est pas le sien. Pourtant, Marek il est pas si sûr de lui.

* * *

Robb arborait un visage fermé et grave, ne comprenant toujours pas comment il avait pu se laisser entrainer à une réunion de l’Ordre incluant Skander sans tempêter davantage. Du coup, il n’écoutait que d’une oreille, en braquant un regard meurtrier sur le loup-garou. De mauvaise humeur, il l’était indéniablement. Bon, sans doutes pas suffisamment pour priver les jeunes des conseils qu’ils lui demandaient. Après tout, Robb ne voulait pas non plus entrainer l’Ordre vers la défaite juste parce qu’il ne pouvait plus voir en peinture le leader qu’il avait lui-même placé à la tête des Phénix. Quel comble de l’ironie. Soudain, la porte s’ouvrit sur Jonah, provoquant la surprise de tous, Robb le premier, parce qu’il savait que ce n’était pas le genre de garçon à interrompre une réunion importante sans une excellente raison. Un silence gêné et interloqué s’abattit pendant quelques secondes, avant que le Weasley ne prenne la parole : « Excusez-moi, j’ai besoin de parler à Skander et Robb en privé. »  Le Moody fronça les sourcils, très peu habitué à être appelé Robb par Jonah. Ce n’était pas normal du tout. Les autres sorciers finirent par sortir, les laissant seuls dans la pièce. « Qu’est-ce qui se passe ? », grommela-t-il un peu malgré lui, surtout dû au fait qu’il se retrouve quasiment seul avec Skander. Mais Jonah semblait hésitant, n’osant pas les regarder dans les yeux. Il était mal à l’aise, clairement. Et enfin, après une éternité de silence tendu, il laissa tomber ces mots d’une voix tremblante : « Je suis vraiment désolé… Esme, Aurore et… Odette. Elles… Elles ont croisé les Greyback et… » A nouveau, un silence de mort tomba alors que la voix du jeune homme se brisait. Robb sentit ses doigts serrer les accoudoirs de son siège jusqu’au blanchiment de ses jointures. Jonah inspira un bon coup avant de poursuivre. « Odette s’est pris un sort et les filles l’ont ramenée… Elle… Elle a pas survécu. Je suis vraiment désolé. » Ce fut comme si sa chaise se retirait d’un coup et qu’il tombait dans le vide, par dessus la rambarde de la tour d’astronomie. Son cœur s’arrêta. Son cerveau aussi. Sa voix s’étrangla dans un « Quoi ?! » qui ressemblait plus à un gargouillis qu’à un mot. Skander lui, paraissait tout aussi assommé que Robb, mais il sembla reprendre ses esprits plus rapidement et il se leva d’un bond. Jonah parut vouloir lui dire quelque chose mais le Lupin sortit en trombe sans un mot. Quant à Robb… ses jointures blanches avaient viré à encore plus pâle. Il finit par déglutir péniblement avant de déclarer : « J’aurais jamais dû la laisser partir. » Puis il se leva également et quitta précipitamment la pièce, traversa les couloirs du château à grandes enjambées sans prêter attention à quiconque pour enfin débouler dans la bibliothèque où il avait fait son petit nid tout au fond, avec une pile de livres en cours de lecture et d’autres à lire. Une douleur qu’il n’avait que trop bien connue l’envahit et l’étouffa. Il regarda ses mains tremblantes et dans un hurlement de rage mêlé d’amertume et d’affliction, il fit valser les livres de part et d’autre de la table.

* * *

Elle est plus que triste Aurore. Elle ne sait pas vraiment quoi faire, hormis pleurer dans son coin. Elle a si mal. Elle a tellement mal de ne pas avoir pu la porter à la maison jusqu’au bout alors qu’il fallait que ce soit Marek qui l’aide. Elle n’en pouvait plus, elle avait si mal au cœur, jusqu’à ce qu’il arrive à l’autre bout du couloir. Lui, Aries. « Qu'est-ce que t'fous là Lupin ? » C’est tout ce qu’elle sait dire, la colère mêlée à la tristesse. C’est tout ce qu’elle peut dire. Et lui, il arrive comme une furie, parce qu’il est comme un animal blessé en cage. Elle a perdu sa cousine, il a perdu sa meilleure amie. Elle s’en veut Aurore. Pourtant, malgré son caractère habituel, Aurore se laisse faire retourner et  plaqué contre le mur, alors qu’il est hargneux. Méchant, blessée. « Dis-moi. Dis-moi qu'elle n'est pas morte » Elle explique Aurore, pourquoi on vient encore lui demander ça alors que trop de gens les ont vu rentrer avec un drap blanc et des larmes. Pourquoi ?! « Qu'est ce qui te faut de plus qu'un cadavre Putain !? Tu l'as vu ! Tu l'as vu comme tout le monde ! » Elle respira mal la rouquine, elle a tellement mal, tellement mal. Mais Aries, il a mal aussi. Il frappe le mur près de sa tête. Il frappe si fort qu’elle sent l’onde de choc. « TE FOUS PAS DE MOI ! » Et il lui fait mal au bras, alors qu’elle hurla à son tour. « LA GREYBACK A LANCE UN ECLAIR DE MORT ! ET ELLE EST TOMBEE ! TU CROIS QUE JE VOUDRAIS QUE CE SOIT PAS VRAI MOI AUSSI MERDE ! » Puis un craquement sinistre, elle hurle Aurore, il vient de lui péter le bras de colère le Lupin. Elle choisit toujours mal ses amis Odette. « CA T'AMUSE DE MENTIR COMME CA ?! » Mais, elle a trop mal au bras pour lui répondre. Elle a trop mal vraiment trop mal. « ELLE N'EST PAS MORTE ! » Si elle l’était, si elle l’est. Elle est morte ce soir. C’est une Greyback qui l’a tué. Puis, il lâche son bras, il se recule. Murmurant comme une complainte « Elle n'est pas morte » Puis de longues minutes de silence, de calme masqué par une tristesse commune, jusqu’à ce qu’il la repose une main sur sa poitrine. « Et toi qu'est-ce que tu foutais ? HEIN ? Qu'est-ce que TU foutais ? Qu'est-ce que tu foutais quand elle s'est faite buter ? » « C'était facile ? FACILE ? Tu crois qu'on était trois contre trois pour de la merde ! Elle avait le blouson de TON cousin ! C'est lui qui l'a tué putain ! » Oui, c’était Skander qui avait tué Odette, parce que si elle l’avait pas eu ce putain de cuir, elle serait encore en vie là maintenant. « Je tenais ma Greyback ! Et  elle a lancé un protego, ou un putain de sort de déviation. Et y a eu un crac dans la terre derrière elle pi elle est tombée. La Greyback a du relancer le sort aussi vite que le premier. C'est tout. » Il la regarde interdit. « LAISSE SKAND EN DEHORS DE CA ! Comment ça tu penses que le sort l'a manqué ? » Il redemande toujours plus en colère. Toujours plus de colère. « Moody. Est-ce que tu as vu le sort la toucher ? MOODY ? » Mais elle est encore plus en colère que lui Aurore, elle a perdu une cousine une sœur. « Le sortir de ça ? C'EST CE QU'ELLE A DIT CETTE PUTE ! Qu'elle allait la buter parce qu'elle avait quelque chose de Skand comme tu dis merde ! Elle l'aurait pas eu, elle l'aurait pas buté ! » Puis elle sanglote de nouveau, elle est blessée elle aussi. Elle s’en veut de ne pas avoir réussi à la sauver. « J'ai rien vu, j'ai rien vu, j'aurais dû PUTAIN ! Elle est morte comme ça et j'ai rien vu » Et finalement, la conversation s’arrête ici. Parce qu’il recule, en murmurant rien, jusqu’à ce qu’il disparaisse et qu’Aurore se laisse glisser le long du mur.

- 2 Juin 1990 -
Des hurlements, Aurore n’arrivait pas les faire taire, mais c’était des hurlements. Elle n’arrivait pas à les comprendre. Elle n’y arrivait décidément pas. Antigone rouge de colère, rouge à force de pleurer avec vigueur. La tante prend la petite blonde dans ses bras. Elle ne peut pas s’empêcher de pleurer en même temps qu’elle. Quoi qu’on puisse en dire, elle l’avait vu. Elle avait même aidé à la préparation du corps. Elle avait fait tout ça Aurore parce qu’elle se sentait plus que coupable. Parce que c’était comme ça, Odette était morte. Et elle ne pourrait jamais plus revenir en arrière. C’était trop tard. Bientôt une journée et les petits, ils ne comprenaient pas pourquoi ce n’était qu’Aurore ou Louise qui s’occupaient d’eux. D’habitude, c’était Odette qui s’occupait d’eux. Mais là, il n’y avait plus personne qu’Aurore. Robb était dans un état plus que lamentable, Esme tentait d’accuser le coup comme elle le pouvait. Il n’y avait plus qu’elle. La coupable, celle qui l’avait trainé en mission alors qu’elle était arrivée plus que triste, plus qu’en colère plus qu’en rage. Elle n’était pas dans le bon état d’esprit et Odette avait tenu à venir avec elle. Parce qu’elle s’était engagée. Puis soudainement, Aurore berce encore la petite blonde. Si bien qu’elle pourrait presque y voir sa mère, les mêmes cheveux blonds platinent… Elle dépose un baiser sur son crâne alors que c’est un sanglot mêlé à celui du bambin qu’Aurore lâche. Oh, elle s’en veut terriblement elle s’en veut. Elle ne sait pas vraiment comme elle arrive à faire croire qu’elle tient le coup. Puis elle continue de frotter le dos de la petite. « Ça va Antigone, ça va. » Mais non, rien n’allait en vérité, même Aurore savait qu’elle disait ça pour se rassurer elle-même. Elle le disait pour tenter de se dire que tout irait bien, que désormais plus personne ne pourrait faire de mal à Odette. Mais c’était Odette qui lui faisait du mal, elle voyait encore son visage livide, entouré de ses beaux cheveux blonds. Les mains croisées sous sa poitrine. « Ça va Antigone. Tout va bien, Tata est là. » Mais elle était où tata quand maman est morte ? Personne ne saurait le dire. Et Aries lui avait bien fait comprendre… Elle n’avait rien fait pour la protéger. Personne n’avait protégé Odette et aujourd’hui, ce qui restait d’elle, c’était deux enfants qui étaient orphelins à cause d’elle… À cause de la rouquine. À cause d’Aurore Moody.

* * *

Elle était là. Parce qu’on avait décidé de la mettre là. Le bureau de l’infirmerie transformé en une chambre mortuaire. Quelques fleurs achetées par la famille. Il n’y avait rien d’autre qu’une table en bois couverts d’un drap blanc, quelques oreillers pour relever sa tête. Elle était belle Odette. Oui, elle l’était. La beauté n’avait pas été entachée par la mort au contraire, sa peau d’ivoire était encore plus lisse grâce aux sortilèges de beauté. Ses cheveux entourant sa tête d’un doux reflet blanc. La lune était passée par là et ses cheveux avaient pris la couleur de cette dernière. Quand on avait demandé aux Moodys ce qu’elle devait porter. Aurore avait tenu une longue robe noire, souple, le tissu léger. Une robe de Gala. Simplement. Parce qu’elle m’a toujours dit que c’était avec cette robe qu’elle avait rencontré un homme dans a vie. Et je crois que c’était le père des jumeaux. Oui, la robe noire à la ceinture dorée, c’était celle qu’elle portait chez Amanda le soir où elle avait rencontré Adrien. Ceinturé à la taille par une ceinture magique aux feuilles de lierres dorées, un décolleté recouvert de dentelles noires très fines et le bas de la robe évasé. C’était une princesse, blanche neige pourrait avoir une concurrence plus qu’illégale. Pourtant. Personne ne croyait au Prince charmant. Personne. Et pourtant, elle était là, les mains croisées sous sa poitrine, les cheveux autour de son visage. Tout était prévu pour le 5 juin, parce que personne n’arrivait vraiment à y croire que la médicomage ait pu mourir de façon aussi conne. Personne. Maquillée très légèrement, Esme lui avait choisi une couleur de rouge. Un rouge pourpre sombre qui ne faisait que ressortir le blanc de sa peau, le rose de ses pommettes maquillées. Elle était prête à sortir. Sortir une dernière fois. Une dernière fois pour qu’on puisse la conduire dans sa dernière demeure.

- Nuit du 3 Juin 1990 -
La pièce était vide. Enfin. Il y était entré silencieusement, tremblant, et puis il l’avait vue. Odette. Sa meilleure amie. Celle avec qui il n’avait que rarement perdu son sang-froid. Celle qui parvenait toujours à le faire sourire. Celle qui était la plus imbécile parmi les imbéciles. Les sorciers et sorcières avaient défilé, avaient pleuré, puis l’avaient abandonnée. Il était désormais seul, lui et sa large carrure sombre, à observer son corps sans vie. Son corps sans vie qu’il savait vivant. Son corps sans vie qu’il espérait être vivant. Elle était venue le voir, était venue lui parler de cette potion familiale qui disait tuer sans tuer. Un secret, avait-elle dit, elle lui avait fait promettre de ne pas en parler à d’autres, et il lui promit. Il lui avait offert son expertise, lui avait fait promettre de ne pas réaliser une telle potion sans lui. Il ne doutait pas de ses capacités, mais était certain que son propre talent serait mis à l’épreuve face à un breuvage aussi délicat. Était-elle venue le voir ? Non. Avait-elle créé cette potion ? Il l’espérait. Quarante-huit heures. Il avait attendu patiemment, n’avait rien dit, avait été témoin de l’état de son cousin, témoin de ce qu’il savait être le début de la fin. Mais il n’avait rien dit, parce qu’il savait que tout irait mieux une fois le drame passé, que le soleil se lèverait le lendemain matin. Tout comme il savait que la lune avait été pleine la nuit passée. Il ne savait pas ou Skander avait été, il ne l’avait pas vu, il s’était inquiété, puis s’était rendu compte qu’il viendrait à lui, qu’il viendrait à elle. Il était temps. Temps pour elle de se réveiller de sa torpeur. Elle ne bougea pas. Une douce poussière volait dans les airs, visible seulement en raison des rayons de lumière qui traversaient la pièce. Une minute. Puis deux. Puis trois. Le demi-loup était fatigué, faible après la pleine lune qui, bien que moins importante pour lui que pour ses cousins, avait été dure. Elle ne bougea pas. « Odette, » se prit-il à dire. « Odette, lève-toi. » Un ordre, il voulait la voir ouvrir les yeux, qu’il puisse hurler afin de lui faire comprendre à quel point elle avait été inconsciente. Elle ne bougea pas, mais il ne changea pas ses plans. « ODETTE ! » Son pied s’écrasa sur la table sur laquelle reposait son corps sans vie. « LÈVE-TOI PUTAIN ! » Un quart d’heure. « Je te jure que si tu te lèves pas immédiatement, je te tue moi-même ! » Vingt minutes. « Je t’ai dit d’attendre, de me demander. Qu’est-ce que t’as foutu ? Comment tu peux te planter à ce point ?! » Vingt-cinq minutes. « Arrête tes conneries. DEBOUT ! » Il la secouait violemment, a la recherche d’une réaction qu’il ne trouvait pas. « Dis-moi… DIS-MOI QUE T’ES PAS MORTE PUTAIN ! » Elle ne bougea pas. Le Lupin laissa échapper un grognement, un hurlement qui résonna dans toute la pièce. Il devait savoir, il ne pouvait pas avoir vécu ces deux derniers jours prêt à la revoir pour apprendre qu’elle ne se réveillerait jamais. « Je vais aller trouver ta putain de fiole de merde, » dit-il, son doigt tremblant pointé sur son visage paisible. « Si t’es pas debout quand je reviens, tu comprendras ce que c’est que d’être morte ! » Hargneux, il s’éloigna, mais se retourna une fois au pas de la porte, faisant courir une main sur son visage. « Debout… » Murmura-t-il, sentant des larmes lui monter au visage. Il disparut, décidé à trouver la preuve qu’il cherchait afin de montrer au monde que sa meilleure amie, celle qui avait fait battre le cœur de son cousin, était toujours en vie.



HRP: Je voulais dire merci aux joueuses de Aries, Marek, Robb & Jonah pour les passages en italique ♥



This isn't the separation that hurts me
why think separately of this life and the next when one is born from the last.... Time is always too short for those who need it, but for those who love, it lasts forever.


Parchemin envoyé Mer 22 Juin - 2:38

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Je suis : GALLIFREYS, aka Lexie , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 02/08/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1821 hiboux. J’incarne : Oscar - sexy - Isaac , et l’avatar que je porte a été créé par : moi-même, Gallifreys . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Gideon Peverell, Astraea Black, Avia Spdumore. Je parle en : #ff3333



Je suis âgé de : 36 années perdues dans la tourmente de la lune. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Leader de L'Ordre Du Phénix, à plein temps. Je suis un ancien auror et ancien homme de main pour la Main Noire, mais surtout un ancien espion. J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : je suis en couple avec une blonde répondant au nom d'Odette Moody. Champ Libre : ancien alcoolique - ancien auror - leader de l'Ordre du phénix - fumeur - ancien drogué - papa de plein de gamins (Victoire,Orion, Antigone, Finlay, & Sirius)
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ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
"The worst part is that I never told her I loved her. Not once. I was too scared. Too scared that... Somehow, saying it would make it real... And change everything. But now I'll never have a chance to take that next step with her, because she's gone."



3 JUIN 1990 - POUDLARD

Did you say it? 'I love you. I don't ever wanna live without you. You changed my life.' Did you say it? Make a plan. Set a goal. Work toward it. But every now and then look around. Drink it in. 'Cause this is it. It might all be gone tomorrow.

Est-ce que vous les avez dit, ces mots que l'on meurt envie d'entendre mais que l'on craint de prononcer ? Ces mots, ces "je t'aime" qui rendent vivant. Les avez-vous dit ? Il ne faut pas vivre dans le regret, il ne faut pas s'appuyer sur ses acquis, jamais. Il avait fait cette erreur, par deux fois, sans jamais en tirer les leçons.  Il ne savait pas apprendre de ses erreurs, il avait cette fierté mal placé, cette arrogance qui bousillait tout. Il était ainsi, le Loup et L'homme, pas si différent l'un de l'autre. Il avait été incapable de lui dire qu'il l'aimait, incapable d'aller vers elle alors que cela aurait été la solution à leur différent, à leur querelle. S'il avait dit qu'il l'aimait, sans doute serait-elle partie plus apaisée, en harmonie avec elle même. Non, au lieu de cela, il avait dit ces mots qu'il regrettait, ces mots qui faisait un mal de chien à dire mais qui faisait encore plus mal à celle qui les entend. Il avait déblatérer un tapis de mots plus blessant les uns que les autres, alors qu'il aurait suffit de trois mots sincère pour tout réparer, leur cœur, et leur âme. Mais c'était trop tard, son cœur à elle ne battait plus. Sa peau ne serait plus jamais brûlante. Ses yeux ne seraient plus jamais ouvert, ni même pétillant. Il ne pourrait plus jamais entendre son rire. Il ne l'entendrait plus jamais parler, le son mélodieux de sa voix. Non, il ne verrait plus non plus son sourire, il ne goutterait plus jamais à la douceur de ses baisers, à la chaleur de son étreinte. Non. Elle était partie, elle aussi - le laissant face à cette culpabilité, face à ses démons. Ces démons qu'il connait par cœur, ces démons dont il avait réussi à se débarrasser grâce à elle, sa présence, ses paroles, tout l'avait aidé à guérir en elle. Elle l'avait quitté, elle avait quitté ce monde, laissant derrière un océan de chaos. Il ne savait pas s'il survivrait à ce chaos, il ne savait pas s'il voulait y survivre. Depuis qu'elle était morte, son cœur avait manqué un battement. Puis un autre, il déconnait ce putain de palpitant. Les battements incessant lui rappelant qu'il était dans ce monde, alors qu'elle - qui méritait de vivre, pour elle, pour les siens, pour ses enfants - elle n'était plus là désormais. Elle partie, presque quarante huit heur plus tôt, pourtant, il avait l'impression que cela faisait une éternité qu'elle avait quitté ce monde, une éternité qu'elle l'avait laissé, une éternité qu'elle avait rendu son dernier soupire sur le champ de bataille.

"Je ne peux pas vivre sans toi", il aurait dû le lui dire. Combien de fois aurait-il dû lui dire ? Combien de fois aurait-il dû s'ouvrir à elle ? Il ne comptait plus ces choses qu'il voulait maintenant changer, il sentait le poids des regrets, des remords abattre sur lui. Il avait vécu neuf années avec ses regrets et l'image de Ciena qui lui hantait. Elle aussi, il avait sa mort sur la conscience. Il avait eu besoin d'aller travailler plus tôt le jour de la Purge, elle l'avait accompagné et il l'avait conduit à son arrêt de mort. Si elle ne s'était pas trouvé là, elle aurait été bien au chaud chez elle, elle ne serait pas sortie dans ce chaos, et elle serait encore en vie. La brune avait rendu son dernier soupire dans ses bras, et il avait été incapable de lui dire quoi que ce soit alors qu'elle respirait encore. Il avait baiser son front ensanglanté, et avait murmurer un "je t'aime" à bout de souffle, entre deux sanglots. Ces sanglots, rares mais important chez le loup. Il n'était pas émotionnel, ni émotif, il ne laissait pas ses émotions se montrer, jamais. Mais à de rare fois, il perdait le contrôle et laissait s’effondrer ces murs qu'il avait érigé autours de lui. Ces murs qui le tenait hors du monde, qui avaient précipité la fin de leur relation. Cette relation étrange et tumultueuse, quand y songeait maintenant, ol ne regrettait que la dernière partie, il ne regrettait que l'acte final et ces mots "Je suis las de perdre mon temps", comment avait-il pu dire cela. Il avait laissé la bête prendre le contrôle une veille de pleine lune, il avait laissé celle ci prendre le contrôle de ses paroles, comme s'il se fichait de toutes conséquences. Mais il avait tout brisé, il en avait conscience. Chacun ayant leur tort, mais lui ayant la plus grande partie de ceux-ci. Mais il ne pouvait pas vivre sans elle, sans elle ce n'était pas la vie. Sans elle il n'avait pas ce souffle de vie, cette énergie vitale qui irradiait son corps. Il se sentait mort, l'impression cruelle de retomber plus bas que terre. S'il avait réussi à faire le deuil de Ciena grâce à elle, il serait incapable de faire son deuil. Il lui avait fallu des années pour apprendre à aimer Ciena, il lui avait fallut deux rencontres pour qu'Odette devienne essentiel. Il ne s'expliquait la fulgurance de tout cela. Il ne s'expliquait pas la force de ses sentiments. Il ne s'expliquait rien de tout cela - il aurait pu croire qu'il s'agissait simplement du destin, qu'il s'agissait de deux âmes en peine qui avaient réussi à s'apprivoiser. Elle avait réussi à apprivoiser la  bête, réussi à rendre l'homme fidèle, elle l'avait rendu amoureux. Elle avait changé sa vie - le lui avait-il seulement dit ? Le temps avait fait son oeuvre, trop attaché à elle, trop amoureux, trop obsédé - il retomberait dans ses vieux travers, l'alcool, la drogue sans doute, et le reste. Pendant  neuf années, le fantôme de Ciena l'avait hanté,  Odette le hanterait surement jusqu'à la fin de ses jours. Il n'avait rien dit si ce n'était des horreurs, des choses qu'il regrettait.

Si à la mort de Ciena il s'était effondré de chagrin, il s'était effondré car le monde autours de lui c'était écroulé. Tristan et Ciena étaient morts, Bellamy à Azkaban, Beatrix partait en France - et il était resté seul. C'était pour cela qu'il s'était effondré. La nouvelle était tombée une veille de pleine lune pendant une réunion de l'Ordre. Il avait fait face à l'agressivité de Robb Moody non sans un certain sarcasme. La journée avait si mal commencée, qu'il avait l'impression que rien ne pouvait être pire. Rompre avec Odette, brisant toutes ses chances, briser son amitié avec Beatrix, parler à son frère et se rendre compte que le lien était bien plus que rompu. La loi de Murphy s'acharnait sur lui : tout ce qui peut mal tourner va mal tourner. Fataliste, et pourtant si réaliste ; Tout avait mal tourné, absolument tout. Les mots étaient tombés, comme un couperet,   «Odette s’est pris un sort et les filles l’ont ramenée… Elle… Elle a pas survécu. Je suis vraiment désolé.  » Si son monde avait littéralement et physiquement pu s’effondrer.  L’effet aurait été le même. Brutal, violent, inattendu. Aussi énervé fut-il une seconde après elle, tout n’était que secondaire. La gravité défaillante, car il venait de perdre son univers. Il n’a pas de réaction franche, rien. Il est abasourdi par la nouvelle, assis et muet. Comme s’il ne ressentait rien – alors qu’en lui, une tempête émotionnelle grondait. Il était sur le fil, sur cette putain de ligne. Il a envie de hurler, mais sa voix se brise, restant coincé dans sa gorge, aux prises avec un sanglot qui refuse de sortir. Il ne pleure pas, jamais. Il n’hurle pas. Il reste stoïque, d’apparence. Puis, d’un coup, il se lève brutalement. Sans un mot, sans un regard. Il est incapable de croiser le regarde de qui que ce soit. Il sort d’un pas vif, sans un mot. Il ne veut pas parler, il en est incapable, tout restant bloqué, il est même incapable de hurler. Au bout du couloir, il s’arrête, respirant difficilement. Il s’appuie contre le mur, incrédule, sonné. Ce n’est pas réel, tente-il de se répéter pour lui-même. Ce n’est pas vrai putain, ses pensées se bousculent. Il reprend sa course. Cela ne peut être réel pourtant tout semble l’être. L’effroi de Jonah, le cri de détresse de Robb, cette douleur dans sa poitrine, ces larmes qu’il retient sans savoir où il en trouve la force. C’était réel, le cauchemar, la peine. Il connaissait cette douleur, celle de perdre un être cher. Cela semblait être une malédiction récurrente, malsaine : il perdait les femmes de sa vie. Il avait perdu Sofia – sa mère, la première femme de sa vie. Il avait perdu Ciena – son premier amour, la seconde femme de sa vie. Maintenant il perdait celle qui avait rendu tout cela supportable : Odette, la dernière femme de sa vie. Il ne voulait pas d’une autre personne dans sa vie. Il n’était même plus certain de vouloir de sa vie. Elle était partie, emportant avec elle ces rêves, ses espoirs, sa joie, et la lumière. La lumière de son sourire, l’éclat de ses cheveux, cette lueur dans ses yeux azure. La mort, elle avait tout emporté.

