indiscrétions
- gossip witch est bavarde -


L’homme en Jupe On a vu semblerait-il un sang pur jouer les transformistes au Cirque Avery. Nous n’avons pas encore de nom mais son jeune âge semble indiquer que son travestissement est une quête identitaire !

La tête d’enterrement N'est-il pas courant que lorsque l'on perd un être cher, on verse quelques larmes ? Eh bien si la mort de l'Actrice Louise de Montmorency emeut les foules, sa fille ne semble pas bien touchée. Etrange non ?

Le dimanche au Pays de Galles c'est le jour des mariages Il y a des évènements heureux dans ce monde enfin si l'union forcée et arrangéeest un évènement heureux ! Desmond Meadowes s'est débarassé de sa plus jeune soeur, reste la plus vielle des deux.




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[FB] Meet me at night - Gabrielle

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Parchemin envoyé Jeu 28 Jan - 23:48

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Meet me at night
Alastar & Gabrielle
Juin 1988





Ses doigts caressaient le bois vernis sans vraiment le vouloir. C'était un geste lent, presque tendre. Inconscient. Tout comme la missive qu'il avait envoyée quelques heures plus tôt. Alastar soupira d'anxiété. Il leva les yeux pour les fixer sur l'autel où le prêtre donnait la dernière messe de la journée. Plus loin, quelques fidèles, qui se comptaient sur les doigts d'une main, assistaient à la cérémonie en silence.

Pourquoi ce lieu? Il ne pourrait répondre. Bien sûr, il y avait le fait que c'était peut-être un endroit discret et retiré. Presque miteux. Qui irait soupçonner que quelque chose de louche se tramait dans une église presque abandonnée des faubourgs de Londres? Moldue, avec ça... Personne sans, doute. Eh puis, la situation était idéale : loin des quartiers sorciers, avec des témoins potentiels pas vraiment gênants si les choses se gâtaient... Non. il devait y avoir autre chose. Al' haussa le regard vers les vitraux sombres de la nef. Il n'était pas croyant. Loin de là. Il connaissait des sorciers qui l'étaient, bizarrement. Mais il ne faisait pas partie de ceux-là, alors pourquoi?

Il huma l'odeur d'encens et s'imprégna du silence des lieux. Il s'en dégageait une certaine sérénité. Quelque chose qu'il ne connaissait plus vraiment depuis un an. Quelque chose qui lui manquait. Il toussota et repensa au contenu de cette lettre stupide qu'il avait adressée à Gabrielle. Pourquoi elle? Parce que c'était ce que voulait Sélène? Quelle imbécile. Sa sœur le détestait. Elle avait hurlé en le voyant, ce soir-là. Un hurlement de rage, de dégoût. Cette réaction ne pouvait mentir : Gabrielle ne pourrait avoir qu'une mauvaise réaction en le voyant. L'insulter, le tuer... Qu'espérait-il au juste? Qu'elle s'asseye à côté de lui, comme sa vieille pote "Eh ça faisait longtemps Al'. La dernière fois c'était aux funérailles de ma soeur, tu te souviens? " Alastar lâcha un ricanement sombre, à peine contenu. Cette pensée avait au moins eu le mérite de le divertir, l'espace d'un instant.

Cette lettre, il avait mis des jours pour se résoudre à l'écrire. et des heures à la recommencer, encore et encore. Il ne savait exactement ce qui l'avait décidé. Une énième arrestation injuste "au nom du Seigneur des Ténèbres", un énième interrogatoire bercé de tortures et de souffrance? Si ce climat de terreur et d'injustice était ce qu'il avait voulu plus jeune, ce n'était plus le cas aujourd'hui. Et les paroles de Sélène le hantaient, presque autant que le fantôme d'Órfhlaith. "Tu peux faire quelque chose pour changer ça. Fais-moi confiance".

