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-You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan-
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MessageSujet: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Sam 12 Mar - 20:58

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
- erzsébet & kenan -

 



Emmitouflé dans sa couverture, Kenan dormait à poings fermés. La journée avait été longue, il avait enchaîné une matinée au Chaudron Baveur et n'était rentré qu'une heure et quart pour y retourner ensuite et travailler toute l'après-midi. Entre le brouhaha ambiant et la course entre un client et un autre, plateau à la main, autant dire que le jeune homme en était rentré lessivé. D'autant plus qu'on ne l'avait pas laissé terminer à l'heure, il a fallut attendre que le bar se vide un minimum afin que le collègue qui prenait sa relève puisse effectuer les tâches qu'on attendait de lui sans être dérangé outre mesure. Évidemment, Kenan ne serait pas payé les heures supplémentaires qu'il avait effectuées. Mais qu'y pouvait-il ? S'il n'était pas satisfait de son poste, il pouvait toujours essayer de chercher ailleurs. Et entre son parcours peu flatteur au niveau scolaire et sa pauvre expérience professionnelle, il ne serait pas aisé de trouver autre chose. Et bien sûr, il était hors de question de ne pas travailler.

Alors, c'est d'un sommeil profond que dormait le sorcier, cette nuit. Et quand Datrix vint arracher l'aimée couverture douillette, elle fut accueillie par une bordée de jurons agacés. Néanmoins, la créature ne se démonta pas et elle envoya un coup de tête dans le ventre de Kenan qui tentait déjà de se rendormir en ronchonnant.

« Ce n'est pas drôle, Kenan. »

Elle gronda sauvagement, laissant s'insinuer un râle d'avertissement au fond de sa gorge. Datrix reportait rarement sa colère sur Kenan. C'est certainement pour ça que ce dernier ouvrit les yeux, se massant le ventre douloureux.

« Mais qu'est-ce qui te prend à la fin ?
- Tu n'as pas entendu le bruit ?
- Non, Datrix, étonnamment, je n'ai pas une ouïe aussi développée que la tienne et, juste au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, hein, je dormais. Surprenant, je sais bien ma...
- Oh, arrête de geindre et bouge-toi, humain ! »

Elle claqua des dents, menaçante et se dirigea vers la fenêtre en lui intimant de regarder d'où venait le bruit. Persuadé qu'elle fabulait complètement ou qu'il s'agissait juste d'un animal nocturne qui aurait attiré son attention, Kenan se traîna de mauvaise grâce jusqu'à la source de lumière naturelle. Il ouvrit la fenêtre, frissonna quand l'air glacial s'engouffra sous son t-shirt et envoya à la volée un regard mauvais à l'éternel qui le menaçait du coin de l'oeil, sans se priver. Par moment, leur relation pouvait être tendue. Même si cela restait rare, il arrivait que Datrix sorte de ses gonds, comme ce soir. Ce qu'oubliait Kenan, dans ces moments, c'est qu'elle avait toujours une bonne raison.

« Putain ! » Le son s'était échappé avec force, tandis que la scène lui glaça les sangs, plus encore que les températures de ce début du mois de mars qu'il oublia presque aussitôt.

Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte qu'en bas, échouée sur l'herbe renaissante du jardinet des Rackharrow, se trouvait, étendue, une créature à la chevelure rousse. Sans même savoir s'il avait raison ou non, Kenan pensa immédiatement qu'il s'agissait d'Erzsébet et son ventre se noua brutalement. Il devait être aux alentours de trois heures du matin et la silhouette semblait se tordre sur le sol, du moins c'est ce qu'il avait l'impression de voir de là où il était.

Ni une, ni deux, Kenan ouvrit la fenêtre et, s'agrippant à ses rebords, escalada la rambarde d'un mouvement peu fluide, certainement encore sous l'effet du sommeil. Il n'écouta pas l'exclamation de Datrix et sauta, comme s'il était habitué à ce procédé de sortie. Quelques secondes plus tard, il pointa sa baguette sur lui, réaction intelligente avant de chuter lourdement et de se briser les os, et lâcha un « Aresto Momentum » décidé. C'était un risque, compte tenu du fait qu'il arrivait à sa baguette magique de décider par elle-même si elle souhaitait ou non exécuter les sorts du jeune homme. Mais à croire que, dans son trouble actuel, ses sentiments étaient assez définis pour que le bois de noisetier coopère. Le sorcier atterrit donc légèrement, sans la moindre douleur et tandis que son corps récupérait sa vitesse normale, il se précipita sur la jeune femme et s'agenouilla à ses côtés. Il s'agissait bien de Sissi, il ne s'était pas trompé dans son pressentiment.

« Grimstone ?! Qu-est-ce qu'il t'arrive ? »

Les événements défilaient trop vite, tout s'enchaînait à tel point qu'il n'avait pas le temps de se rendre compte de la situation.  

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Je suis : WW. , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 30/12/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 737 hiboux. J’incarne : Katherine McNamara , et l’avatar que je porte a été créé par : Gallifreys . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Nerissa Carrow Je parle en : #477C64 ainsi qu'en italique pour le fourchelang. Daksha s'exprime en #A8A8A8.



Je suis âgé de : 22 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : Joaillère et chercheuse au département R&D pour le compte des Mangemorts. J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis mariée à Kenan Rackharrow. Champ Libre :


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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Sam 12 Mar - 21:51

You're my end & my beginning.
“And now here is my secret, a very simple secret: It is only with the heart that one can see rightly; what is essential is invisible to the eye.”
- St Exupéry, Le Petit Prince.

L
e sifflement d’agonie s’échappe de ses lèvres quand elle perçoit la forme floue qu’elle reconnaît comme étant Kenan. Sa voix lui rappelle les intonations agréables qu’elle risque de perdre si elle ne parvient pas à avaler la fiole coincée entre ses doigts crispés. La respiration est difficile. Une erreur. Une bête erreur. Elle n’a pas su échapper à l’avertissement de Daksha, elle a voulu aller trop loin et pour l’arrêter, la créature a mordu dans la chair délicate. Le magie noire ne devient un problème qu’au moment où l’on y laisse trop d’énergie, où l’on s’en aliène presque pour oublier la solitude ou les regrets. Quand il l’a vue se fragiliser, au fil des heures, l’animal n’a pas hésité une seconde de plus. Le bijou a relâché une fumée nocive qui s’est mêlée au venin et elle n’a rien pu faire, rien de plus qu’un transplanage d’urgence. Elle est tombée comme une poupée de porcelaine cassée dans le jardin des Rackharrow, tremblante de cette douleur cuisante qui lui brûlait le coeur. Le muscle se contractait frénétiquement, luttant comme il pouvait contre les neurotoxines. Sur le bras de Sissi, la marque encore sanguinolente de la morsure et au bout de ses doigts fermés, les traces noires, similaires à de la suie, restées sur sa peau suite à l’implosion de l’objet ensorcelés sur lequel elle travaillait. Une magie sombre qui flotte encore autour d’elle.

Les lèvres bougent mais le sens meurt dans un fourchelangue que personne ne peut comprendre. Il n’y a pas de serpent à proximité, pas de créature capable de répondre à cet appel. Elle a perdu ses airs de froideur, les larmes roulent sur ses joues, provoquées par ce corps en détresse plus que par des émotions. Elle n’est même pas certaine d’être lucide, elle a l’impression de nager dans un de ces cauchemars dont on se réveille le coeur battant à tout rompre et les sens en alerte.

La main gauche a bougé, s’ouvrant pour accueillir la baguette qui a répondu, elle, à sa propriétaire, fidèle amie de toujours. Sortilège muet exécuté à la perfection dans une urgence affolante. Il ne lui restait plus que quelques minutes avant que les séquelles ne soient irréversibles, avant que la vie ne s’éteigne définitivement des prunelles hétérochromes. Elle n’a cependant pas la force de faire ce qu’elle prévoyait, elle n’arrive pas à tracer sur le sol le mot poison ou antidote. Rien. Seulement le gémissement douloureux et une toux qui n’en finit pas. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallut qu’elle pense Rackharrow ? Elle aurait pu tomber sur Jonah qui aurait su réagir, qui avait déjà vu le côté menaçant de Daksha. Mais non, elle avait pensé à Kenan, cet imbécile heureux incapable de comprendre ce qu’elle pouvait avoir puisqu’elle n’avait jamais eu l’idée, pas une seule fois, de lui laisser voir autre chose qu’une poupée parfaite et glacée. Quelle conne ! Si Erzsébet s’était au moins confiée sur ses pratiques douteuses, il aurait pu suivre des pistes, essayer quelque chose.. et son esprit noyé dans le venin n’était plus foutu d’aligner la moindre parole. Pour elle, il n’était rien d’autre qu’un coureur de jupons à peine compétent en magie, pour lui elle était une fille bien sage qui traçait sa route sur les chemins proprets de la joaillerie. « .. venin.. » a-t-elle soufflé, dans un ultime élan de lucidité, de façon si peu audible que seul un chien aurait pu l’entendre. Il était trop tard pour acheter une muselière à Daksha.

Sissi : #477C64
Daksha : #A8A8A8
Fourchelangue : italique.
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Open your eyes, i'm all a disguise.
I carry on like a princess, ⊹ but man i've got them fooled cause underneeth my business I'm cold, I'm hard, I'm cruel. Never gonna put a spell on me, never ever gonna bring me back, never gonna make me be something I'm not because i'm evil. (anaëlle)

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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Sam 12 Mar - 22:44

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
- erzsébet & kenan -

 



La panique commençait à le submerger. En temps normal, il agissait, il réfléchissait après. Son côté rouge et or qui ressortait, cet entêtant besoin de foncer dans le tas au risque de s'exploser contre un mur, au risque de marcher sur une brèche, d'y perdre la vie. Mais jamais, jamais il n'était allé si loin qu'il aurait impliqué la vie d'une personne qui lui était chère. Juste la sienne, dans ces moments idiots où l'adrénaline primait. Et là, il aurait bien besoin d'un bon coup d'adrénaline, puisque son cerveau s'embrumait sous les effets de la peur. Erzsébet était dans un état lamentable, à peine capable de bouger, encore moins de lui expliquer la situation. Il l'avait prise dans ses bras, dans un réflexe protecteur et tentait de suivre le mouvement de ses lèvres, de déchiffrer ces babillages inconstants. Elle sifflait, à l'instar de son effigie animalière, elle sifflait et lui ne comprenait rien. Il secoua la tête, tenta de lui dire de se calmer. Elle s'affaiblissait, il le voyait bien et il n'entendait rien à ce qu'il se passait. Une aura perceptible l'entourait, de celles qui s'installaient quand on pratiquait la magie noire, de celles qu'on ne discernait qu'en l'ayant vécu soi-même. Mais Kenan chassa cette pensée, cette impression qui n'avait pas lieu d'être : Sissi n'avait rien à voir avec tout ça et la situation devait lui embrumer l'esprit, sans aucun doute.