Il ne sait pas combien de temps il a mis à parcourir la distance qui l’avait conduit en ces lieux. Il aurait dû courir pour aller la voir. Il aurait dû. Mais en chemin, il s’est arrêté net alors qu’il approchait d’elle. Encore lointaine. Des cris, une discussion houleuse. Des voix en peines, tout comme des âmes en peine. Il était a l’angle du couloir et se figea. C’est la voix d’Aurore Moody, la cousine de la blonde – défunte blonde. Ces mots, défunte, ne passent pas.  « C'était facile ? FACILE ? Tu crois qu'on était trois contre trois pour de la merde ! Elle avait le blouson de TON cousin ! C'est lui qui l'a tué putain ! » Son cœur semble rater plusieurs battements. Son blouson ? Il s’en était rendu compte quand il avait voulu l’enfiler, trop petit pour lui. Elle avait pris le sien, en colère, et sans doute brisé par ses dernières paroles. « Je suis las de perdre mon temps. » Une boule au creux de son ventre, un sanglot au fond de sa gorge. Comment pouvait-il avoir dit ça.  « Je tenais ma Greyback ! Et  elle a lancé un protego, ou un putain de sort de déviation. Et y a eu un crac dans la terre derrière elle pi elle est tombée. La Greyback a du relancer le sort aussi vite que le premier. C'est tout. »  Il ne retient que le nom de Greyback – c’est tout ce qu’il y a retenir. Greyback. La Greyback – ce qui ne laissait pas mille option. Vega, Cassiopeia, Priam ou Nyx. Cela ne pouvait clairement pas être la première, cette fille travaillait à la Main Noire et semblait se tenir loin des traditions familiales. Cassiopeia en revanche avait le profil parfait : loup garou, folle, sanguinaire, instable. Tout comme Priam, cette petite louve si peu sûre d’elle et fragile – si c’est Priam, il finit de briser son être, elle était importante, différemment mais importante. Et enfin Nyx, il ne pouvait pas la juger, mais il se doutait qu’elle était comme eux : comme Cassiopeia, comme Priam et comme lui, il l’avait croisé une fois, et avait vu la lueur de la lune brillé dans ses yeux. Enfin, il l’avait croisé une veille de pleine lune, pour un loup les signes sont évidents. C’était de sa faute. La faute à son blouson. Sa putain de faute. « LAISSE SKAND EN DEHORS DE CA ! Comment ça tu penses que le sort l'a manqué ? » La voix d’Aries, hors de lui, à bout de nerf. Il connaissait le lien qui l’unissait à Odette. C’était comme si Skander perdait son cousin, son presque frère, son meilleur ami. Il n’osait pas imaginer. Il connaissait la douleur, il la vivait à cet instant. Il voulut hurler à Aries de se taire, donner raison à Aurore. Tout était de sa faute. Il avait mis Odette dans un état impropre à aller en mission, et il l’avait laissé partir. « Le sortir de ça ? C'EST CE QU'ELLE A DIT CETTE PUTE ! Qu'elle allait la buter parce qu'elle avait quelque chose de Skand comme tu dis merde ! Elle l'aurait pas eu, elle l'aurait pas buté ! »  Il fait un pas en arrière. L’auteur, l’assassin, le monstre semblait alors tout désigné. L’infâme Cassiopeia Greyback. Son monde se dérobbe sous ses pieds, et il manque d’en perdre l’équilibre. Il recule alors, finissant par faire demi-tour. Il serre les poings comme si cela pouvait servir à quelque chose. Comme si la colère, la peine et la souffrance allaient disparaitre aussi facilement. Il rebrousse chemin, incapable d’aller la voir. Skander ne voulait pas voir sa peau douce et immaculé devenir froide et encore plus pâle. Il ne voulait pas voir ses orbites closes. Il en était incapable. Alors, il gravit les marches, et ouvre la porte s’arrêtant nette. Tout lui revient en mémoire. Le bon, l’excellent et le mauvais.

Sans cœur, salopard, connard arrogant, fils de pute, bâtard. C’est toutes ces insultes qui lui arrivent en pleine face, celles qu’il mérite. C’était ainsi qu’il se sentait : le pire des connards. Les mots de Beatrix résonnent encore, les mots de Ciena. Il était ainsi, il avait toujours été ainsi, incapable de voir ce qu’il avait entre ses mains. C’était le cœur d’Odette qu’il avait eu au creux de celle-ci, mais énervé par ces reproches, hors de lui à cause de Beatrix, et bouleversé par la lune qui bientôt serait pleine, il avait perdu pied. Il y a les mots qu’on ne dit pas, ces mots que l’on dit puis qu’on regrette d’avoir, et enfin les mots que l’on regrette de ne pas avoir dit. Il avait tant de chose à lui dire, il était incapable de laisser parler son âme, et son cœur, endoloris par la douleur fugace et lancinante de l’astre lunaire. Il ferma alors la porte derrière lui, sa main tremblait de rage. Il y avait encore la chaise renversé, et le blouson d’Odette juste à côté. Ce putain de blouson. S’il n’avait pas renversé la chaise, aurait-elle pris son blouson à elle, ou le sien. Les conséquences d’un si petit détail, l’effet papillon. Il s’approche de la chaise, se penchant pour la relever. Mais ses mains ne répondent plus à son esprit, c’est sa colère et sa rage qui en sont devenue maître. Il l’attrape, la lève et la jette dans la pièce. Usant de la force de ce loup qui demain éclaterait sous les rayons de la lune, plus désespéré que jamais. La chaise rencontre alors la table, cette putain de table où gît tout ce qu’il a perdu. Secoué, les photos se couchent, tombent par terre. La boite à bijoux de Sofia tombe elle aussi, renversant des perles et des breloques. Il fait un pas vers cet autel de la mort. Ils étaient tous morts ou presque. Sa mère, Tristan, Ciena. Et il avait perdu les autres, Bellamy avec qui l’amitié s’était  perdue dans les méandres obscures d’Azkaban, Beatrix qu’il venait de perdre par sa connerie mais aussi par celle de la sorcière, il y avait cette fille aux côtés de Bellamy, Emma – celle qui avait quitté le monde magique au lendemain de la Purge. C’était peut-être cette fille qui avait eu raison : quitter le navire avant qu’il ne sombre corps et âme, quitter la navire avant de sombrer avec. Mais il n’a rien d’Odette, absolument rien, ses souvenirs et ses yeux pour pleurer. Il sent la bête en sommeil qui se réveille, comme alimenté par cette peine qui lui fend le cœur, qui lui oppresse la poitrine. Cette boule au ventre qui ne cesse de grossir. Cette rage qu’il est incapable de laisser sortir complètement. Il perd pied. D’un geste sec, tout ce qui était la table vole sur le sol. Les photos, les cadres se brisent, le bric à brac de livre tombe sur le sol. Rien ne résiste à sa force. Il recule alors, donnant un coup de pied contre la marche de l’amphithéâtre. Il laisse un hurlement de colère, et de peine s’échapper. Un râle de détresse sans doute. Ses jambes cessent alors de la porter, elles tremblent de rare. Il cherche brièvement de quoi s’appuyer, puis se retrouve assit, sur le dos à l’une des marches. Il ne pleure jamais, ce n’est pas pour lui se plaisait-il à dire. Il se souvenait n’avoir pleuré que peu de fois. A la mort de sa mère, à celle de Ciena. Cette pression au fond de sa gorge, ce sanglot qu’il retient, qu’il tente de retenir se libère enfin. Des larmes coulent sur ses joues, il a l’impression de les avoir retenus trop longtemps, comme s’il avait attendu la solitude pour s’ouvrir. Il ne laissait jamais sa garde faiblir – c’était ça le problème. Il essuie ses larmes avec un revers de la main, mais le flot ne cesse pas. Il pose une main tremblante au sol, pour garder son équilibre, pour rester assit. Entre ses doigts se glisse un objet. Il baisse ses yeux embrumés par les larmes, et voit le collier de la sorcière. « Moi jte donne ma clé. À toi d’voir si tu voudras me donner la tienne. » Il l’attrape alors, relevant sa main pour l’observer. La clef de son jardin secret. Il ferme les yeux, et laisse échapper un lourd et long sanglot. Tout est gâché, tout est fichu, il avait cette clef mais ne pourrait plus jamais rien en faire ; cette chance manquée, cette vie brisé. Il enfouit son visage dans ses mains, sans le lâcher. C’était ce qu’il avait d’elle, ce qui lui restait. C’était la seule chose qui lui restait.

Le chagrin et la peine, il ne sait pas depuis combien de temps, il est assis, son visage entre ses mains. Le temps était son ennemis, mais maintenant est-ce que cela changeait quoi que ce soit à cette foutue existence. Elle n’est partie que depuis peu de temps, il y a déjà ce vide qui l’habite. Cette culpabilité, cette colère et cette haine. La haine pour lui-même, mais aussi pour la responsable de tout cela. Cela ne pouvait être qu’elle, ça lui ressemblait tellement. Cassiopeia Greyback – ou la plus belle erreur de sa vie. Quelle idée de sympathiser avec elle dès le premier soir. Elle ne l’avait jamais lâché, devenant l’ombre de la mort qui planait sur sa vie. Instable et folle, il aurait du se méfier d’elle, ne jamais répondre à ses avances ou à ses baisers. L’impétueux jeune sorcier lui avait brisé le cœur, mais elle était restée amouraché de lui, toute sa vie. Cette vie qu’elle ne méritait. Alors même qu’il était amnésique, elle lui avait fait croire qu’il avait tué Ciena comme pour ramasser les morceaux et de modeler à sa façon. Elle lui donna des détails de la mort de la brune, détails qui à son réveil avaient causé un déclic : c’était elle qui l’avait tuée. La voilà qui prenait l’être cher de sa vie, cette femme qu’il aimait plus que de raison. Elle le lui prenait, jalouse, folle, cinglé – monstrueuse. Il parvint à calmer ses sanglots, le collier de la défunte élue entre ses doigts. Il avait brisé son cœur, il ne voulait pas briser ce souvenir. Sa respiration est saccadée, haletante. Greyback – ce nom résonne dans sa mémoire. Les pièces s’assemblent. Ce crime ne pouvait rester impuni, soudain ses responsabilités, le prix sur sa tête, les convenances, les règles, les lois : tout devenait superflu. Il n’y avait que la revanche nécessaire. Ce besoin de la savoir morte à son tour, comme si le cadavre de la louve à ses pieds lui apporterait du réconfort. C’était beau d’y croire. Cependant, c’était bien loin de la réalité. Il a passé la journée suivante à la chercher, quittant le château sans prévenir qui que ce soit, seul. Bien sûr, c’était stupide, débile, bestial même. Mais c’était ce qu’il était. Un abruti fini, un monstre, un débile. Un homme au cœur brisé.

(...)

Quarante et une heure pour la retrouver. La confrontation avait été brutale. Mais il n’avait tiré aucune satisfaction du sort de la louve ; rien. Cela n’avait pas amoindrie la peine, au contraire – il se sentait encore plus impuissant. Il s’était retrouvé à genoux dans la ruelle, couvert de son sang et du sien mêlé. Il y avait la douleur morale associé à la douleur physique. Son épaule en sang, son avant-bras aussi. Il a sa baguette en main. Il est incapable de se relever, sentant les images valser devant ses yeux. La douleur intense et insupportable d’être en vie. Il peut mourir ici, ça n’avait finalement aucune espèce d’importance. Il ne serait jamais en paix avec ça, jamais en paix avec lui-même. Comment pourrait-il être en paix avec lui-même ? Quand il jette un regard sur son existence, il ne voit que le chaos, le désordre et la monstruosité de ses actes. Il se sent tomber, alors, une main se pose sur son épaule. « Tu vas pas crever maintenant, bordel ! » Cette voix insupportable. C’est la dernière chose dont il se souvient. Circée Rackharrow. La rencontre imprévue. Elle lui devait sa destruction, elle lui devait sa survie, maintenant il lui devait la sienne. Il se sentit transplaner avant de perdre connaissance. Des nuits sans rêve, sans cauchemar. Il se réveille une heure plus tard à l’infirmerie de Poudlard. C’était l’un des pires jours de sa vie. Son état  n’était pas enviable. La pleine lune de la veille l’avait épuisé, il ne se débarrassait pas de cette sorte de gueule de bois. Cette peine, et cette douleur omniprésentes lui rappelait que rien de tout ceci n’était un mauvais rêve. Rien du tout. Tout était réel : la mort d’Odette, celle du monstre. Tout. C’était insupportable. Il vit Gabrielle venir à ses côtés, inspectant ses pansements et ses blessures. Il croise son regard une seconde avant de le fuir. Il n’est dans l’état de n’entendre aucun reproche, aucun sermon, rien. Son regard fuit, se posant sur le sorcier autrefois assis, et maintenant debout qui était à son chevet. Il savait que c’était à lui qu’il devait sa survie, par procuration, il savait que c’était pour cela que Circée avait retourné sa veste, qu’elle avait repoussé l’apât du gain de sa capture. Pour Lothar. Il était son frère. Il croise son regard, il est incapable de retenir ses larmes. Incapable. Il éclate en sanglot, mais c’est Lothar ce frère qu’il avait cru avoir perdu à jamais qui fait ce qu’ils ne font jamais. Il le prend dans ses bras, muet. Ce n’était pas une coutume chez eux de se prendre dans les bras, il n’était pas coutume de dire ce que l’on ressent, ce n’était pas dans les mœurs de parler d’amour. Pourtant, c’était le ciment familial : l’amour d’un frère. C’était ce qu’il lui restait : sa famille. Ou ce qu’il en restait. Il se sentait incomplet depuis qu’elle n’était plus là, un vide immense dans sa poitrine. Le pire jour lorsque l’on aime quelqu’un, c’est ce putain de de jour où on le perd. Mais ce que l’on ne vous dit pas que c’est que la suite n’est ni apaisante, ni agréable, il y a toujours cette sensation que jamais on ne trouvera la paix. Il en muet, silencieux, tout comme son frère. La seule dont il avait besoin, personne ne pouvait lui offrir. Il voulait une chance de la voir sourire. Une chimère, une de plus.

Le bras en écharpe, le cœur en miette, ses émotions en boule. La nuit est tombé sur le château, et les couloirs sont silencieux, trop à son goût. Chaque blessé rendait l’atmosphère électrique, chaque mort rendait cet endroit morne. Le silence est retombé dans l’infirmerie. Il est assis sur le bord de son lit, un t-shirt, un jeans. Ses pieds nus. Du repos lui avait dit Gabrielle, le temps de laisser à son bras le temps de guérir, la blessure avait été profond. Mais il ne pouvait pas rester ici, passer cette nuit à fixer le plafond car il était incapable de fermer les yeux sans l’imaginer morte. Il devait cesser de l’imaginer : il devait y faire face. Elle est dans la pièce voisine, ce bureau transformé en chambre mortuaire. Sa gorge est nouée, il trouve pourtant la force de se lever. Face à la porte, l’actionne sans grande conviction. Il savait que tout ci était réel. Il la voit, étendue. Il aurait presque pu croire qu’elle était endormie depuis deux jours, son teint n’avait pas perdu de son éclat, ni même ses cheveux : même morte, elle restait magnifique. « Tu es si belle », il avait envie de répèter ces mots. Il étouffe un sanglot, faisant un pas vers elle. Magnifique, vêtue d’une belle robe. Sublime, ses mains délicates croisées, comme elle avait si souvent l’habitude de le faire. Il l’avait remarqué. Il ne connaissait pas tout d’elle, mais avait l’impression d’en avoir su assez pour savoir qu’il avait compté pour elle, qu’elle l’avait aimé. que lui avait-il apporté en retour ? De chagrin, de la peine, des tourments et la mort. Il n’ose pas s’approcher, comme s’il avait peur de faire plus de mal qu’il n’en avait déjà fait. Il réalise qu’il ne peut rien faire de plus, qu’il ne peut pas briser d’avantage le cœur de cette femme, qu’il ne peut pas causer plus de tort. Son bras gauche en écharpe, il lève sa main droite pour effleurer sa joue glacée. Ce contact électrique et dérangeant, comme un rappel brutal à la réalité. Elle était partie. Plus il s’approche d’elle, plus il voit le vide grandir en lui, il prenait la mesure de tout cela, la mesure du vide qu’elle allait laisser. En l’espace de si peu de temps, elle avait abattue ses murs, et ses barrières. Ses doigts effleurent sa joue, il laisse alors échapper quelques mots. « Je suis désolé. » Ses mots se perdent dans un sanglot. Il n’aime pas pleurer mais face à elle, il est à nu. S’il avait été incapable de dire quoi que ce soit de son vivant, il avait besoin de lui dire ces mots. Ces mots que l’on regrette de ne pas avoir dit. Ces mots que l’on ne pourra jamais dire.

C’était à peine s’il peut tenir debout. Mais il se doit être là, lui qui depuis deux jour fuit ce corps sans vie. C’était la réalité désormais – il n’en voulait pourtant pas. Il savait déjà qu’il allait devoir retourner à ses vieux démons pour rendre cette réalité faussement plus supportable. L’alcool atténuait ses sens, la drogie lui permettait d’oublier. Il se fichait du reste, l’Ordre, la guerre – ça n’avait plus d’importance. Elle lui filait entre les doigts la belle Odette – sublimée par la mort. Un ange, une princesse prête à faire l’ultime voyage.  « Je suis tellement désolé. » Répète-t-il, cherchant de sa main encore valide les siennes, glacée. Il les attrape, les serres de toutes ses forces. Il retient un sanglot. Il n’y a personne pour le voir dans cet état, pas même elle. Elle aurait vu ce cœur qui battait pour elle, cet amour qui lui avait perdre la raison. Il avait tué deux fois pour elle : la première fois il avait compris qu’il l’aimait, la seconde fois il réalisait qu’il la perdait. « J’ai pas pour habitude de parler aux… » Morts. Ce mot ne sort pas, il n’arrive pas à le dire à haute voix. « Comment va ta copine ? Toujours morte », les mots de la louve l’avait rendu furieux, lui avait fait perdre le contrôle. Elle était morte, il le savait. C’était sous ses yeux, son corps dépourvu de vie. Pourtant, elle semblait étrangement sereine. Il ne lui restait plus que la peine des vivants, elle était en paix dans la mort, rejoignant ceux qu’elle avait perdu, sa mère, le père de ses enfants. Il s’était souvent dit qu’il n’y avait que dans la mort qu’il trouverait la paix, aux côtés de sa mère, et de Ciena. Il avait cru que c’était sa seule échappatoire, incapable de sauter le pas, jusqu’à ce qu’elle entre dans sa vie. Dernièrement, comme un phare au milieu de la nuit pour guider son âme en perdition sur les flots de la vie. Il a sa main dans la sienne, glacée comme l’enfer, « Mais je dois le faire. Je dois… » Sa voix  est faible, il ravale un sanglot. Ses yeux sont embrumés par les larmes silencieuses, « Je dois… » Il est incapable de finir cette phrase – je dois te parler, il n’arrive pas à sortir tous les mots. Il a tant de chose à dire, il sait qu’il a tout le temps devant lui, car elle ne va pas l’interrompre, elle ne pas bouger, ni ouvrir les yeux, non. Puisqu’elle est morte. La douleur ne cesse pas, il a même l’impression que rester à ses côtés rend la chose encore pire. Il enlace ses doigts avec les siens. Il a besoin d’elle, il a tellement besoin d’elle. « Je peux pas croire que tu sois partie que tu… » Que tu sois morte, il n’arrive pas à prononcer ces mots. Il a peur du pouvoir des mots, comme si ça allait rendre la réalité encore plus réelle. Il a toujours craint ses mots, comme si dire je t’aime allait rendre la chose réelle : il avait toujours eu peur de ce que ces mots impliquait, un amour réciproque et unique. C’était c qu’on lui avait toujours raconté. Il tient à peine debout, et lâche ses mains un instant, pour tirer la chaise. La lune la rendu faible, elle l’a rendu faible. Il s’assoie alors, reprenant sa main. Réchauffé par les siennes. Il dit alors à mi-voix, « S’il te plait, dis-moi que c'est un mensonge et réveilles-toi. » Il éclate alors en sanglot, baissant la tête, incapable de la regarder, « Je t’en supplie. » Il laissait ses larmes couler. Il a besoin de laisser cette peine s’échapper et lui glisser entre les doigts. Il n’y avait personne pour voir le spectacle. Derrière l’homme fort se cache tellement de fêlure qu’il était incapable de guérir. Odette laisserait un trou béant dans sa poitrine, sans sa vie. Il relève la tête, dégageant alors son bras blessé pour caresser sa joue, murmurant pour elle, « Je ne peux pas… Je sais que je ne peux pas vivre sans toi. » Il aurait dû lui dire. « Tu as apporté… » Du bonheur, de la lumière, de la joie, de l’amour, de la tendresse. C’était ce qu’elle lui avait apporté. Il laisse échapper un rire nerveux entre deux sanglots, comme s’il se sentait ridicule de lui parler ainsi, elle ne l’entendrait jamais, « Tu as changé ma vie, putain. Tu l’as transformé. Tu l’as rendue supportable. » A ses mots, il laisse un nouveau sanglot le traverser, puis se calme. « Je croyais être capable… » il marque une pause. « …d’être digne de toi. » Il avait cru un instant en entre digne. Un instant, une illusion. « Mais j’ai échoué, I failed you. » Il murmure alors, « Je suis désolé. » Il ferme ses yeux un instant. Il cherche un calme qu’il ne trouve pas. Il a déjà perdu le contrôle de toute façon. Il dégage sa main de sa joue et cherche dans la poche ce collier qu’elle a laissé derrière elle. Il grimace en l’approchant de sa main, il dégage alors ses doigts pour y mettre le dernier souvenir qu’il avait d’elle. Ce collier qui comptait pour elle, la clef de ce jardin secret. Il regrettait tellement. Il renferme ses doigts autours du collier, et les entoure de ses mains, il refuse de la lâcher, « Je réalise que je voulais passer ma vie avec toi, que cette promesse que je t’ai faite, je voulais… » Passer le restant de mes jours avec toi, être le père de tes enfants. « Je suis désolé, je ne pensais pas un seul de mes mots, je… »Il serre ses mains, et les embrasses. Un doux baiser. Il ferme ses yeux. Il n’arrive pas à la lâcher. Il a besoin d’elle, il l’aime tellement que s’était presque ridicule. Ridicule de tomber amoureux d’une femme aussi rapidement. Il se souvint alors d’une phrase de sa mère alors qu’ils étaient en vacances dans le sud de la France, cette fois où elle avait charrié son fils sur une petite fille qui semblait s’intéresser à lui. « Ne t’inquiète pas Mio Tresoro, quand tu trouveras la bonne personne, ton monde cessera alors de tourner, et elle deviendra ton monde. » C’était tellement vrai, des années après sa mort Sofia Lupin lui donnait encore des leçons de vie. Il ouvre les yeux, et murmure, « Je t’aime. » C’était la première fois qu’il le lui disait. Cela semblait si facile de le dire. Trois pauvres petits mots, et elle ne les entendrait jamais. « Je t’aime tellement. » Ajoute-t-il. Il ne lâchait pas ses mains, il ne pourrait jamais la lâcher, il resterait là jusqu’à ce qu’ils l’emportent. Il avait passé deux jours loin d’elle, il ne pouvait plus être loin, aussi loin soit-elle, son corps, son collier, c’était tout ce qui le rattachait à ce monde. Car son monde c’était elle. Il baisse les yeux, baisant une fois encore ses mains. Il se relève un peu, et se penche vers son visage, déposant un baiser sur ses lèvres, il les effleure, murmurant alors de son souffle chaud sur sa peau gelée, « Je t’aime. » Il se rassoit alors, rattrapant ses mains. Déterminé à rester ici, l’éternité s’il le fallait, car c’était le temps qu’il lui faudrait pour oublier. Mais il s’en savait incapable.  Elle était son monde, et son monde s’était écroulé, sans elle.


It's good to be king like a conqueror

I can feel the weight, I can feel the weight of the world.I can feel the pressure, I know the pain and the hurt[...]I will not run when destiny comes, It's good to be king

Parchemin envoyé Mer 22 Juin - 19:07

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Je suis : Dezaia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 18/07/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1249 hiboux. J’incarne : la sublime Sarah Gadon , et l’avatar que je porte a été créé par : © class whore . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : D.M. - P.L - L.G. - Z.S. Je parle en : #996666



Je suis âgé de : vingt-neuf ans (20.01.62) , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Mère au foyer, ex-psychomage, et Médicomage pour l'Ordre du Phénix J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : Je suis mariée avec les Leader de l'Ordre, Skander Lupin. (le 8 juin 1991) Champ Libre :

Maman de quatre enfants (Antigone, Orion, Finlay, Sirius) et belle-mère de Victoire.

Elle a été agressé par un loup quand elle a eu 24 ans et garde de forte séquelles vis à vis de la violence et du sang, la rendant parfois inoffensive ou trop agressive, tout dépens de l'enjeu.

malle

Dossiers du ministère
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raise your wand
 
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ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
Only know you love her when you let her go
And you let her go



3 JUIN 1990 – POUDLARD

Court. Court. C’était ce que lui avait dit sa tête. C’était ce que lui avait dit le monstre qui lui promettait la mort qu’elle méritait. Son seul crime ? Celui d’être une Moody. Sa naissance était un crime, puis après il y a en avait un second qui s’était ajouté la liste des crimes qu’elle avait commis. Court. Court. Lui avait conseillé la Greyback comme un avertissement. Et elle l’avait écouté, elle avait couru, mais la rouquine du clan opposée ne s’était pas arrêtée derrière elle. Non, les sorts allaient et venaient dans son dos. Parfois elle en déviait certains. Pourquoi tu portes ça ? Avait-elle demandé. Pourquoi avait-elle sur les épaules la veste de l’homme qu’elle aimait le plus au monde ? Parce qu’elle s’était simplement trompée. Elle n’avait pas pris la sienne. Elle s’était en nage dans un cuir trop grand qui coupait ses mouvements. Elle était un lièvre sur le champ de bataille que les deux trios avaient créé. Elle ne se doutait pas Odette que la mission serait un échec, qu’elle rentrerait sans cette famille. Pourtant, elle s’était arrêtée de courir. Un sort puis un second. Des sorts d’Auror que Papa lui avait appris. Cours encore. Lui avait hurlé sa tête, mais la blonde laissait les sorts sortir de la baguette, contrant ceux d’une Greyback en colère, soif de jalousie. Elle n’en avait donc jamais assez ? Jamais. Puis un sort d’explosion rend le sol meuble sous ses pieds. Le terrain est glissant. Son sac au sol. Court. Annonce la Greyback. Si la rouquine avait peu avoir une faux ou le spectre de la mort à ses côtés, elle aurait couru. Mais elle reste accroupie Odette. Endoloris. Voilà ce que la blonde lance sur la Greyback. Un sort impardonnable, parce qu’elle a assez de rage pour le faire ce soir-là. Parce qu’elle peut encore dire qu’elle n’est pas dans le bon état pour sa survie. La fiole. Elle regarde le liquide violâtre apparaître comme une solution inespérée. Attendre le bon moment, c’était ce qu’elle avait de mieux à faire. Sa main se tend alors qu’un autre sort atterrit sur sa cuisse. Elle ne pouvait plus courir. Mais dans la violence des mouvements, elle se retourne. Avale. S’ordonne-t-elle. Plus vite. Cinq centilitres n’ont jamais été aussi longs de sa vie même s’ils avaient le gout de la mûre qu’elle aimait tant. Une gorgée. Voilà. Quand elle est relevée par Aurore. Odette sait, elle sait que le temps est désormais compté. Que cette fois, ils allaient devoir concéder une victoire. On s’en va. Dit-elle à Aurore. Jamais. Réponds cette dernière. Puis un sort de mort les frôle. Elles doivent partir maintenant. De suite. Et le second sort de mort. Quatre minutes. Court. Puis malgré la douleur, elle se remet en marche, attirant les éclairs meurtriers de l’aîné d’Hector. Elle sauve comme elle peut ses deux cousines qui lui hurlent de revenir vers elle. Trois minutes. Elle se sent faiblir, l’air ayant du mal à aller jusqu’à ses poumons en demandant toujours plus. Elle s’arrête. Un sort d’explosion, un autre. Deux minutes. Protego. Elle allait encore devoir tenir trop de temps. Mais les éclairs de morts de la Greyback étaient une bénédiction. Tout serait plus réel. C’est elle qui hurle à ses deux cousines : Partez ! Une minute. La dernière volonté comme dirait certaines personnes. Elle ne pensait pas vraiment à ce qu’elle aurait pu dire à ce moment-là. Je t’aime. C’est tout ce qu’elle dit en tentant de sentir le parfum de la veste qu’elle avait sur le dos. Deux tirs croisés. Des gerbes d’étincelles, l’aveuglement. Et une poupée de chiffon. Un râle de peine, des rires hystériques. Elle croit qu’elle a gagné Greyback, mais elle ne perd rien pour attendre. Rien du tout.