Depuis toujours, il savait que Sélène avait une sorte de don. Des intuitions plus ou moins fidèles à la réalité. Mais à cet instant, Alastar pensa vraiment qu'elle s'était trompée. C'était dans un ultime espoir qu'il avait cédé à ses prédictions et qu'il avait écrit cette maudite lettre.
"Je sais quelque chose sur Sélène. Rejoins-moi à cette adresse, ce soir. Tu me reconnaîtras."
Pour sûr, cela attirerait l'attention de Gabrielle. Mais elle était capable de tout. Le meilleur comme le pire, il le savait. Peut-être était-elle déjà présente, cachée parmi les fidèles, ou peut-être allait-elle débarquer et le tuer dans la seconde. Il n'en savait rien. Et il avait décidé de prendre ce risque. Risque qu'il commençait tout doucement à regretter. Quelque chose lui disait de fuir. Il était encore temps. Mais son sang se glaça lorsque l'énorme porte en bois de l'église tourna sur ses gonds. C'était peut-être elle. Ou pas. Al' décida de ne pas se retourner. Il continuait de fixer l'autel, d'un air détendu. Or, il n'en était rien.
Parchemin envoyé Sam 30 Jan - 15:15

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+ MEET ME AT NIGHT + Alastar et Gabrielle.
Everybody’s got their demons even wide awake or dreaming I’m the one who ends up leaving, make it okay. See a war I wanna fight it, see a match I wanna strike it. Every fire I’ve ignited faded to grey, but now that I’m broken, now that you know it, caught up in a moment, can you see inside ? 5 seconds of summer - jet black heart

LONDRES MOLDUS - juin 1988. Gabrielle regarda les portraits placardés sur le tableau de liège accroché à un mur du bureau qu'elle s'était aménagé dans son appartement de Londres. Rien a voir avec le manoir familial, ni avec aucune demeure qui avait  jadis était sienne. Les cottages qui abritaient les McGonagall étaient aujourd'hui la demeure de mangemort. Penser à ses ennemis qui occupaient ce qui était à elle l’emmena comme d'habitude à se demander comment la situation pouvait perdurer. Elle refusait de penser à ce qui pouvait se passer chez elle désormais, à ces mangemorts qui devaient jubiler. Ils étaient ennemis depuis si longtemps. Les McGonagall c'étaient toujours opposés aux forces du mal, d'aussi loin que remonte la lignée, et ces dernières années, Voldemort était leur cheval de bataille, la chute du mage noir était devenu une obsession chez Gabrielle. Elle regarda à nouveau les portraits en noir et blanc en face d'elle. Des mangemorts reconnus. Elle ne cherchait plus à savoir qui avait tué qui, un mangemort est un mangemort, elle ne faisait pas de différence. Elle ne cherchait nul vengeance, du moins elle s’efforçait de laisser plutôt la place à la justice. Cette justice que les siens avaient toujours défendu, au péril de leur vie. Deux portraits attirèrent son attention, comme d'habitude. Celui de Marcus, un peu à part, parce qu'elle ne voulait pas le mêler aux autres assassins. Et celui d'Alastar, à part également, car elle tentait de réserver encore son jugement à son sujet. Une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de lui souffler qu'il était responsable de la mort de sa sœur. Elle devait être honnête, elle n'en savait rien. Il n'y avait plus que des suspects, partout autour d'elle, elle ne pouvait plus faire confiance à personne. Aujourd'hui, il ne lui restait plus que sa mère, Felix était enfermé à Azkaban, les autres étaient morts. Même Sélène. Elle croyait sa sœur saine et sauve, maintenant qu'elle avait passé le cauchemar de la Grande Purge, elle se trompait lourdement. Sélène McGonagall était morte deux ans plus tôt, une nouvelle pierre tombale s'était dressée aux côté des autres, une nouvelle pierre portant le nom de la famille.

Un miaulement plaintif vint interrompre ses réflexions désagréables. Elle adressa un claquement de langue impatient à Hector-le-chat sans quitter les visages des yeux, insensible aux demandes d'attention continues du chaton qu'elle avait recueillit la semaine dernière, séduite par ses oreilles pointues démesurées. Nouveau miaulement. La jeune médicomage tourna enfin la tête et vit que l'animal regardait en l'air, par la fenêtre. Elle suivit son regard et derrière la fenêtre, une chouette la fixait de ses yeux mordorés, une lettre à la patte. Elle ouvrit la fenêtre après un instant d'hésitation, elle en était arrivé là de la méfiance. Elle ne faisait pas confiance aux chouettes. L'animal ne bougea pas. Elle détacha rapidement la lettre et l'oiseau s'envola aussitôt. Elle déplia la courte missive, qui ne contenait que quelques mots jetés sur le papier. "Je sais quelque chose sur Sélène. Rejoins-moi à cette adresse, ce soir. Tu me reconnaîtras." Elle sentit son cœur rater un battement. Si c'était un piège, elle fonçerait dedans tête baissée.