Les minutes défilaient à une vitesse qui lui faisait tourner la tête et lui donnait la nausée. Il discerna la marque de morsure sur le bras de la rouquine et frissonna. Mais incapable de réellement faire la transition du visuel à l'intelligible, Kenan restait là, la jeune femme dans ses bras, à patauger :

« Putain, putain, putain ... »

Il tentait de rechercher dans les recoins de son cerveau, un sort qui pourrait aider. Si la sorcière avait été mordue par Daksha, si tant était que ce fût possible, ce dont Kenan doutait d'ailleurs, il lui faudrait rapidement une solution, sans quoi, elle risquait sa vie. Si elle n'avait pas été dans un tel état, Kenan l'aurait certainement secouée dans tous les sens, après la peur qu'elle faisait resurgir en lui. Ses vieux démons vinrent le narguer tandis qu'il imaginait la jeune femme pousser son dernier souffle dans ses bras. La gorge sembla se nouer, il peinait à déglutir, et la voix tremblante, il lui ordonna dans un murmure :

« Reste avec moi, Erzsébet. »

« Kenan, sa main. »

La fiole était tombée sur le sol, silencieusement, à tel point que le jeune homme n'y avait aucunement prêté attention. Il jura entre ses dents, se maudit de sa connerie et attrapa l'antidote, décapsula la fiole avec ses dents et ouvrit la bouche de Sissi, qui, s'il en croyait la mollesse de son corps, était littéralement en train de décrocher. L'anti-poison porté aux lèvres délicates, Kenan pria pour qu'elle réussisse à avaler, pour qu'il ne soit pas trop tard. Son pouls s'affaiblissait à mesure que le cœur du jeune homme battait, en sens inverse, à une vitesse croissante.

« Bordel, ne m'fais pas ça ! Tu m'entends ? T'as pas intérêt à crever ! »

Ses mots sonnèrent comme une douce menace, tandis qu'il relevait le torse de Sissi pour placer la joaillière en position assise, le haut de son corps plaqué contre le sien. D'une main, il maintenant sa tête posée sur son épaule, de l'autre, il serrait le petit corps fragile contre lui. Elle ne pouvait décemment pas mourir. Pas aujourd'hui, pas comme ça. Pas avant qu'il lui ait dit... Pas avant d'avoir vécu.         

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Je suis âgé de : 22 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : Joaillère et chercheuse au département R&D pour le compte des Mangemorts. J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis mariée à Kenan Rackharrow. Champ Libre :


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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Sam 12 Mar - 23:59

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“And now here is my secret, a very simple secret: It is only with the heart that one can see rightly; what is essential is invisible to the eye.”
- St Exupéry, Le Petit Prince.

L
a vie s’est éteinte. Le corps s’est relâché peu après que le venin soit passé dans sa gorge, laissant échapper un dernier souffle, signe d’une fin presque inéluctable. Quelques interminables secondes s’éternisèrent avant qu’une inspiration profonde ne suive, avant que les muscles ne se remettent à réagir. Elle a ouvert ses yeux clairs sur le décor imprécis, ne sachant pas vraiment où elle se trouvait. Elle se sentait trempée jusqu’aux os, elle avait froid et rien de ce qui l’entourait ne lui rappelait quoique ce soit de familier. Elle a ensuite perçu la chaleur, cette peau contre la sienne, cette main qui maintenait sa tête si lourde. Dans le brouillard, elle essayait de rassemblait le puzzle, ne percevant pas encore les sons. L’antidote faisait son oeuvre, lentement, lui évitant une mort frôlée de justesse. Il y avait l’odeur de l’herbe et celle, qu’elle ne connaissait pas encore, de Kenan. Il y avait la lune ronde au dessus d’eux. Ronde. Elle ne devrait pas être dehors. On ne sort pas les nuits comme celle-ci, c’est dangereux, ça mettrait sa pureté à l’épreuve de malédictions si elle avait le malheur de tomber sur un lycanthrope. Rackharrow. Elle est devant la demeure des Rackharrow. Elle a transplané quand Daksha l’a mordue, elle se souvient. Et elle perçoit maintenant la douleur au bout de ses doigts qui avait été recouverte par l’effet virulent du venin. Elle ne bouge pas, elle reste sonnée. C’est Kenan, elle le sait maintenant. Elle est lovée contre lui, immobile, et malgré tout ce qu’il vient de se passer, elle se sent bien, elle se sent en sécurité. Il y a toujours ce relent de magie noire qui crépite autour d’elle mais elle s’en fiche. Elle est vivante. Elle lui doit le fait de respirer, elle lui doit chaque battement de cil jusqu’à sa mort à partir de cet instant.

Quand elle s’est décidée à bouger, ça a été pour lever le visage. Elle l’a regardé, sans un mot. Elle a contemplé ses traits, au rythme des battements de ce coeur qu’elle sentait battre contre elle. Il a eu peur, elle le sent. Le mouvement a été difficile et inattendu. Les lèvres ont rencontrées les siennes, dans une douceur impensable. Erzsébet était froide, elle était réfractaire aux contacts prolongés avec la plupart des gens, elle ne prenait jamais les initiatives quand il s’agissait de proximité.. et elle allait à l’encontre de toutes les croyances à son sujet dans ce baiser. Il y a de la chaleur, des émotions, de la vie. Il n’y a plus de barrières, à l’image de ce qu’il se passe lors de ses crises, quand elle n’a plus d’énergie à mettre dans une quelconque résistance. Pourquoi résister ? Elle était au bord d’un gouffre dans lequel elle s’est sentie plonger, elle s’est sentie sombrer dans l’obscurité.

Mais au moment où ses lèvres se sont détachées de celles de Kenan, le mécanisme s’est remis en marche, sous une brusque impulsion d’adrénaline, de terreur. Elle venait de céder à un sentiment dont elle ignorait tout jusqu’alors, elle venait de compromettre sa relation presque normale avec ce garçon insupportable, elle trahissait presque Circée en réalisant qu’elle n’avait jamais été pleinement honnête, qu’elle se mentait en agaçant toujours plus le frère jumeau. Pire, elle ressentait une forme de culpabilité à l’égard d’Irvin pour qui elle avait un immense respect, elle se refusait à perturber son fils, à mettre en danger une quelconque décision paternelle.

Elle a voulu se détacher mais elle n’en a pas été capable, l’antidote mettrait encore une bonne heure avant d’avoir entièrement accompli son oeuvre, d’ici-là elle n’était rien d’autre que l’esclave de cette frêle enveloppe charnelle qui était la sienne, elle serait prisonnière des décisions du jeune héritier à ses côtés, piégée contre lui, devant s’en remettre à ses seuls soins. Maintenant t’as plus qu’à te pendre Erzsébet, bravo !

Sissi : #477C64
Daksha : #A8A8A8
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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Dim 13 Mar - 0:55

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
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Ce moment était finalement arrivé. Celui que le jeune homme redoutait, celui qui avait appelé ses peurs enfouies dans un coin de son esprit, sous un scellé dont elles s'étaient aussitôt départies. Pour venir l'obnubiler, pour le ronger de l'intérieur et l'empêcher d'avancer, de penser, de croire. Il eut l'impression que son cœur allait lâcher, qu'il s'épuiserait de battre avec une telle force, comme on épuise les dernières ressources d'un esclave soumis, avant de le voir tomber de fatigue et s'éteindre. La vie est frêle, elle ne tient à rien. Et c'est entre ses mains, dans le creux de ses bras, que la vie cesse un instant. Sa respiration se bloque, en même temps que celle de la rouquine, il attend, silencieux spectateur, impuissant qu'il est. Il prie, soufflant une litanie agonisante. « Ne meurs pas, ne meurs pas, ne meurs pas, ... »

Et comme si elle l'entendit, comme connectée d'une quelconque façon avec l'esprit même de Kenan, Sissi s'exécuta : sous le regard perdu de son « ennemi » d'enfance, elle reprit conscience. Il la sentit bouger contre lui et n'en revint pas. Elle était vivante. L'antidote avait été administré de justesse mais il faisait effet, doucement, lentement. Tout en lui garantissant un berceau protecteur de l'un de ses bras, Kenan lui laissa une petite liberté de mouvement. Elle s'éloigna de son corps, juste assez pour que leurs regards se mêlent. Là où mille mots auraient voulu être échangés, de simples gestes suffirent à traduire leurs impressions. Kenan posa délicatement sa main libre sur la peau de porcelaine, d'un doigt, il traça le contour du coin de ses lèvres, comme absorbé par la contemplation silencieuse. Et tandis qu'il se remémorait la peur qu'il avait ressentie, il parcourut les quelques centimètres qui les séparaient pour joindre leurs lèvres dans un geste aussi inattendu que fiévreux. La conscience d'avoir risqué de la perdre définitivement semblait avoir réveillé quelque chose en lui. C'est dans cette douceur, mêlée d'une passion grandissante qui, bientôt, lui dévorerait l'âme, qu'il souhaitait se perdre. Et jamais un baiser ne lui parut plus vrai. A croire que les amourettes, que les coups d'un soir, que les étreintes qui lui semblaient alors passionnées, n'avaient plus lieu d'être ; à croire qu'elles étaient mortes, elles aussi, cette nuit-là.

Et s'ils rompirent leur étreinte, ce ne fut pas sans que Kenan en profite, quelques secondes avant de la voir s'éloigner, pour lui voler un second baiser, incapable de se soustraite à l'influence dévastatrice qu'elle exerçait sur lui. Et loin de se douter des cas de conscience de la jeune femme, loin de regretter leur geste, il sentait pourtant comme un malaise, une contradiction qu'il était bien incapable d'analyser. Quelque chose qui lui disait que, peut-être, cette nuit n'existait pas vraiment, qu'elle n'était que le fruit d'une imagination décadente et meurtrie par des peurs placées sous silence.

«  Il faut que tu te reposes. »

Son murmure était à peine audible. Lui-même se sentait terriblement fatigué. Doucement, il se leva, Erzsébet dans ses bras, maintenue aussi fermement que possible, sachant qu'il faisait de son mieux pour ne pas la blesser plus qu'elle ne l'était déjà. Elle lui semblait si fragile, ainsi démunie au creux de ses bras. Elle qui n'apparaissait jamais que sous la forme d'un bloc glacé dénué de sentiments. Discrètement, Kenan monta l'escalier en priant pour ne croiser personne. Datrix lui avait pourtant donné le feu vert mais il ne pouvait s'empêcher d'imaginer devoir expliquer la situation à son père ou sa sœur.

Ils arrivèrent sans encombre jusqu'à la chambre, où Kenan déposa sa belle sous ses draps, cette fois-ci, sans aucune intention peu catholique. Son inquiétude ne l'avait pas quitté, tout comme les forces d'Erzsébet ne lui étaient pas revenues. Le jeune homme verrouilla la porte de sa chambre et retourna au chevet de la sorcière, la recouvrant de sa couverture avec une attention toute particulière.