Trois gouttes d’essence de belladone. La base qui s’ajoute au reste. L’empoissonnement. Elle s’était sentie mourir. C’était sans doute la pire des sensations. Cinq minutes pour mourir. Cinq minutes mêlés à une adrénaline de ne pas se prendre un vrai sort de mort. Elle avait passé des nuits sur ce breuvage Odette. Des nuits et des jours parfois. Mais qui savait qu’il existait. Elle, Aries et Mélusine Wilkes. Cette sorcière qui avait sauvé beaucoup de ses pairs durant des jours sombres pour la magie. Mais elle s’était sentie partir. Pas de son âme non, rien de tout cela ne devait quitter son corps. Tout serait comme avant dans quarante-huit petites heures. Et dans le fond, elle espérait qu’Aries rompe son serment. Qu’il en parle malgré lui. Parce qu’elle n’avait pas eu le temps de dire quoi que ce soit à Aurore, parce que rien n’avait eu le temps d’être dit. Des non-dits encore et encore. Éviter la mort avait été primordiale. Et pour cela, elle avait décidé de se la donner. Parce que jamais de sa vie, la mort ne l’avait prise. Jamais la mort n’avait décidé de la prendre et Odette avait toujours choisi comment elle décidait mourir. Aujourd’hui ne faisait pas exception à la règle. Elle allait mourir, parce qu’elle l’avait décidé. Et personne ne lui enlevait ce choix. Les jambes lourdes, le corps lourd même. De nombreuses fois en cinq minutes elle aurait pu s’écrouler tant il était difficile de se traîner. Mais elle avait tenu le choc, jusqu’au dernier tri croisé des deux mangemortes. Deux sortilèges qui s’étaient rencontrés tout près, rendant aveugles quelques secondes les protagonistes. Et elle était tombée. Manquant d’air. Elle s’étouffait aussi vite qu’elle s’endormait. Une expression horrible restante sur son visage. Elle sentait son cœur cesser de battre puis elle s’était endormie avant ça. Mélange astucieux du poison et d’un filtre de sommeil. Le sommeil salvateur dont le corps allait avoir besoin pour combattre la belladone. Rien que trois gouttes pouvaient tuer quelqu’un si elles étaient utilisées seules. Le mélange dans un filtre les rendait plus lentes à l’action. Et c’est ce qui lui avait permis de mourir correctement. C’est ce qui avait donné l’illusion parfaite qu’elle était morte d’un sort perdu. Elle n’entendait pas. Elle ne voyait pas. Elle ne sentait pas. Elle était morte. Tout simplement. Morte comme on pouvait le croire. Mais il n’y avait rien qui l’attendait de l’autre côté. Ni Paradis, ni enfers. Juste le sommeil, puis l’enfermement dans sa propre tête. Elle allait devoir subir plus qu’elle ne le pensait. Elle ne se doutait pas du mauvais dosage de belladone, trois trop grosses gouttes qui allaient prolonger l’agonie de quarante-cinq minutes. Des minutes instables. Même si l’Ortie et le pouvoir salvateur des diverses fleurs blanches l’apaisaient, Odette serait morte pour les autres. Elle serait dans une sorte de microcoma pour elle-même. Jamais, elle n’avait testé cela sur autre chose que des strangulots. Elle ne savait pas… Comment elle allait se réveiller, dans quel état elle allait être. Toutes ces questions qui pourraient venir dans sa tête. Tout cela, mais pour l’instant, elle n’était rien de plus qu’un cadavre, recouvert de boues, de pleurs et de sang. Morte au combat, quel honneur pour elle. Pour sa famille. Mais elle les endeuillait sans avoir pu leur avouer quoi que ce soit. Si elle avait pu, elle l’aurait fait, mais Aurore n’avait pas voulu reculer, fuir le combat. Elle n’avait rien pu dire la Moody. Et elle ne pouvait qu’imaginer le résultat funeste de ce non-dit. Elle ne pouvait que l’imaginer.

Mais elle n’avait pas eu le temps de quoi que ce soit. Elle était froide. Sans vie. Mais elle aurait voulu penser que cela n’était qu’un au revoir. Jamais un adieu. Elle était si frêle, si fragile. Même morte c’est ce qu’on pouvait constater cette fatalité. Mais elle ne sentait pas les pleurs, ni les étreintes d’Aurore complètement meurtrie, elle ne se doutait pas de tout. De tout ce qui se passait autour d’elle. Les muscles raides, le cœur qui ne bat pas. Ce cœur qu’on pense incapable de battre à nouveau parce que la dure fatalité est en face de vous. A-t-elle un jour parlé de ça à quelqu’un d’autre qu’Aries ? Non. Voulait-elle le faire ? Pas vraiment. Mais elle se souvenait de sa peine, de l’état de son propre cœur quand Adrien était mort. Quand Amanda lui avait dit par hibou qu’il était mort. La peine et les sanglots mêlés aux humeurs de femme enceinte. La dépression et l’amour qui vous semble impossibles de retrouver par la suite. Elle avait été la pire des femmes. Hors d’elle, hors du monde, car elle ne pouvait définitivement plus le supporter. Elle avait tout senti exploser autour d’elle. Elle avait senti qu’on voulait lui donner du soutien. Ce qu’elle avait définitivement refusé. Piégée dans un monde qui n’avait plus de sens, ni de joie, ni d’Odeur. Le jour de sa mort, elle savait qu’elle avait tout perdu. Mais il restait cette petite étincelle de vie. Deux petites étincelles quelque part. Sans eux, elle n’aurait jamais eu la force. Sans eux, elle aurait perdu tout ce qu’elle avait. Puis elle avait tenu bon, quoi qu’on puisse en dire, son attitude égoïste à braver la mort les avait mis en danger plus d’une fois ses merveilleux enfants. Elle les avait fait naître plutôt qu’initialement prévu. Eux qui devaient voir le jour en fin décembre… Eux qui devaient être en bonne santé étaient restés des semaines sous potions énergisantes, sous les soins d’un médicomage particulier parce qu’elle avait tété incapable de vivre avec ce trou béant dans la poitrine en sachant qu’Adrien était parti. Parce qu’elle se sentait seule, tellement seule. Et qu’aujourd’hui, c’était elle qui laissait cette sensation dans le cœur des gens. Elle ne pouvait pas y penser dignement, ses pensées n’étant pas encore en état de faire quoi que ce soit, la potion trop efficace encore. Elle ne pouvait pas se rendre compte de l’ampleur de la peine de son père, de celle d’Aurore ou d’Esme. Pas même de tous les autres gens qui avaient pu venir voir un cadavre pensant qu’il serait ainsi pour l’éternité. Mais elle serait bien courte l’éternité. Oh oui, elle ne doutait pas un instant qu’elle allait prendre une paire de gifles de mots durs, mais qu’ils seraient tout rassurés à la fin. Qu’ils seraient soulagés de voir la perte atténuée par un retour qu’on demandait parfois à un cadavre. Elle se souvenait Odette qu’en octobre, elle avait supplié cette photo. Reviens je t’en supplie. Reviens. Mais l’amour semblait être parti pour toujours, pour elle. Puis elle avait finalement fait un pas de travers pour le rejoindre et cette vie, cette chienne de vie s’était jouée d’elle. Croiser sa route n’avait pas été le plus beau jour de sa vie, elle mentirait si elle disait cela. Croiser Skander Lupin à Sainte Mangouste n’était pas le plus beau jour de sa vie. Elle s’était sentie blessée, puis confuse, puis gênée et finalement à arme égale face à cette personne qu’elle n’avait pas su apprécier dans un passé commun. Non, ils n’avaient jamais pu se supporter. Et il avait fallu qu’ils soient sans défense pour s’en rendre compte. La peine commune avant toute chose. Cette peine qui malgré tout ce qu’on puisse en dire les avait rapprochés. Ad vitam aeternam.

Elle lui avait dit plus que rapidement les mots qui avaient brulé ses lèvres, parce qu’elle sentait autour de son cou la corde. Elle sentait qu’il avait pris le contrôle de ce qu’elle était. Parce qu’elle l’aimait. Parce qu’elle avait bien compris. Cette fois-là, avec énormément de peine, qu’elle l’aimait. La simple et bonne raison qu’elle avait cru l’avoir perdu de matin-là. Allongé dans la forêt. Allongé, comme mort. Elle n’avait cru parti. Malgré le peu de temps, malgré tout ça. Elle l’avait cru mort, simplement parce qu’elle tenait à lui, plus que de raison, mais une nuit avait suffi à faire d’elle une personne dépendante à ses baisers, à une douceur qu’elle ne lui connaissait pas. Il s’était montré sous un jour nouveau, ce jour qu’elle ne connaissait pas. Et si au début l’amour est vacillant fragile, il n’avait eu d’autre choix que de la tenir éloigner de lui. Loup-Garou, Leader. Elle ne savait pas tout ça à l’époque, elle savait juste qu’il l’avait brisé en un million de petits morceaux qu’elle tentait de recoller. Qu’elle tentait de recoller sans lui, parce qu’il l’avait détruite plus que détruite. Des semaines sans nouvelles, des semaines en se demandant où il avait disparu. Et la seule chose qu’il semble capable de faire, c’était la briser encore plus, alors qu’elle était agonisante d’inquiétude à son sujet. Il l’avait brisé, lui disant qu’il n’avait jamais pensé à plus, qu’il n’était pas ce genre d’homme. Et il l’avait laissé dans sa petite vie parfaite, jusqu’à ce qu’elle bascule de nouveau. Un enfant. Mais en avait-elle eu seulement la force ? La seule force qu’elle avait eue, c’était de se détester. Se détester pour l’enfant qui grandissait en elle. Parce qu’elle n’était pas capable de vivre avec lui, parce qu’elle n’était en rien capable de lui donner un brin d’amour. Parce qu’elle était une sorte de poussière dorée qui se repend dans l’air. Brisée de l’intérieur. Et elle n’avait pas une cette force intérieur, pas cette force qu’elle avait eue pour les jumeaux, non elle en avait été incapable, laissant partir un enfant, parce qu’elle était détruite. Parce qu’elle était faible au point de ne plus se supporter elle-même de fuir ses bébés plutôt que de les affronter. Elle était partie, partie chez elle, cette maison, son enfance. Elle n’en avait donc jamais assez de souffrir, de voir cette mort partout. Elle était creuse, vide, sans cœur, son utérus. Elle avait tout laissé derrière elle. Jusqu’à ce qu’il recroisse sa route. Lui le fugitif, le loup-garou. Elle avait compris trop vite compris qu’il la préservait de la bête, puis elle avait vu de ses yeux que c’était de sa position qu’il la protégeait. « Je n’irais nulle part. »  Et il n’était pas allé nulle part, depuis, ils s’étaient déchirés, aimé, disputé, mais aimer d’un fol amour que personne ne pouvait comprendre sans vraiment l’avoir vécu. Elle ne se doutait pas le peine, elle ne se doutait que de ce qu’elle avait vécu, mais son loup de compagnon pourrait-il ressentir la même chose ? Pourrait-il ressentir la perte alors qu’il était las de perdre son temps avec elle. Oui, les derniers mots qu’elle avait eus de lui, alors qu’elle était partie en lui laissant ce qu’elle avait de plus précieux. Elle lui avait laissé ce qu’elle portait toujours. Ce collier, elle avait tout dedans. Elle n’avait juste pas eu le temps de lui prendre une photo, elle n’avait juste manqué de temps. Et aujourd’hui, le temps s’était arrêté pour une courte durée, durée bien trop longue pour les cœurs qui souffrent, mais il était las d’elle. Il était las de sa présence, de sa jalousie et de sa personne. Elle l’aimait à en crever, mais la bête avait gagné la dernière fois, puisqu’elle semblait partie pour toujours désormais.

Tout semblait si superflu dans son esprit. Tout était différent. Le noir ne parvenait pas à s’estomper. Pas comme elle l’avait prévu. Rien n’était comme elle l’avait prévu. Jamais de sa vie, elle ne s’était approchée de la mort jusqu’à la vivre durant deux jours. Jamais elle ne pensait mourir vraiment. Robb l’avait sauvé deux fois… Louise une fois et la première fois c’était son envie de vivre qui l’avait laissé en vie. Et aujourd’hui que lui restait-il ? Ses enfants ? Oui, il lui restait au moins eux et sa famille. Mais il était las d’elle. Las d’être avec elle. Si elle se réveillait, serait-elle encore acceptée… Elle ne savait pas. Soudainement ses pensées de nouveau naissantes se firent mauvaises. Elle ne se réveillerait pas. Elle ne voulait pas le voir avec une autre, elle refusait de souffrir à vie. Écorchée à vif. Elle était trop proche des Lupins pour ne pas le voir, pour ne pas le croiser. Elle n’avait pas envie de se réveiller. Et pourtant, il était presque minuit, le temps était contre elle. La potion allait faire effet. S’estomper et elle redeviendrait comme avant : vivante. Mais elle n’avait plus envie de se réveiller. Elle s’était suffisamment battue pour lui. Elle l’avait perdu à cause de sa jalousie et elle était morte à  cause de la jalousie d’une personne qui l’aimait. Et elle l’avait dit, elle lui avait dit qu’elle n’irait nulle part sans lui, plus jamais sans lui. Alors la route ne s’était-elle pas coupée sous ses pieds ? Le pont écroulé alors qu’elle avait quitté cette pièce où elle était entrée sans invitation de sa part. « Odette, » ce fut le premier mot qu’elle entend depuis des jours où elle était demeurée sourde, des jours où elle n’avait rien entendu. Son meilleur ami. Son Aries. Son ami de toujours. Elle avait mal de l’entendre, elle avait si mal de l’entendre, de ne pas pouvoir ouvrir les yeux, d’être incapable de se lever pour lui dire qu’elle était désolée, qu’elle avait merdé cette fois. Qu’elle ne voulait pas lui faire de peine ! Pourtant, elle entendait tout. Sa rage, sa peine. Mais elle ne sentait rien, elle ne pouvait qu’entendre. Qu’avait-elle trop dosé, pour rester dans cet état second, qu’avait-elle fait pour être prisonnière de sa tête et de ses pensées ? Elle ne savait pas, mais la sensation était plus qu’horrible. C’est intenable, elle avait envie de pleurer, elle avait cette envie malsaine de pleurer alors que son corps ne répondait pas, il ne répondait à rien. Pourtant la colère passée, elle entend simplement un simple murmure, à lui seul qui vient lui briser le cœur. Le cœur brisé d’être si conne de n’avoir rien dit à Aurore. « Debout… » Dieu qu’elle en crevait d’envie de se mettre sur ses pieds et de lui dire que tout allait bien, mais elle en était incapable. Le temps semblait tellement long. Bloquée ainsi, seule à se noyer dans ses pensées. Elle avait du mal à tout le monde, elle avait fait tellement de mal autour d’elle. Elle n’en avait pas le droit. Elle ne méritait pas son amitié, elle ne méritait l’amour de personne, juste la solitude. Elle ne méritait que cela. Gamine égoïste, Skander l’avait dit. C’était ce qu’elle était, une gamine égoïste. Rien d’autre, rien de plus. Elle était juste égoïste, la pire de toutes. Elle ne méritait pas l’amitié d’Aries, ni celle de Cassandre et encore moins l’amour de Skander. Elle ne méritait pas une once de sentiments positif, juste la haine, elle ne méritait que la haine. Et elle espérait qu’on la laisserait seule, parce qu’elle ne méritait plus de les avoir à ses côtés. Jamais.

Puis le silence renvie comme une lame qui lui traverse le cœur. Ce cœur qui refuse de se remettre à battre vivement. Elle sait ce qu’elle a bu, elle sait ce qu’elle a préparé. Mais qu’est-ce qu’elle a bien pu ajouter de trop ? La mûre ? Non, les arômes n’avaient aucun effet sur la durée, rien du tout. C’était superflu. Elle le savait, mais elle ne savait pas pourquoi elle avait merdé. Le silence était dérangeant, oppressant. Rester coincer ici dans son propre esprit est bien plus dur que d’être prisonnière d’une famille qui vous déteste. Plus dur que la mort elle-même. Elle ne parvenait pas à oublier la colère et la douleur qui sortait des mots d’Aries. Elle n’y parvenait pas. Quand allait-elle se réveiller ? Pour courir, lui dire que ça ne servait à rien de chercher, qu’elle était la maintenant. Mais le cours de ses pensées semble bien plus qu’au ralenti quand elle entend la poignée de la porte tourner sur elle-même. Ce silence de mort, elle pouvait entendre n’importe quoi, comme on le disait si souvent, quand un sens était défaillant, les autres prenaient le dessus, plus fort que jamais. Elle n’avait que le pouvoir d’entendre, pas de bouger, ni de sentir, ni de toucher, encore moins celui de voir. Juste d’être une poupée qui ne peut que comprendre ce qu’on lui dit. Elle aurait envie de demander. Qui est là ? Mais rien ne sort de sa bouche, elle n’entend que les froissements de tissu, les respirations. Elle se trouble à ne pas savoir. C’est perturbant de savoir qu’on est l’objet d’une attention si funeste. Et pourtant, elle n’a pas envie de l’être. Elle va se réveiller. Elle va se réveiller. Elle y croit dur comme fer. Et elle sait que le son se rapproche, que la personne est proche d’elle. Odette ne sait pas qu’une main effleure sa joue, sans doute aurait-elle pu reconnaître la personne juste à cette pression. Pourtant, elle est à l’affut du moindre bruit. « Je suis désolé. »  Non. Puis un sanglot qui étouffe la fin de la phrase. Pas lui. Pas Skander, pas alors qu’elle était à l’agonie d’entendre tout ce qu’il pouvait dire alors qu’elle ne pouvait pas bouger, pas même le répondre dans ses bras, ni essuyer les larmes qu’il pleurait pour elle. Elle entendait sa voix, cette voie grave serrée appuyer par des sanglots. Elle se détruisait de l’intérieur. C’était une égoïste, une sale égoïste. « Je suis tellement désolé. » Elle a tellement envie de pleurer, elle a tellement envie de se réveiller. Non, ne pleure pas. Je suis là. Elle se déteste de toutes ses forces. Qu’on la laisse partir, qu’on la laisse le toucher, lui dire qu’elle est là. Qu’il n’est pas seul, qu’il ne le sera jamais plus, parce qu’elle l’aime et qu’elle veut le retrouver, maintenant tout de suite. Mais ce corps, ce foutu corps qui ne répond pas. Les ingrédients qu’elle a si mal dosés. Elle est au supplice à l’agonie de sa propre bêtise et lui est en proie à ses démons, sa tristesse. Quitté en mauvais termes, pour la voir revenir aussi livide… Pour la voir revenir morte. Elle n’avait pas le droit, pas le droit de lu infliger cette peine. Elle se refusait de croire que c’était lui. Elle s’y refusait. Elle ne pouvait pas se mouvoir qu’est-ce qu’elle aurait voulu. Attends-moi. Juste un peu. Mon amour. Attends.

Son cœur saigne, elle saigne, mais elle est bloquée. Tellement bloquée à l’intérieur d’elle-même. Elle veut lui hurler qu’elle est là. Prison corporelle qu’elle maudit. Elle se maudit. Tant de fois. « J’ai pas pour habitude de parler aux… » Je ne le suis pas. Je ne le suis pas. Elle a envie de le toucher, sa joue, le rassurer lui dire que jamais elle n’avait voulu partir loin de lui. Qu’elle était tellement désolée d’avoir fait ça ! Qu’il ne méritait aucune souffrance si c’était de sa faute qu’il les ressentait ! Il ne méritait pas de souffrir, elle voulait le voir heureux. Le plus heureux possible. Parce qu’il ne méritait rien d’autre que le bonheur. Et son bonheur elle voulait le partager, depuis qu’elle avait compris, elle voulait faire son bonheur, jamais, elle n’avait voulu faire son malheur jamais de sa vie elle ne voulait le faire. « Mais je dois le faire. Je dois… » Tu ne dois rien, j’arrive putain. J’arrive. Elle pelure, elle a cette envie malsaine de pleurer de lui dire de se taire, qu’il n’a pas besoin. Mais la voix faible de Skander est pire que n’importe quel sort du monde, que n’importe quelle blessure. C’est à vif qu’elle doit vivre ça, à moitié en vie, plus morte que vivante. Pourtant, elle la sent la goutte d’eau salée qui tombe non loin de son cou. Une larme. Elle dépérit de l’intérieur, ses sensations qui commencent à se réveiller. C’est une douleur sans nom, sans borne, sans pareille, mais il ne s’arrête pas. Il en a besoin, elle souffre, mais c’est une souffrance qu’elle a méritée. Égoïste. « Je dois… » Ne pleure pas, pitié. La chaleur pourtant, c’est la chaleur de sa main, d’une main autour de ce qu’elle pense être les siennes qui la font sortir de sa lamentation mentale. Il la touche. Il lie leur doigt dans ce qu’il pense être un ultime aveu. Elle pleure Odette, si un petit personnage pouvait la représenter, elle serait à genou, pleurant comme jamais elle ne l’avait fait. Des larmes amères de tristesse mentale et physique. Il lui fait ce bien, qui lui fait mal. Elle n’est pas joyeuse de le voir ici, non, elle est juste bien de savoir qu’il est là pour elle, dans les pires moments, ne sachant pas que tout ça, tout ce qu’il dit la chagrine plus qu’elle ne veut le croire. Des déclarations comme ça, elle n’en avait jamais eu. Jamais. « Je peux pas croire que tu sois partie que tu… » Ne croit rien, ne crois rien pitié, j’arrive. Juste quelques minutes Skander, juste un peu de temps. Puis, la pression sur ses mains se relâche. Rien n’est très précis dans ce qu’elle semble sentir, mais elle sait qu’il est là. Un bruit de chaise. Un bruit lugubre dans son esprit. Elle ne veut pas croire qu’il va la veiller. C’est pire que tout ce genre de chose. Elle n’y croit pas. Elle veut se lever. Elle veut le prendre contre elle. C’est hors de questions qu’il se fasse plus de mal, elle ne le mérite pas. Elle ne le mérite pas et ne le mériterais jamais. C’était comme ça, elle avait tout brisé avec sa jalousie, avec l’avortement, jamais plus elle ne mériterait qu’il la touche après cette peine qu’elle lui infligeait, jamais, elle n’avait pas le droit. Elle souffre, quelque chose de mérité, elle aurait dû en parler à plus de monde de cette potion, elle aurait dû écouté Aurore et ne pas partir vu son état d’énervement. Mais elle était partie. Elle était partie. Je ne te mérite pas, je ne te fais que souffrir. Pardonne-moi.

« S’il te plait, dis-moi que c'est un mensonge et réveille-toi. » C’est un mensonge. Mais. Elle ne pouvait pas lui dire. Elle était immobile en proie à une tristesse similaire. Et pourtant, il marque ne pause, une pause si courte, mais tellement longue qu’elle a l’impression qu’elle dure une éternité. Qu’il conclut par une chose qu’elle ne pensait pas capable ! « Je t’en supplie. » Non, pitié, arrête. Regarde, regarde, je suis là. Mais les sanglots ont vite fait d’arrêter ses pensées, de la froisser, de la tuer alors qu’elle est vivante plus que vivante. Malgré tout malgré le corps blanc immobile, elle est là dessous vivante, elle veut le toucher. Elle n’est qu’un mensonge, une prisonnière de sa stupidité. Mais il pleurait, il sanglotait plus qu’elle ne l’aurait jamais cru. Elle était tellement désolée, si désolée alors qu’elle ne pouvait rien faire, qu’elle ne pouvait que sentir ses mains entre les siennes glacées. Qu’elle n’était qu’une poupée d’ivoire que l’on croit mort. Elle voulait lui dire qu’elle était là, le montrer par n’importe quel moyen. Pourtant, elle ne peut pas. Malgré les ordres donnés à son corps, rien n’y fait, elle ne bouge pas, elle doit souffrir en silence. Alors qu’il était là, qu’elle pouvait lui dire. Je n’irais nulle part sans toi, je ne mourrais pas sans toi. Jamais plus elle ne voudrait lui infliger la moindre peine, jamais plus elle ne voudrait lui faire du mal, parce qu’il souffrait le martyre, elle l’entendait. Ça lui brisait ce qui lui restait de son cœur. « Je ne peux pas… Je sais que je ne peux pas vivre sans toi. » Elle aurait voulu hurler la douleur qui la saisit à ce moment-là, elle aurait voulu hurler la haine qu’elle a entre elles-mêmes. Non, elle ne pouvait pas vivre sans lui non plus. Pitié qu’il attende, pitié qu’il n’est rien prit, qu’il ne soit pas ouvert de partout quand elle ouvrirait les yeux. Qu’elle puisse le sauver. Lui dire qu’elle était là, qu’il ne serait plus jamais seul. Qu’ils seraient toujours à deux dans cette vie, dans la suivante s’il le fallait. Parce qu’elle l’aimait et qu’il était hors de questions qu’elle le laisse à jamais. Plus jamais elle ne le laisserait seul. Plus jamais. « Tu as apporté… » Ton amour, tes promesses, ton caractère, ta petite vie, ton regard, ton parfum, toutes ces choses qui font que je suis folle de toi. Une perspective d’avenir, de famille. Tu m’as tout apporté Skander. Tout. Pourtant, rien ne sort de sa bouche, rien n’arrive à franchir la barrière de ses lèvres, maudite potion, maudite elle. Maudite soit-elle et pour toujours désormais. Pourtant, entre deux sanglots, il rit, un rire qu’elle sait nerveux. Elle sait, elle le sent, malgré le peu de temps, elle a l’impression de le connaître un peu. Il rit nerveusement, parce qu’un autre sanglot vient s’échapper du fond de sa gorge. Parce qu’il n’en a pas fini avec elle. Non. Mais c’était dur, c’était affreusement dur. Douce torture de mots doux qu’elle ne voulait finalement pas entendre. Elle aurait préféré se réveiller sans avoir entendu tout ça. « Tu as changé ma vie, putain. Tu l’as transformé. Tu l’as rendue supportable. » Je vivais juste grâce à toi. C’est ce qu’elle voulait dire. Mais elle ne sent plus que sa main sur sa joue, celle sur ses mains à elle. Il est là tout près, mais elle ne peut rien dire rien faire, juste attendre que l’agonie passe. Juste attendre de trouver un souffle, d'avoir un battement de cœur plus fort que l’autre. Mais rien ne venait, rien ne venait. Elle se répète inlassablement. J’arrive, je suis là.

« Je croyais être capable… » Tu l’es capable, je suis juste indigne de toi... « … d’être digne de toi. » Pitié ne dit pas ça. Ne le dit pas Skander. C’est faux affreusement faux. C’était elle qui ne le méritait pas. La sensation de ses mains dans les siennes se fait plus présente, elle sent presque sa chaleur. Elle sent presque que c’est la main du Lupin qui lui donne chaud. Mais elle a mal trop mal pour voir que ses sensations sont plus fortes. Elle ne peut toujours que penser. « Mais j’ai échoué, I failed you. » Ce n’est pas fini. Mais finalement, elle ne sent plus rien, ni sa main sur sa joue, ni celle qui tenait sa main. Non, elle ne veut pas croire qu’il soit parti. Pourtant, un bruit, du métal. Puis un objet froid qui se retrouve entre ses doigts. Si elle avait été capable, ne serait-ce que de le toucher convenablement, elle se serait rendu compte de l’importance du bijou qu’il faisait partir avec elle. Son collier, cette clé qu’elle lui avait laissée. Puis la chaleur de ses mains. Un battement plus fort que les autres cette fois. Mais elle ne respire pas, elle sort de son hibernation petit à petit. Comme un miracle peut-être. Mais elle n’est pas capable, elle ne retrouve pas les mouvements, ni la vue. Il n’avait pas le droit de lui dire qu’il avait échoué avec elle, tout était sa faute, son entière faute, parce qu’elle avait glissé ce poison, cette jalousie, entre elle et sa meilleure amie. Elle s’en voulait, elle s’en voulait tellement. Pourtant, il finit par l’achever. L’achever plus qu’il ne pourrait jamais le faire. De ses lèvres, de ses sanglots sortent des mots qu’elle ne pensait jamais entendre de la bouche de n’importe qui. Elle avait désiré si ardemment les entendre de sa bouche en pensant que jamais il ne les dirait, parce qu’il était un peu en retrait, parce qu’il avait besoin de vivre les choses de les ressentir comme i l’avait dit. Pourtant. « Je réalise que je voulais passer ma vie avec toi, que cette promesse que je t’ai faite, je voulais… » Moi aussi. Moi aussi, je veux ça. Attends, attends que je te le dise. Attends juste. Pitié. Elle hurle encore, encore prisonnière d’elle-même. « Je suis désolé, je ne pensais pas un seul de mes mots, je… » Moi non, plus, je suis désolée, tellement désolée. Skander, je suis tellement désolée. Je n’aurais jamais dû être jalouse d’elle, elle ne compte pas, combien de fois j’aurais dû le comprendre quand tu me regardais, quand tu m’embrassais. Combien de fois je l’ai compris quand tu étais là combien de fois, je voulais te dire tout ce que tu me dis, mais que je suis faible, trop faible pour te dire quoi que ce soit, parce que j’ai peur de tu m’échappes, que tu t’en ailles loin, que je te perde. J’ai eu tellement peur qu’elle te prenne, qu’elle t’enlève. Je veux que tu restes, ne pars pas. Que tu restes là. Le plus longtemps possible. Qu’on soit heureux, qu’on soit ensemble, qu’on soit une famille, que je sois à toi, maintenant et pour toujours, putain, attends juste un peu. Ne pars pas, ne pars plus. Puis c’est la chaleur de ses lèvres qu’elle sent doucement sur ses mains, un baiser doux, tendre, teinté de tristesse et de regrets. Ne regrette pas, je suis là, j’arrive, j’arrive mon amour. Elle perd pied, voudrait bouger s’énerver de tout, de rien, juste contre elle, elle méritait cette douleur, mais il ne méritait rien, absolument rien de tout cela. « Je t’aime. » Je t’aime tellement.