Quelques heures plus tard, Gabrielle claqua la porte de son appartement, elle ne préviendrait pas sa mère, elle était épuisée et son état de santé était fragile, elle ne voulait pas en rajouter. Quand passa le palier, elle ne ressemblait plus à Gabrielle. Hors de question d'être suivit, hors de question d'être repérer, si c'était un piège, elle pourrait l'éviter ainsi. Elle avait à présent l'apparence d'une jeune femme d'une trentaine d'année, rousse aux yeux vert, le nez moins long et les lèvres plus fines. Son visage était parsemé de tâche de rousseur et sa peau beaucoup plus pâle. Elle était méconnaissable. Bien sur son camouflage était seulement un moyen de s'assurer qu'elle ne serait pas suivit là où elle devait aller, depuis que l'Ordre s'était reformé, elle avait redoublé de prudence. Elle fit quelques pas dehors, la soirée était fraîche pour un mois de juin, et transplana à l'angle d'une rue après s'être assurée qu'elle était seule.

Elle arriva dans un renfoncement de porte d'un quartier peu fréquenté de Londres. Elle était tout proche du lieu de rendez-vous, une Église. Elle n'avait jamais mit les pieds dans un tel lieu de culte. Comme beaucoup de sorcier, les McGonagall ne vénérait pas un dieu immatériel mais plutôt les grands sorciers de jadis : Merlin, Morgane, ou encore Arthur, parmi tant d'autre. Mais plsueirus de ses camarades de Poudlard lui avait déjà parlé de leur religion, l'école était jadis multiculturelle, ce qui n'était malheureusement plus le cas aujourd'hui. Elle poussa la lourde porte de bois, quelques fidèles était dispersés, tête baissée ou au contraire fixée sur des vitraux ou des statuts. Personne ne fit attention à elle. Dans la poche de sa veste, elle resserra ses doigts autour de sa baguette. Elle jeta un regard circulaire et trouva immédiatement ce qu'elle cherchait. Il était là. Gabrielle se raidit. C'était lui. C'était lui qui lui avait envoyé cette lettre, lui qui l'avait attiré ici, alors même si c'était un piège, elle s'en moquait. Elle sentit une vague de rage la submerger et du faire un effort pour ne pas lui lancer un sort immédiatement. Profitant de l'indifférence qu'elle suscitait, elle laissa tomber le masque et redevint elle même. Pas question de l'aborder camoufler, son don était un secret trop précieux. Elle voyait le profil d'Alastar, il était immobile, il affichait une décontraction qui donna envie à la jeune femme de l'étrangler, mais elle nota qu'il avait minci depuis la dernière fois, depuis les funérailles de Sélène, il était cerné aussi. Gabrielle espérait de tout coeur qu'il souffrait. Qu'il souffrait d'être un mangemort et qu'il souffrait d'avoir perdu Sélène. Elle espérait qu'il avait aimer sa sœur, et elle aimerait plus que tout qu'il l'aime toujours, qu'il crève d'amour pour elle, littéralement. Elle s'approcha silencieusement et s'installa à côté de lui, les doigts toujours étroitement serrés autour de sa baguette. Tu manque pas d'air Rackharrow. Dit-elle à voix basse, froide comme la glace, sans même daigner le regarder. Tu ferais mieux de t'expliquer tout de suite, parce que si tu as été assez stupide pour me tendre un piège, je jure par Merlin que si je tombe je t'entraînerai avec moi. prophétisa-t-elle toujours sans le regarder. Elle n'éprouvait aucune tendresse, aucune pitié, aucune amitié pour lui. Simplement une colère froide, qui menaçait de revenir une rage prodigieuse dès qu'elle pensait à lui, à lui en train d'embrasser sa sœur, et à Sélène, morte peu de temps après. Ça ne pouvait pas être une coïncidence.
Parchemin envoyé Lun 8 Fév - 16:35

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Le temps que la porte de l'église se referme, Alastar avait senti une présence tapie dans l'ombre, à quelques mètres de lui à peine. Une paire d'yeux rubis le fixait, attentive à ses moindres gestes. Le sorcier murmura durement, assez fort pour se faire entendre de la bête et avec une sévérité qui trahissait sa nervosité :"Igbal..."