«  Ne me refais plus jamais ça. »

C'était un ordre, mais dit avec une telle douceur que cela ressemblait plus à une supplication. Et le voile de terreur flottait encore dans le bleu océanique de ses yeux, telle une bouée de sauvetage, vide, emportée par les flots, bien visible à leur surface. Il s'assit sur le sol, comme souvent il le faisait avec Circée ces nuits où elle ne dormait pas, tout en caressant le front de la jolie jeune femme. Peu lui importait, ce soir, les apparences, les faux-semblants, les masques inutiles. Involontairement, par la force des événements, ils découvraient tous deux des facettes de l'autre insoupçonnées. Des facettes qu'ils auraient beau s'efforcer d'oublier, qu'ils voudront peut-être ignorer par la suite, mais qui resteront inscrites dans leur mémoire.

«  Tu veux boire quelque chose ? Ou juste te reposer ? » Un Kenan attentionné, loin, bien loin, de cet écervelé beau garçon qui faisait jouer de son charme pour attirer les donzelles dans ses filets. Erzsébet n'était pas comme toutes les autres. Il l'avait compris relativement jeune. Alors qu'on se bousculait pour être son prochain rendez-vous, la norvégienne, elle, avait toujours eu à son égard cet air presque méprisant. Où était-il, ce soir ?


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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Dim 13 Mar - 13:20

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“And now here is my secret, a very simple secret: It is only with the heart that one can see rightly; what is essential is invisible to the eye.”
- St Exupéry, Le Petit Prince.

D
epuis quand connaissait-elle Kenan ? Poudlard, le premier jour. Elle avait noué une amitié indéfectible avec Circée, ce jour-là, et le jumeau avait rapidement été dans leurs pattes, parfaitement agaçant. Ils se sont accrochés au premier regard, à la première parole échangée, comme une électricité palpable dans l’air. Ca s’était poursuivi au-delà de Poudlard, au-delà de leur scolarité, ces accrochages permanents. Ils s’attrapaient pour un oui ou pour un non, incapables finalement d’exister sans les acidités de l’autre dés que leurs chemins se croisaient. Et là.. le second baiser qui attrapait ses lèvres, ses sens. Elle qui n’avait jamais embrassé personne d’autre que Jonah se sentait flotter dans des sensations nouvelles embrumées par son état de faiblesse. Elle a l’impression de trahir son amie, de trahir la confiance d’Irvin, de s’incruster dans une existence qui ne lui appartient pas, qu’elle n’a pas le droit de perturber. Kenan était un fils, on attendait énormément des fils, et ce qu’elle avait cru voir au fond des prunelles claires du Rackharrow lui a fait peur. Baiser fiévreux qui dépassait tout ce qu’elle pensait possible à son encontre de la part du sorcier. Elle a le goût de sa peau sur la langue quand il la soulève, elle a le goût de sa bouche quand il passe la porte, monte les escaliers. «  Il faut que tu te reposes. » lui a-t-il affirmé. Contre lui, elle se laisse porter, elle n’a pas d’autre choix, sonnée par cette nuit trop étrange. Les murs de la demeure étaient différents dans l’obscurité, l’ombre des meubles avait presque l’air surnaturelle et l’attention qu’elle porte sur les pièces qu’ils traversent est nouvelle.

Elle n’est pas à sa place. Elle n’a rien à faire là, elle devrait être au manoir Grimstone à se soigner, pas chez un homme qui dormait sûrement et ignorait de fait sa présence. Certes, Kenan l’invitait à entrer mais la situation lui échappait au point que tout lui semblait braver d’innommables interdits. Elle préférait faire les choses dans les règles de l’art, partir avant l’heure du dîner, ne jamais venir trop tôt leur rendre visite, rester peu de temps pour ne pas déranger. Elle était toujours polie et respectueuse. Lorsqu’il la dépose sur le lit, Sissi ne pense déjà qu’à partir. Il la couvrait, la mettait confortablement au chaud mais elle tremblait presque autant des restes de venin que d’angoisse. Elle n’était pas assez stable et solide pour se permettre d’embrasser le jeune homme et passer ensuite à autre chose, comme si de rien était.. et d’un autre côté, elle ne savait pas comment aborder le sujet. La porte verrouillée, elle n’avait plus aucun moyen de fuir. «  Ne me refais plus jamais ça. »

Il lui caresse le front. Elle est gelée. Ses doigts brûlent encore de la suie noire qui commence à réellement attaquer la peau délicate. Elle déglutit difficilement, hésitante à l’idée de se dévoiler, hésitante à l’idée de lui révéler ce dont elle a vraiment besoin. «  Tu veux boire quelque chose ? Ou juste te reposer ? »

Le silence s’étire. Elle a fermé les yeux quelques secondes, cherchant ses mots, la manière dont leur donner un sens. « Il faut que je me lave les mains.. » a-t-elle soufflé. Ca paraît surréaliste comme demande. Elle venait de frôler la mort et rien ne l’intéressait sinon se laver les mains. Elle les a sorties de sous les draps, se redressant pour être en position demi-assise et lui a fait constater les dégâts. La baguette blanche était posée tout près, provoquant un contraste profond entre la surface ivoire et la poussière sombre, presque fumeuse sur l'épiderme. « Je suis pas juste joaillière Kenan. Une bague ensorcelée m’a explosée entre les doigts.. t’as le droit de désapprouver, de juger, je m’en fiche mais si on ne soigne pas ça, ça va laisser des marques.. » La magie noire a un prix, elle a aussi toujours des effets plus néfastes que prévus quand elle n'est pas exécutée dans les bonnes conditions. Qu’est-ce qu’il pouvait y comprendre, de toutes façons.. il était aspirant mangemort, pas prodige des malédictions.

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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Dim 13 Mar - 14:20

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
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Elle lui semblait avoir du mal à se remettre, sa peau si pâle était gelée, comme celle d'une poupée de porcelaine, inanimée et prisonnière d'un silence lourd qu'une figurine ne pouvait décemment pas briser. Pourtant quand il la questionna, elle répondit. Une demande qui semblait complètement surréaliste, qui fut, forcément, accueillie par un regard perplexe, soutenu de quelque incompréhension. Il fronça les sourcils, prêt à lui faire remarquer que c'était absurde et qu'elle aurait le temps de se laver les mains tout à l'heure. Comme pour parer à ces mots non encore exprimés, Sissi se redressa et découvrit ses mains, parsemées qu'elles étaient d'une poussière sombre qui fit tressaillir le jeune homme. Comment avait-il pu rater cette information, pourtant sous ses yeux tout ce temps durant ? Une petite voix à l'intérieur de sa tête lui souffla que ça ne présageait rien de bon. Il confirma en silence, tandis que la sorcière lui expliquait rapidement : « Je suis pas juste joaillière Kenan. Une bague ensorcelée m’a exploser entre les doigts.. t’as le droit de désapprouver, de juger, je m’en fiche mais si on ne soigne pas ça, ça va laisser des marques.. » A sa mâchoire de se décrocher tandis que les mots de la jolie rouquine étaient avalés par son cerveau. Conscient de son air idiot, il referma aussitôt la bouche  et se pinça l'arête du nez, comme pour contenir un mal ou pour s'aider à raisonner.

« Attends... Quoi ? » Kenan secoua la tête, elle lui expliquerait plus tard, il fallait qu'ils se dépêchent d'enlever la suie magique des mains d'Erzsébet. Le jeune homme se leva, déverrouilla la porte le plus silencieusement possible et, d'un coup de baguette, attira à lui la petite bassine vide rangée dans la salle de bain. Qui en passant se cogna contre le mur, au grand damne du jeune homme qui avait justement besoin de discrétion. Il grimaça en attrapant le maudit bac et referma la porte à clef.

« Aguamenti. » La baguette pointée à l'intérieur du baquet désormais posé sur le lit, un petit jet d'eau le remplit tandis que Kenan enjoignit Sissi d'un regard à se laver les mains. Il fouilla ensuite à l'intérieur de son armoire, lui tendit un t-shirt propre. « Tu peux t'essuyer là-dessus, on fait avec les moyens du bord, hein. » Un haussement d'épaule, un air mi-désolé, mi-rieur. Il paraissait presque amusé. Mais la gravité de la situation lui revint bien vite en mémoire.

Tandis qu'il s'assit au pied du lit, prenant garde à se pas renverser la bassine, Datrix – rendue invisible – se chargea de pallier aux manquements de son cerveau engourdi par cette nuit déroutante. Elle ouvrit la commode en bois à côté du lit, à l'aide de sa magie, et y piocha un petit contenant en verre qu'elle porta à son maître. Ce dernier ne semblait pas prêter attention au fait que le récipient voletait dans les airs pour se poser sur ses genoux. « Ah oui », ponctua-t-il simplement en se rendant compte de l'aide précieuse de Datrix qui se coucha non loin. Kenan ouvrit la verrine qui embauma presque aussitôt la pièce d'une odeur forte, pas désagréable mais terriblement puissante et de fait, un peu dérangeante.

« C'est un onguent. Je l'utilise régulièrement pour les… blessures. » Il ne tenait pas spécialement à entrer dans les détails, ni desdites blessures, ni de la composition de la pommade, encore moins de la manière dont il se l'était appropriée. « Il n'y a pas de contre-indications à son utilisation », souffla-t-il, se voulant rassurant. Il trempa deux doigts dans l'onguent et tendit sa main libre, signifiant silencieusement à la jeune femme d'y poser l'une de ses mains blessée par la poudre explosive.

Et il repensait de nouveau à la phrase de Sissi. Elle lui avait avoué une part d'elle qu'il n'aurait jamais soupçonnée, qui expliquait d'ailleurs l'aura sombre qui l'entourait dans la jardin, qui planait encore quelque peu dans la pièce. Il avait repoussé cette idée dans un coin de son esprit en s'assurant qu'il se faisait des films, qu'il était impossible qu'une jeune femme comme Erzsébet baigne dans la magie noire. Elle semblait si loin de ce monde, si... neutre. Sans doute que la neutralité ne l'impliquait justement qu'au sein de cette guerre sombre. Apparemment, ses pratiques, elles, étaient toutes autres, bien loin d'une quelconque neutralité. Un sourire absent trahit ses pensées tandis qu'il réalisait que l'idée qu'elle soit mêlée à une magie qu'il connaissait depuis son plus jeune âge l'amusait plus qu'elle ne le dérangeait. Et il releva la tête pour plonger dans ses yeux vairons, ces yeux surréalistes de petite poupée si sage, si fragile. Les apparences sont trompeuses...  


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Je suis : WW. , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 30/12/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 737 hiboux. J’incarne : Katherine McNamara , et l’avatar que je porte a été créé par : Gallifreys . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Nerissa Carrow Je parle en : #477C64 ainsi qu'en italique pour le fourchelang. Daksha s'exprime en #A8A8A8.