« Je t’aime tellement. » Les mots que Beatrix avait empêchés. Elle regrettait de ne pas être là, de ne pas être en vie pour lui sourire, lui dire qu’elle aussi, elle l’aimait tellement. Lui dire qu’elle s’en voulait de tout ce mal. Qu’elle ne méritait pas tant, qu’elle ne méritait plus rien de lui, parce qu’elle n’était pas digne de lui, qu’elle était juste une folle qui allait le détruire, lui et sa vie. Qu’il devait la laisser. Puis un autre baiser sur ses mains. Elle a tellement envie de pleurer, tellement qu’elle ne se sent pas vivre plus qu’elle ne le voudrait. Elle souhaite bouger. Elle souhaite lui dire dans les yeux qu’elle l’aime. Lui dire que sa vie n’avait aucun sens sans lui. Elle le voulait chaque jour à côté d’elle, qu’elle ne voulait plus le quitter. Plus jamais, parce qu’il était l’homme de sa vie, l’unique homme de sa vie. Qu’il n’était pas le père de ses enfants, qu’il était bien plus important. Qu’elle voulait porter ses enfants, qu’elle voulait tout faire avec lui. L’aimer, le chérir, le soutenir dans la peine, la joie et la maladie. Elle pouvait porter un autre que celui de Moody, elle voulait le faire, un jour peut-être, avoir des enfants, avoir une vie tranquille, qu’importe la bête, qu’importe la guerre, elle voulait vivre normalement avec lui à ses côtés. Elle voulait tant de choses qu’elle ne pouvait pas lui dire. Qu’elle ne pouvait pas dire. Elle pleure tellement dans sa prison mentale, le personnage qui la matérialise est toujours à genoux, sans larmes pour pleurer, juste en train de pleurer, un son qui résonne dans son crâne, elle a mal tellement mal de lui infliger cette peine. Elle n’avait jamais voulu le forcer à déclarer ses sentiments, elle ne voulait pas que ça se passe sur son lit de mort, sur ce linceul. Elle l’aurait préféré dans un lit qu’ils partageraient, tous les deux, dans un cottage bien à eux, dans une vie après la guerre. Seul à seul. Et soudain, c’est un baiser qui se pose sur ses lèvres. Elle le sent clairement, ses lèvres, son souffle chaud sur sa peau. Mais ses paupières sont incapables de bouger. Rien ne bouge, juste sa peine et les mots qu’elle entend si fort. « Je t’aime. » Plus que tout au monde mon ange, plus que tout au monde je t’aime. Oui, elle l’aimait, puis il s’éloigne, il doit être quelque part, tout proche, parce qu’elle sent ses deux mains sur les siennes, le collier toujours dans ses paumes gelées. Elle prie Odette, elle prie pour se réveiller rapidement. Elle prie pour qu’elle puisse le serrer contre elle, lui dire tout ce qu’elle a pensé précédemment, lui expliquer, tout lui dire, contrôler sa peine et la colère qu’il aurait envers elle. Lui dire qu’elle l’aimait, que sa vie n’avait aucun sens qu’il n’était pas à ses côtés, parce que sa vie, son univers contenaient désormais son visage, ses mots ses gestes. Elle n’était plus seule, elle l’avait lui. Il l’avait elle. Ils s’avaient eux. Et elle voulait le lui dire. Un battement plus fort que les précédents cette fois encore. Encore une fois, puis une autre. Le silence était toujours là, mais il était là, encore à lui tenir la main. Elle n’est pas vivante, mais sa gorge la brûle, étrangement cela la brûle.

Sans vraiment savoir comment, sans vraiment s’être attendu à ce genre de réveil. Elle qui pensait se réveiller comme sortir du sommeil. Elle se relève brusquement, trop brusquement à son goût qu’elle manque de tomber sur le côté. La première grande inspiration. Elle cherche l’air alors qu’elle pleure. Des sanglots dignes d’une enfant. C’était la même sensation désagréable qu’on a à la naissance. Celui de chercher l’air pour la première fois de sa vie. Sa gorge la brûle, ses larmes inondent son visage, elle ne peut pas s’empêcher de chercher ce qui lui manque l’air. Ses réflexes de nourrisson serrent les mains du Lupin qui étaient resté sur les siennes. Elle pleure Odette. De peine, de douleur. Tout ce qu’elle a laissé enfouit dans sa tête durant les quarante minutes de trop. Ses cris paniqués, douloureux raisonnant dans la pièce et surement bien plus loin que cela. Elle ne reprend pourtant pas son souffle, elle le cherche encore cette respiration salvatrice. Gelée jusqu’aux os, elle tremble de tristesse, de froid. Elle sort d’une mort fictive, elle sort de la mort simplement parce qu’il était temps. Aries l’avait dit, il fallait qu’elle se lève. Elle l’est désormais debout. Elle a les yeux grands ouverts, débordant de larmes. Puis, elle se souvient de ses mots, elle se souvient qu’il est là. Lâchant les mains chaudes qu’il a posées sur les siennes durant de longues minutes, laissant le collier filer au sol avec les oreillers qui surélevait sa tête. Elle le cherche des yeux, elle cherche sa présence. Elle le cherche lui parce qu’elle l’aime. Mais ses muscles sont endoloris, sa voix est plus que faible, ses lèvres bougent, mais il n’y a que les cris de sa première inspiration qui étaient forts. Elle cherche son corps. L’entourant de ses bras. L’entourant simplement, une étreinte dont elle avait besoin. Elle avait besoin de lui, elle avait toujours eu besoin de lui. Elle sert, faiblement, elle sert avec des muscles qui ne répondent pas encore à tous ses ordres, elle est faible, le visage baigné de larmes, mais elle est de retour, elle est là avec lui comme il l’avait demandé. « J.. » Elle peine avec les mots, elle pelure encore de ses poumons en feu, se sa gorge, son système respiratoire étant bien plus que sollicité pour qu’elle retrouve toute sa constance. « Je… » Elle tente tout de même. Elle tente tout de même parce qu’il doit savoir que ce n’est pas un rêve, pas un miracle. Elle est là, juste là, et elle avait causé de la peine à tant de personne, tant de peine. Elle parvient juste à articuler. « Sk… Skand. J-Je. » Ses bras toujours autour de son cou, elle ne veut plus jamais le laisser seul, jamais le laisser partir, elle l’aime. Oui, elle l’aime. « T’aime. » Conclut-elle, le visage enfouit dans son cou, elle a mal partout, elle était morte, mais c’était du passé désormais du passé.



This isn't the separation that hurts me
why think separately of this life and the next when one is born from the last.... Time is always too short for those who need it, but for those who love, it lasts forever.


Parchemin envoyé Jeu 23 Juin - 2:59

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Je suis : GALLIFREYS, aka Lexie , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 02/08/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1821 hiboux. J’incarne : Oscar - sexy - Isaac , et l’avatar que je porte a été créé par : moi-même, Gallifreys . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Gideon Peverell, Astraea Black, Avia Spdumore. Je parle en : #ff3333



Je suis âgé de : 36 années perdues dans la tourmente de la lune. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Leader de L'Ordre Du Phénix, à plein temps. Je suis un ancien auror et ancien homme de main pour la Main Noire, mais surtout un ancien espion. J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : je suis en couple avec une blonde répondant au nom d'Odette Moody. Champ Libre : ancien alcoolique - ancien auror - leader de l'Ordre du phénix - fumeur - ancien drogué - papa de plein de gamins (Victoire,Orion, Antigone, Finlay, & Sirius)
malle

Dossiers du ministère
‹ Relations du personnage:
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raise your wand
 








ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
"The worst part is that I never told her I loved her. Not once. I was too scared. Too scared that... Somehow, saying it would make it real... And change everything. But now I'll never have a chance to take that next step with her, because she's gone."



3 JUIN 1990 - POUDLARD

Lâcher prise. C’est tellement facile de dire à quelqu’un qu’il suffit de lâcher prise pour commencer à aller de l’avant, qu’il suffit de lâcher prise pour commencer à aller mieux. Il n’y a que ceux qui n’ont jamais perdu quelqu’un qu’ils aimaient qui ignorer la rudesse de cette tâche. On ne lâche pas prise facile, on n’abandonne pas facilement quelqu’un derrière soit – si on aime réellement cette personne, alors on ne peut simplement pas lâcher prise. C’est l’action laplus dure qui soit dans un deuil : lâcher prise. Skander ne voulait pas lâcher prise, il n’était pas de ceux qui abandonne. Pourtant, il avait laissé le corps sans vie de Ciena derrière lui le jour de la Purge : son plus grand regret. Elle s’en était allé, effacée de la mémoire collective à cause de son sang, résignée à une fin sans cérémonie ni funérailles. S’il n’était jamais parvenu à lâcher prise, c’était peut-être parce qu’il n’avait aucune tombe sur lequel se lamenter, aucun corps à blottir contre lui, rien. Il n’avait rien eu de tous cela, le temps avait donc été redoutable, l’ennemis. Jamais il n’avait voulu la laisser partir, jamais. S’il l’avait finalement laissé partir, lâchant prise, laissant s’en aller avec son souvenir, le joug de son amour ce n’était qu’à cause d’elle. A cause d’elle – c’était ce qu’il avait pensé de prime abord, voyant cet amour comme un moyen de tomber encore plus bas, une menace tant pour elle que pour lui. Il craignait toujours de ne pas être capable d’être en contrôle, d’être en position de force. Mais s’il avait d’abord pensé que c’était à cause d’elle qu’il avait lâché prise il avait réalisé que c’était grâce à elle qu’il s’était relevé, qu’il avait recommencé à sentir la douce brise de la vie.  Cette brise qu’il avait cru ne jamais souffler encore. Ce souffle de vie qui peu à peu avait repris le contrôle sur sa vie, rendant les choses importantes. Elle était à l’origine de tout cela, son absence, sa disparition faisait tourner cette brise en une tempête.

On ne prend réellement la mesure de ce que l’on perd qu’à cet instant fatidique et tragique, où les regrets deviennent intenses. Il regrettait tellement de chose à propos d’Odette. Il regrettait ses mots qui étaient resté bloqué, il regrettait de ne pas avoir compris sa détresse vis-à-vis de Beatrix. Il réalisait que Beatrix tenait à lui d’une façon bien différente, il regrettait de ne pas avoir lui dire qu’il l’aimait à cet instant. Il aurait dû ne jamais lui dire ces mots, - ces mots assassins, violents et froids. Il ne pensait rien de tout cela. On ne se rend compte que de ce que l’on perd une fois que c’est trop tard. Il réalisait qu’il aimait maintenant qu’il était partie. Il réalisait qu’il voulait passer sa vie à ses côtés, maintenant qu’ils seraient séparés à jamais. Il s’en veut, la tête baissé, incapable de lâcher sa main. Il a peur que s’il la lâche tous ses souvenirs s’en aillent avec elle. Il a peur que son souvenir le quitte à son tour. Il sait que vivre avec fantôme est rude, blessant – mais il préférait être persécuté par ses regrets, il préférait qu’elle hante ses rêves et ses cauchemars plutôt qu’elle disparaisse à jamais. Il était incapable de la laisser partir. Il tenait trop à elle – c’était trop tard. Il comprit que cela faisait des semaines qu’il était trop tard. Des semaines qu’il ne rêvait que ses cheveux blonds, de ses yeux azures, de cette peau blanche et douce. Des semaines qu’elle était devenue importante, des semaines qu’elle était devenue nécessaire. L’antidote de son  existence sordide. Le remède à ce mal qui l’avait rongé. Elle était la solution à ses problèmes. Elle était importante et vitale. Elle lisait en lui, savait lire entre les lignes, lui qui s’évertuait pourtant à brouiller les pistes, déterminé à ne laisser personne tenir à lui. Elle avait persévéré. Pourtant, il lui en avait fait voir de toutes les couleurs. Avant qu’il ne la découvre sous un autre jour, et même après. Mais il y avait cet après où elle ne tiendrait plus le premier rôle. Ce morne et sordide après où elle resterait de glace dans sa dernière demeure. Froide et morte. Seule et apaisée. Il espérait qu’elle était sereine dans cet autre monde. Plus que quiconque, elle avait droit à ce repos éternel et paisible où elle pourrait retrouvé tout ce qu’elle avait perdu. Peut-être un jour la retrouverait-il à son tour.

La lumière était partie. Littéralement, métaphoriquement. C’était elle la lumière. Ses cheveux clairs et lumineux qui lui donnaient l’air de sortir d’un conte de fée. Il ne voulait jamais oublié cette image, il voulait se souvenir de son sourire, de ses éclats de rire. Il aurait aimé en entendre d’avantage, il aurait aimé passer plus de temps à ses côtés, il aurait aimé l’aimer avec plus de force, il aurait aimé faire tant de chose. Mais elle était la lumière qui avait éclairé son chemin quand il avait eu besoin, quand il avait commencé à dévier dangereusement, malgré elle, elle l’avait remis dans le droit chemin. Il n’avait été qu’un sorcier alcoolique, ivre, violent et sarcastique pendant longtemps, sombrant chaque jour un peu plus dans sa violence, surtout à la veille de ce bal – cette nuit-là, il avait franchi la ligne, il avait basculé ne valant pas mieux que ce qu’il combattait. Torturé cette fille avait été une erreur, une pulsion vengeresse envers un monstre, une pulsion protectrice envers son frère – il s’était cherché mille excuse, mais la seule valable était qu’il avait commencé à basculer dans la folie. En fuite, il n’avait vu qu’une seule issue pour l’Ordre, il savait qu’il n’en ferait pas partie, comme s’il savait que rebrousser chemin et lui donner du temps serait son salut. Etre blessé, manqué de mourir, tout oublier, c’était ce qui l’avait conduit à elle, comme si le destin avait su qu’il devait retourner vers la lumière plutôt que de se condamner à la nuit. Sans lâcher sa main, il se souvient de l’avoir vu comme le seul visage familier qu’il avait croisé. Elle avait été un repère avant de devenir quelqu’un. Un repère dans l’obscurité. Une lumière, sa lumière. Il craignait la lumière lunaire qui faisait ressortir ce qu’il y avait de pire en lui, plus il y avait la lumière qu’elle apportait qui faisait ressortir ce qu’il y avait de meilleur. Il n’avait pas la prétention d’être quelqu’un de bien, mais quand elle était là, il avait l’impression d’y arriver enfin. L’impression d’être capable de ses satisfaire de sa vie. Cette putain d’impression de s’en sortir et de vivre. Mais au creux de sa main, sa main gelé lui rappelait alors qu’elle ne reviendrait jamais.

Il se fou du temps qui passe. Il resterait jusqu’à ce qu’il se sente capable de se lever et de la lâcher. Ce n’était même pas certain qu’il puisse le faire seul, qu’il puisse l’accepter. Soudainement, Robb pouvait débarquer, tout le reprocher, le frapper – il s’en fichait. Cela serait parce qu’il le mériterait. Tout ceci n’était que de sa faute. Il l’avait poussé à bout, elle était partie en mission dans le pire état qui soit, à bout, énervée et bouleversé. Il se souvenait du dernier regard qu’elle lui avait jeté, prête à lui ouvrir son cœur. Elle l’avait déposé à ses pieds, tandis qu’il s’était chargé de le piétiné. « Je suis las de perdre mon temps ». Quel menteur. Ils avaient gaspillé leur temps à cause de lui, à cause des détours qu’il leur avait fait prendre. Aurait-il été plus simple d’accepter les risques tout de suite, et de céder à ses baisers alors qu’il était chez elle ce fameux lendemain de pleine lune ? Les choses auraient été bien différentes. Auraient-ils réussis à s’apprivoiser comme ils l’avaient fait ? Auraient-ils réussi à s’aimer avec autant de force et de conviction ? Car s’il n’avait jamais mis un mot sur ces sentiments, il savait qu’il avait laissé transparaitre ces derniers. « Mon seul regret c’est de te mettre, réellement, en danger. »  Lui avait-il dit une fois, au lendemain de cette pleine lune. « Je n’irais nulle part. » Pourtant, il n’avait pas tenu cette promesse, il l’avait quitté, il l’avait laissé partir pour cette mission, totalement éffondré, sachant très bien quels étaient les risques. Aveuglé par la colère, il l’avait laissé s’en aller. Pourtant il l’aimait. Il avait tué pour elle, et recommencerait si sa pouvait la ramener, perdre son âme, et la vendre au diable n’étaient pas un problème si cela pouvait la le lui ramener. Il lui avait promis de tout faire pour ce que ce « eux » puisse devenir quelque chose de fantastique, « Si je te promets d’essayer » d’être un père pour ses enfants. Maintenant cela n’avait plus de sens, la voilà qui laissait derrière deux adorables têtes blondes, ils auraient les Moody, ils ne seraient jamais complètement seules, mais jamais ils n’auraient leur mère à leur côté. Mais la réalité est que tout le monde a besoin d’une mère, tout le monde.

Il est temps de la laisser partir, il le sait. Mais il s’impose comme un ultimatum les premiers rayons du soleil. Il oublie ses blessures, un instant, la douleur de la perdre plus forte que la douleur physique. Son bras n’est plus en écharpe et il entend déjà Gabrielle s’en indigné comme une mère prête à gronder ses enfants. Il s’en ficherait comme toujours. La plaie profonde mettrait sans doute plus que la nuit pour se consolider, et son articulation meurtrie finirait par retrouver sa mobilité. Ses doigts entourent sa main, il n’arrive pas à la lâcher. Au moment où il sent qu’il la perdu, ce moment où il réalise complètement que tout est terminé, l’impensable de produit. L’impossible, comme si pour une fois quelqu’un avait répondu à ses prières. Lui qui ne croit en rien, ou en personne c’était vu prier un instant. Comme si les vestiges des souvenirs de sa pieuse mère arrivaient encore à le faire remémorer quelques passages de foi. Brefs. Il ne croit en rien, pourtant elle se réveille. Brutalement, violemment. D’un coup. Il croit d’abord à une blague de mauvais goût, et sursaute à son tour. Alors qu’instinctivement il recule, les mains de la sorcière agrippent les siennes, comme si elle tentait de se raccrocher à lui, cherchant ce souffle de vie qu’elle avait perdu. Le cherchant ardemment, à bout de souffle. Elle suffoque sans qu’il ne puisse rien y faire. Qu’aurait-elle été capable de faire ? Sans doute rien, abasourdi, choqué. Ce n’était ni possible, ni normal – était-ce un tour que lui jouait son esprit ? Avait-il continué de sombrer dans cette folie de laquelle elle avait l’avait protégé en étant à ses côtés. Pourtant la pression sur a main, ses cris : tout est réel.  Il se sent impuissant incapable d’agir alors qu’elle… il ne veut pas y penser, mais c’est le cas, alors qu’elle souffre. Il cherche son regard, comme pour s’assurer que c’est elle, car il sait d’un regard y reconnaitre cette lueur qu’il aimait. Allait-il y voir une étincelle de vie ? Bordel, il voulait que cela soit réel. Elle ne le regarde pas pourtant, il voit des larmes couler sur ses joues, elle tremble. Il a mal et est heureux à la fois. Il a mal de la voir souffrir, de la voir ainsi, il est heureux de savoir qu’elle est en vie. Il ne comprend pas comment, il ne comprend pas pourquoi, mais elle est là, elle est prête à lui revenir. Il se jurait de tout faire pour ne plus jamais la perdre, il refusait de perdre qui que ce soit, certainement pas elle. Une fois, quarante-huit heures – les plus longues quarante-huit heure de sa vie. Les pires, les plus éprouvantes, les plus violentes aussi, les plus regrettables. Il était un monstre après tout, il avait frappé et tué pour elle, pour la venger, elle qui tentait de retrouver son souffle de vie.

Quand il croise son regard, tout devient réel. Absolument tout. Son univers qui semblait s’être s’écrouler tient encore debout, mais affaibli. Son univers c’est elle, car pendant ces deux derniers jours, il s’était vu partir, il s’était vu dépérir, il s’était venu devenir dingue parce qu’elle n’était pas là, tel un astre lunaire dépourvu de planète, errant sans but, dans le chaos, guidé par celui-ci. Il ne voulait qu’elle, il n’y avait qu’elle qui comptait. Si on lui avait dit quelques mois plus tôt qu’il trouverait une personne, et qu’il l’aimerait à en perdre la raison, à en crever – il lui aurait simplement ri au nez, encore persuadé que les gens comme lui n’avaient pas le droit au bonheur. Pourtant, son bonheur croise son regard. Son cœur rate un battement. Quand on rencontre l’amour de sa vie, on dit que le temps se fige – ce n’est sans doute pas totalement vrai, mais ce n’est pas totalement faux. Il a l’impression que le monde autours disparaitre, sans importance, et que leur regard se cherchent, se trouvent, ne se quittent plus. Elle a lâché ses mains, il n’a pas le temps de faire quoi que ce soit qu’elle l’attrape et l’étreint. Il réalise que tout ceci n’est que la réalité. Etrange réalité, mais il en bénit le ciel, il l’en remercie de la lui avoir rendu. Comme une ultime chance de bonheur. Elle n’a pas de force, alors, il l’étreint avec douceur, grimaçant légèrement quand il tente de la serrer contre lui avait son bras blessé. Elle est là, elle est toute à lui. Il n’a pas besoin d’entendre sa voix, sa seule présence lui suffit. L’entendre respirer lui suffit. « J.. » Heureux et terrassé à la fois. Heureux de la savoir vivante, mais les larmes de la sorcière lui font tellement mal au cœur. Souffre-t-elle ? Mille questions se posent dans sa tête, était-il en son pouvoir de faire quelque chose pour l’aider. Elle halète, respirant avec difficulté. Une des mains de Skander se perd dans ses cheveux, essayant de l’apaiser. Lui aussi, il pleure, en silence, des larmes silencieuses vestiges de sa confession mortuaire. « Je… »  Repose-toi, reprends-ton souffle, ça attendra. Pense-t-il alors, caressant doucement ses cheveux, une main dans son dos, il peine à la serrer contre lui, son épaule peu valide n’arrangeait rien. Ce n’était pas ce soir qu’elle guérirait. Mais avait-ce réellement de l’importance ? Il guérissait toujours, il suffirait d’un peu de temps, de potion, et de patience pour en venir à bout. « Sk… Skand. J-Je. » S’il avait refusé de la lâcher, elle aussi semble incapable de le lâcher. « T’aime. » Il n’en avait pas douté une seconde. Il fallait l’aimer pour être capable de le supporter comme elle l’avait fait. Il avait fallu l’aimer pour accepter la bête comme elle l’avait fait. Il le savait, il s’en rendait compte, qu’il le savait. Et lui il l’aimait en retour. Il l’avait dit à son corps d’apparence dépourvue de vie, l’avait-elle entendue ? Avait-elle tout entendue ? Il n’en savait rien. La question ne lui traversa même pas l’esprit – et quand bien même aurait-elle entendue, tout était vrai. Il l’aimait tellement, trop pour sa propre santé mentale, physique et sentimentale. Mais c’était trop tard pour faire marche arrière.

Ses doigts se perdent dans ses cheveux, il a l’impression de l’avoir étreint pour la dernière fois dans une autre vie. Il ne croit pas au destin, aux âmes sœurs, ou à quoi que ce soit, il croit juste en l’être humain et à ce qu’il ressent. Elle fige le temps par sa présence, son absence l’accélère rendant celle-ci insupportablement longue. Il a l’impression d’avoir besoin d’elle à tel point qu’elle est nécessaire pour qu’il puisse avoir une notion de temps. Blotti contre lui, elle est aux creux de ses bras forts, il le serre doucement, ne voulant pas lui faire de mal, car s’il s’écoutait, il redoublerait de force. Il est plus fort qu’elle, mais la peine lune l’avait vidé de ses forces. Il avait passé la pire pleine lune de toute son existence, la pire. Celle où la douleur de la transformation s’alliait à la douleur de son âme en peine. Mais tout ceci, cela avait été vain – elle était en vie. Il ne songea pas à ce qu’il avait fait au nom de la vengeance, il ne songea même pas au Cassiopeia qui gît dans la ruelle, dans une mare de sang, il ne pense pas à Priam qu’il a blessé plus que de raison et avec violence. Non, il ne pense pas à tous cela, égoïste. Pour une fois, n’avait-il pas le droit d’être égoïste de ne penser qu’à eux. Il se décolle d’elle, juste assez pour la regarder dans les yeux. Ses orbites azures qu’il avait cru ne jamais revoir. Elles sont là, embrumées par les larmes. Pourquoi pleure-t-elle putain ? Il est hors de lui de la voir pleurer, il n’y a qu’elle qui arrive à le faire passer de la quiétude à la rage, de la tendresse à la rage. Mais aussi inversement. La main dans la chevelure de la sorcière, glisse avec tendresse de sa joue droite, il caresse sa peau encore étrangement gelée, il caresse sa joue de son pouce repoussant quelques larmes. Il veut l’embrasser avec tendresse, avec douceur, il veut s’assurer qu’elle va bien.  S’assurer que tout va bien, qu’elle est en un seul morceau, s’assurer qu’elle n’a aucune séquelle. Elle était celle qui comptait le plus pour lui, en peu de temps, elle était devenue son tout, son univers. Il ne laisserait plus jamais l’univers lui glisser entre les doigts, il ne pouvait plus se permettre de l’abandonner à son sort comme il l’avait fait. Il s’en sentait responsable. L’indépendant loup ne l’était pas tant que cela, il l’était avec les inconnus, les connaissances, mais avec les gens qu’il aimait il était protecteur à l’excès. Mais qu’il en soit ainsi s’il le fallait. Il se penche vers elle, capturant ses lèvres avec une passion non dissimulé, mais le baiser est bref, car sa respiration est haletante, que la sienne l’est aussi. Ce baiser était à l’image de ce qu’ils étaient, passionnés, sur le fil, perpétuellement à bout de souffle. Quand les malheurs cesseraient-ils ? Quand pourraient-ils être heureux ?