Il écarquilla les yeux, menaçant. D'ordinaire, il n'était pas aussi ferme avec son éternel qui, après tout, ne cherchait qu'à le protéger. La bête avait sans doute ressenti une anxiété inhabituelle et s'était matérialisée à proximité pour s'assurer que son maître était en sécurité. Néanmoins, Igbal prenait un risque inconsidéré en se matérialisant en public, et Alastar s'inquiéta. Le loup ailé avait en général une excellente intuition, peut-être y avait-il une raison à sa présence.

L'Éternel inclina la tête comme pour se repentir de cette imprudence et recula prudemment, non sans disparaître. Rassuré de savoir son fidèle ami à ses côtés, Al' se détendit, sans vraiment s'inquiéter de savoir qui venait de pénétrer dans l'église. Si c'était Gabrielle, il le saurait bien assez tôt. Et si elle avait le malheur de lever sa baguette dans sa direction, l'Éternel se ferait une joie de la réduire en charpie, ou du moins il l'empêcherait d'atteindre son maître d'un sortilège mortel. Al' ne devait pas sous-estimer Gabrielle : il avait fait cette erreur avec sa sœur vingt ans plus tôt. Et il se souvenait toujours des conséquences...

Il sentit quelqu'un approcher et tourna légèrement le visage lorsqu'une voix à peine familière s'éleva pour briser le silence sépulcral. Tu manque pas d'air Rackharrow. Gabrielle prit place à ses côtés, les mains dans les poches, certainement en train d'écraser sa baguette, à l'affût du moindre danger. Tu ferais mieux de t'expliquer tout de suite, parce que si tu as été assez stupide pour me tendre un piège, je jure par Merlin que si je tombe je t'entraînerai avec moi. Toujours aussi excessive et mordante. Elle n'avait pas changé. Bien qu'il la connaissait à peine, Al' imaginait Gabrielle comme étant un esprit vif mais incisif. Quelqu'un de droit mais aussi d'intransigeant. Un petit peu comme lui. Rien qu'un tout petit peu. Il haussa les épaules, faussement nonchalant. Lui aussi gardait les yeux rivés vers l'autel, comme si le moindre contact visuel avec la sorcière briserait tous ces espoirs qui l'avaient amenés là, ce soir là.

"Ne t'en fais pas. Je ne t'ai pas fait venir ici pour te tuer. Mais note que l'endroit s'y prêterait bien." Il balaya l'église du regard, comme pour appuyer ses propos. Toute cette présomption pour un simple meurtre, c'était tellement cliché, banal. "Mais je ne ferai pas la causette non plus. On n'a pas de temps à perdre, toi et moi à ce que je sache."

Il se tut quelques instants. Alors c'était maintenant. Maintenant et pas un autre moment. C'était là qu'il faisait le grand saut. Celui qui changerait sa vie du tout au tout. Sa vie qui dépendrait désormais d'une femme qui le détestait plus que tout au monde. Il lança vers elle un regard d'hésitation, mal à l'aise. S'il ne parlait pas et vite, Gabrielle s'impatienterait et il aurait fait tout ça pour rien. Mais avant de se lancer, il avait tout de même besoin de lui demander ce qu'elle savait, et ce qu'elle soupçonnait. C'était stupide : il était presque certain de la réponse, mais se lança tout de même, indécis. "Qu'est-ce que tu sais du... meurtre ? Qu'est-ce qui lui est arrivé?"