Je suis âgé de : 22 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : Joaillère et chercheuse au département R&D pour le compte des Mangemorts. J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis mariée à Kenan Rackharrow. Champ Libre :


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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Dim 13 Mar - 21:03

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- St Exupéry, Le Petit Prince.

E
lle a trempé les mains dans l’eau et la brûlure s’est apaisée. Frotter a été douloureux mais elle a pris soin d’effacer le surplus, ne laissant que les marques de l’épiderme malmenée par la magie. Rien que des plantes et autres mélanges ne soigneraient pas au fil des prochaines semaines. Elle avait besoin de ses mains, une infinie garantie de survie, c’était un outil de travail. Ses yeux baissés sur le fond de la bassine traduisaient sa gêne. Elle n’aimait pas l’idée que le regard de Kenan change, qu’il la voit autrement. Elle avait encore le goût de ses lèvres sur les siennes et le tremblement inexplicable de son coeur quand il s’approchait. Elle se sentait fébrile. « Tu peux t'essuyer là-dessus, on fait avec les moyens du bord, hein. » a-t-il affirmé en lui donnant un t-shirt propre. Il y avait quelque chose de bizarre à tenir ce vêtement, là, pour effacer l’eau sur sa peau. C’était un de ses vêtements, de ceux qu’il avait sûrement porté des dizaines de fois. « Merci.. » murmure embarrassé. Elle n’a pas prêté attention à ce qu’il se passait vers le sol, à l’invisible créature qui faisait flotter le récipient de façon inexplicable.

« C'est un onguent. Je l'utilise régulièrement pour les … blessures. » Un froncement de sourcils, elle a relevé le nez pour observer. Les blessures ? Il se blessait souvent ? C’était paradoxal d’imaginer l’idiot de service avec des plaies de ce genre. Et elle s’est souvenue qu’il voulait devenir Mangemort, que ses pratiques devaient évoluer vers des choses plus ou moins obscures. Peut-être qu’il parvenait même à se blesser tout seul comme un grand. « Il n'y a pas de contre-indications à son utilisation »

Sissi s’est montrée docile. Elle a déposé sa main dans la sienne, renouant un contact physique qu’elle était désormais un peu plus apte à analyser. Kenan avait de merveilleux yeux clairs qui reflétaient quelque chose qu’elle n’avait encore jamais remarqué, une pointe de mystère qui la happait avec délice. C’était absurde. Elle a essayé de superposer ces sensations avec celles qu’elle éprouvait auprès de Jonah mais tout était bien trop confus, chaos intérieur entre deux réalités. Elle avait éprouvé tant de rejet envers le brun, comme si elle avait simplement repoussé toutes les évidences du monde. Rackharrow, ça sonnait si familier. Ils jalonnaient toute sa scolarité, elle passait son temps dans la librairie d’Irvin, elle riait avec Circée. C’était une sorte de famille d’adoption qu’elle aimait à sa façon. Sauf Kenan, son éternel opposé, son électricité permanente, son coup de foudre sous tensions.

Peut-être qu’elle l’a jugé trop vite. Peut-être qu’elle a été aveugle toutes ces années. Elle n’avait jamais su comprendre les implications émotionnelles, comme condamnée à la solitude parce qu’elle passait parfois à côté des évidences. Le bonheur lui aurait crevé les yeux qu’elle ne l’aurait peut-être pas saisi au vol. Sensation terrible de solitude. Elle en était même venue à se disputer avec le rouquin pour un sujet maladroitement abordé, avec des interprétations erronées.

Erzsébet a eu envie de récidiver. Elle s’est souvenue de la solitude au fond de son lit, de ces pensées noyées de défaite quand elle envisage l’avenir. Si elle n’en avait pas, si elle ne trouvait pas l’époux idéal, voulait-elle vraiment avoir le regret de ne pas avoir vécu sa jeunesse ? Elle ne serait peut-être pas une bonne mère, peut-être pas une mère tout court mais elle voulait goûter à d’autres formes d’amour, des affections simples, même éphémères ou improbables. Angoisse latente qui siffle son cantique solitaire.

Elle ne sait pas vraiment comment elle a terminé entre ses bras. Elle était perdue dans ses pensées, le regard ancré dans celui du jeune homme quand ses lèvres sont revenues trouver les siennes, quand l’onguent a été écarté, quand elle a finalement passé ses bras autour de sa nuque, manquant de stabilité. Elle a enfin cessé de réfléchir et le myocarde anesthésié s’est mis à battre, à percevoir mille éclats d’émotions qui, pour une fois, ne la faisaient pas souffrir, ne se fichaient pas dans son âme comme des plaies béantes noircies au charbon. « Ta soeur va m’éviscérer pour ça. » souffle-t-elle. Référence presque mutine au maléfice de Videntrailles. Elle jugeait Circée bien plus inventive cela dit et elle était certaine qu’un sort bien plus terrible serait réservé à quiconque se jouait de son jumeau. Mieux valait que demeure le silence sur la folie douce qui enveloppait cette nuit, sur le compte peut-être de la fatigue ou d’une volonté envolée pour l’infinie lutte qui les liait.

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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Dim 13 Mar - 22:09

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Étonnement, il ne s’était même pas attendu à ce qu'elle refuse de se faire soigner. Son geste était dénué de tous sentiments autre que la simple volonté d'aider, de la voir aller mieux. Elle déposa sa main dans la sienne, docile, et il appliqua le baume apaisant sur les marques laissées par la poudre. Il se doutait qu'elles ne resteraient pas éternellement : traitées comme il se devait, elles finiraient pas disparaître. Tandis qu'il massait doucement la région lésée, une vague de douce électricité remonta le long de son bras. Il se mordilla la lèvre, pensif, laissant son esprit se perdre dans des méandres qu'il ferait justement mieux de considérer comme tels et d'ignorer simplement. Mais les hommes sont ce qu'ils sont et lui en particulier, quand il avait une idée en tête, avait autrement du mal à s'en débarrasser. Mettons ça sur le compte de son caractère ô combien têtu, limite borné. Il fallait qu'il ait ce qu'il voulait, quoiqu'il lui en coûte et Kenan n'hésitait jamais à y mettre le prix. L'ennui, c'est qu'en ce moment, ce qu'il voulait était devant lui, assise sagement, blessée, douce et si différente des temps normaux. Ça lui faisait tourner la tête. Machinalement, il s'occupa de son autre main, tenté de changer le courant de ses pensées, mais plus tenté encore de se laisser rêver à en perdre la tête.

L'effet qu'elle avait sur lui à cet instant précis, et depuis quelques mois déjà il devait bien se l'avouer, en devenait malsain. Et depuis leur baiser fiévreux, il était bien incapable de s'enlever ces sensations entêtantes de l'esprit. Son travail achevé, il déposa la bassine d'eau au sol et l'onguent à ses côtés pour, sans savoir comment, se retrouver avec une jeune femme plus entreprenante qu'il ne l'aurait jamais imaginée à quelques centimètres seulement de son corps. Il aurait bien demandé ce qui lui prenait, si seulement cette proximité ne l'avait pas perturbé du tout au tout. Si seulement la chaleur ambiante ne s'était pas faite si oppressante qu'elle semblait l'empêcher de respirer, et surtout de raisonner.

Leurs yeux se perdirent dans ceux de l'autre, leurs corps si près, trop près. Erzsébet en profita pour sceller ses lèvres aux siennes, un geste que Kenan avait cru rêver plus tôt dans la nuit, qu'il n'imaginait possible que dans ses fantasmes et qui, aussi étrange que cela puisse paraître, se trouvait être bien réel. Ainsi était-ce donc ce que cachaient leurs répliques acerbes ? Une envie insatiable qui, aussi aigrie que puisse l'être la frustration qu'elle engendrait, ne se trouvait jamais apaisée et se transformait certainement en piques salvatrices dans un quotidien où l'envie était tue. Relayée au second plan, ignorée. S'ils n'avaient qu'une nuit pour l'assouvir, Kenan ne se ferait pas prier. D'autant plus que la jeune femme avait pris les devants... à deux reprises. Il n'avait sans doute pas à se poser la question de son consentement.

Tandis qu'elle passait ses bras autour de sa nuque, il la souleva avec une aisance toute masculine pour l'asseoir sur ses genoux, profitant de la placer dans une position autrement plus confortable pour elle. Il laissa tomber ses mains sur ses hanches, caressant le bas de son dos sans même s'en rendre compte, absorbé qu'il était par leur baiser plus passionné encore que le premier. Quand ils reprirent leur souffle, les mots de Sissi lui arrachèrent un sourire taquin. « Ta soeur va m’éviscérer pour ça. » Il enfouit son nez dans son cou, en profita pour s’imprégner de son doux parfum - l'odeur de sa peau était terriblement enivrante - avant de murmurer : « Elle n'a pas besoin de savoir, jolie princesse. Ce qui se passe dans cette chambre restera entre toi et moi. » Il s'éloigna pour la regarder dans les yeux, et, avant de se perdre dans son regard si profond, si mystérieux, ajouta : « Ça te va ? Ce serait imprudent de faire autrement... Circée est un vrai dragon, par moment. » Une petite voix amusée à l'idée d'avouer à sa sœur l'attraction maladive qu'il ressentait pour sa meilleure amie.

Et désespérément, Kenan repartit à la recherche des lèvres de sa joaillière qui n'en était pas tout à fait une, se disant au passage qu'il faudrait tout de même qu'il revienne sur cette histoire, bien que leurs étreintes lui semblaient d'une importance nettement plus capitale, pour l'heure. Il en profita pour tracer une ligne de baisers délicats le long de sa gorge et s'arrêta au niveau du lobe de son oreille pour lui murmurer, dans un râle à peine contenu : « Je crois que tu me rends fou... » C'était son premier aveu, d'une sincérité affligeante, et il lui arracha un regard complètement perdu que Sissi n'aurait aucun mal à identifier si elle venait à le croiser. A cet instant précis, il remettait une part de lui entre ses mains encore endommagées par la poudre noire. Elle pourrait tout aussi bien le piétiner, et suivant sa réaction, risquer de tout briser en une fraction de secondes.