Le baiser prend alors fin, son souffle est court, sa main sur sa joue, son front contre le sien. Il ne veut plus jamais la laisser s’éloigner. Il jurait de rester près d’elle quoi qu’il arrive. Il voulait ardemment tenir ses promesses, et bien plus encore. Il se fichait de ce qu’on pourrait dire sur lui, sur eux, les gens parlaient déjà, certains désapprouvaient déjà. Il n’était clairement pas la meilleure chose qu’il puisse lui arriver, mais elle était en revanche sa meilleure chance, la seule chance qu’il ne voudrait jamais avoir à saisir. Elle est sa chance, son avenir. Il respire doucement, ses yeux sont encore rougit par les larmes, lui qui se cachait derrière ses airs, et ses manières bourrues. Il avait un cœur, grâce à elle, il battait enfin  librement. Elle avait dégelé le cœur de glace caché dans sa poitrine depuis trop d’année.  « Mon amour.* » lâche-t-il dans un souffle. Elle comprenait le français, et quand bien même, c’était sorti tout seul. Mon amour – car elle était son amour, son fol amour. Elle était la femme qu’il aimait le plus au monde, de façon irrémédiable, et inconditionnelle, car même si elle venait à le détester, il savait qu’il continuerait de l’aimer, même dans le mort, il continuerait de l’aimer. « Je t’aime. » Lâche-t-il pour la première fois, de vive voix, pour qu’elle puisse l’entendre. Il l’aimait comme un fou, il avait manqué de perdre la raison sans elle, coupable de son sort. S’il n’avait pas commis d’erreur par le passé, jamais Greyback n’aurait voulu sa peau de la sorte. Il ignorait que Greyback et Moody se vouaient une haine viscérale dans qu’il y soit impliqué. C’était lui qui avait tout déclenché.  Il colle son front au sien, alors qu’il tente se resserrer son étreinte dans son dos il se rappelle qu’il est blessé. Il grimace légèrement. Il sent les bandes sous son t-shirt tirer, comme sens le bandage sur son avant-bras ; il ne sait pas ce qui est le plus douloureux, la blessure du sort à l’épaule, ou la morsure – qui est sans effet sur sa condition mais qui mettra du temps à guérir. La douleur est réelle, mais il la supporte, parce qu’elle est gelée. Sa main quitte sa joue, pour glisser sur son bras, il le frictionne alors, tandis qu’il fait de même avec le dos, tout en douceur, car elle a besoin de chaleur. Elle est encore si pâle, une véritable poupée de porcelaine qu’il n’avait plus le droit de briser.  Il délaisse son bras pour aller chercher le bas de son dos, pour l’attirer encore plus à lui, et la main dans son dos fait l’effort douloureux de venir caresser ses cheveux. « Ne me refait jamais. » Il marque une pause, cherchant ses yeux, fermement décidé de plus jamais ne les fuir, ou les quitter. « Je n’irai nulle part ». Il avait trop besoin d’elle. Comme un junkie accro à sa dose de Goliath.  « Ne me refait jamais ça putain. » Il ne sait pas ce qu’elle a fait, ils auraient le temps d’en parler. Elle n’était pas réellement morte, pourtant tous était réuni pour faire croire à la mort. L’avait-elle fait exprès ? Il préférait ne pas avoir la réponse à cette question. Pourtant, entre la tendresse et l’amour sincère, il lâche, « Quoi que tu aies fait, c’était dangereux, et stupide. » Il n’arrive pas à se mentir, il trouvait cela dangereux et stupide. Ne devaient-ils pas être honnêtes envers elle ? C’était la base de toute relation. Mais il ne veut plus lui faire de mal, alors il se calme alors qu’il sent qu’il est capable de s’énervé à lui en faire du mal. « Ne me refait jamais ça, je t’en supplie, sinon je vais finir par devenir cinglé. » Il avait franchi une ligne pour elle : deux fois. Deux fois il avait tué, une fois il avait battu quelqu’un pour une information. Un jour il regretterait peut être ses actes. Un jour peut-être. Le monstre aurait le temps de se regarder dans un miroir, « Tu me rends fou, te perdre… c’était… » Il était fou d’elle, littéralement. « Je ne pourrais pas le supporter. » Je ne pourrais jamais supporter de te perdre, je ne pourrais jamais supporter de vivre sans toi. Il venait d’en faire l’expérience. Il ignorait comment il avait pu survivre à ces deux jours d’horreur. Il se demandait comment il était encore en vie, alors qu’il avait agi sans penser aux conséquences, se fichant ou non d’y laisser la vie. Il s’était fichu d’y rester parce qu’elle n’était pas à ses côtés. Plus jamais il ne voudrait vivre ça. Plus jamais il ne voudrait ressentir ce vide, ce froid, cette peine incommensurable. Ne jamais plus. Elle était la meilleure chose qu’il lui soit arrivé dans toute son existence. Sa mort avait été la pire. Il garderait un souvenir amer de ce jour, il garderait des marques aussi, car ses blessures physiques finiraient par guérir, toujours sur sa peau pour lui rappeler ce qu’il avait fait pour elle quand il l’avait cru partie. Ce qu’il avait pour elle, son fol amour. La femme qu’il aimait, et la femme qui l’aimait en retour. L’amour n’est réel que s’il est partagé, n’est-ce pas ce que l’on dit ? Il voulait bien y croire, ce qu’ils avaient eux lui semblait plus réel que tout ce qu’il avait pu vivre jadis. Plus réel que ce qu’il avait vécu avec Ciena. On ne peut comparer que ci qui est comparable, mais il avait l’impression de ne jamais avoir connu pareil sentiment, pareil émotion. Tout était si fort. Elle était son tout, son monde et son univers. Elle était sa vie, sa destruction et sa salvation. Elle était tout.



It's good to be king like a conqueror

I can feel the weight, I can feel the weight of the world.I can feel the pressure, I know the pain and the hurt[...]I will not run when destiny comes, It's good to be king

Parchemin envoyé Jeu 23 Juin - 23:12

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Je suis : Dezaia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 18/07/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1249 hiboux. J’incarne : la sublime Sarah Gadon , et l’avatar que je porte a été créé par : © class whore . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : D.M. - P.L - L.G. - Z.S. Je parle en : #996666



Je suis âgé de : vingt-neuf ans (20.01.62) , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Mère au foyer, ex-psychomage, et Médicomage pour l'Ordre du Phénix J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : Je suis mariée avec les Leader de l'Ordre, Skander Lupin. (le 8 juin 1991) Champ Libre :

Maman de quatre enfants (Antigone, Orion, Finlay, Sirius) et belle-mère de Victoire.

Elle a été agressé par un loup quand elle a eu 24 ans et garde de forte séquelles vis à vis de la violence et du sang, la rendant parfois inoffensive ou trop agressive, tout dépens de l'enjeu.

malle

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ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
Only know you love her when you let her go
And you let her go



3 JUIN 1990 – POUDLARD

La douleur. Tout était douloureux. Quand on ne s’attend pas à de tels effluves de vie, on souffre, on a mal. C’est ainsi. Mais qui peut vraiment savoir ce que c’est de souffrir quand on ne souffre pas vraiment. Elle était pourtant heureuse de souffrir. Bien plus heureuse. Complètement en joie. Elle ne pouvait pas le montrer. Trop occuper à chercher un air salvateur qui lui rendrait la vie, qui pourrait lui rendre un semblant de vie avant de la reprendre rapidement. Elle n’était pas une poupée de porcelaine qu’on devait garder sous verre, elle détestait être prise de la sorte. Prise pour une chose fragile qu’elle était, mais la blonde avait toujours refusé d’être fragile. Parce qu’elle ne voulait pas subir de traitement de faveur. Pourtant à la mort de Clarissa, Robb s’était fait une joie de la voir comme l’unique objet, l’unique chose précieuse qui lui restait. Mais bien avant cela, bien avant encore… Elle ne savait pas la blonde qu’elle était le seul enfant possible du couple parce qu’elle avait ravagée, si ce n’est pas massacré sa mère lors de sa naissance. Elle ne savait pas que son état d’enfant unique était sa seule faute. Sans quoi elle s’en voudrait bien plus. Sans quoi elle abandonnerait les armes de son égoïsme en se croyant unique pour ses parents, se rendant compte enfin qu’elle n’était qu’un lot malchance et de souffrance. Elle était sans doute née sans bonne étoile, pour que la vie ne lui réserve pas de répit, elle ne devait pas en avoir eu le droit. Elle devait être condamnée à souffrir petit à petit et s’éteindre comme tout le monde, dans la souffrance et la solitude. La plus grande peur d’Odette était d’enterrer ses enfants avant elle, mais l’épisode de l’avortement l’avait changé sans doute. Sans doute qu’elle avait vécu cette plus grande peur en donnant son accord à Callista, en lui accordant de prendre cette potion. Elle n’en souffrait plus physiquement, mais mentalement, il lui arrivait encore de s’imaginer le visage qu’aurait pu avoir cette petite fille. Puis, elle se souvenait qu’elle n’avait pas besoin de l’imaginer, car rien de tout cela ne serait jamais réel, parce qu’elle avait choisi de l’abandonner. Elle et elle seule. Alors, le mal qu’elle avait fait contre les autres se retournait toujours contre elle, parce qu’elle le méritait, parce qu’elle était née dans la souffrance qui avait engendré la peine et que depuis, elle rependait ce genre de chose autour d’elle. Inlassablement. Suicide, disparition, mort fictive. Tout était entre ses mains et les plus mauvais choix qu’elle faisait… Ils avaient cette incidence sur les autres, cette incidence néfaste. Elle était néfaste pour les autres, ne méritait rien pas même la vie. Et pourtant.

Elle souffrait de cette vie qui reprenait possession d’elle. Du sang qui commençait lentement mais surement à réchauffer ses veines à délier ses muscles, bien que sa peau soit de glace et son visage de porcelaine. Elle n’avait que ses yeux et ses cris pour évacuer cette douleur. Comment un enfant pouvait-il ressentir une pareille douleur sans qu’on ne sache rien ? Elle ne savait pas, mais elle était bien décidée à vouloir le comprendre tant ça la faisait elle-même souffrir. Des tremblements violents plus ou moins réguliers. Elle n’avait pas que la seule peine de la naissance, elle avait accumulé la peine des autres, cette peine qu’elle avait entendue autour d’elle. Des supplices, des aveux. Elle avait tout emmagasiné dans sa tête. Tout résonnait en son sein et elle ne pouvait pas sortir, sa gorge encore serrée par la mort, ses cordes vocales faibles. Elle était encore endormie de partout, son corps n’était qu’un pantin, on pouvait bien en faire ce qu’on voulait, elle était incapable de parler correctement, de bouger et de parler. Elle n’avait que ses pensées. Réveillée mentalement depuis près d’une heure, elle pensait comme tout le monde avait retrouvé cette perception du monde. Mais pas les gestes qui l’accompagnent. Pourtant, ses yeux ouverts remerciaient l’heure tardive, remerciait la lune. Pour une fois et sans doute la seule fois de sa vie. Parce que la lumière n’était pas agressive et qu’elle avait l’impression de pouvoir mieux appréhender la suite dans l’obscurité. Mais elle ne pense à rien d’autre qu’aux mots qui sont enfouis dans sa tête. Ces mots qu’il avait dit par simple désespoir. Ceux qui sont vrais, car on regrette tellement de ne pas avoir eu le temps de le dire. Elle savait qu’elle était idiote d’avoir fait ça. Mais devant son choix, elle s’était rendu compte que sans cette potion, elle y serait véritablement passée, car la Greyback n’était pas du genre à laisser sa meilleure ennemie s’en sortir comme ça. Parce qu’elle était une Moody, que longtemps Odette avait été une rivale dans le travail ! Et que c’était l’occasion rêvée de la tuer pour tout ça plus sa relation avec le Lupin. Tout était aligné pour qu’elle tombe au combat. Mais elle avait choisi Odette, de mourir de sa propre main temporairement. Plutôt que définitivement de la main d’une Greyback. Peut-être devrait-elle passer devant des médicomages, devant les deux leaders comme une gamine. Peut-être devrait-elle encore travailler avec Aries pour améliorer la potion, rendre ses effets plus courts. Peut-être que cette potion serait la solution à de situations bien complexes, mais pour l’instant, elle se contenait de vivre, de respirer, d’entendre, de sentir le toucher de sa peau contre ses mains glacées. Les mains chaudes de l’homme de sa vie dans les siennes, elle s’accrochait à cet espoir que tout est marché correctement qu’elle n’ait rien loupé pour la suite, qu’elle ne soit pas devenue quelqu’un d’autre qu’elle-même. Elle avait besoin de savoir, de savoir si elle était comme avant.

Pourtant, sa priorité était de le prendre contre elle. De lui faire comprendre que malgré toute la peine, que malgré tout le mal. Elle était là qu’elle serait toujours là à ses côtés, parce qu’il était hors de question qu’elle ait une vie sans lui et qu’il ait une vie sans elle. C’était hors de question. Mais croiser enfin son regard fut plus que salvateur. Oui, elle ne le voyait que vaguement, les larmes dansantes dans ses yeux, la vie reprenant son court malgré tout. Elle avait si mal d’être en vie, mais elle était si heureuse de pouvoir enfin le serrer contre elle. De longues minutes qu’elle attendait emprisonnée d’elle-même. Et enfin, elle pouvait le regarder, elle aurait tellement voulu lui dire que tout irait bien, que tout allait bien, mais elle avait si mal, si mal de vivre. Elle ne pensait pas dire ça un jour avec tant de réalisme, mais elle souffrait tellement. Cependant, la faible force de ses bras combinés à l’envie de le prendre contre elle. Cette force mentale qui se révélait être un point avantageux, un atout pour la Moody. Cette force parlait pour elle. Même faible, elle préférait le serrer contre elle. Amoureuse à en crever plutôt que d’attendre sagement qu’il dise quoi que ce soit. Elle sentait son parfum, elle sentait la chaleur de sa peau, elle avait vu ses billes noisette. Elle ne demandait rien de plus pour l’instant, elle ne demandait rien de plus que lui. Peut-être plus tard viendraient le moment où elle ajouterait vouloir voir ses enfants. Leurs enfants. Mais pour l’instant, elle se contentait de le serrer, encore et encore contre elle. Inlassablement, alors qu’il prenait la mesure, qu’il passait une main douce dans son dos ! Elle cherchait son souffle, mais il était là, apaisant malgré toute la bestialité qui sommeillait en lui. Il était là. Simplement là. Elle cherche ses mots, son souffle et sa raison. Elle ne pouvait pas vivre sans lui, c’était définitivement impossible. Pourtant des sons, de faibles sons sortent de sa bouche pour se glisser contre son oreille. Il est doux tendre, une main dans ses cheveux blonds pour la calmer. Pour montrer qu’il est là. Mais elle le sait désormais qu’il sera toujours là. Parce qu’il voulait passer sa vie avec elle, il l’avait dit. Et elle le voulait plus que n’importe qui en ce bas monde. Personne ne pourrait leur enlever leurs envies, leur bonheur naissant. Mais elle lui dit, elle a besoin de lui dire qu’elle l’aime. Elle l’avait hurlé dans les méandres de son esprit et désormais, maintenant qu’elle reprenait vie, comme un automate dont la clé avait été remontée, elle pouvait lui dire combien elle l’aimait. Les mots saccadés, les pleurs, la faible étreinte. Elle s’en fichait, elle lui avait dit et elle n‘avait besoin que de ça, que de lui.

Mais on comprend simplement que la vie est précieuse quand on la perd. Quand on perd la mesure ou les êtres qui nous son cher. Des personnes qui disparaissent sans jamais revenir. Tous les deux, ils avaient subi des pertes. Presque les même. Une mère, un premier amour, des amis de longue date. Ils avaient perdu la même chose et pire encore, ils s’étaient presque perdus. Mais le temps révolu, le temps qui reprend son cours, comme si la ligne de vie s’était arrêtée quarante-huit heures plutôt pour elle et qu’elle reprenait comme un aparté, comme une bulle d’air coincé dans une gorge. Elle était en vie et si ça pouvait rendre les gens en colère contre elle. Si les gens pouvaient avoir de l’animosité face à son geste, face à ce mensonge. Elle s’en fichait, parce que tout serait légitime, plus que légitime. Elle le savait, la colère serait légitime et elle baisserait la tête, les yeux, l’échine cambrée en s’excusant à qui voudrait bien l’entendre et peut-être après les gens comprendraient. Mais les gens, elle n’en avait que faire. Il n’y avait que lui qui comptait vraiment, qui ne pouvait que compter dans son esprit. Il était là, il serait resté là. Mais si ses cris, ses sanglots bruyants se calment, ses larmes ne cessent de couler inlassablement alors que ses poumons se réhabituent à l’air ambiant, alors que sa peau reste encore gelée. Il s’écarte, il s’écarte un peu pour enfin voir son visage. Elle le voit lui, malgré tout, malgré toutes les larmes et elle ne peut s’empêcher de sourire, un maigre sourire perdu entre toutes les émotions. Elle était là. Elle était revenue, principalement pour lui, parce qu’elle refusait de le perdre. La main dans ses cheveux vient se poser sur sa joue dans un geste tender, les larmes l’ennuient, mais elle le sait. Il n’est jamais agréable de voir quelqu’un qu’on aime pleurer. Elle peine à soutenir son regard, elle peine, car elle comprend qu’il a les yeux encore rougis de la peine qu’elle lui a infligée. Elle voulait lui dire qu’elle allait bien, mais ses cordes vocales étaient encore endolories par les sanglots. Elle avait si mal de faire le moindre mouvement. Quand il vient l’embrasser, rapidement, passionnément. Elle ne peut rendre qu’une faible pression à ses lèvres, s’assurant que ses yeux puissent parler pour elle. Oui, elle l’aimait, oui malgré les apparences tout allait pour le mieux. Il ne pouvait pas le savoir et elle avait l’impression qu’elle allait devoir tout réapprendre de la vie. Parler, marcher… Ce genre de chose qu’elle devait enseigner à ses enfants… Alors qu’elle passait par une période qu’ils avaient connue il y a peu. Mais elle n’avait besoin que de lui à ce moment pour se sentir en vie, pour sentir la vie douce et pas la vie qui lui faisait mal au corps. Elle se fichait de perdre son souffle dans ce baiser. Elle se sentait heureuse d’être là, comme toujours avec lui, mais un bonheur nouveau. Un bonheur partagé, sans non-dits.

Mais désormais, ils allaient peut-être pouvoir penser un eux, rien qu’un peu. Juste pour faire des projets, avoir quelques projets d’avenir, s’imaginer une vie qu’ils mériteraient une fois la guerre finie. Parce qu’il ne faisait trop, il ne faisait toujours trop pour ceux qu’il aimait. Et si l’Ordre était une seconde famille pour beaucoup de personnes, elle voulait être dans sa famille, la première la plus importante. Combien de temps cela prendrait-il ? Elle s’en fichait. Elle avait juste besoin de savoir que son avenir et le sien seraient liés dans une valse foule, lente, mais passionnée d’un amour partagé qu’elle ne voulait jamais voir s’éteindre dans ses yeux. Il était hors de questions que l’avenir ne se profile pas devant eux. Ils en avaient le droit, plus que personne, parce qu’ils étaient pareils, parce qu’ils se ressemblaient, qu’ils avaient encore besoin l’un de l’autre. Comme une drogue. Une putain de drogue dont on a besoin pour continuer à avancer. Et l’amour était la pire des drogues douces, une drogue qui vous rend dépendant chaque jour passé en compagnie de l’autre vous rend attaché. Incapable de faire un pas si l’autre n’est pas devant vous ou dans votre dos. Parce que c’était important, c’était important pour elle. Elle avait cru comprendre, durant toutes les minutes à entendre ses paroles que ça l’était pour lui. Que l’avenir pourrait se dessiner entre eux, parce qu’elle avait besoin de lui. Il devrait faire attention, parce qu’elle ne voulait pas le perdre. Et toutes ses envies, tout ce qu’elle désirait, tout ça s’appliquaient également à sa personne. Parce qu’il était important l’un pour l’autre. Parce qu’il n’y avait qu’un adage qui la prenait quand elle pensait à eux : Together is better. Parce qu’ensemble, ils étaient tout. Et que l’un sans l’autre, il n’était rien, ou presque. Parce que ça la faisait vivre, parce qu’il était amoureux d’elle. Qu’elle l’avait entendu ! Et désormais, elle n’avait plus besoin qu’il lui dise. Elle le savait sincère, elle le savait vrai. Parce que ce genre de paroles, on ne les dit pas sans conséquence. Elle l’aimait depuis longtemps, elle l’avait dit depuis ce même temps, mais il avait besoin de sentir les choses, de les vivre pour les dire. Alors, elle savait que cette personne qu’elle enlaçait était la chance de sa vie, l’homme de sa vie, cette personne qu’on chercher inlassablement sur terre et pour qui votre monde s’arrête, votre monde s’arrête et il devient votre monde pour le reste de votre existence. Il était son tout, son univers et son avenir.

Elle ne pouvait plus avancer sans lui, mais désormais la vie était supportable, la folie semblait avoir fait place à quelque chose de plus… Simple, à quelque chose qui ressemblait plus à Odette. Mais les langues de vipères n’y voyaient rien. Juste une occasion de cracher sur ce qu’ils étaient et ce qu’ils resteraient. Une main autour de lui vient s’accrocher à l’arrière de son cou. Alors que leurs fronts se touchent, la chaleur ne la reprend pas encore, elle tremble comme une feuille, mais elle est contre lui tout contre lui. « Mon amour.* » Il le souffle, dans un français qu’elle comprend, un français qu’elle est heureuse d’entendre. Les premiers mots qu’il lui dit, elle les entend cette fois, elle les vit, parce qu’elle est vivante en face de lui. Lui, simplement lui. Alors pourtant, qu’une main s’accroche à son t-shirt. Elle refuse de tomber de cette table. Elle refuse comme toujours de montrer sa faiblesse. Parce qu’il était si fort lui. Toujours trop fort pour elle. Mais elle veut être à la hauteur, être à sa hauteur pour ne pas paraitre fragile, parce que c’est ce qu’elle est fragile. Elle ne voulait plus l’être, aussi forte que lui, que la bête. Parce que si elle pouvait la supporter, l’affronter n’était pas encore dans ses objectifs, mais un jour peut-être devrait-elle y faire face alors qu’elle ne le désirait pas. Mais elle fond, elle fond alors qu’elle est glacée. Sa voix, se murmure, qu’elle avait entendu durant de longues minutes, qui lui assurent cette fois, de vive voix. « Je t’aime. » Ses lèvres bougent, mais les mots demeurent muets, elle n’a pas vraiment de voix, mais elle se force encore une fois, qu’importe que son souffle ne soit pas encore totalement revenu, il était là. Il venait de lui dire, alors qu’elle prétextait ne pas l’attendre, elle l’avait attendu. Elle avait attendu cette phrase, secrètement, sans jamais vouloir le presser, ni le heurté à la réalité. « Aussi. » C’est tout ce qu’elle est capable d’articuler sans que ça ne lui ravage la gorge. Pourtant, l’incendie semble se résorber. Elle a mal, mais tout devient soudainement plus supportable depuis qu’il la prise contre lui, tout semble différent. Si c’était ça la vie douce, elle valait le coup d’être vécu, surtout si c’était à ses côtés, elle n’avait définitivement pas besoin d’autre chose, elle savait où elle avait signé et elle était désormais satisfaite de l’avoir fait. Elle souffrirait encore par moment, mais qu’importe, il y avait plus que leur souffrance individuelle, il y avait ce tout, ce « eux », qui était définitivement plus importants que leur personne seule.

Pourtant, elle est témoin des grimaces qui parcourent ce visage si près du sien. Elle les voit, mais difficilement, encore gelée, elle voudrait tellement arrêtée d’être comme ça. Mais la potion avait encore pour elle, des surprises inattendues. Trop inattendu. Mais l’effet de la friction sur son bras, dans son dos. Elle tremble, mais tente de se contenir désormais, se rendant trop compte qu’il s’inquiète, elle doit se réchauffer. Et peut-être faudrait-elle qu’elle s’enveloppe dans quelque chose. Mais elle n’arrive pas à dire autre chose, pas à faire part de sa pensée. Elle est encore trop retournée par ce qu’il a dit, ce qu’il a fait. Elle l’aime tellement, mais elle est incapable de le montrer, de le dire. Elle tente de se calmer. Mais c’est plus fort qu’elle, malgré qu’elle soit contre lui, malgré tout ça… « Ne me refait jamais ça. »  Sa tête va de gauche à droite. Non, elle ne referait plus jamais ça plus jamais. C’était tellement dangereux, c’était trop dangereux, mais la caresse dans ses cheveux, tout était réel, tellement réels qu’elle ne pouvait que se confondre en excuse dans le regard qu’ils soutenaient mutuellement. Non, elle ne ferait plus jamais ça. Plus jamais ça. « Ne me refait jamais ça putain. »  Sa tête reprend encore un non physique. Puis elle reste accrochée, toujours accrochée à lui de toute façon. Elle ne pourrait définitivement plus s’en défaire. C’était hors de question, elle ne pouvait pas. Elle ne pourrait plus. « Jamais » murmure-t-elle entre deux bouffés d’air moins bruyant. Elle reste contre lui toujours blanche, le sang ne semblait pas vouloir revenir dans les parties de son corps, rien ne semblait vouloir revenir, comme si quelque chose avait merdé, mais elle ne savait pas quoi. Elle avait beau réfléchir aussi vite que possible, sa présence l’empêchait. Presque parce qu’elle cherchait plus à la réconforter lui qu’elle-même. « Quoi que tu aies fait, c’était dangereux, et stupide. » Eh oui, ça l’était vraiment, mais il y avait des circonstances atténuantes selon elle. Plus elle y pensait, plus elle y serait passée si elle n’était pas tombée comme ça après deux éclairs de mort. Elle serait surement morte pour de vrai, si elle n’avait pas fait ça. Et pourtant. Et pourtant, l’effet avait été le même pour tous les gens qui l’aimaient. Ils avaient souffert inutilement. Mais elle n’arrive pas à sortir un mot. Parce qu’elle sait que c’était de son fait qu’elle était morte de la sorte. Et pourtant, il ne la lâche pas. « Ne me refait jamais ça, je t’en supplie, sinon je vais finir par devenir cinglé. » Elle tente en vain de resserrer sa faible étreinte, mais chercher doucement ses lèvres, tendre, plus calme. Elle est encore irritée par l’air, ses muscles sont encore endoloris. Et pourtant, elle veut le toucher. « Tu me rends fou, te perdre… c’était… » Une pause. Elle que l’ouvrir est quelque chose de compliqué, elle sait que pour lui, c’est quelque chose de compliqué. « Je ne pourrais pas le supporter. » La main blottie dans le cou de Skander glisse sur sa joue humide. Malgré tout. Malgré la douleur dans sa gorge. « Je suis là. M-a. Maintenant. » Elle était là, et pour toujours désormais.

Pourtant, rien ne daignait se passer comme prévu. Un vertige pourtant, elle aurait dû vite se remettre sur pied. Mais contre lui, elle ne se sent pas perdre pied. Elle ferme juste les yeux, grelottant une nouvelle fois. Faible dans sa voix qui est presque totalement déliée désormais. « J’ai tellement… froid, Skander, j’ai froid. » Elle avait froid, c’était réel, voilà bien cinq minutes et elle peinait tant à se réchauffer. Mais elle ne se doutait pas qu’elle pourrait autant souffrir du manque de chaleur. Puis elle regarde du coin de l’œil la pièce. Tout était transformé pour garder un corps au frais pour éviter la décomposition. Il faisait trop froid. « Dehors. » Murmure-t-elle. Il fallait qu’elle aille dehors, s’en était fini d’inspirer l’air moite du château, il allait presque faire jour, et elle voulait voir le soleil se lever. Elle avait es envies de mourante, et prendre une potion de régénération sanguine ne serait surement pas trop, mais elle ne savait pas comment s’exprimer. Elle caresse sa joue. « S’il te plait. » Un supplice, un murmure, elle souhaitait vraiment se rendre à l’extérieur. Parce qu’elle ne se sentait plus à l’aise ici. Ici, c’était son endroit de morte, elle voulait vivre, elle voulait vivre dehors et ne pas mourir de froid à l’intérieur. Elle ne voulait plus jamais le laisser, plus jamais.



This isn't the separation that hurts me
why think separately of this life and the next when one is born from the last.... Time is always too short for those who need it, but for those who love, it lasts forever.


Parchemin envoyé Sam 25 Juin - 4:36

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Je suis : GALLIFREYS, aka Lexie , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 02/08/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1821 hiboux. J’incarne : Oscar - sexy - Isaac , et l’avatar que je porte a été créé par : moi-même, Gallifreys . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Gideon Peverell, Astraea Black, Avia Spdumore. Je parle en : #ff3333



Je suis âgé de : 36 années perdues dans la tourmente de la lune. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Leader de L'Ordre Du Phénix, à plein temps. Je suis un ancien auror et ancien homme de main pour la Main Noire, mais surtout un ancien espion. J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : je suis en couple avec une blonde répondant au nom d'Odette Moody. Champ Libre : ancien alcoolique - ancien auror - leader de l'Ordre du phénix - fumeur - ancien drogué - papa de plein de gamins (Victoire,Orion, Antigone, Finlay, & Sirius)
malle

Dossiers du ministère
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raise your wand
 








ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
"The worst part is that I never told her I loved her. Not once. I was too scared. Too scared that... Somehow, saying it would make it real... And change everything. But now I'll never have a chance to take that next step with her, because she's gone."



3 JUIN 1990 - POUDLARD

Elle était en vie. Vivante, elle respirait, son cœur battait, et même si sa peau était encore plus froide que la mort elle-même, elle vivrait. Elle pourrait vivre encore des belles et longues années. Elle pourrait voir grandir ces deux petits anges, elle pourrait les aimer, et leur donner tout ce dont ils avaient besoin. Elle vivrait. Elle pourrait continuer, reprendre le cours de son existence. Mais ce n’était pas comme si rien n’avait changé, au contraire : tout avait changé. Pour lui, tout avait changé, il avait fallu qu’il la perde ne serait-ce qu’une seconde pour se rendre compte qu’il avait fait d’elle son essentiel. Elle avait outrepassé les murs et les barrières pour arriver jusqu’à lui, se battant où lui aurait abandonné. Elle s’était battue pour ce qu’il était, refusant de céder à la peur qui le saisissait lui. Cette peur de la perdre par sa faute, soit à cause de la bête, soit à cause de ses actes, ce qui s’était finalement concrétisé, comme un véritable cauchemar. Il avait ressenti plus de douleur pendant ces dernières quarante-huit heure qu’il n’aurait jamais cru en ressentir. Ce sentiment si semblable au lendemain de la Purge, ce jour tragique où il avait réalisé qu’il avait tout perdu, ou presque. La douleur était comparable, la peine aussi – mais la colère en ce jour avait été bien plus forte, nourrie, forgée par la bête qui sommeillait en lui. Si avant de servir l’astre lunaire le sorcier était déjà bien impulsif et colérique, la morsure n’avait fait qu’aggraver la chose. Mais elle parvenait à produire l’impossible, en sa présence, c’était ce qu’il était et avait toujours été qui prenait le dessus, le sorcier arrogant, souvent sarcastique mais toujours protecteur envers ceux qu’il aime. Il peut être stupide, con, ou même méchant, mais lorsqu’il réalise que quelqu’un compte pour lui, alors cette personne peut s’assurer sa protection pour le restant de ses jours. Elle était devenue si importante en si peu de temps, la fulgurance des sentiments et des évènements en parfaite contradiction avec ce qu’il avait vécu jadis avec Ciena, un amour lent et des années pour se trouver. Mais il ne voulait rien comparé, car il voulait oublié Ciena, maintenant qu’il l’avait vengé, il pourrait être en paix avec lui-même sur ce sujet, et ne jamais regarder par-dessus son épaule en nourrissant des regrets sur ce qu’ils auraient pu et dû être. Il était las de perdre son temps avec des regrets.