Ces mots lui brûlaient les lèvres. Depuis deux ans, il rêvait de poser la question à quelqu'un qui n'était pas mangemort, à quelqu'un de plus objectif (quoique pour cela Gabrielle n'était peut-être pas la mieux placée). Car il subissait les versions plus incohérentes les unes que les autres, mais les faits étaient là : Sélène était morte et enterrée. Néanmoins, Alastar avait l'impression qu'il ne serait jamais en paix avant de savoir ce qui lui était réellement arrivé. Tout ce qu'il espérait, c'était que Gabrielle ne se retournerait pas contre lui en cet instant tellement délicat pour le mangemort, comme il le craignait.
Parchemin envoyé Jeu 3 Mar - 21:05

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Revoir Alastar était incroyablement douloureux pour Gabrielle. Tout ce qu'il parvenait à lui renvoyer, c'était l'image de sa sœur. Et elle ne parvenait plus à voir sa sœur rire encore. Tout ce qu'elle voyait des membres de sa famille désormais, c'était une tombe,  froide comme la glace. Et cette image entretenait à la fois sa haine des mangemorts et sa peine. Elle ne voulait pas laisser sa peine s'éteindre, c'était devenu aujourd'hui son moteur. Elle l'alimentait sans cesse. Parce qu'elle refusait de baisser les bras, elle ne stopperait jamais son combat. Tant qu'elle aurait encore un souffle de vie, elle lutterait pour que justice soit faite. Pour que les coupables paient.  Ne t'en fais pas. Je ne t'ai pas fait venir ici pour te tuer. Mais note que l'endroit s'y prêterait bien. Mais je ne ferai pas la causette non plus. On n'a pas de temps à perdre, toi et moi à ce que je sache. Gabrielle ne prit pas la peine de lui répondre. Chaque mot semblait demander un effort surhumain à la jeune médicomage. Le fait d'avoir rejoint l'Ordre reformé depuis peu lui donnait un but, une raison de se battre encore. Mais elle était inquiète. L'état de santé de sa mère avait commencé à se détériorer depuis quelques semaines. Elle savait que Skander lui cachait ce fait, mais rien ne pouvait lui échapper. Elle savait que sa mère avait le sommeil troublé et qu'elle se jetait à corps perdu dans l'Ordre, elle avait donné beaucoup pour le faire revivre et elle y consacrait aujourd'hui toute son énergie. Depuis un peu plus d'un an aujourd'hui, l'Ordre s'était reformé, et la flamme de l'espoir se diffusait peu à peu. Mais le combat était rude. Cora et tous les autres auraient besoin de toute leur énergie, et Gabrielle voyait les réserver de sa mère s'amenuiser. Elle était terrifiée. Terrifié à l'idée d'être définitivement seule cette fois. Une survivante. Une orpheline. Plus personne. Si elle n'était plus membre du clan McGonagall, elle n'était plus rien, plus personne.

Le silence se fit plus pesant encore. Gabrielle attendait. Il avait plutôt intérêt d'avoir une bonne raison de l'avoir fait venir ici. Qu'est-ce que tu sais du... meurtre ? Qu'est-ce qui lui est arrivé? Elle eu la vague impression que quelqu'un venait de lui perforait les poumons. Elle sentit le sol se dérober sous ses pieds. Bien sur qu'il l'avait fait venir pour ça, pour lui parler de Sélène, elle s'y était prépaé, mais devoir évoquer les souvenirs de sa sœur était terriblement douloureux. Comment oses-tu... Comment est-ce que tu peux.... Pour la première fois de sa vie, Gabrielle n'avait même plus la force de parler. Un exploit. Elle chercha à retrouver son calme, et stabiliser sa voix tremblante de colère, de chagrin et d'indignation. Plus que jamais, le fantôme de Sélène sembla flotter entre eux pendant un moment. Elle déglutit et fit un effort pour éviter le tremblement de ses mains. Rien. Rien du tout. Un jour, un homme du Ministère est venu frapper à ma porte. Il avait un air faussement désolé et un sourire malsain. Il m'a dit qu'on avait retrouvé le corps de ma grande sœur, sans vie. Le colère prenait entièrement le pas sur la douleur. Parce qu'elle ne l'avait jamais formulé à haute voix, mais elle savait qu'un mangemort avait tué sa sœur, et elle avait une idée assez précise de qui était ce mangemort. C'est ce que tu voulais entendre ? Demanda-t-elle d'un ton tranchant et agressif. Elle repensa aux funérailles de Sélène, quand une pierre tombale étaient venue  s'ajouter aux autres. Il y avait de moins en moins de monde aux enterrements des McGonagall, jadis très aimés de la communauté magique. Ils avaient tous peur. Gabrielle n'avait pas croiser le regard d'Alastar. C'était au dessus de ses forces. Elle avait craint de déclencher un duel pendant la mise en terre. Sélène devait être un symbole de paix. Elle était si sage, cette sagesse qui caractérisait aussi Cora, alors que Gabrielle avait prit la fougue de son père. Tu veux que je te dise ce que je pense des circonstances de la mort de ma sœur ? La seule soeur qu'il me restait ? Elle n'écoutait même plus ce qu'il avait à dire. Elle avait commencé à ouvrir les vannes, elle ne pouvait plus s'arrêter maintenant. Elle avait gratté cette plaie trop longtemps, pendant trop de longue nuit sans sommeil pour qu'elle ne cicatrise un jour. Je pense qu'un mangemort l'a tué. Tu veux savoir si j'ai une idée de son identité ? Dit-elle sans pouvoir s'en empêcher. Elle se tourna vers le jeune homme et le fixa enfin dans les yeux, d'un regard dur, sans ciller. Elle se demanda si lui aussi se souvenait de cette nuit, un peu avant la mort de Sélène, où elle les avait surpris tous les deux. S'il se souvenait de sa colère quand elle l'avait mit dehors.
Parchemin envoyé Sam 2 Avr - 19:51