Dernière édition par Kenan Rackharrow le Lun 14 Mar - 16:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Lun 14 Mar - 16:38

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C
a allait trop vite. Trop vite, trop fort. C’était déraisonnable et stupide. C’était irrespectueux et hors de tous ses principes. Elle s’est laissée entrainer par une bêtise primaire dont Daksha rirait sans doute des centaines d’années si sa longévité le lui permettait. Elle succombait à des sensations qui lui étaient jusque là inconnues et, accrochée à ses lèvres, sentait son pouls s’accélérer, son coeur s’emballer quand les mains aventureuses vinrent jouer dans le bas de son dos. Trop d’informations. Le souffle trop court lui fait tourner la tête. Circée va la tuer. Irvin va lui arracher la tête. Son père va lui rappeler le bon sens et la bienséance. Elle n’a pas le droit, elle ne peut pas se permettre une telle folie. Jonah n’a plus de famille, c’est plus simple, ils ont des règles, un contrat.. là.. là il y avait trop de complications, de paramètres à prendre en compte. « Elle n'a pas besoin de savoir, jolie princesse. Ce qui se passe dans cette chambre restera entre toi et moi. » Le regard s’est planté dans celui de Kenan. Un froncement de sourcils. Jolie princesse ? Il a vraiment pensé qu’elle pouvait comparer la situation à un conte de fée ? De toute façon elle les préférait macabres, les contes, plus complexes, plus enclins à délier de vieux secrets. « Ça te va ? Ce serait imprudent de faire autrement... Circée est un vrai dragon, par moment. » Silence. La saveur de sa peau sur la sienne. Il ne l’a pas laissée répondre, avide de quelque chose qu’elle n’était pas sûre de comprendre. Jeunesse folle qui se consume dans ses propres paradoxes.

Le soupir presque fébrile qui s’échappe, de ces baisers qu’il trace habilement le long de la gorge gracile. « Je crois que tu me rends fou... » Les doigts se son refermés sur l’épaule masculine, acte de révolte de son propre corps qui tangue au bord du gouffre. Sa prise se resserre et le souffle repris elle consent enfin à parler, à regagner le peu de raison qu’il lui reste. Insoutenable effet d’une guerre interne qui n’en finit pas. « Je peux pas. » L’antidote lui brouille les sens et Kenan se joue de ses faiblesses sans en avoir conscience. Le poison dévore ses résolutions à son contact. Stop. Rester sage, reculer, se débattre, partir, fuir, ne pas décevoir. « Pas.. pas ici, pas comme ça. » Pas sur un coup de tête, pas à s’en brûler les ailes. C’est un Rackharrow, c’est un sang-pur, c’est le fils d’un homme auquel elle tient. C’est le frère de son amie la plus proche. C’est tout un morceau de sa vie gravée au fer rouge. C’est son opposé, sa bataille constante et sans fondements. Elle se battait contre lui, c’était désormais contre elle-même qu’il fallait lutter.

« Je me sens pas bien.. c’est.. » Violent. Une passion violente qui dévoile les failles, qui trace les contours de ses limites. Elle n’a pas l’acceptation du jeune homme. Elle n’a pas sa facilité à décrocher de la réalité, à se perdre dans des brûlures qui, pour elle, ne sont qu’un vaste monde inconnu. Ivre de doutes et de craintes. Pourquoi sombrer devant les yeux clairs de celui qu’elle traite d’imbécile depuis des années ? Pourquoi le simple fait de le toucher change tout ? Elle essaye de se souvenir d’un contact avant la soirée étrange avec Circée. Rien. C’est ça, elle n’a jamais éprouvé le besoin d’établir une proximité. Elle l’a méprisé au premier regard, elle a refusé une complicité au premier mot acerbe, jugeant le livre à sa couverture, le Rackharrow à son sourire. Un Gryffondor têtu. Un mulet sur balais. La voilà noyée dans d’indécentes pensées à l’égard de celui qu’elle a tant de fois trop vite nié. « Je ne suis pas ce genre là.. » Facile. Expérimentée. Douée. Qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’elle avait une aventure tous les week-end ? Gamine trop coincée, trop sérieuse, trop engagée.

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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Lun 14 Mar - 20:54

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
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Trois mots. Il n'en avait pas fallu plus pour qu'il se fige. Son sang n'avait fait qu'un tour. Trois mots. « Je peux pas », avait-elle soufflé. Kenan tenta de garder un minimum de contenance, il n'aurait l'air de rien s'il se décomposait maintenant. Il avait eu l'excellente, la brillantissime idée de laisser ses pensées lui échapper. Ce qu'il aurait dû garder pour lui. Il était encore beaucoup trop tôt pour se laisser aller à ce genre de déclarations enflammées. Mais qu'est-ce qui lui prenait ?
Il avait failli le prendre pour lui, failli imaginer son ego écrabouillé par cette jolie silhouette à la pâleur exquise. Puis ses yeux se fermèrent, le temps de se rendre compte que toute cette situation était complètement absurde. Comment avait-il pu se laisser emporter ? A croire qu'il en était à sa première aventure, à croire qu'il ne s'était pas déjà fait berner. La saveur amère de déjà vu vint lentement remplacer celle, plus douce, plus sucrée, des lèvres d'Erzsébet. « Pas.. pas ici, pas comme ça. »  

Pas du tout ? Il essaya de se convaincre que c'était sans doute mieux ainsi. Même si son cœur continuait à battre à tout rompre, même si sous ses muscles crispés d'angoisse le sang bouillait. Kenan n'avait pas bougé, il s'agrippait comme il le pouvait à un semblant de raison. La ligne était si vite franchie. Quand il rouvrit les yeux, se fut pour les poser sur la norvégienne, tendrement... tristement ? Autant que possible, les sentiments restèrent enfouis à l'intérieur. « Excuse-moi. » Le ton était brisé, rocailleux. S'excuser de quoi ? D'avoir eu la maladresse de se laisser emporter par des envies qui le rongeaient depuis, peut-être – qu'en sait-il ? - trop longtemps ? D'avoir eu la faiblesse de ne pas la repousser quand elle avait joint ses lèvres aux siennes ?

« Je ne suis pas ce genre là.. » Ce genre-là ? Il arqua un sourcil. La scène s'était gelée sur leurs paroles, mais ils étaient restés immobiles depuis ces dernières. Il retrouva rapidement son air taquin et d'un mouvement de tête, la scruta de haut en bas. « Ce genre-là, hein ? Tu penses qu'on te confondrait avec ces pimbêches intéressées ? Crois-tu seulement qu'une chose pareille soit possible ? » Son scepticisme était plus que palpable, il était réellement tangible. Étrangement, son ton se fit menaçant. Mais il se rappela soudain que si elle faisait allusion à ses conquêtes précédentes, implicitement, c'est bien parce qu'il reflétait l'image d'un opportuniste grossier qui jouait avec les femmes pour les jeter ensuite. Et on ne pourrait lui en vouloir, puisque, la plupart du temps, c'est bien ce qu'il faisait. Oh, elles étaient souvent plus que consentantes et loin d'être des victimes. Il ne faisait jamais de promesses, c'était d'un accord commun qu'ils profitaient du bon temps ensemble pour passer à autre chose les jours suivants. « C'est une évidence que tu n'as même pas besoin d'énoncer, Grimstone », railla-t-il. Non, elle n'était pas de ce genre-là et il le savait parfaitement. « Et je suis assez lucide pour ne pas confondre, ne t'en fais pas. » Il retrouva un air légèrement taciturne.

Oh mais perdre lui était insupportable. Terminer sur une défaite amère, sur un lourd silence ou sur le froid dans lequel ils baignaient toujours, c'était sans compter sur son acharnement. S'il avait bien une caractéristique dominante, à par sa bêtise légendaire, bien sûr, c'était sans doute sa détermination. Aussi ne se gêna-t-il pas pour emprisonner la jeune femme quelques minutes supplémentaires. Il se leva, Sissi dans ses bras et la reposa en position allongée sur son lit. De part et d'autres de son corps, il plaça ses mains, surplombant la jeune femme bon gré, mal gré, et s'autorisa à mêler son regard au sien, intensément. Et peut-être pour la dernière fois avant longtemps, il se laissa happer par l'envie, qui loin d'être repoussée, se trouvait en réalité renforcée par un interdit qui s'installait pudiquement entre eux. L'envie de sentir ses lèvres sur les siennes, l'envie de laisser sa langue vagabonder, l'envie de ressentir ce frisson intense, son cœur au bord du vide menaçant d'imploser sous les trop rapides pulsions. Il fut bref, cependant, quelques longues secondes extatiques, tout au plus. Il ne voulait pas la brusquer, au fond, juste la goûter une dernière fois avant de lui assurer : « J'ai compris. » Il lui lança un regard taquin, un sourire mutin sur les lèvres encore légèrement humides. « C'est mal d'abuser de toi alors que tu n'es pas en pleine possession de tes moyens. » Il était prêt à exploser de rire, il se retint. « Évite de te coller à moi, la prochaine fois, parce que tu ne peux décemment pas m'embrasser comme si ta vie en dépendait et t'attendre à ce que je reste de marbre, hein. » Sur quoi il s'éloigna d'elle, rompant comme il le pouvait l'attraction électrique. Il fit mine de ramasser le t-shirt, de le plier et tourna le dos à Sissi un instant pour reposer le vêtement sur la commode en bois, soudain en proie à une violente sensation de tournis.  


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Je suis : WW. , et je suis arrivé(e) en Angleterre le : 30/12/2015 , et depuis ce jour, j’ai envoyé : 737 hiboux. J’incarne : Katherine McNamara , et l’avatar que je porte a été créé par : Gallifreys . Je possède plusieurs comptes, dont les suivants : Nerissa Carrow Je parle en : #477C64 ainsi qu'en italique pour le fourchelang. Daksha s'exprime en #A8A8A8.



Je suis âgé de : 22 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : Joaillère et chercheuse au département R&D pour le compte des Mangemorts. J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis mariée à Kenan Rackharrow. Champ Libre :


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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Lun 14 Mar - 23:09

You're my end & my beginning.
“And now here is my secret, a very simple secret: It is only with the heart that one can see rightly; what is essential is invisible to the eye.”
- St Exupéry, Le Petit Prince.

I
l n’a pas compris. Evidemment qu’il n’a pas compris. Avec les rumeurs au sujet de Phobos, il devait la prendre pour une fille légère qui n’avait aucun problème à l’idée de se taper son pote. Pourquoi pas lui ? Il avait le droit de se poser la question et le regard qu’il lui lance la fait culpabiliser. « Ce genre-là, hein ? Tu penses qu'on te confondrait avec ces pimbêches intéressées ? Crois-tu seulement qu'une chose pareille soit possible ? » Elle ne sait pas ce qu’elle doit dire, ce qu’elle doit faire, elle est là, dans ses bras, tout près de lui et pourtant complètement tétanisée. « C'est une évidence que tu n'as même pas besoin d'énoncer, Grimstone » C’est violent. Cette façon qu’il a de souligner le problème. Il y avait quelque chose de menaçant, de railleur, de profondément désagréable et presque blessant. « Et je suis assez lucide pour ne pas confondre, ne t'en fais pas. » Elle ne bouge pas, c’est à peine si elle respire, si elle est encore lucide. Il y a le souvenir de Ludwig qui flotte. Est-ce qu’elle aurait été différente si elle avait tout appris avec lui ? Est-ce qu’elle aurait fini par avoir une compréhension même minime de ce qui rend les hommes aussi étranges ?