Cesser de perdre son temps, car il réalisait ô combien les instants pouvaient être éphémère. La guerre rendait l’instant plus précieux que jamais. Le temps cette denrée rare qui vous glisse entre les doigts sans que vous ne puissiez rien y faire. Le temps s’écoule à la même vitesse, mais c’est l’esprit qui donne parfois l’impression de ralenti ou d’accélération. La perte d’Odette avait rendu ces quarante-huit dernières heures affreusement longues, des semaines aux yeux de Skander – la plus dure et longue nuit de pleine lune à ses yeux, il avait cherché Cassiopeia pendant des heures, ne regrettant rien de ce qu’il avait fait, tentant de se persuader que c’était la bonne chose à faire. Il avait commis l’irréparable avec Priam, mais il savait que c’était déjà trop tard pour eux. C’était voué à l’échec depuis le début, deux loups qui jamais n’auraient dû se croiser, qui jamais n’auraient dû nouer quoi que ce soit. Il avait brisé ce lien le soir du bal, en l’attaquant, il l’avait brisé une fois encore durant ces deux jours de perdition. Il ne regrettait pas – pas encore. Mais le regretterait-il un jour ? Car si elles n’avaient pas réellement tué Odette, elles avaient voulu sa mort ; c’était suffisant pour le loup. Suffisant.  Car Odette lui suffisait, attenter à sa vie ou vouloir le faire était une atteinte à elle, à ce qu’elle était, avait été et pouvait être – ça il ne le tolèrerait pas. Il savait qu’il aurait à se faire un sang d’encre à chaque fois qu’elle irait en mission, et vice versa. Les affres de la guerre, ses tourments et ses peines. Mais viendrait un jour où le monde aura basculé : en bien ou en mal. Il s’était toujours vu mourir au combat si les choses venaient à mal tourner, mais elle remettait en cause cette notion de sacrifice. Il ne cesserait pas de se battre pour l’Ordre, sauf s’il voyait qu’à un moment cela brisait ce qu’ils avaient mis tant de temps à construire. Il n’aurait jamais pensé avoir cette réflexion un jour. Il y a ce que l’on fait pour ces idées, et puis il y a ce qui surpasse le reste : ce que l’on fait pour les personnes que l’on aime, ces choses que l’on fait pour sa famille. Car c’était une famille qu’il voulait – il lui avait promis d’essayer d’être à la hauteur de sa demande, d’être un père pour les enfants, pour Antigone, pour Orion – si la réaction de Robb l’en avait un peu refroidi, maintenant il savait que l’avis des autres n’importaient pas. Que ce qui comptait c’était eux, et la chance qu’ils se donnent. Il avait appris à croire, à croire en eux, en l’avenir. Skander n’était pas le genre d’homme qui croyait au hasard, ou même à la chance, il pensait que chaque personne avait le cours de son destin entre ses propres mains et qu’à elle seul lui appartenait le choix de décider quoi faire du temps qui lui était impartie. Le temps, toujours ce temps. Tout n’était qu’une question de temps à la fin. Du temps que l’on se donne. Du temps que l’on prend. Du temps que l’on perd aussi.

Elle est gelée jusqu’à l’os, sa peau encore morte, comme si le sang ne parvenait pas à circuler efficacement. Il se demande s’il souffre sans oser poser la question. Car il connait cette réponse, elle souffre, elle suffoque, cherchant l’air. Elle tremble. Rien n’est pire que d’avoir froid. Le froid vous glace et vous paralyse peut vous endormir, et finir par vous tuer à petit feu, dans votre sommeil. Jamais il n’avait été très frileux, pourtant il détestait les nuits de pleine lune en hiver, sachant très bien qu’au réveil, il serait gelé jusqu’à la moelle, car si le loup abaissait ses capacités de résistance. Elle, elle était restée froide pendant quarante-huit heure, aussi froide qu’un cadavre sans vie puisse l’être, il faudrait du temps pour qu’elle se réchauffe. Il ferait de son mieux pour qu’elle aille bien, convoquant Gabrielle au milieu de la nuit s’il le fallait, elle ne pourrait pas lui en vouloir de faire preuve de maturité pour une fois. Car il n’avait jamais été très mature dans ses relations avec les gens. Il l’était en tant que Leader, il avait toujours eu cette capacité à compartimenté les choses – il avait tenté de séparer sa vie privée et l’ordre, mais finalement, ça ne faisait qu’un. Sa vie était entre ces murs maintenant – pourtant il savait que cela ne durerait pas. Il savait que cela ne serait pas éternel, les mangemorts leur avaient donné du répit, mais pour combien de temps ? Dans combien de temps seraient-ils aux portes de Poudlard, prêt à en découdre, prête à tuer n’importe quelle âme qui vive, ne faisant aucune distinction. Le risque n’était pas négligeable, l’Ordre avait pris en compte les risques, la sécurité de ses murs avaient été planifié par les aurors qu’ils avaient été pour certains d’entre eux, bien sûr leur savoir n’égalerait jamais celui de leur maitre à penser : Dumbledore qui avait réussi à faire de Poudlard une école imprenable. Un jour viendrait où ils devraient se battre pour ce qui était devenu leur chez eux, leur maison. Il espérait que ce jour-là, les pertes seraient minimisées, qu’ils eut été capable de voir plus loin qu’eux, d’anticiper, évacuant ceux qui n’avaient rien à faire sur un  champ de bataille. Il espérait avoir cette clairvoyance. Il espérait que cela attendrait encore un peu, car l’Ordre n’était pas encore prêt à être battu sur son propre terrain, ils avaient encore un long chemin à faire. Il espérait de tout son cœur que ce jour n’arrive jamais. Il ne voulait pas voir Odette en danger, ni même Antigone et Orion  - car combien de familles avaient fini par trouver refuge ici ? Trop sans doute pour que la situation soit sous contrôle. Poudlard était une cible facile, prioritaire – encore une fois, tout n’était qu’une question de temps. Où ? Ici. Quand ? Là résidait le danger et l’inquiétude. Combien de temps de répit auraient-ils encore ?

Elle était ce qui comptait pour lui maintenant. Il l’aimait, il venait de lui dire sérieusement, dévasté par sa mort, et l’instant d’après soulagé qu’elle soit en vie. Ce revirement de situation était à leur image, inattendu. Car ils l’étaient ça, inattendu. Jamais personne n’aurait parié sur eux deux. Qui aurait pu ? Rien en commun de prime abord. Rien du tout, il était serpentard, elle serdaigle, sept années d’écart – la seule fois où ils auraient pu se voir s’était grâce au père de celle-ci, c’était comme ça qu’il l’avait vu la première, comme ça qu’il n’y avait prêté aucune intention, car à l’époque une entre toute la retenait. Comment parier sur deux personnes qui ne se supportent pas ? Elle n’avait pas supporté le récent loup trop alcoolisé, à juste titre, et lui n’avait guère apprécié la sorcière arrogante et brute qu’elle avait été à cette rencontre. Comment parer sur eux, si ce n’était pour perdre de l’argent ? La rencontre suivante confirma la première impression, ça ne passait pas pour leur caractère car ils restaient campé sur leurs positions, leurs avis, sans être capable de se comprendre. La rencontre suivante fut celle qui changea tout. Absolument tout. Il avait oublié l’arrogante sorcière pour n’y voir que la jeune femme familière, laissant derrière lui le loup alcoolique. Elle avait accepté de ne lui tenir rigueur de rien, se laissant approcher par cet homme bien différent. Tout était partie de là, il avait dû oublier ce qu’il était, ce bourru au grand cœur qui ne se laissait jamais approché pour qu’elle puisse être capable de voir au-delà de tout cela. Elle savait lire entre les lignes. Elle l’avait apprivoisé, ils s’étaient apprivoiser, découvrant à mesure que  leurs blessures n’étaient pas si différentes. La perte d’une mère, la perte de leur amis, un loup qui bouleversait leur vie et changeait tout, la perte de l’être aimé. Deux parcours parallèle qui jamais n’auraient dû se croiser. Pourtant l’attraction avait été là, gravitationnelle, physique – ce champ magnétique qui l’avait empêché de quitter ses yeux. Il réalisait qu’il avait baissé sa garde à la seconde où elle avait refuser de croire ses paroles quant au fait d’être un monstre, elle avait voulu rester. Il ne pouvait lui faire aucune promesse rien, pourtant elle était restée. C’était à ce moment-là, après ce premier baiser qu’il avait craqué ; complètement, mettant des semaines à s’en rendre compte – ou plus encore. Maintenant c’était trop tard, il savait que jamais plus il ne pourrait se défaire d’elle impossible, il l’aimait. Il le lui répètait, ne sachant pas si elle avait entendu ses propos. Il le lui répèterait s’il le fallait. Je ne peux pas vivre sans toi, tu as changé ma vie, et tu la rendu supportable. C’était, un fait immuable, la réalité. Elle était nécessaire et vitale.  

Il cherche ces mots qui ne sont que pour elle, il cherche ces mots qui ne seront jamais rien qu'à elle. Mon amour, deux mots de sa langue natale qui sortaient plus naturellement que le reste. C'était des mots qu'il ne disait qu'à elle. Comme ces je t'aime, ils n'étaient que pour elle, il ne l'avait jamais dit à personne d'autre. A personne d'autre de vivant. Qu'il croyait. Il avait cru se lamenter sur le corps de Ciena, ne sentant plus de souffle, ni de pouls, il avait lâcher ses mots dans un soupire de désespoir. Mais cela ne changeait rien pour lui, C'était Odette la première à l'entendre de vive voix, elle était la première pour laquelle il abaissait sa garde jusqu'à mettre son âme à nu. Il n'attendait aucune réponse à se smots, parce qu'il savait que c'était réciproque. Il n'était pas du genre à réclamer ces mots, pourtant, quand elle lui répondit, « Aussi. »  Il sent sa difficulté à articuler, comme si cela faisait souffrir de parler. Je sais Mon amour, je le sais, pense-t-il alors. Il sentait que les mots étaient  n'étaient pas nécessaire à ce instant, tout ce dont il avait besoin c'était d'elle, et il espérait égoïstement que c'était réciproque. Elle avait plus important que lui dans sa vie, il y avait ses enfants, mais il espérait être capable de lui apporter le soutien physique et moral dont elle aurait besoin après cela, se soignant à ses côtés. Car la blessure restait ouverte et béante, ce vide qu'elle venait de combler par sa vie, mais la ciatrice resterait. Il craindrait encore plus de la perde, de la voir souffrir, il craignait que sa peur ne devienne toxique. Il voulait tout pour elle, le meilleur, sans jamais lui causer de torts. Il devrait se raisonné. Lui, le loup impulsif songeait à se raisonné. Elle était une magicienne pour réussir à lui mettre ça dans la tête. Elle était devenue la constante improbable mais nécessaire de sa vie. Il ne voulait plus jamais avoir à revivre cela, il n'était pas certain d'être capable de tenir le choc. Pendant quarante huit heures, il avait perdu les pédales, s'il devait passer sa vie sans elle, il finirait par en mourir ou devenir ce qu'l avait toujours craint d'être entièrement : le monstre. « Jamais »  Tu as plutôt intérêt. Si elle devait disparaître, rien ne pourrait l'apaiser, absolument rien, ni personne. Il avait toujours détester l'idée d'être dépendant de quelqu'un, mais maintenant qu'il l'était totalement, ce n'était pas si déplaisant que cela. s'il s’enchaînait à elle, par des je t'aime, alors cette forme d'esclavage était bien douce et agréable, ele arrivait à surpasser tout le reste. Elle transcendait même cette lune - arrivant à laisser la bête derrière lui. « Je suis là. M-a. Maintenant. » Il la serra un peu plus encore. Elle devait y rester, et ne jamais partir, plus maintenant. C'était trop tard,la marche arrière impossible.

Elle était gelée jusqu’à la moelle, son sang n’avait pas circulé dans son corps depuis quarante-huit heure, normale qu’elle soit gelée. Elle grelottait. Il avait envie de la prendre contre lui, la serrer, d’avantage, sans pour autant lui faire du mal, elle semblait si fragile – il avait peur de la briser. Car oui, si pâle, si blanche, ni froide – elle semblait à peine capable de tenir debout, de garder les yeux ouverts. Il la serra doucement contre lui, son essentiel entre ses doigts.  « J’ai tellement… froid, Skander, j’ai froid. » Ces mots. Ils sont assassins. Ils sont comme une lame en plein cœur. Comme une lame assassine qui fait revivre les pires moments de sa vie en une fraction de seconde, la mort de Ciena, ces mots qui faisaient écho aux siens. Il manque de la lâcher. Il manque de reculer et de la lâcher. Mais peut-il faire ça ? Il lui avait promis de rester à ses côtés, de ne jamais aller nulle part, il n’avait pas le droit de l’abandonner, il devait faire face à ses peurs, pour elle. Cette peur de la perdre qui faisait écho à la perte de Ciena, il devait vivre avec. Pour elle. Il venait d’y faire face. Les mots d’Odette sont douloureux, brutales, elle ne se rend pas compte du mal qu’elle lui faisait avec ses mots. Mais il ne lui en tenait pas rigueur, elle ne pouvait pas savoir – elle ne savait rien de Ciena, elle ne savait rien d’elle. Elle connaissait son existence, mais ne savait rien d’elle. Absolument rien, si ce n’était que Skander l’avait perdu et qu’il s’en estimait totalement responsable. « Dehors. » Dehors ? Elle voulait quitter cette pièce ? Il comprenait ce besoin de partir de cette pièce, lui aussi n’avait pas envie de rester ici. Cette pièce était affreuse, le symbole de sa mort, pourtant…c’était une pièce importante : celle où il avait déposé son cœur sur la table. Cette pièce où il avait dit tout ce qu’il avait sur le cœur, se fichant des conséquences, car… Elle était censée être morte. Elle était censée ne jamais se réveillé. Avait-elle entendu ce qu’il lui avait à cœur ouvert ? Il ne savait pas, pire il s’en fichait – il savait que maintenant qu’il avait réussi à dire les premiers mots il arriverait à parler.  « S’il te plait. » Sa main glacée caresse alors sa joue bien plus brulante. Leurs contacts électriques ne cesseraient donc jamais ? Alors s’il devait en être ainsi. Il comprend son désir de sortir, mais ce n’était pas sa priorité. Il voulait s’assurer qu’elle allait bien, il voulait s’assurer qu’elle était saine et sauve, qu’elle n’avait rien d’autre.  Sa santé, sa vie, c’était ce qui comptait. Il en prenait toute la mesure. Sa vie, il n’en avait compris l’importance qu’à travers sa mort.

Sa seconde chance inespérée. Lui qui ne croyait en rien la tenait pourtant au creux de ses bras. Il n’avait aucunement envie de lâcher prise. Il n’y avait plus lieu de lâcher prises – ils étaient ainsi, ensemble – c’était tout ce qui comptait. Il mentirait s’il savait dire où ils allaient, car il n’en savait fichtrement rien. Il n’était pas le genre de sorcier à faire des plans pour son avenir, il était le genre de sorcier qui mettait sa mission avant tout. Il avait des plans pour l’Ordre, pour les missions, mais jamais pour sa vie. Les plans ne lui ressemblaient pas. Pourtant, avec elle, il était prêt à le faire. Prêt à changer pour elle. C’était la première fois qu’il était prêt à changer pour quelqu’un. Elle était unique – totalement unique.  Si unique qu’il voulait la protéger. Elle avait besoin de se réchauffer. Alors, il l’écoute alors, décidé à la sortir d’ici. Il se sait faible à cause de sa blessure, Gabrielle le tuerait si elle le voyait faire cela. Il se dégage doucement d’elle, pour passer un bras dans son dos, un autre sous ses jambes. Il grimace de douleur, mais n’en dit rien. C’est avec son bras blessé qu’il soutient son dos. Il se fichait d’avoir mal, si c’était pour elle. Elle avait beau être légère comme une plume, il peinait à la garder stable dans ses bras. L’infirmerie est encore vide à cette tardive de la nuit, ou à cette bien matinale. Il n’y a encore aucune agitation dans le château, qui semble en deuil depuis deux jours déjà. Il sentait cette atmosphère et n’arrivait à s’en défaire, alors qu’elle était dans ses bras. « J’ai tellement froid ». Ces mots résonnent encore dans son esprit torturé. Elle n’allait pas bien. Que devait-il faire pour qu’elle aille bien ? Sortir était-ce raisonnable ? Il n’en savait rien, il n’avait jamais été un homme de raison.  Sans elle il avait perdu la raison, cette fragile raison qu’il avait réussi à regagner auprès d’elle. Fragile raison. Pourquoi tenir à rester sain d’esprit si soudainement votre monde s’écroule ? Son monde était debout, mais vacillant. Son monde était à bout de souffle et gelée. Son monde parvenait difficilement à parler. Son monde avait été ébranlé par cette mort. Il avait été ébranlé par ce qu’ils avaient été. Si son histoire avec Ciena avait été simple, et la plupart du temps sans histoire, il semblait avoir vécu plus de drames et de prise de tête avec sa blonde qu’avec sa brune en des années. Intense, forte, c’était ce qui caractérisait leur relation. S’il l’avait cru éphémère, maintenant il savait qu’il se trompait. Il s’était demandé ce qu’elle avait de plus que les autres, ce qu’elle avait de différent. Tant de choses, à la fois semblables et différentes. C’était ce leur caractères qui les avaient désuni qui faisaient maintenant leur force. Il avait cru ne jamais parvenir à la supporter jurant de ne  jamais cesser d’être arrogant ou désobligeant vis-à-vis d’elle, le voilà qui maintenant se jurait de ne jamais cesser d’être à ses côtés. « Je n’irais nulle part », pas sans toi. Il le pensait, sincèrement, honnêtement, véritablement. C’était vrai : tout était vrai.

Il fait face à sa douleur, l’oubliant pour elle. Alors qu’ils traversent l’infirmerie. Il  s’arrête près de ce qui était le lit. Bien qu’il la dépose sur le sol. Il ne lâche rien. Ni son regard, rien. Elle est si belle, et pourtant, quand il est prêt il sent ce froid. Rapidement, il se saisit de la couverture sur le lit et la met sur ses épaules. Elle semble si fragile, prête à se briser en deux. Il prend alors la mesure de ses actes et de ses choix. Il ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable de ce qui était arrivé. C'était ici, qu'il aurait dû passer le restant de sa nuit selon Gabrielle. Une part lui disait qu’il aurait dû la poser sur le lit, la couvrir, et appeler quelqu’un pour qu’elle soit examinée. Mais une fois encore, elle mettait à genoux sa volonté. Cette volonté mise à rude épreuve par cet amour fou qu’il lui portait, qu’elle lui portait. Car la magie résidait ici : l’amour partagé. L’amour vrai, et sincère. Il réalisait que tout était aussi simple que cela. Faisant usage de volonté, il la porte alors de nouveau,  elle devait voir le soleil.  Ils sortent alors de l’infirmerie, il la soutient, décidé à ne pas la lâcher, bien que son corps puisse être mis à rude épreuve. Elle voulait sortir – prendre l’air, respiré de nouveau. Elle ne l’avait pas dit, mais c’était ainsi qu’il voyait la chose. Elle avait besoin d’un souffle frais. Ses pas les conduisirent dans les escaliers, complètement vide. Poudlard au milieu de la nuit était complètement différent. L’Ordre l’avait déjà changé, et la nuit, rien n’était pareil. Skander aimait cette quiétude dans la pénombre, elle était plutôt rassurante car il savait que pour l’instant elle était en sécurité entre ses murs, et dans ses bras. Il sait que la peur de la perdre ne le quittera jamais, il doit apprendre à vivre avec. Quand on craint de perdre sa fin heureuse, cela signifie qu’on l’a trouvée, qu’on l’a enfin trouvée. Ils ne croisent personne. C’est sans doute mieux comme ça, il ne voulait pas avoir à expliquer sa survie. Il voulait la comprendre d’abord, il voulait comprendre ce qu’elle avait fait, et pourquoi l’avait-elle fait ? Même s’il devait en être blessé, il devait le savoir, comme une étape vitale dans sa vie. Il n’y a que le souffle de la sorcière, celui du loup, et le bruit de ses pas qui fendent le silence. Rien, personne, juste eux contre le monde entier. Car ce monde ne voulait pas de ce « eux », Robb n’en voulait pas, c’était un obstacle bien suffisant. Bien sûr qu’il n’était pas assez bien pour elle. Bien sûr qu’il n’était pas à la hauteur. Bien sûr qu’elle méritait bien mieux. Mais il n’y a pas de place pour la raison au travers des sentiments ; il joue l’égoïste de voit ce qu’elle lui apporte : du changement, des perspectives, de l’amour, une famille. Elle lui apportait ce dont il avait toujours manqué.  Ils quittent le dédale de couloir pour finalement sortir au grand air ; la nuit ne va tarder à se retirer, que déjà on voit poindre sur l’horizon par-delà les collines, au-delà que lac noir le soleil. Le soleil était salvateur pour lui, il annonçait la fin de la lune, et le début de quelque chose d’autre. Il se fichait du lever du jour pourtant, car il n’y a qu’elle qui compte réellement, son seul soucis, sa seule préoccupation à cet instant. Il se fichait de l’Ordre, de la guerre, de ses choix et des conséquences qui en découlent. Il baisse les yeux vers elle, toujours dans ses bras, et dit avec douceur, « Ca va tu… » Regardes-moi, dis-moi que ça va. Il voulait l’entendre prononcer ces mots. Il voulait qu’elle aille bien. Il n’a pas le temps d’attendre sa réponse, et esquisse une moue énervée. Cette putain de douleur, le dernier « cadeau » de Cassiopeia Greyback – cette folle était finalement morte.

Il se sent faiblir, mais refuse de la faire tomber. Elle était une poupée de porcelaine entre ses mains, au moindre choc il avait l’impression de pouvoir la briser. Il sent alors son corps le trahir. Il aurait dû écouter Gabrielle et se reposer, son bras en écharpe. Au lieu de cela, il avait mis ses émotions à nue, l’avait porté à travers le château. Mais s’il souffrait, il savait que ça en valait la peine. Ils en valaient la peine. Alors qu’il sent qu’il ne va plus pouvoir la tenir, Alors il descend une marche pour s’y asseoir difficilement sans la lâcher. Alors qu’elle est assise sur ses genoux en biais, il sent que le poids que supportait son épaule était désormais apaisé. Pour l’instant. Il n’avait pas envie de voir l’état de ses bandages sous le t-shirt, sachant très bien qu’il y aurait crise à l’instant où il rentrerait, ses plaies finiraient sans doute pour sa rouvrir. Il y a cette plaie qui ne se refermerait jamais, celle de son cœur meutrie par cette « morte », il savait que même si elle était là, il ne pourrait jamais oublié. Qu’il craindrait encore plus pour elle, qu’il ne le faisait déjà. Assise sur ses genoux, ses jambes vers la droite, il la tient avec une main sur sa hanche, la tenant pour éviter qu’elle ne bascule, pour éviter qu’elle s’en aille.  Il ancre son regard dans la sien. Bien que blessée il porte les stigmates de son combat. Ce bandage sur l’avant-bras pour cacher la morsure désespérée de la louve.  De sa main et caresse alors sa joue, avec une tendresse qu’il n’a que pour elle. Il l’embrasse alors, d’abord tendrement puis avec plus de passion. Il cherche ses lèvres, mais fait attention à ne pas la laisser y perdre son souffle, elle luttait tellement pour le retrouver. Quand ses lèvres quittèrent les siennes, il resta pourtant proche. Près comme la distance pouvait être nocive. « Tu… tu vas voir, ça va aller mieux. » Dit-il, l’enserrant de ses bras pour la réchauffer. Il l’attire à elle, incapable de la regarder soudainement dans les yeux. « J’ai tellement… froid, Skander, j’ai froid. » Il ne peut chasser l’image de son esprit. Il s’imagine la corps d’Odette dans ses bras, sans vie. Il la serre alors, avec force. Il ne veut pas la perdre. « Tu n’auras plus froid. » Il cache son visage dans ses cheveux, humant son odeur, cette escence d’elle. Ce parfum enivrant. « Plus jamais. » Plus jamais je ne te laisserais arriver au seuil de la mort. Plus jamais il ne pourrait la laisser. Plus jamais il ne pourrait la regarder partir en mission – ô grand non jamais.  Alors que son visage se perd dans ses cheveux il dépose un doux baiser dans ceux-ci. Ces mots l’on détruit, il s’en rend compte. Ces mots rendaient ces peurs réelles.  Ils sont à l’aube d’un nouveau jour dans leur relation. Il le sait, il le sent. Il murmure à mi-voix, juste pour elle, mais aussi pour lui, « Je n’irais nulle part. » Et toi non plus, où que tu ailles, je te trouverais, je te protègerais, je n'échouerais plus, plus jamais. Je te le promets. Il se sentait obligé de le lui rappeler, cette promesse qu’il avait eu l’impression de briser en lui disant qu’il était las d’elle ; un mensonge qui lui avait tant coûté. C’était leur premier lever de soleil côte à côte. La première fois que la lumière les éclairait ensemble. La première fois. Il ne voulait pour rien au monde que cela soit le dernier lever de soleil de leur vie. Il voulait encore en vivre une infinité d’autre. Il voulait s’endormir à ses côtés et s’y réveillé. C’était un sentiment nouveau. Ce sentiment de ne plus être capable de se passer d’elle – cette réalité à la fois belle et tragique : il pourrait vivre et mourir à ses côtés.


It's good to be king like a conqueror

I can feel the weight, I can feel the weight of the world.I can feel the pressure, I know the pain and the hurt[...]I will not run when destiny comes, It's good to be king

Parchemin envoyé Lun 11 Juil - 23:51

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Je suis : Dezaia , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 18/07/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1249 hiboux. J’incarne : la sublime Sarah Gadon , et l’avatar que je porte a été créé par : © class whore . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : D.M. - P.L - L.G. - Z.S. Je parle en : #996666



Je suis âgé de : vingt-neuf ans (20.01.62) , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Mère au foyer, ex-psychomage, et Médicomage pour l'Ordre du Phénix J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : Je suis mariée avec les Leader de l'Ordre, Skander Lupin. (le 8 juin 1991) Champ Libre :

Maman de quatre enfants (Antigone, Orion, Finlay, Sirius) et belle-mère de Victoire.