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Gabrielle se raidit. La question du mangemort avait, comme il le craignait, fait plus de dégâts qu'escompté. En même temps, à quoi d'autre aurait-il pu s'attendre? Éveiller le souvenir de Sélène, morte tragiquement presque deux ans plus tôt ne pouvait qu'heurter Gabrielle. Lui aussi, avait la gorge nouée et les poings serrés. L'évocation de ce nom avait toujours été compliqué et douloureux, d'autant qu'Al' gardait tout pour lui. Ce n'était pas un choix mais une obligation, une véritable condition de survie en tant que mangemort. Maintenant qu'il pouvait en parler presque librement, Rackharrow avait l'impression que les sentiments qu'il pensait éteints affluaient et le transperçaient sans pitié. Tendu, il tourna un regard inquiet vers la cadette de son amante défunte. Il était inquiet, oui. Car il la savait capable du pire, en ces circonstances. Igbal ressentit sa crainte, car la créature s'avança, menaçante, encore dissimulée par la pénombre, en grognant légèrement. Un léger claquement de langue d'Al' la fit taire provisoirement. Que Gabrielle apprenne son existence n'avait pas vraiment d'importance, au fond. C'était peut-être même mieux qu'elle le sache protégé par une créature aux pouvoirs encore inconnus...

Après s'être indignée, puis tue, la jeune femme obtempéra et lui servit une réponse aussi sèche qu'empreinte de douleur : "Rien. Rien du tout. Un jour, un homme du Ministère est venu frapper à ma porte. Il avait un air faussement désolé et un sourire malsain. Il m'a dit qu'on avait retrouvé le corps de ma grande sœur, sans vie." Al' baissa les yeux, désolé. Bien sûr c'était comme ça que ça s'était passé et pas autrement. Il s'imaginait parfaitement la scène. Un gars comme Gareth aurait pris un malin plaisir à aller annoncer ce genre de nouvelles à la famille d'un auror défunt et ce plaisir sadique avait presque de quoi l'écoeurer. Il ne pouvait qu'imaginer la peine qu'avait dû ressentir Gabrielle à l'annonce de cette nouvelle. En tout cas, il se souvenait très bien de sa propre douleur lorsqu'on lui apprit le décès de Sélène... Et le pire avait été d'encaisser en silence, presque en souriant. Alastar gardait les yeux dans le vague, pensif. "C'est ce que tu voulais entendre ?" L'aigreur prenait le pas sur la tristesse et déjà, Gabrielle semblait se retourner contre lui, la colère attisée par ce qu'il venait de la forcer à évoquer, malgré elle. Al' ne releva pas cette remarque inutile, qui visait plus à le mettre mal à l'aise qu'autre chose. Bien sûr que non ce n'était pas ce qu'il voulait. Tout ça n'était qu'un cauchemar dont il ne pouvait sortir et qui l'oppressait toujours plus. Le mangemort canalisa tant bien que mal son cynisme ordinaire pour préférer un silence lourd, plat. S'il entrait lui aussi dans l'agression, cet échange se conclurait sur un duel à mort. Il le savait et gardait cette éventualité bien en tête. Il ajouta, sans ciller ni hausser le ton de sa voix. "Quelqu'un a pu identifier le corps?" Cette question était peut-être celle de trop, mais Al' voulait lever certains doutes. Il avait toujours trouvé bizarre que l'enterrement ait lieu avec autant de précipitation, et surtout sans que le visage du défunt ne soit dévoilé lors des funérailles, ce qui était inhabituel. Cela laissait deux explications : soit le corps était dans un état plus que déplorable, soit ce n'était pas Sélène... Mais cette possibilité demeurait à ses eux un espoir puérile et vain.