Erzsébet ne s’est pas bien rendue compte du pourquoi ni du comment elle s’était retrouvée sur le lit, Kenan au dessus d’elle, la peur au ventre qu’il se fâche plus encore. Le contact de sa peau la faisait frissonner. Elle était piégée entre ses interdits et ces drôles d’envies nouvelles, quand il bravait le non, quand il s’autorisait une folie. Si elle n’avait pas de raisons valables, elle se serait laissée tenter. Ca n’était pas possible. Elle n’était pas ce qu’il pensait, elle n’était rien de ce qu’il croyait et le noeud au creux de son estomac ajoutait des boucles à chaque fois que son odeur chatouillait ses narines. « C'est mal d'abuser de toi alors que tu n'es pas en pleine possession de tes moyens. » Il ne lui en veut pas ? Elle est paumée, elle s’est perdue entre le moment où il l’a embrassée et celui où il est redevenu taquin, joueur, rieur. « Évite de te coller à moi, la prochaine fois, parce que tu ne peux décemment pas m'embrasser comme si ta vie en dépendait et t'attendre à ce que je reste de marbre, hein. » Hein, quoi ? Elle fait face à son dos, désormais. Elle allait lui poser une question, lui parler quand elle s’est rendue compte de son geste, de sa façon de poser le t-shirt sur la commode, comme si il allait s'écrouler sur le sol et ne jamais se relever. Elle s’est levée, presque d’un bon, posant la main sur l’épaule du jeune homme. « Kenan. Assieds-toi. Faut qu’on parle. » a-t-elle soufflé. Non, Sissi n’était pas douée avec les mots, elle n’était pas douée avec tout ce qui impliquait de près ou de loin des émotions irrationnelles, en revanche elle savait voir quand elle en venait à blesser l’orgueil de quelqu’un. Il faisait bonne figure mais elle était trop fatiguée pour se disputer, lutter ou jouer de faux semblants, alors elle l’a attiré vers le lit, l’incitant à s’assoir, le plus calmement possible. « C’est moi le problème, d’accord ? Pas toi. » Elle a cherché à capter son regard, peu sûre d’elle, de ce qu’il fallait dire, de la manière dont il allait le prendre. S’il allait ou non accepter, d’ailleurs. « J’ai eu en tout et pour tout un homme dans ma vie. Et je ne peux même pas le qualifier d’histoire d’amour.. il essaye encore aujourd’hui de m’apprendre à vivre seulement je ne sais pas le faire. J’ai peur de mes propres réactions, j’ai peur de ce que je ne maîtrise pas et visiblement avec toi, je ne maîtrise pas grand chose. » Là. Elle a essayé de conserver un ton calme, un ton assez doux pour qu’il puisse intégrer le flot d’informations qu’elle lui servait. Non, Sissi n’était pas juste un bloc de glace, elle avait aussi ses failles, qu’il découvrait finalement en bouquets, sans avoir le temps de se faire à ce qui changeait entre eux. « Quand tu m’accusais d’être coincée, à Poudlard, t’étais pas bien loin de la réalité. Je me soigne mais j’ai besoin de cadres. » a-t-elle finalement avoué, se mordant la lèvre inférieure. Ca expliquait que Sortir avec Grimstone soit devenu un défi jamais remporté, même pas pour le Bal de Noël. « Tu m'en veux.. ? »

Sissi : #477C64
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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Mar 15 Mar - 19:12

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
- erzsébet & kenan -

 


Sa main sur son épaule, dans un geste si spontané qu'il en sourit discrètement, sans qu'elle ne le voie. Il ne risquait pas de s'écrouler, il se sentait un peu fébrile, complètement perdu, mais en dehors de la tête qui lui tournait  et de la chaleur enivrante de la pièce, il allait relativement bien. S'il ne comprenait pas tout à fait la vivacité de son mouvement, en soi, il ne s'en plaignait pas pour autant. « Kenan. Assieds-toi. Faut qu’on parle. » Elle l'avait attiré vers le lit et il s'assit sans broncher, évitant toutefois de la regarder, essayant de faire fi de leur proximité qui, à n'en pas douter, lui ferait vriller le cerveau une nouvelle fois s'il ne se contenait pas. « C’est moi le problème, d’accord ? Pas toi. »  Sa phrase lui fit instantanément relever les yeux et, forcément, il tomba aussitôt dans les siens. Pourquoi lui disait-elle ça ? Pensait-elle qu'il s'était senti vexé de son refus ? Y était-il allé si fort qu'il l'avait faite culpabiliser ? Kenan se mordit la lèvre, presque brutalement. Il allait lui faire remarquer qu'elle n'avait absolument pas à se justifier mais Erzsébet le prit de court. « J’ai eu en tout et pour tout un homme dans ma vie. Et je ne peux même pas le qualifier d’histoire d’amour.. il essaye encore aujourd’hui de m’apprendre à vivre seulement je ne sais pas le faire. J’ai peur de mes propres réactions, j’ai peur de ce que je ne maîtrise pas et visiblement avec toi, je ne maîtrise pas grand chose. » Il eut du mal à saisir cette vague d'informations. En fait, il était presque plus obnubilé par la douceur de sa voix, le mouvement de ses lèvres. Et quand, enfin, il réussit à imprimer ses paroles, qu'elles lui revenaient une à une pour qu'il les analyse comme un silence se faisait entre eux, il trouva la jeune femme terriblement touchante. Ils étaient habitués à s'envoyer balader avec une vivacité déroutante, jamais à se confier à l'autre, de son côté trop effrayé de se faire piétiner à coup de remarques mesquines. « Je... » « Quand tu m’accusais d’être coincée, à Poudlard, t’étais pas bien loin de la réalité. Je me soigne mais j’ai besoin de cadres. » Bref silence après ce flot de paroles qui le décontenançait terriblement. « Tu m'en veux.. ? »  Et le mur tomba.

Kenan posa une main de chaque côté du visage en porcelaine, il l'attira doucement vers lui, assez près pour que cela lui paraisse hautement insupportable, sans céder à ses pulsions, toutefois. (C'était un scoop qu'il se contrôle ainsi, mais passons, il ne voudrait pas qu'on le considère comme un animal, hurm). Il pris un ton qu'il voulut aussi doux et apaisant que le sien. Il ne cherchait ni conflit, ni malaise. « Écoute, il y a des choses que je n'aurais pas dû dire, des choses que je ne pensais même pas, que j'ai dites juste pour t'énerver dans ces moments où tu me paraissais complètement inaccessible. C'est encore le cas aujourd’hui, j'en ai pas l'air mais, par moment, tu m'intimides vraiment. » Espérons juste que cet aveu ne se retournerait pas contre lui. Mais, au fond, il avait réellement envie de croire que la jeune femme ne se jouerait pas de lui. S'il connaissait une Erzsébet froide et distante, tranchante aussi, elle avait plus de raisons de présumer qu'il bafouerait ses sentiments que lui de supposer le même comportement de sa part. Pincement au cœur. Il ne voulait pas qu'elle le voit comme ça. Si seulement il pouvait effacer cette partie de sa vie et tout recommencer, tout réécrire. Mais les erreurs nous suivent et laissent leurs marques. Il caressa sa joue, presque mécaniquement, comme s'il se comportait ainsi à son égard depuis des années. « Tu es trop dure avec toi-même, Erzsébet. Et tu n'es pas un problème. » Il appuya sur ses mots, soucieux qu'elle comprenne, qu'elle s'enlève cette idée stupide du crâne. « Tu m'entends ? Je ne veux pas t'entendre dire ce genre de conneries. » Elle avait peut-être ses problèmes, certes, tout comme lui avait les siens. Mais il ne l'encouragerait jamais à se voir comme une simple poupée défectueuse.

Le jeune homme s'éloigna lentement, chaque centimètre perdu ouvrait d'autant la plaie invisible qui semblait grandir à l'intérieur de son corps. Un sourire sur les lèvres, dans un souffle, il affirma : « Je ne pourrai jamais t'en vouloir, je crois bien. Quoique tu fasses. » Et quand il croisa son regard, ses billes océans semblaient sourire à leur tour. Kenan posa sa main sur le genou de la norvégienne, il y traçait de petits dessins du bout des doigts. « Ton manque d'expérience avec les hommes t'effraie ? » Il hésita un instant avant de demander encore : « Ou est-ce que c'est de mon jugement dont tu as peur ? » Son yeux s'étaient soudain assombris. Stigmates d'une amitié qui n'avait jamais pu naître, qu'ils avaient honteusement tuée dans l’œuf ; présages d'une relation qui, basée sur la crainte du jugement de l'autre, ne saurait jamais fonctionner. Pour que la confiance s'installe entre eux, pour qu'ils saisissent au vol les éclats de bonheur qu'on avait savamment disposé autour d'eux, il leur faudrait du temps. Il leur faudrait revenir sur des événements douloureux qui ont fondé leur passé. Il leur faudrait de la force, du courage et l'intelligence de tout remettre en question.          


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Je suis âgé de : 22 ans , et j’ai le sang : aussi pur qu'il puisse l'être. Nul besoin de dire que cela fait la fierté de ma famille, mais aussi la mienne. Dans la vie je suis : Joaillère et chercheuse au département R&D pour le compte des Mangemorts. J’ai juré allégeance : au Seigneur des Ténèbres, sans être mangemort mais je collabore avec eux pour préserver mes intérêts personnels. Côté cœur, : je suis mariée à Kenan Rackharrow. Champ Libre :


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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Mar 15 Mar - 21:54

You're my end & my beginning.
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C
a la bouffe comme une maladie, ça la dévore comme un incendie, ça lui arrache les sens, ces deux mains sur sa peau, ces doigts sur son visage. Ca réveille les démons enfouis, ça éclaire l’obscurité dans ses deux billes hétérochromes. Il n’a pas idée de ce qu’il fait, elle ignore tout des conséquences. Elle l’intimide, c’est ce qu’il dit. Peut-être qu’il regrette, peut-être qu’il se joue d’elle, quoiqu’il en soit son esprit est un chaos déchirant qui la pousserait à croquer le fruit défendu, à percer le voile de ses terreurs enfouies. La caresse est une torture, son souffle est un bourreau. Méfie-toi des Rackharrow. Elle comprenait désormais pourquoi. Pas comment, mais la raison devenait une évidence, comme si elle percevait enfin derrière l’imbécile lumière ce qui l’attire tant, ce qui attise ses passions, fait vibrer son myocarde sur les accords délicats d’une magie sombre. Il avait ça dans un oeil rieur, sur le coin de sa bouche taquine, ce petit quelque chose si visible chez Irvin, mieux caché chez Kenan. Il l’avait soignée, il l’apaisait, il n’avait pas jugé. Elle ne se souvenait pas une seule fois l’avoir entendu critiquer le fait qu’elle soit liée d’aussi prêt aux serpents - et bien avant la Purge déjà, on soufflait ténèbres sur le passage de ces sorciers capable de parler aux rampants. « Tu es trop dure avec toi-même, Erzsébet. Et tu n'es pas un problème. » Elle était encore en train de fouiller dans ses souvenirs quand Kenan a repris la parole. Elle cherchait dans sa mémoire le moindre indice qui ferait du jeune homme un sorcier extrêmement doué cachant bien son jeu mais rien ne lui est venu. Rien. Elle ne s’intéressait pas assez au Gryffondor à l’époque. Trop sérieuse, le nez dans ses livres. Mais l’onguent alors, d’où venait-il ? Et les blessures ? « Tu m'entends ? Je ne veux pas t'entendre dire ce genre de conneries. » La tête s’est penchée, légèrement. Méfie-toi des Rackharrow. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient assez de charme pour faire fondre la glace, pour pousser la rose noire à éclore, en dépit du raisonnable, contre toutes attentes.