Elle a été agressé par un loup quand elle a eu 24 ans et garde de forte séquelles vis à vis de la violence et du sang, la rendant parfois inoffensive ou trop agressive, tout dépens de l'enjeu.

malle

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ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
Only know you love her when you let her go
And you let her go



3 JUIN 1990 – POUDLARD

Elle n’avait que faire des on-dit et du temps qui passe. Tant que ce temps pouvait être passé à ses côtés. Odette se fichait bien de comment il pouvait passer. Parce qu’elle avait simplement besoin de lui. Ce besoin vital qu’elle cherchait plus que n’importe qui d’autre. Parce que c’était une personne importante. Et le mot restait faible, l’importance était bien outre passée par ses sentiments. C’était à la vie à la mort pour lui. Elle crèverait pour lui, tellement de fois qu’il faudrait pour le maintenir en vie. Elle avait besoin de le protéger, parce qu’elle l’aimait. Certes, elle n’était pas la plus agréable des personnes, mais elle avait besoin de lui tellement besoin de lui qu’elle ne pourrait jamais le laisser partir. Elle avait mal de ne pas le voir revenir d’une mission. Elle avait mal de le voir revenir blessé, alors qu’elle savait que la lune soignerait tout. Alors qu’elle savait que ce penchant sanguin était aussi salvateur que geôlier pour lui. Il se détestait de tout son être pour cette monstruosité qu’il cachait en lui. Elle, cette blonde, elle avait décidé de l’accepter quoi qui lui en coute, car elle aimait l’homme. Entier, complet avec son sale caractère et ses idées de révolutions. C’est cet homme qui l’avait permis d’ouvrir les yeux sur sa condition de fuyarde qui l’avait encouragé à apprendre de ses erreurs. Et elle l’avait fait, elle avait senti quelque chose, elle n’avait pas fui, elle était restée là déterminée à ne plus jamais le laisser partir avant lui. Peut-être s’était-elle rendu compte avant lui qu’elle était mordue de cette personne si indispensable. Surement. Et elle ne regrettait pas. Il était là dans les bons, les pires moments et elle serait là dans ses pires moments comme dans les meilleurs. Ils construiraient leur avenir, ensemble, côte à côte. Car c’est ce qu’elle voulait plus que tout au monde, vivre avec lui, comprendre ce qu’il était l’apprivoiser encore plus qu’il ne l’était déjà. Comprendre ses pires tourments, passer outre et n’aimer que l’homme qui la rendait heureuse de vivre. Cet homme qui lui donnait envie de vivre et qui la faisait se lever le matin, juste pour voir un éclat de joie dans le fond de ses billes brunes. Juste pour ça, elle pourrait encore vivre de belles années, tant qu’elle serait à ses côtés. Parce que c’était ce qui importait pour elle à cet instant, ce « eux » qu’il n’était pas prêt à laisser partir, même si la mort – d’apparence – l’avait prise pour toujours. Il était encore là, à ses côtés, même s’il était persuadé qu’elle ne reviendrait pas. Et pourtant, l’art occulte des potions avait causé bien des tourments au cœur de son malheureux amour. Mais si elle s’en voulait, elle savait que son geste n’avait pas été vain, car sans cela y aurait-il eu un miracle de la part d’un quelconque dieu. Surement pas. Elle serait partie sans jamais pouvoir revenir vers lui.

Et pourtant, bien que gelée, elle est là, juste pour lui. Parce que Odette, elle est amoureuse de lui. Elle ne sait pas ce que ça va donner à l’avenir. Mais une chose est certaine, c’est qu’elle entre voit un avenir avec lui, que cela plaise aux gens ou pas. Elle avait cette perspective qui se dessinait devant ses yeux comme elle pourrait prendre le temps de dessiner un paysage à l’instar de Clarissa durant ses jeunes années. Elle aurait voulu lui sourire. Lui dire que tout irait bien qu’elle était morte de son plein gré et que désormais il lui fallait du temps, un peu de calme et de l’amour pour se remettre complètement. Peut-être que dans un mois les séquelles seraient toutes parties, qu’elle aurait retrouvé l’usage parfait de ses muscles, qu’elle pourrait parler sans souffrir. Mais là, elle sentait déjà que la mort était loin d’elle. Elle n’arrivait pas encore à articuler convenablement, mais elle était juste capable de sentir sa gorge se dénouer, de sentir ses yeux s’ouvrir sans qu’elle ne force dessus. Elle ne sentait plus l’air entrer dans ses poumons. Plus rien ne le faisait souffrir. Désormais la douleur était supportable. Il n’y avait que ce froid qui la prenait et qui la tuerait si elle restait dans cette pièce. Parce qu’elle savait que les diverses personnes ici avaient sans doute dû refroidir l’air de la pièce, magiquement pour que rien n’arrive à un cadavre, mais elle ne l’était plus et l’air ambiant lui ferait plus de bien qu’elle ne voulait le croire. Mais il y avait cette personne si chère à ses yeux qu’il fallait rassurer, qu’il fallait panser. Parce qu’elle ne l’avait en rien épargné durant des jours. Deux jours atrocement longs pour lui, alors que son agonie à elle n’avait duré que cinq minutes et que sa punition en avait duré quarante. Rien de comparable à sa peine, mais sans doute serait-elle aussi détruite que lui s’il venait à partir. Mais aucun des deux n’avait plus ce droit désormais. C’était un devoir pour eux que de rester en vie, rien que pour le chemin qu’ils voulaient parcourir ensemble. Il était si tendre que personne ne devait connaître cette facette de sa personne. Lui, le leader froid, bourru parfois con, un poil impulsif et parfois méchant. Mais malgré tout ce qu’on pouvait dire de lui, de tous les vices qu’il avait, elle s’en fichait, car elle les découvrait comme une chance. Pour chacun d’entre eux. C’était des défauts qui pouvaient se transformer en quelque chose d’utile à ce « eux », à cette famille qu’ils avaient désormais. Car c’était clair dans son esprit, il serait cette personne avec qui elle mourrait, avec qui elle vivrait et avec qui elle aurait cette maison, ces enfants et cette petite vie de famille qui ne convenait ni à lui, ni à elle. Mais rien ne les empêchait d’essayer d’atteindre ce but. Rien ni personne. Il n’y aurait que les limites qu’ils s’imposaient. Parce qu’elle n’avait besoin que de lui dans sa vie. Parce qu’il était désormais ce tout. Cette chose essentielle à son existence.


Elle tente tout de même de faibles sourires, oui, elle veut le rassurer, lui dire que malgré toute cette peine. C’était fini, définitivement finie. Mais elle sait ce que la mort entraine comme blessure. Elle avait vu son père à la mort de l’être qu’il avait aimé. Et elle ne voulait pas qu’il se détruise comme ça pour elle. Jamais. Pourtant, elle ne pouvait pas aller dans sa tête, lui dire que jamais plus elle ne serait loin de lui. Quitte à être comme des inséparables et mourir à la mort de l’autre. Elle le ferait, car il y avait ce fil rouge qui était entre eux. Ce fil rouge qui les liait pour plus longtemps qu’ils ne l’avaient jamais pensé. Oui, elle était ce genre de femmes, bien trop fleurs bleues et romantiques pour ne pas croire aux âmes sœurs. Elle pensait alors que depuis toujours finalement, il était cette autre part d’elle qui lui amènerait la paix. Qu’elle pouvait le faire en retour pour lui. Et que malgré les chemins qu’ils avaient choisi l’un et l’autre, ils étaient finalement prédestinés à arriver à ce résultat. Celui de l’amour et de l’attraction qui la faisait se perdre dans ses yeux. Cette attraction qui la faisait être dépendante de son odeur et de la caresse de sa peau. Qu’importe ses défauts. Qu’importe qu’il soit la bête qu’elle craint tant. Il est la meilleure chose qui lui soit arrivée de toute sa vie. Malgré les cris, les colères, les pleurs et les peines. Il était cette personne unique qu’elle ne voudrait plus jamais laisser partir. Parce qu’il l’avait promis, parce qu’elle lui promettrait et que désormais il était son tout, son existence, son présent et son futur. S’en détaché serait comme cueillir une fleur et la faire manquer d’eau par la suite. Il la faisait vivre. Ils se donnaient cette envie de vivre. Mutuellement parce que c’était ça le coin de ciel bleu que sa mère lui avait promis. Quand tu seras amoureuse, tu comprendras. C’est ce qu’elle disait Clarissa. Parce qu’Odette n’avait jamais compris l’utilité de l’amour, juste pour faire comme les autres la plus grande partie du temps. Jamais attaché à la vie à la mort à un être. Mais cette moitié d’elle, elle était encore en peine ici. Dans cette infirmerie malsaine désormais. Il faudrait sans doute quelques jours avant qu’elle décide d’y reposer le pied. Mais s’il était là, pour l’aider, l’épauler, elle serait là pour essayer d’avancer. Toujours là. Elle l’aime à en crever sur les pavés lors d’une bataille. Elle pourrait l’aimer tout le long de sa vie, elle le savait et le ressentait plus que personne ne pouvait comprendre. Car elle avait senti cette chaleur dans son cœur, la douceur de ses lèvres sur ses lèvres. Il était là pour elle. Elle voulait être là pour lui, quoi qui puisse désormais leur arrivé, ça serait eux avant les autres. Parce que l’amour faisait de vous une personne dépendante à l’autre. Pire que la drogue que l’on trouvait sur le marché parallèle.

Mais cette envie qu’elle avait de le prendre contre elle. De lui dire que tout irait bien, elle restait cachée dans ses menues forces. Elle aurait besoin de boire, de manger. Mais sa seule et unique préoccupation était le bonheur de l’homme qu’elle avait brisé sans s’en rendre vraiment compte. Ils étaient partis sur une dispute, celle qui avait presque sonné le glas de leur relation, celle qui aurait pu être fatale à tout amour et pourtant ici même. Ils se l’avouaient enfin par des regards et des pleurs. Ils s’aiment plus que personne d’autre ici sans doute. Si la jolie histoire avait pu s’arrêter ici, elle ne prenait pas en compte le temps, les enfants et les avis qui divergent sur eux. Mais dans le clair-obscur à l’orée du jour, ils avaient pu se le dire. Sans que personne ne soit témoin de l’effusion d’amour qui n’allait guère au Lupin. Sans que personne ne voie vraiment la peine qui le ravageait. Mais peut-être sa famille l’avait-elle simplement comprise, juste ces Lupins qui devaient se comprendre entre eux, comme les Moody étaient tous un peu liés. Elle pourrait pleurer. Mais elle n’a aucune larme qui veut sortir. Elle n’en a plus. Le serrer contre lui est presque un supplice pour ses muscles, mais elle s’y accroche comme s’il allait se briser, alors que c’était elle qui peinait avec la vie. Elle qui n’arrivait plus à rien faire de correct comme une marionnette qu’on actionne. Ses lèvres bougent simplement, car elle y arrive pour de simples mots. Elle a ce besoin brûlant de lui dire qu’elle l’aime. Elle a cette envie de lui expliquer le pourquoi du comment de se justifier de lui dire que tout était de sa faute. Sans quoi elle serait morte sans ménagement. Elle voulait lui dire que ce n’était pas sa faute, mais de la sienne. Celle d’être née Moody simplement. Elle voulait le rassurer même si ça devait prendre des heures, ça les prendrait grandement. Mais si c’était hors d’ici c’était encore mieux. Elle pourrait le faire ailleurs loin de l’odeur des fleurs fortes. Loin de cette funeste pièce. Même si elle était le début d’un quelque chose important pour eux. Elle restait un sanctuaire à leur malheur. Et elle ne voulait pas rester ici. Même si la main sur sa joue se brûlait presque à sentir de la chaleur, elle respirait mieux malgré les grelotements. Malgré le froid, elle respirait beaucoup mieux. Sans doute mettraient-ils des jours, des semaines à mettre cette histoire de côté, mais elle n’avait besoin que d’une chose importante dans son esprit. Sa chaleur, son amour. Elle avait l’impression de pouvoir tout supporter s’il était à ses côtés pour lui tenir la main. Elle pourrait vivre normalement malgré sa différence, malgré sa faible folie. Qu’il pourrait être normal malgré sa malédiction lunaire. Et ils seraient beaux, inséparables et forts. Parce que c’était ça qu’ils étaient et qu’ils seraient toujours. Des gens unis malgré la différence et encore plus forts avec les épreuves. Elle le savait Odette et elle voulait y croire. Tout simplement.

Mais elle ne se rendit pas compte de son hésitation, de la peine qu’elle causait par ses paroles, sans quoi elle se serait excusée sans plus de ménagements. Sans même savoir pourquoi elle aurait dû s’excuser. Elle tentait juste de survivre malgré tout. C’était le plus important pour elle. Autant survivre si c’est pour l’avoir à ses côtés. Elle ne réagit presque pas. Si elle pouvait dormir, sans doute le ferait-elle maintenant que ses voies respiratoires sont plus que calmées. Mais elle voulait sortir, sortir d’ici, allez respirer l’air extérieur, voir le soleil. Sentir les choses, ressentir à nouveau autre chose que le froid mordant sa peau et l’humidité iodée des larmes qui coulaient encore de leurs billes le long de leurs joues humides, d’une peine, d’une joie de s’être perdue et retrouvé. La belle histoire de Roméo et Juliette à la fin légèrement modifiés. Les amants maudits qui se retrouvent, et pour quoi faire finalement ? Pas grand-chose, car pour l’instant ni sa tête, ni celle de Skander ne devaient penser à autre chose que l’autre. Elle espérait qu’il serait là, juste pour la soutenir, tenir sa main alors qu’elle tenterait de marcher jusqu’à la sortie. Mais serait-elle rien que capable de marcher ? Peut-être pas. Cependant, une pointe de peine prend sa poitrine quand elle le sent s’éloigner. Si elle l’a perdu par sa stupidité peut-être, mais elle ne veut pas y penser avec ce qu’elle a entendu, elle ne pouvait pas penser à autre chose que cette vie à deux qui miroitait désormais devant ses iris azurés. Elle serait fièrement à ses côtés. Pourtant, de son état, elle ne prend pas en compte les blessures, ne sait pas ce qu’il a fait durant deux jours interminables ici. Elle ne sait pas, elle voudrait le savoir, mais elle tremble, jusqu’à ce qu’il se rapproche d’elle, une nouvelle fois. Un bras sous les jambes et l’autre dans son dos, elle tente avec bien du mal de passer un bras autour de son cou. Laissant sa seconde main s’agripper au tissu de son t-shirt. Elle voudrait l’épargner de faire ça, mais sa volonté se perds aussi vite qu’elle sent de nouveau son parfum. Elle est si fatiguée, si mal en point, autant qu’il l’est lui. Mais elle ne sait pas encore comment elle fait pour tenir de la sorte, pour ne pas mourir ici. Son monde se résumait à lui, ses enfants et encore lui. Il n’y avait pas d’autre chose que lui dans son monde et elle voulait s’y accrocher, comme si s’accrocher à la vie semblait si facile que s’accrocher autour de son cou. Pourtant, elle se rend finalement compte par le calme macabre dans l’infirmerie qu’elle a semé plus qu’elle ne l’aurait voulu : le deuil. Mais l’air ambiant qu’elle retrouva une fois sorti de la pièce qui servait habituellement de bureau lui fit du bien, sans qu’elle ne s’en rende compte de suite. Avant de retrouver le sol de pierre qui lui paraissait presque tiède comparé à sa propre peau.

Mais ses yeux suivent tout de même chaque douloureux mouvement qu’il entreprend. Rien que le sol, semble être une épreuve pour la Moody, les deux bras tendus devant-elle pour s’empêcher de tomber, il n’y a que ses cheveux blonds qui font écho aux rayons de lune, aux rayons naissants de l’aube. Le reste est sombre noire, mortifié par une perte qui n’était plus et qui ne serait probablement plus jamais d’actualité avant des années. Elle respire doucement, faiblement, mais elle s’agrippe à la couverture qu’il pose sur ses épaules. Rassurante et confiante. Elle s’accroche, mais dans le fond, elle voudrait lui éviter cet effort inutile, alors que le pas est pourtant pressé dans le château encore endormi, encore abasourdi peut-être. Mais elle s’en fiche, elle sent que son cœur bat, que son souffle est chaud et qu’il ricoche contre la gorge du loup qui se fait tendre, attentionné. Amoureux. Car désormais, pourraient-ils simplement faire comme si rien ne s’était passé ? Non, pas vraiment. Désormais, c’était plus compliqué, aucun mensonge sur ce qu’ils ressentaient l’un envers l’autre ne pourrait passer. Parce que c’était malheureusement cette épreuve qui les avait rapprochés une fois de plus, comme si cette vie à se croiser n’avait que ce point de chute pour se rendre compte de l’importance de l’autre. Elle avait déjà eu cette scène où elle pensait l’avoir perdu. Tout au début des effluves d’un sentiment qu’elle ne comprenait pas. Dans une forêt, voilà comment elle l’avait cru mort de trop longues minutes finalement. Alors comment avait-il fait pour tenir ne serait-ce que quarante-huit heures à attendre. Car à l’écoute de ses mots, elle ne voulait pas croire qu’Aries n’avait rien dit. Même si elle lui avait demandé de ne rien dire, elle pensait qu’il l’aurait fait dans ce cas-là, qu’il aurait la jugeote de le faire. Mais il n’avait rien fait. Mais les couloirs calmes, l’agitation de leurs personnes, rien ne semble faire de bruit, hormis le froissement de leurs vêtements et des étoffes qui bougent au rythme de leur pas. Elle ne mettait jamais de longues robes, pour la simple et bonne raison que souvent, elle n’était pas assez grande, juste trop petite et marcher sur le bord de celle-ci. Des petites anecdotes qui pourraient le faire rire alors qu’elle serait honteuse. Mais elle ne sourit guère que pour poser sa tête contre son torse, bercer malgré elle par le rythme de ces pas dans un moment à eux, dans un endroit qu’ils partageaient avec tant de gens qui seraient offusqués de la voir en vie, curieux et en colère. Elle le savait. Et finalement, le dédale des couloirs s’arrête enfin, alors que l’air extérieur, chaud par la saison, touche enfin sa peau, elle se permet à sourire alors qu’elle semble entrevoir que l’aube n’est plus si loin. Que tout est si près d’eux. Ensemble cette fois et à jamais. « Ca va tu… » Avec quelques difficultés, Odette tente de capter le regard du Lupin qui lui esquisse déjà une moue de douleur, se rendant désormais compte qu’il n’était pas entier, qu’il avait mal quelque part. C’était elle qui était affolée cette fois. Il ne devait plus souffrir, peu importe comment, il ne devait plus avoir mal. Et finalement là, c’est ici qu’ils s’arrêtent. Alors qu’elle trouve son regard. Elle tente de le rassurer simplement. D’une caresse, celle d’une main toujours froide, mais les extrémités du corps seraient toujours plus difficile à chauffer que le reste.

Pourtant, c’est sur ses jambes qu’elle reste assise. Calé contre son torse, la main toujours sure sa joue, sa paume plus chaude que ses doigts fins. Elle voudrait sourire, mais elle sait que la plaie est encore béante, elle le comprend bien à la vue de ses yeux rougis. Malgré toute la bonne volonté qu’il pouvait mettre pour faire l’insensible, le bourru, le con et le méchant, il restait comme tout le monde : un homme. C’était une spécificité de Lupin que d’être handicapé des sentiments. À avoir pratiqué Aries durant des années, elle avait bien compris qu’il en serait ainsi désormais. Qu’il serait à la fois compliqué et attachant de lui faire comprendre certaines choses, de lui en faire dire d’autres. Mais elle savait, elle s’engageait à souffrir et à hurler sa peine pour qu’il puisse comprendre chaque jour l’étendue de ce qu’elle ressentait, l’étendue de ce qu’elle ressentirait toujours pour lui. Si elle devait le comparé à quelqu’un, elle en serait tout bonnement incapable, car cet homme unique était le centre d’un univers qu’il avait créé par sa simplement présence. Elle s’accroche à lui, à son cou, comme elle avait tenté de s’accrocher à la vie. Comme elle s’y accrochait désormais. Parce qu’elle valait la peine d’être vécue, mais simplement s’il serait toujours là. La chaleur de la main de Skander vient pourtant toucher sa joue dans un frison qu’elle pensait ne plus jamais ressentir en partant de la tour quelques jours plutôt. Elle ferme tendrement les yeux voulant que cet instant dur toujours dans le jour qui ne saurait tarder à naître. Pourtant à peine les a-t-elle rouverts qu’elle sent la caresse de ses lèvres sur les siennes. Un baiser tendre qui n’aura donc jamais de cesse que de la rendre vivante encore une fois de plus, passant l’une de ses mains dans les boucles de jais du Lupin. Profitant du contact, de son parfum, de cette douceur qu’elle n’a vue que pour elle. Pourtant, tout a toujours ce goût passionné quand ils sont là, toujours, si bien que c’est la tournure que prend ce baiser. Un baiser qu’elle voulait retrouver à la seconde où elle avait passé en colère la porte de la tour de divination. Elle l’avait tellement cherché toute sa vie cet homme qu’elle était persuadée que c’était lui. Que c’était lui pour elle et elle pour lui. Rien de plus simple que la complémentarité des âmes. Rien de plus complexe également. Elle l’aimait et l’aimerait bien plus que tout pour le reste de sa vie. Contre lui, elle sent ses bras contre ses épaules pigés dans la lourde couverture qu’il lui avait pris. Elle sourit, son front contre le sien, un silence salvateur, juste le bruit de la nature et de leurs respirations. « Tu… tu vas voir, ça va aller mieux. » Elle caresse le haut de son dos. Elle allait déjà mieux.

« Tu n’auras plus froid. » dit-il doucement en cachant son visage dans ses cheveux alors qu’elle posait sa joue contre le haut de son crâne, bien plus qu’heureuse de l’avoir contre elle. Elle était une princesse dans les bras de sa bête. Et c’était comme ça qu’elle voulait finir, dans ses bras encore et toujours. Parce que dans le fond, elle n’avait besoin de rien d’autre que de sa chaleur, de sa mauvaise humeur et de ce petit caractère qu’elle avait tant détesté dans le passé. Aujourd’hui, c’était ces différences qui les avaient rapprochés plus ou moins convenablement. De l’histoire d’un soir en histoire. C’était la triste fatalité pour certains, mais un bonheur pour eux. Car ce couple qu’ils voulaient tant voir continué, il était là. Assis sur une marche regardant avec bien du mal l’aube et le jour pointer le bout de son nez derrière les collines entourant le domaine, devant les reflets dorés qui baigneraient le Lac Noir d’une lumière que Clarissa aimait tant peindre. Elle laisse un sourire naître sur son visage alors qu’elle reste tout contre lui. Cœur contre cœur. Elle caresse le haut de son dos perds ses doigts plus tièdes désormais dans ses boucles. Personne n’aurait pu croire ça possible il y a encore quelques mois. Elle pas du tout. Qui pourrait croire qu’elle aurait pu aimer de nouveau après une tentative, après un deuil venu trop tard. Elle était pourtant là, loin de la vie rangée qu’elle avait avec les Peakes. Près de la vie de Moody qu’elle aurait dû mener depuis des années, depuis le renouveau de l’Ordre il y a deux ans. Elle aurait dû être là depuis le début. Mais vaut mieux tard que jamais. Cette haine, cette méprise de l’un et de l’autre dans leur jeunesse avaient fait place à une tendresse et à une affection bien plus forte que n’importe quoi. De la haine à l’amour. C’était vrai et tellement beau finalement. Même si toutes ces histoires qui les entouraient été sombre. Les cœurs brisés, les enfants perdus, les sentiments réprouvés, la jalousie. Tout avait été un test jusqu’à ce qu’aujourd’hui ils puissent se le dire vraiment : ils tenaient à cette histoire quoiqu’il puisse en coûter. « Plus jamais. » Pourtant, elle ne répond pas que ça va, elle est si bien contre lui, elle pourrait s’endormir de cette façon, mais un léger rire sort de ses lippes quand il dépose un baiser dans ses cheveux. Elle est heureuse d’être ainsi, même si elle savait que le pire restait à venir, les questions du pourquoi elle a fait ça et comment. Pourquoi n’avoir rien dit à personne. Elle le sert contre elle tant bien que mal. Alors que le soleil se lève doucement, sentant un rayon lui caresser la joue. Elle se détache un peu de lui quand il annonce finalement, solennel, sérieux, mais à mi-voix juste pour eux. « Je n’irais nulle part. » un autre mince sourire qu’il peut voir cette fois, elle pose ses mains sur ses joues, l’embrassant tendrement sur le front. Pas satisfaite d’entendre cette promesse, juste amoureuse de l’avoir à ses côtés. « Jamais sans toi. » Répond-elle. Non, elle n’irait jamais nulle part sans lui, plus jamais sans lui. Alors, elle délaisse son front pour un baiser léger sur ses lèvres, chaste, pieux, mais bien plus vrai, les émotions à vif et les sentiments à nu. Elle ne voudrait jamais le perdre.

Dans le fond, elle ne savait pas ce que la vie pourrait leur réservé, mais en quelques mois, ils en avaient assez bavé et le bonheur pourrait leur tendre les bras un jour, ne serait-ce que pour quelques heures. Elle en aurait assez. Les minutes étaient de l’or qu’ils avaient le loisir de compter pour eux, pour cette histoire. Elle y croyait à cette histoire. Front contre front, elle ne veut plus jamais quitter son regard, ce regard qui lui a tellement manqué, bien que physiquement, ils soient l’un comme l’autre affaibli, psychiquement, ils étaient bien pires, mais avec la douceur méritée de retrouver l’autre différemment que sur une colère. Elle garde ses mains sur les joues de l’homme qu’elle aime. Souriante, bien que faible, elle veut rester avec lui, regardant son visage plus que l’extérieur qu’elle a tant demandé. Elle n’a besoin que de lui. Elle ne sait pas, comment lui parler sans lui faire de la peine. Elle ne sait pas comment lui dire qu’elle regrette. Bien que sa voix soit rauque, les aigus passants très mal dans ses cordes vocales, on pourrait croire qu’elle ait victime d’un lendemain de cuite bien mérité. Mais elle revenait de la mort. Simplement. Elle sut que c’était lui, parce qu’il était ce centre de l’univers. Son centre de gravité. « Je t’aime » lâche-t-elle faiblement, tendrement. Son front contre le sien, son souffle ayant retrouvé un rythme normal. Elle voudrait être sèche, mais claire dans ses mots. Parce qu’elle avait besoin de lui faire comprendre. « Jamais plus… » Elle marque une pause. « Je ne veux t’entendre dire que tu indignes de moi. C’est… » Elle baisse les yeux, honteux. « C’est moi qui ne suis pas digne de toi. » Ses mots s’étouffent dans sa gorge. Non, elle n’était pas digne de lui, parce qu’elle n’était pas capable d’être autre chose qu’une gamine égoïste et pourrie gâtée. Elle ne savait être une femme responsable que quand ça parlait de ses enfants, juste d’eux. Elle voulait s’investir dans cette relation, elle voulait tellement son bonheur quitte à oublier le sien un instant. Mais elle ne savait pas si elle y arriverait, si elle était capable. Mais pour lui, elle avait envie de s’investir de changer, juste pour lui. Elle avait besoin de lui faire comprendre qu’elle avait entendu, qu’elle savait désormais. « J’ai été stupide, tellement stupide. » Pardonne-moi. Elle voyait toute la peine qu’elle lui avait causée pour n’avoir rien dit. Elle caresse tendrement sa joue, encore et toujours. Elle voudrait tant en dire plus, mais les mots sont dans sa gorge, l’émotion la prenant. Sa voix se brise tellement. « You are the one. I can’t live without you. » Et c’était la stricte vérité, elle ne pouvait d’ailleurs pas vraiment empêcher une larme de couler de ses yeux déjà rougis. « My life without you ... would be so empty. » Elle l’aimait tellement. Elle était tellement désolée. Que tout contre lui, elle enfouit son visage dans son cou, elle n’a pas honte, mais n’a jamais dit ça à qui que ce soit. Personne n’a eu le droit à tant d’égard de sa part. Mais lui il était tout. « Je… Pardonne-moi. »



This isn't the separation that hurts me
why think separately of this life and the next when one is born from the last.... Time is always too short for those who need it, but for those who love, it lasts forever.


Parchemin envoyé Mer 13 Juil - 3:11

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Je suis : GALLIFREYS, aka Lexie , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 02/08/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 1821 hiboux. J’incarne : Oscar - sexy - Isaac , et l’avatar que je porte a été créé par : moi-même, Gallifreys . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Gideon Peverell, Astraea Black, Avia Spdumore. Je parle en : #ff3333



Je suis âgé de : 36 années perdues dans la tourmente de la lune. , et j’ai le sang : mêlé, honnêtement je ne pense pas que cela fasse une quelconque différence, je sais très bien me servir de ma baguette ! Dans la vie je suis : Leader de L'Ordre Du Phénix, à plein temps. Je suis un ancien auror et ancien homme de main pour la Main Noire, mais surtout un ancien espion. J’ai juré allégeance : à l'Ordre, et je me battrais pour celui-ci jusqu'à la mort. Mes idées ont fait de moi un fugitif et je ne regrette rien. Côté cœur, : je suis en couple avec une blonde répondant au nom d'Odette Moody. Champ Libre : ancien alcoolique - ancien auror - leader de l'Ordre du phénix - fumeur - ancien drogué - papa de plein de gamins (Victoire,Orion, Antigone, Finlay, & Sirius)
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ODETTE MOODY & SKANDER LUPIN
"The worst part is that I never told her I loved her. Not once. I was too scared. Too scared that... Somehow, saying it would make it real... And change everything. But now I'll never have a chance to take that next step with her, because she's gone."