« J’ai un problème. Un vrai. Diagnostiqué quand j’avais cinq ans. Kenan, pourquoi crois-tu que Circée et moi, ça marche si bien ? Est-ce que tu me penses aveugle au point de ne pas savoir que ta soeur, que cette fille que je considère comme ma famille,  ne va pas parfaitement bien ? » Sissi n’en parlait jamais. Elle avait toujours agit comme si Circée n’avait pas changée, comme si la tempête n’était qu’une brise, comme si l’obscurité ne prenait pas parfois le pas sur la lumière. Elle ne disait rien, elle se faisait douce quand le papillon déployait ses ailes, elle se faisait ange noir auprès de son amie quand les nuages noircissaient son monde. Toujours là à veiller, parce qu’elle l’aimait, parce que c’était ainsi, parce que ses émotions n’étaient qu’excès, qu’une fois agrippée il faudrait au moins l’Apocalypse pour l’éloigner. Ses démons étaient moins évidents et douloureux que ceux de Circée, c’est ce qui la rendait plus apte à observer en silence la funambule errer sur le fil du déni. « Je peux être aussi froide que la neige, je peux être la fille distante qui t’insupporte.. ou je peux devenir un volcan colérique, un océan de tristesse. Les médicomages ne savent pas pourquoi.. c’est ainsi. Je ne ressens pas les émotions comme tout le monde, elles sont infiniment plus intenses puis s’éteignent, dans la douleur. » L’idée de confier ça à quelqu’un d’extérieur à sa famille la dérangeait. Qu’on la prenne pour une névrosée lui convenait, elle se satisfaisait de cette version, une légère névrose qui l’empêchait de sortir de sa rigidité constante et qui parfois l’affaiblissait. Une petite folie passagère, c’était bien, ça éloignait les curieux. L’avouer à celui qui serait le mieux placé pour s’en servir contre elle était peut-être stupide, cependant il lui avait permis de vivre, de survivre, elle lui devait un peu plus d’honnêteté.. dix ans après leur rencontre.

Il s’était mis à tracer des dessins invisibles sur son genou, l’incitant à en suivre le tracé du regard, attentive. « Ton manque d'expérience avec les hommes t'effraie ? » Regard qui est lentement remonté vers son visage, gêné. « Ou est-ce que c'est de mon jugement dont tu as peur ? » Mais quelque chose a perturbé sa réflexion, si bien qu’elle n’a pas répondu, elle a tendu les doigts vers la manche du t-shirt qu’elle a doucement remonté, détaillant la découverte comme s’il s’agissait de la neuvième merveille du monde. L’encre n’avait pas l’air magique. Un tatouage. Moldu. « .. J’ai peur de tout ce qui ne fait pas appel à mon cerveau. De décevoir, souvent, aussi. » L’index suit la ligne. Fascination totale. Comment l’aspirant Mangemort pouvait-il avoir cela, à même la peau ? Son intolérance ne serait-elle qu’un leurre ? « .. de m’attacher. Toujours. »

Sissi : #477C64
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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Mar 15 Mar - 23:40

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
- erzsébet & kenan -

 



Qu'est-ce qu'elle essayait de lui dire ? Elle cherchait peut-être à le dissuader, à lui faire remarquer qu'elle n'était pas tout à fait normale, pas tout à fait comme les autres... Mais s'il n'en connaissait pas les raisons précises, il savait déjà qu'elle était différente et il avait envie de la secouer, de lui dire que ça lui était complètement égal, que ça ne l'arrêterait certainement pas, qu'il avait lui aussi des différences tues qu'il lui révélerait un jour. Au lieu de quoi, l'élan passa et ne resta plus que l'envie de la prendre dans ses bras et de la bercer doucement. Kenan était habitué aux excès de violence de Circée, il avait appris à gérer les angoisses de sa sœur, il avait appris à composer avec une maladie abstraite qui n'en était pas une, qui s'apparentait plus aux séquelles douloureuses d'une folie latente. Quoique puisse avoir Erzsébet, quoiqu'elle traverse, ça ne lui faisait pas peur. Il ne reculerait pas, pas maintenant qu'il avait commencé à déceler en elle ce petit quelque chose qui le faisait vibrer. Comme une bouffée d'air, nouvelle. A croire qu'il était prisonnier d'une cage de verre et qu'on le libérait pour la première fois. Têtu qu'il était, il refusait catégoriquement de passer à côté de ce qui se trouvait à quelques mètres de là. Si se posaient sur sa main les éclats de sensations nouvelles, il la refermerait aussitôt pour les garder avec lui. « Aveugle ? » Un petit rire lui échappa. « C'est presque une insulte, dit comme ça. Pas d'insulte, ce soir, princesse. Plus d'insulte. » Son regard bouillait tandis qu'il traduisait ses sentiments. Mettons ça derrière nous et avançons. « Je pense que tu es terriblement intelligente et parfaitement lucide, au contraire. Et si tu n'es pas partie en courant après ce qui est arrivé à Circée, après son changement, c'est forcément parce que tu comprends, d'une manière ou d'une autre. » Il s'approcha spontanément de son oreille, pour y glisser un petit détail qu'il n'aurait sans doute jamais confié en temps normal, dans un murmure : « Et tu sais, je te suis vraiment reconnaissant de ne pas être partie. » Circée avait besoin de stabilité et si Kenan, à l'époque, était beaucoup trop jeune pour le comprendre, il était aujourd’hui conscient que sans la constance de Sissi dans leur amitié, il n'aurait peut-être jamais pu trouver comme calmer sa sœur.

« Je peux être aussi froide que la neige, je peux être la fille distante qui t’insupporte.. ou je peux devenir un volcan colérique, un océan de tristesse. Les médicomages ne savent pas pourquoi.. c’est ainsi. Je ne ressens pas les émotions comme tout le monde, elles sont infiniment plus intenses puis s’éteignent, dans la douleur. » Oh, dire qu'il comprenait serait un mensonge. En vérité, il était à peine capable d'entendre la moitié de ses difficultés. Il ne comprenait qu'à demi pourquoi elle qualifiait ça de problème, seulement conscient d'une partie des complications que cela pouvait engendrer dans sa vie sociale. « Qu'est-ce que tu cherches à me dire, Erzsébet ? Tu n'essaies pas de me dissuader, n'est-ce pas ? » Parce que ça ne marchera pas, lui répondait aussitôt le regard profond qu'il posa sur elle. A chacune de ses phrases, il avait une irrépressible envie de la faire basculer sous son poids et de retrouver cette proximité de corps qui lui manquait déjà tant. Reprends-toi. Délicatement, il vint chercher sa main et entrelaça leurs doigts. Cette sensation de tournis ne lui était pas passée et tandis que le manque grandissait, c'est tout ce qu'il trouva pour apaiser son esprit en détresse. Kenan porta la main encore meurtrie à ses lèvres et y déposa une série de petits baisers ; la faim se tut un instant et il soupira. Il fit au mieux pour rassembler un peu de lucidité, parler lui était presque difficile. « J'avais compris depuis longtemps que tu étais une personne complexe, ne t'en fais pas. Et même si ça dépasse encore mon entendement, si tu composes avec moi, j'apprendrai. »

Les doigts fins, pâles s'approchèrent comme son corps tout entier se fit tension. Lentement, elle remonta la manche de son t-shirt, absorbée dans la contemplation de la peau marquée d'un symbole noir. Sobre, le tracé se dessinait sur le tour du biceps en un cercle épais et quelques centimètres en dessous, le même, mais plus fin. Kenan sourit au souvenir du tatouage moldu qu'il s'était fait faire. Une folie qui resterait à jamais gravée sur sa peau. Une marque qui lui appartenait désormais et qu'il affectionnait même un peu. Le doigt pâle de Sissi en dessinait le contour et il frissonna presque brusquement. Son corps allait imploser, son cœur lâcher sans prévenir. La sollicitation de tous ses membres étaient bien trop excessive, il avait l'impression de puiser dans ses ultimes forces pour simplement rester à ses côtés, écrasé par cette vague d'émotions. Il risquait la noyade. D'une caresse, il rappela ses yeux hétérochromes aux siens, relevant son visage la main, presque tremblante. Il se noyait, à présent, c'était certain. Et sur les flots de l'inconnu, guidé par la lueur du phare du Désespoir, quelque part dans la nuit, il souffla, faisant écho à tous ses doutes, à tout ce qu'elle lui avait confié précédemment : « N'aie pas peur. »                

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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Mer 16 Mar - 13:53

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C
’est trop. Cette proximité devient dérangeante, étouffante. Il lui fait des compliments qu’elle ne pensais jamais entendre de sa bouche, comme si brusquement tout s’inversait, comme si il n’avait jamais été en opposition avec tout ce qu’elle représentait. D’un baiser, elle avait fait imploser la réalité. Qu’il lui soit reconnaissant pour Circée était surprenant. Sissi pensait qu’il lui en voulait d’être toujours là, à graviter autour de sa soeur. Etaient-ils enfermés dans un cercle d’incompréhensions permanentes ? Et pourquoi l’appelait-il princesse ? Un peu perdue, elle le laisse diriger la danse, la conversation. « Qu'est-ce que tu cherches à me dire, Erzsébet ? Tu n'essaies pas de me dissuader, n'est-ce pas ? » Les contacts répétés la stressent. Ou lui brouillent les sens. Elle ne sait pas trop. L’antidote doit empêcher une lucidité parfaite, elle devrait dormir, pas lutter contre ce qui court dans son organisme. Elle n’est pas sûre de suivre le raisonnement du jeune homme, lui, le coureur de jupons, le séducteur, une nuit, une aventure, jamais une vie. Ca flotte dans un coin de son esprit, elle n’oublie pas sa manière de considérer le temps comme une jeunesse à brûler. Circée et lui ne voulaient rien de ce qu’elle envisageait. Vingt-un ans. Vingt-et-une années, c’est trop tôt pour se préoccuper de fonder quelque chose. Sissi était différente de la plupart de ceux qu’elle fréquentait, qui voyaient les alliances entre familles comme une punition. « J'avais compris depuis longtemps que tu étais une personne complexe, ne t'en fais pas. Et même si ça dépasse encore mon entendement, si tu composes avec moi, j'apprendrai. » J’apprendrai. Son estomac s’est noué. Il parle au futur. Il parle comme si tout était en train de changer, irrémédiablement. Changer pour un baiser. Que lui dirait Phobos ? Sûrement d’être prudente, il râlerait après le Rackharrow, surprotecteur envers elle qu’il était.

Le tatouage accroche son attention. Elle analyse le tracé pour ne pas analyser le reste. Joli mais simple. Pourquoi n’a-t-il pas réclamé un dessin plus complexe ? Les moldus avaient aussi un talent artistique. A moins que Kenan n’y ait pas pensé. Il ne pense pas beaucoup avant d’agir, en vrai Gryffondor. Et quand il lui fait relever les yeux vers les siens, elle sent le danger lui brûler la raison. « N'aie pas peur. » Elle n’a pas peur, elle est terrifiée par ce qu’elle ne contrôle pas, par ce qui se dessine dans les deux océans du jeune Rackharrow. Elle doit lui rappeler. Elle doit le ramener à ce qui fait leur quotidien, leur univers. « Tu sais.. tu sais ce qu’il va se passer, mh ? Tu as conscience que tu ne peux pas brusquement décider que je vaux la peine d’entrer dans ton monde ? » Et encore, elle ignore la réelle signification de ses propres mots, elle ignore que derrière la simplicité apparente de Kenan se cachent des secrets gardés, passés sous silence. Il fait drôlement chaud. Est-ce qu’ils avaient activé des cheminées ? Est-ce que ça vient d’elle ou de la demeure ? Elle met un peu de temps avant de poursuivre, réfléchissant du mieux qu’elle pouvait pour exprimer des sentiments contradictoires. « Je ne comprends pas bien ce qu’il se passe entre nous.. mais si je ne te connaissais pas, Rackharrow, je jurerais que tu es en train de me proposer d’essayer des expériences durables et beaucoup trop émotionnelles. » Ils s’appelaient plus souvent par leur nom de famille que par leur prénom, et il n’avait pas été rare d’entendre leurs protestations à grands coups de Grimstone et Rackharrow, comme suprêmes évocations de l’agacement qu’ils provoquaient l’un chez l’autre. Le s sifflant contre le r ronronnant. « Tu es un héritier Kenan, un fils. Ton père est un homme sage qui saura te trouver la bonne personne, celle dont tu supporteras tous les défauts, avec le temps. Je ne suis.. que de passage dans votre vie et si je m’attachais à ce que tu provoques, sois sûr que je ne te laisserais jamais partir. » Un baiser. Un baiser à la saveur de doux adieux. Sans doute le lendemain effacerait-il cette folie. Elle lui a offert ses lèvres à défaut de lui offrir son coeur. « Tu veux bien m’aider à rentrer chez moi ? Transplaner seule n’est pas une bonne idée et dormir là.. tu tiens à te tête, non ? » Sourire taquin. Dédramatiser la situation. Il serait capable de se mettre à la couver pour une obscure raison qui n'était pas encore parvenue à une analyse via ses neurones.

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MessageSujet: Re: You're my end and my beginning | Erzsébet & Kenan   Mer 16 Mar - 20:39

YOU'RE MY END AND MY BEGINNING  
- erzsébet & kenan -

 



« Tu sais.. tu sais ce qu’il va se passer, mh ? Tu as conscience que tu ne peux pas brusquement décider que je vaux la peine d’entrer dans ton monde ? »

On récolte ce que l'on sème. Et bien qu'il le sache, bien qu'il en ait parfaitement conscience, ces mots lui pourfendaient le cœur de la même manière que le ferait une lance de fer. Pourtant il ne pouvait lui en vouloir de se protéger un minimum. Elle était décemment en droit de lui faire remarquer qu'il n'était pas tout à fait fiable et qu'après toutes ces années d’amertume, changer si spontanément d'avis ne jouait pas vraiment en sa faveur. Cependant il y avait un point sur lequel elle se trompait et c'est d'une voix à peine audible qu'il lui fit remarquer : « Erzsébet, ça fait dix ans que tu fais partie de mon monde. » A l'instant où elle y était entrée, elle n'en était plus ressortie. Leur première année à Poudlard avait été témoin de l'amitié naissante entre Circée et Sissi, de l'inimité grandissante entre Sissi et Kenan. Mais si leur conception de faire partie de la vie de l'autre évoluait aujourd'hui, ce n'était pas pour autant qu'ils n'avaient pas déjà une place attribuée. « Je... suis encore un peu perdu mais il faudrait être aveugle pour ne pas se rendre compte de... se qui ce passe. » Il s'embrouillait, butait sur les mots, incapable d'aligner sa pensée avec ce qui sortait de sa bouche. « Je veux dire, enfin, je ne suis pas fou, quand même ! Tu la ressens, cette attirance, non ? » Et comme pour lui expliquer plus précisément son point de vue, il se décala sur le lit et s'approcha de sorte à ce qu'ils se touchent légèrement. Il rapprocha son visage du sien tandis que son corps répondait en silence et s'embrasait. « Le cœur qui bat plus fort, le ventre qui se tord, cette chaleur ambiante, toutes ces... sensations. Dis-moi que je ne me fais pas d'illusions, que ce n'est pas juste dans ma tête. » Il semblait presque la supplier.

« Je ne comprends pas bien ce qu’il se passe entre nous.. mais si je ne te connaissais pas, Rackharrow, je jurerais que tu es en train de me proposer d’essayer des expériences durables et beaucoup trop émotionnelles. » Il s'éloigna, c'était plus prudent, un sourire sur les lèvres. Lui-même ne savait pas trop où il allait, il le lui avait dit : il était perdu. Mais l'idée lui avait effectivement traversé l'esprit. Il s'était imaginé avec la jolie norvégienne à ses côtés, embringués dans une histoire qui durerait, cette fois, plus d'une nuit. « L'idée ne te plaît pas ? », demanda-t-il presque inquiet. « Tu es un héritier Kenan, un fils. Ton père est un homme sage qui saura te trouver la bonne personne, celle dont tu supporteras tous les défauts, avec le temps. Je ne suis.. que de passage dans votre vie et si je m’attachais à ce que tu provoques, sois sûr que je ne te laisserais jamais partir. » « C'est absurde, qu'est-ce que tu... » Sissi posa doucement ses lèvres sur les siennes et le fit taire. Mais son corps ne répondit pas d'une passion brûlante, il semblait traduire une étouffante souffrance, comme s'il sentait, comme s'il se doutait qu'il n'y aurait peut-être pas de lendemain.

Elle lui demanda de l'aide pour la ramener chez elle en transplanant. Il soupira et lui offrit un sourire, le cœur n'y était pas cependant. Il se leva et lui tendit la main pour l'aider à faire de même. Le venin avait dû l'affaiblir énormément et, s'assurant qu'elle pouvait marcher, Kenan garda la demoiselle près de lui en cas de besoin. Ils sortirent le plus discrètement possible, puisqu'il était impossible de transplaner à l'intérieur de la maison. Le jeune homme attira Sissi tout contre lui et la maintint fermement, s'assurant ainsi qu'il n'y aurait pas d'accidents. Une vingtaine de secondes plus tard, ils réapparurent devant la boutique de la joaillière. Ils laissèrent passer quelques instants pour reprendre leurs esprits et se remettre du transplanage.

Kenan se mordilla la lèvre, emprunt d'une nervosité qu'il ne connaissait pas. Il se sentit obligé de lui confier un détail qui le dévorait, après toutes les confidences qu'elle lui avait faites, elle le méritait bien. « Je n'ai pas toujours été comme ça, tu sais. Inconstant et... peu fiable. » Les mots lui écorchaient la bouche. Il se força à continuer néanmoins. « Les amourettes de jeunesse sont une chose et, tu peux me croire, elles n'ont jamais été bien loin. Ce que tu voyais à Poudlard n'était rien d'autre qu'un gamin un peu trop populaire jouant de cette caractéristique pour se mettre en avant, trop peu sûr de lui pour s'affirmer autrement. Je veux dire que ça restait des rencontres très prudes. » Il lui fit un sourire complice. « Puis à 17 ans, quelques mois après la fin des cours, j'ai rencontré cette fille, Leyanna, j'en suis tombé amoureux. Je t'épargne les détails, c'était réciproque, on a commencé à se fréquenter. On se voyait régulièrement, souvent dans la nuit, on préférait rester discrets sur notre relation. C'est la seule que je n'ai jamais vécue de manière stable et ça n'a duré qu'un an et quatre mois. » Kenan se crispa, tout son corps violemment éprouvé par les souvenirs meurtris. « Leya... est morte dans mes bras une nuit de pleine lune. Une nuit comme celle-ci. On n'aurait pas dû se voir ce soir-là, mais elle se sentait mal, elle avait une relation familiale très compliquée et elle avait besoin d'être ailleurs. Je lui ai proposé de nous retrouver. On avait l'habitude de se promener dans un coin de forêt paisible, un coin magnifique et c'est là... » Sa voix se brisa littéralement tandis qu'il repoussa les larmes qui s'étaient coincées dans sa gorge, qui embuaient ses yeux. La douleur était insupportable, il dut s'adosser aux pierres de la boutique pour ne pas s'écraser lamentablement sur le sol. « Je crois que c'était un loup-garou. Tout s'est passé si vite, si violemment. Elle s'est vidée de son sang sous mes yeux, je... Je n'ai rien pu faire, j'ai tenté de nous transplaner mais... » Mais il était encore jeune et ne maîtrisait pas bien sa magie. Et n'ayant jamais été le premier de sa classe, cet apprentissage n'échappait pas à la règle. « Et après Leya, je me suis foutu en l'air. J'ai commencé à faire n'importe quoi, surtout avec les femmes, je me disais qu'en m'empêchant de m'attacher, je... Je risquerai moins... » Il marqua une pause, les larmes roulèrent doucement tels des ruisseaux miniatures qui, à l'encontre de la raison, quittaient leur océan. « Je n'ai pas toujours été comme ça », souffla-t-il plus pour lui-même que pour elle. « Personne ne l'a jamais su. Je n'ai pas... je ne pouvais pas en parler. Tu es la seule... » Même Circée n'avait pas été mise au courant. Mais pour Sissi, il se devait d'être honnête. S'il voulait qu'elle comprenne, s'il voulait qu'elle réfléchisse à cette possibilité d'être ensemble, au risque qu'il semblait prêt à prendre à nouveau. La confiance se construisait pierre après pierre. Sissi en avait déjà posé quelques unes et, à son tour, il tentait de faire pareil, du mieux qu'il pouvait.  


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