3 JUIN 1990 - POUDLARD

Il l'aimait a en crever. C'était la première fois que ça lui arrivait - avec le recul, il souffrait de sa perte alors que leur relation était naissante de la même sorte qu'il avait souffert de la perte de Ciena après une relation longue durée. L'aimait-il plus que son premier amour ? Nul ne doute que c'était totalement différent, cette fois-ci il était un adulte accompli aux réactions souvent immatures, mais qui était capable de prendre la mesure des choses, mais aussi capable de prendre la mesure de ses sentiments. Sans doute qu'il l'aimait plus que Ciena, il avait fallut des années au jeune auror bourru pour comprendre qu'il avait des sentiments pour elle, des années et il avait fallu qu'elle meurt pour qu'il puisse réellement mettre un mot sur ses émotions. Il en était de même avec Odette, il avait fallu qu'elle meurt pour qu'il puisse y mettre les trois mots nécessaires, vitaux, et addictifs : je t'aime. S'il avait perdu Ciena au même stade de sa relation avec Odette, les choses auraient été bien différentes. Au début il avait de l'affection pour elle, puis l'affection était devenue amour avec les mois et les années. Il avait eu du mal à se construire avec elle, du mal à trouver l'équilibre délicat. Plusieurs fois ils s'étaient quitté et quand ils avaient décidés de tout mettre à plat, elle lui avait été enlevée. Il l'aimait définitivement plus que Ciena car même au début de leur relation, il parvenait à se projeter et à imaginer un avenir, ensemble, à deux, à quatre. Car Odette, il la prenait comme elle était, avec son passé, son présent, et son avenir. Comme elle le prenait lui, son passé, ses tords, ses erreurs, son monstre - elle prenait tout. Elle rendait tout cela supportable. Elle était le remède à ses maux, celle qui lui donnait l'espoir et l'envie d'aller de l'avant. Sans elle, il n'avait pas envie de vivre, pour elle et avec elle tout devenait alors possible. Elle ne faisait que rendre sa soif de se battre plus intense, cette soif de victoire, pour eux, pour cet avenir qu'ils désiraient ardemment. Eux, ceux que tout avait toujours opposé.Eux qui avaient passé leur vie à se croiser sans jamais se rencontrer. Pour eux, juste une fois, ils pourraient penser à eux. Une fois, aurait-il le droit de penser à lui ? Une seule fois dans sa vie, dans cette vie de leader ? Depuis la chute du Lord, il n’avait eu que son amnésie pour prendre du temps pour lui, ce lapse de temps court, différent, et perturbant. Pourtant, il bénissait son amnésie, car elle lui avait permis de réellement faire sa rencontre.

Est-ce à la fois possible et raisonnable d’aimer quelqu’un de la sorte ? Il en aurait douté. Pourtant, il réalisait qu’il avait déjà vu cela auparavant. Aussi détestable ai pu être son père, aussi alcoolique, aussi fou et dangereux, il était un homme avant tout. L’homme qui avait tout perdu à la mort de sa mère, l’homme qui avait perdu la femme de sa vie. Il avait été incapable de sortir la tête de l’eau pour élever ses deux fils. Cette femme pour qui il avait tout fait, tourner le dos à sa famille pour l’en protéger. Il était mort le jour où Sofia avait rendu son dernier souffle. Les derniers mots de sa mère faisaient réfléchir le sorcier, ils vont avoir besoin de toi, et toi, tu vas avoir besoin d’eux. Il avait l’impression d’avoir failli aux dernières volontés de sa mère. Il avait laissé son père sombrer, il avait laissé Lothar subir cette enfance. En sombrant son père les avait entrainé dans sa chute, en sombrant les dettes s’étaient accumulés. Sans dette, jamais ce loup garou ne seraient venu chez eux. Si Skander avait été capable de prendre soin d’eux, aucun d’entre eux ne seraient là. Son père ne serait pas mort, ni Lothar ni lui ne seraient des bêtes. S’il avait su voir la détresse de son père au lieu de l’en blâmer, tout aurait été différent. Car il comprenait maintenant, cette détresse : il avait perdu sa raison d’être. Il aurait pu devenir comme lui – il avait failli, cette idée le terrifia et le stupéfia. Il ne voulait rien avoir en commun avec ce père, pourtant il lui ressemblait tellement. Si Lothar était l’incarnation de Sofia, un calme certain, un talent culinaire indéniable, cette capacité à aimer et à pardonner, Skander était le portrait craché de son père : autoritaire, rabats joie, arrogant, sarcastique, une prédestination pour l’alcool, la difficulté à reconnaitre ses torts, il était un Lupin. Il regrettait de ne rien avoir de sa mère hormis les cheveux et le teint. Marcus avait aimé sa mère de tout son être, combien de fois Skander avait ri de son père en regardant les veilles photo de lui et de sa mère, jeune dans le sud de la France, où le Lupin et la belle française s’étaient échappé jusqu’à ce qu’il réussisse à couper les ponts avec tous les Lupin. Il réalisait maintenant qu’il était comme lui, épris d’une femme à en crever. Lui aussi, il l’avait perdu, ce fol amour, pendant quarante-huit heures. Comme il avait culpabilisé de la mort de Ciena neuf années durant – il aurait continué de sombrer lui qui avait eu l’illusion d’avoir enfin le droit à sa petite dose de bonheur enfin. Il s’en serait fichu de sombrer, les qu’en dira-t-on, les on-dits, il s’en était toujours moqué.

On prend la mesure des choses quand on les perd. On n’a jamais le droit à une seconde chance – jamais. Skander n’avait pas la seconde chance de faire une bonne première impression à Odette ; En fait, à l’époque, la première fois où il l’avait vu, elle n’avait aucune importance à ses yeux. La gamine du Boss, rien de plus. Une vie à se croiser, à avoir des à priori sur l’autre, à ne pas vouloir en savoir plus car de prime abord on a l’impression de tout connaitre de l’autre. Il avait tout cru savoir d’elle quand il l’avait rencontré avec la mort de sa mère, quand il avait voulu parlé à Robb Moody, il avait cru tout savoir de cette gamine stupide et arrogante, pauvre idiot. Quand il l’avait vu enceinte alors qu’elle était censée être morte, il n’avait pas songé une seconde à ce qu’elle avait pu traverser, juste à ce qu’il pourrait dire pour lui faire du mal. Il l’avait détesté, haït, elle l’avait insupporté au plus haut point. Il n’est pas aisé d’être détesté de Skander Lupin car il est plus dans l’indifférence quand quelqu’un ne lui semble être ni intéressant, ni important. Mais, il avait finalement eu le droit à cette sorte de seconde chance : celle de faire une bonne impression, celle de montrer qu’il n’était pas qu’un connard arrogant et stupide, celle de montrer qu’il avait un cœur. Une seconde chance cette foutue amnésie. Cette amnésie devenue salvatrice car elle lui avait permis de rencontrer quelqu’un, une femme qu’il avait passé son existence à mépriser, à croiser sans jamais vouloir aller au-delà de ces yeux glaciers et froid. Quelle erreur. Mais tout n’est pas qu’une question de chance, d’opportunité, non. C’était juste une question de timing, rien de plus. Il n’aurait pas été prêt à partager quoi que ce soit avec elle avant, si les choses auraient été différentes. Eux, tout ça, c’était une corrélation de pleins de facteur différent, propres à leurs existences propres. Il avait dû aimer, et tout perdre une fois, apprendre à vivre, apprendre à aimer pour arriver ici. S’il n’avait pas appris tout cela, jamais il n’en serait ici. Il en allait de même pour elle, il en était certain. Sa vie l’avait conduite ici, seule accompagnée de deux bambins, lui la vie l’avait conduit à être la solitaire à la tête d’une révolution. Il n’y était pas seul à cette place, pourtant tout l’éloignait d’Ekaterina. il avait sombré sous la pression, et c’était peut-être ça qui avait déclenché tout cela. La chute, la pression, la vengeance, la guerre, la mort du Lord, la bataille qui en avait suivie, la blessure, l’amnésie, cette rencontre. Il lui avait fallu déclencher une guerre civile pour la rencontrer enfin, et il ne le regrettait pas.

Il pourrait mourir pour elle. Déclencher une guerre. Tuer pour elle. Ça il le ferait sans hésiter ; il l’avait déjà fait, deux fois. Il avait tué pour elle, comme si la bête ne pouvait pas s’empêcher de faire irruption dans sa vie, comme si cette bête faisait partie intégrante de cette histoire. Elle était là, omniprésente. Il avait tué ce mangemort de sang-froid alors qu’il avait bien failli la perdre. Réalisant pour la première fois qu’il tenait à elle, qu’il l’aimait. Sans pouvoir mettre un mot sur cette émotion qui l’avait poussé à perdre le contrôle. Mais avec le recul, c’était bel et bien de l’amour, un amour fou et dément. Trois rencontres, une nuit, une dispute, et le voilà qui était tombé dans ses filets. Lui qui avait fait en sorte de ne jamais ressentir quoi que ce soit pour quelqu’un pendant neuf ans avait chuté, d’un coup. Tuer pour elle, mais qu’importe, il l’assumait. Plutôt deux fois qu’une. Cassiopeia n’était pas morte pour rien, elle était coupable pour lui. Coupable d’avoir voulu lui prendre ce qui lui était cher. Coupable d’avoir voulu prendre la vie de celle qui habitait son cœur depuis des mois court mais riches en émotion, en histoire, en sentiments. Coupable d’avoir été heureuse de voir se détresse. Coupable de folie. Coupable, parce qu’elle était une Greyback. Et qu’aucun d’entre eux ne valaient rien, des raclures de bas étages au service d’une « justice » à deux vitesses, acteurs d’un monde en décadence. Il avait laissé la vie sauve à l’une d’entre eux, par faiblesse, par humanité. Il ne faillirait pas la prochaine fois. Il tuerait encore pour elle s’il le fallait, pour cet avenir qu’ils avaient entre-aperçu. Il le voulait son morceau de bonheur, s’il devait l’arracher à la vie et se battre pour, il le ferait. Serait-il capable de mener de front une révolution, et une bataille pour leur avenir ? Sans doute car tout est étroitement lié. Sans le Phénix, ils n’auraient pas d’avenir dans le monde magique, s’ils voulaient de la magie dans leur vie, alors ils devaient se battre pour leurs idées. Serait-il capable de renoncer s’il voyait que la guerre était perdue ? Il n’en était pas certain, pourtant, si fuir la magie, vivre comme des moldus serait une solution, il la refuserait. Il aimait trop la magie, sa liberté pour l’abandonner. Ils avaient déjà tous sacrifié une génération de trop à ce monde abjecte. Il refusait de baisser les bras, aussi radieuse puisse être la promesse d’une vie ailleurs. Il voulait tout. Elle, eux, la magie, l’avenir, et la liberté. Ce n’était pas impossible. Il suffisait d’y croire, la force des convictions est bien plus importante qu’on peut le croire. S’il avait été tenté de baisser les bras plus d’une fois, maintenant il y avait cette raison supplémentaire de continuer. Leur histoire, leur passé individuel, leur présent et cet avenir commun.

Il avait regretté d’avoir tout jeté par terre la dernière fois qu’il l’avait vu en vie. La dernière fois qu’ils avaient parlé. Ces mots qu’il avait regrettés, ces mots qu’il n’aurait pas dû dire. « Je suis las de perdre mon temps », bien sûr que non il n’avait pas été las de quoi que ce soit, pas avec elle. Leur relation était à la fois intense, inédite et semé d’embuche, il n’avait pas le temps de souffrir de la routine. Ils étaient en guerre, la routine ne pouvait pas avoir sa place ici. Ils avaient passé leur temps à se croiser depuis l’arrivée de la sorcière à Poudlard, lui coincé avec ses tâches de leader. Ils avaient finalement trouvé le temps de se voir entre deux missions, et il n’avait pas trouvé de meilleure solution que de tout briser. Avec ses mots, son arrogance et sa connerie. Il regrettait, même après avoir appris qu’elle était finalement en vie. Il l’avait encore une fois cette putain de seconde chance, c’était presque insolent de donner autant de seconde chance à un homme comme lui. Il ne le méritait pas, il ne la méritait pas. C’était une vérité qu’il ne savait que trop bien. Mais il était égoïste, il s’en moquait. Elle était là, vivante, encore froide mais toujours en vie. Il serait égoïste une fois encore, mais elle était nécessaire. Vitale ; sans elle, la vie semblait ne pas valoir la peine d’être vécue. C’était réducteur pour lui, mais aussi pour ses proches, mais c’était ainsi. Il y a environ six milliards de personne sur la planète, et la seule personne dont il avait véritablement besoin était assise sur ses genoux, blottie contre lui. Il n’avait besoin que d’elle. De cet instant de quiétude, viendrait les questions, les reproches peut être. Il y a un temps pour tout. Un temps pour les regrets, un temps pour l’amour, un temps pour les prises de tête. Ils étaient passé maitres l’un comme l’autre dans l’art de jonglés avec une brutalité déconcentrant entre ces trois stades. Il était habitué à chercher le conflit, comme s’il ne pouvait exister qu’à travers celui-ci. Mais pas cette fois, il ne voulait que profiter de l’instant présent. De ce soleil qui allait pointer le bout de son nez bientôt, qui pourrait réchauffer un peu plus la sorcière. Elle était aussi froide que la mort – il avait eu si peur.  Il avait peur qu’elle veuille retourner en mission. Mais il avait aussi peur maintenant de partir en mission, et de ne jamais revenir pour profiter de cette putain de chance que lui accordait la vie. Il lui jurait qu’il n’irait nulle part – pourtant c’était une chose qu’il ne pouvait promettre, il devrait aller en mission, partir et peut être ne jamais revenir. Elle le savait. Il le savait. Cette épée de Damoclès sans cesse menaçante.  Pour réponse à cette promesse, elle dépose ses mains glaciales sur ses joues, électrisante. Et l’embrasse sur le front. Elle a le don de le rendre vivant – s’en rendait-elle seulement compte ?

« Jamais sans toi. »  Il aimerait tant. S’il pouvait rendre les armes tout de suite, leur assurer un avenir certain, alors oui, il n’irait nulle part sans elle. S’il pouvait mettre un terme à cette guerre, s’il pouvait la remporter en un coup de baguette, alors il n’hésiterait pas. Il voulait cet avenir plus sûr, plus certain. Car aussi déterminé pouvaient-ils être à vouloir construire quelque chose, ils restaient à la merci du monde, à la merci de la politique, des évènements. Mais il était trop tard pour fuir, Skander était impliqué plus qu’il ne l’aurait jamais pensé. S’il avait voulu fuir au lendemain de la Purge aux côtés de Beatrix et prendre un nouveau départ en France – il ne le regrettait pas aujourd’hui. Ses choix n’avaient pas été les meilleurs ou les plus simples, mais ils l’avaient conduit ici : debout criant à la liberté, vivant et avec elle. L’avenir était pourtant bien obscur. L’Ordre n’avait que très peu de ressource, Poudlard était une cible de choix, tout n’était qu’une question de temps avant que les mangemorts ne décident de frapper à leur porte. C’était trop facile, trop évident. Et pourtant, pour l’instant, c’était leur seule option. La fermeture de Gringotts les avaient tous mis dans un sacré pétrin car plus aucun membre de l’Ordre ne pouvait obtenir de l’argent – ils vivaient sur les réserves. Skander n’avait jamais eu beaucoup de ressource financières, mais depuis que la maison Lupin du chemin de traverse était partie en cendre, il avait l’impression de ne plus rien avoir du tout, ses galions dormants entre les mains des mangemorts. Il n’y avait là-bas aucun fortune digne d’un conte de mille et une nuit, mais quelques réserve qu’il avait pu mettre de côté malgré les erreurs et l’alcool. Les Lupin n’avaient plus rien si ce n’était des souvenirs, des photos, et les clefs d’une vieille maison dans le sud de la France où Skander n’avait pas mis les pieds depuis dix ans, où Lothar s’en allait parfois quand il ne supportait plus son aîné. Ils ne leur restaient que ça, ce n’était pas rien, mais ce n’était pas suffisant pour gagner une guerre. L’argent c’est le nerf de la guerre. Il cherche des solutions depuis des jours avec Ekaterina, tentant de faire du Phénix une cible mouvante et non plus cette cible fixe facile à atteindre. Ils doivent frapper les premiers, Skander n’en avait jamais été aussi persuadé. Devenir mobile, c’était diviser l’Ordre, ils seraient moins forts séparés, mais en sécurité. Tous ensembles, c’était trop facile de tous les éliminer. Poudlard était un refuge, il y a nombre de victime innocente comme Antigone et Orion, deux têtes blondes qui avaient commis le crime de venir au monde dans un environnement qui ne voulait pas d’eux, qui avait fait de leur famille et de leur mère des êtres recherchés morts ou vivant. Pour tout cela, ils devaient se battre pour l’avenir. Trouver une solution, ensemble, l’un avec l’autre. Sans jamais se quitter.  Plus jamais sans elle.

Il n’a rien le temps de répondre qu’elle l’embrasse une fois encore.  Ses nerfs à vifs, ses émotions exacerbées. Aussi dure puisse être les critiques envers ce qu’ils étaient et voulait être. Aussi dure puisse être Robb à son égard, ou quiconque comme Beatrix à l’égard d’Odette, cela n’a aucune importance à cet instant. Parce qu’ils sont seuls, tous les deux, au petit matin, affrontant leurs émotions, leur amour, leurs torts et leurs peurs. Sa récompense est ce sourire, faible, mais présent ; elle est là, au creux de ses bras, son cœur battant à l’unisson avec le sien. Le même tempo, alors que tous les avaient toujours mis en défaut, en confrontation, les voilà qui parvenaient à s’accorder, malgré leurs sale caractère respectifs. « Je t’aime »  Front contre front, il n’y avait qu’elle. Ses mots il avait beau les avoir déjà entendu, ils étaient perçus sous un jour nouveau. Ces mots revenaient comme d’outre-tombe, ils étaient cette seconde chance qu’il devait saisir. S’il en avait saisi l’importance avant, maintenant ils savaient qu’ils étaient précieux, symbole de l’éphémère qu’il n’appartenait qu’à eux de transformer en éternité.  « Jamais plus… »  Continue-t-elle, sa voix encore faible. Ce qui est normal après quarante-huit ans sans une once de souffle.  Il ne l’interrompt pas, il veut l’entendre, s’assurer qu’elle est bien en vie. Comme s’il avait l’impression que c’était trop beau pour être vraie, que cette chance n’était qu’un rêve. Il ne veut pas se réveiller de ce rêve, mais il craint le lever du soleil, comme si cela pouvait tout briser, comme si au final tout ceci ne pouvait être que les divagations d’un esprit brisé. Alors que non, tout est vrai, elle, eux, cette folle histoire. « Je ne veux t’entendre dire que tu indignes de moi. C’est… »  Pourtant, il n’était pas digne d’elle. Il était un meurtrier, un assassin, une bête, un connard, un con. Il était comme ça, et il le savait. Alors oui, il le dirait encore s’il le fallait mais il n’était pas digne d’elle. Il n’était pas digne d’une seconde chance de la sorte. Aussi incroyable, il s’en fichait d’être indigne d’elle, il se fichait d’être égoïste, il était ainsi. Mais elle était devenue l’essence de sa vie, cette présence nécessaire pour qu’il puisse aller de l’avant. Il l’avait perdu une poignée d’heure, il avait tant régressé, et il avait sombré, retombant dans ses vieux travers en un battement de cil. « C’est moi qui ne suis pas digne de toi. »  Elle se trompait. Sur toute la ligne. Elle était la définition même de ce dont il avait besoin, elle avait toujours agit de la bonne façon. Même lorsqu’elle avait avortée, il lui en avait voulu sur le coup puis avait réalisé que c’était la meilleure chose à faire. Ils n’étaient ni prêts, ni suffisamment attaché l’un à l’autre pour réussir quoi que ce soit. Malgré les erreurs, malgré les égarements, malgré les détours qu’ils avaient pris, elle avait été digne de lui. Alors que lui… il avait brisé son cœur une fois, deux fois, il lui avait dit des horreurs, il lui avait dit avoir été « lassé d’eux », il avait tué pour elle, laisser la bête prendre le dessus. Alors non, c’était lui qui n’était pas digne d’elle. Mais deux êtres comme eux camperont toujours sur leurs positions, blessés mutuellement par leur passé, se sentant responsable de tous les maux. « J’ai été stupide, tellement stupide. »  Il ne dirait pas le contraire. C’était stupide, insensé, inconscient, bête. Mais ça n’avait pas d’importance. Elle caressa sa joue, balayant ses colères et sa peine, elle était là, bien vivante, cela effaçait toute la colère qu’il pouvait ressentir vis-à-vis de cette stupidité de la fausse mort. Il avait l’impression qu’il prenait enfin la mesure de tout cela, de leur relation, et qu’il l’acceptait enfin. De vive voix. « You are the one. I can’t live without you. » Il esquissa un faible sourire. Ces mots lui mettent du baume au cœur, et pansent toutes ses blessures. Lui non plus ne pouvait pas vivre sans elle, il s’était senti mourir avec elle pendant ce temps funeste. Ils avaient besoin l’un de l’autre c’était inévitable. Alors qu’il voit une larme couler sur sa joue, il vient caresser celle-ci de la main, et la sèche avec douceur. Ce petit geste anodin qui pourtant avait fait le lien. Une preuve d’humanité. « My life without you ... would be so empty. » Elle la sienne le serait encore plus. Il pourrait en mourir, ou sombrerait-il comme il l’avait fait par le passé ? Rien ne pourrait combler son absence, alors même qu’ils en étaient aux prémices de leur relation, il avait été incapable de la sortir de son esprit alors maintenant… il ne pourrait jamais l’oublier, ni se passer d’elle. « Je… Pardonne-moi. » Murmure-t-elle cachant honteuse, son visage dans son cou.

Il n’y avait rien qu’il ne puisse lui pardonné en cet instant. Il aurait dû être énervé, s’emporter quand il réalisait qu’elle avait fait en sorte de paraitre morte, mais cela n’avait finalement aucune espèce d’importance. S’il avait voulu s’emporter, il ne serait pas là. Il lui suffisait de croiser ces deux biles pour que la colère s’évapore alors que jadis elle la provoquait. Bien sûr, tout pouvait changer. Mais il la pardonnait, parce qu’il l’aimait. L’amour faisait des miracles, transformant l’un des hommes les plus inconstants que vous auriez pu rencontrer en un homme amoureux prêt à tuer pour elle, prêt à mourir. Car sans l’intervention de la cinglée Rackharrow, c’était lui qui serait mort sur le pavé, aux côtés de sa victime. Il l’aurait fait pour elle, pour son honneur. Odette l’avait changé, elle avait domestiqué le loup, réussi à calmer la bête, réussi à lui rendre cette humanité qui lui avait fait défaut trop longtemps.  « Il n’y a rien… » Commence-t-il alors. Il caresse alors ses cheveux blonds, doux, il connait ce parfum par cœur désormais. D’un geste doux, mais  ferme, il se décolle d’elle, avant de saisir avec douceur son menton, la forçant à lever les yeux vers lui. Entre ses doigts, il sent que sa peau retrouve peu à peu sa température, mais il sait aussi que cela prendra sans doute du temps avant qu’elle ne soit sur pied, comme il lui faudrait du temps pour soigner ses blessures. Gabrielle pourrait hurler tant qu’elle voudrait, il ne resterait pas à l’infirmerie, il n’était plus certain de vouloir, ni de pouvoir en passer le seuil avant un long moment. Les mauvais souvenirs et cette odeur de mort qui hanterait ces lieux encore longtemps. Il capte son regard azure, ces yeux envoûtants et apaisant qui lui font rendre les armes. « Rien que je ne puisse te pardonner. » Arrête de te blâmer putain, eut envie d’ajouter le Lupin en lui. « Oui, c’était stupide. » Lâche-t-il alors, franc, comme à sa grande habitude, parfois un peu trop. Mais ils avaient assez joué sur les non-dits et les faux semblants. « Mais tu es là, on est là. C’est tout ce qui compte putain. » Sa main sur son menton glisse avec douceur sur sa joue dont la peau si blanche et froide lui donne encore des frissons. Même ainsi, elle reste la plus belle des femmes à ses yeux. Elle était unique, la seule femme à la chevelure blonde à avoir réussi à faire chavirer son cœur. Une blonde parmi toute les brunes de sa vie. Une seule, elle. Qu’avait-elle de plus que les autres ? Il n’en savait fichtrement rien, pire même… il n’en avait rien à foutre de savoir pourquoi elle plutôt qu’une autre. Tout ce qu’il voulait c’était profiter du temps qui leur était imparti. Il n’était las que d’une seule chose : de se perdre son temps en se posant des questions inutiles. Elle était unique, c’était tout ce qui comptait.

C’était magnétique, physique, magique entre eux. Magnétique car il n’arrivait pas à détacher son regard du sien. Sa main sur sa joue caressait avec douceur celle-ci tandis que son pouce venait caresser et réchauffer doucement ca mâchoire. Elle n’aurait plus froid, plus jamais – cette pensée fait sursauter Skander. Il devait chasser cette image de sa tête, la chasser à jamais s’il le fallait. Vivre dans le passé n’avait jamais été une solution viable, il y avait un avenir qui lui tendait les bras au creux de ses bras. Cette fois-ci, il ferait en sorte que plus rien ne vienne contrecarrer leur plan. Ô la douce illusion. Bientôt, il pleurerait son amie de toujours. Bientôt, le monde continuerait de basculer. Mais ils étaient là, seuls, l’un avec l’autre. Plus vivants que jamais, entre eux c’était physique, il ressentait ce besoin d’être en contact avec elle, que ça soit un simple contact de peau à peau, de corps à corps, ou un baiser. Il avait besoin de tout cela. Et finalement, c’était magique, parce qu’elle arrivait à faire ressortir le meilleur de lui. Il ne lâche pas son regard, à cœur ouvert depuis l’aube, il profite de ce qu’il a longtemps considérer comme une faiblesse pour lui faire comprendre  qu’elle a tort.  « Mais…tu es la femme qui a jamais été le plus digne de moi. » Encore plus digne qu’aurait pu l’être Ciena ? Il ne voulait ni y penser, ni entrer dans ce débat, ni mêmes les comparer. Elles n’avaient rien de commun, absolument rien. « Tu es… » Mon essentiel, ma raison d’être, mon avenir, mon âme sœur. Voici tout ce qu’il pourrait ajouter. L’âme sœur, sans doute, parce qu’après tous ces détours, ces contresens, cette haine, ils ont réussi à se trouver. « Tu es parfaite à mes yeux. » Articule-t-il. Parfaite.  Elle avait ses défauts, mais ils faisaient tous partie de cette perfection. Les défauts la rendait humaine, ils faisaient d’elle ce qu’elle était.  « Parfois insupportable, mais parfaite. » Continu-t-il avec une petite pointe d’humour. Il veut entendre son rire. Il veut l’entendre aussi souvent que possible, il ne veut plus la voir verser de larmes, ni la voir se rabaisser ou se dire indigne de lui. Plus jamais. Elle était sa perfection, ce dont il avait besoin pour survivre au départ, maintenant il avait besoin de ce qu’ils pouvaient être pour vivre. Ils avaient une avenir à écrire, aussi sombre puisse-t-il être. Il y a bien un jour où le soleil finira par chasser les nuages. « On peut passer le reste de notre vie à se chamailler pour savoir qui n’est pas digne de l’autre. » Commence-t-il alors, Ils se chamailleraient toutes leurs vies – du moins aussi longtemps qu’ils seraient ensemble. Croire que cela peut durer une éternité est une pensée folle. Mais que serait le monde sans une petite pointe de folie ? Le loup a besoin d’elle, sa Moody à lui. Son amour. Il caresse alors sa joue, avant d’ajouter, « Ou alors, on peut juste essayer de passer le restant de notre vie à essayer d’être digne l’un de l’autre. » Il n’a plus peur de dire les choses. Il n’a plus peur des mots et de leur impact. Aller de l’avant et ne plus avoir peur de rien, certainement pas de ce qu’ils pourraient devenir. C'était un défi. C’était une promesse.  




It's good to be king like a conqueror

I can feel the weight, I can feel the weight of the world.I can feel the pressure, I know the pain and the hurt[...]I will not run when destiny comes, It's good to be king

 

let her go (skandette)

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