"Tu veux que je te dise ce que je pense des circonstances de la mort de ma sœur ? La seule soeur qu'il me restait ? Je pense qu'un mangemort l'a tué. Tu veux savoir si j'ai une idée de son identité ?" Alastar affronta pour la première fois le regard brûlant de Gabrielle. Il le soutint avec dureté, presque colère. Ces doutes étaient légitimes, et il devait bien s'y attendre. Pour elle, il était le suspect parfait, le dernier homme qu'elle avait surpris en compagnie de Sélène. Un mangemort reconnu pour son amour de la magie noire et le poste qu'il occupait au Ministère. Il avait toutes les raisons du monde de vouloir la mort d'une ex-auror, après tout. Mais malgré tout, ces accusations le heurtèrent, parce qu'il pensait Gabrielle un rien plus clairvoyante que ça. "Je n'ai pas tué ta soeur, Gabrielle." Parce que oui, il s'agissait bien d'accusation. Ni plus ni moins. Et il ne voulait pas tourner autour du pot. Il détestait ça. Alors si elle avait un problème à régler avec lui, ils feraient ça maintenant. Tout de suite. Il envisagea, l'espace d'un instant, la possibilité insensée : s'il avait voulu tuer Sélène, comment s'y serait-il pris? En aurait-il été seulement capable? "Comment j'aurais pu faire ça? " il baissa son regard un brin trop humide à son goût. "Non." Conclusion implacable : même avec la meilleure volonté du monde, tuer Sélène aurait été au-dessus de ses forces. Et il détesterait à jamais la personne responsable de cet acte. "Je ... je tenais trop à elle". Le verbe "aimer" restait tout aussi douloureux que ce nom qu'il se refusait encore de prononcer. Sélène. Oui, il pensait bien l'aimer. En tout cas, il ne s'imaginait pas souffrir autant à l'annonce de la mort d'une simple amie, elle devait être forcément plus que ça à ses yeux, pour qu'il souffre à ce point.

Mais très vite, comme souvent chez lui, la logique reprit le dessus. "Et puis si je l'avais tuée, pourquoi n'en aurais-je pas profité pour obtenir une promotion ou un peu de gloire? Si vraiment, je n'en avais rien à carrer d'elle? J'aurais tout gagné... mais ce n'est pas moi. Je n'aurais pas pu." Être sincère avec Gabrielle n'était pas évident, mais il savait qu'il ne l'aurait pas par le mensonge, seule la vérité la rallierait à sa cause, et pas autre chose.
Parchemin envoyé Sam 23 Avr - 22:01

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Pourquoi est-ce qu'Alastar venait lui reparler de Sélène maintenant ? Ils n'étaient pas amis et ne l'avait jamais été, elle avait toujours méprisé tout ce qu'il représentait. Se rendait-il compte que c'était atrocement douloureux ? Peut-être que c'était justement ce qu'il cherchait, cette forme de torture mentale pouvait possiblement l'amuser... Elle du faire appel à tout son sang froid pour ne pas lui asséner la claque qu'il méritait. Sélène avait laissé un vide glacial dans le cœur de sa petite sœur. Depuis le massacre des siens, Gabrielle n'était plus vraiment elle même. Elle était devenu dure, froide, distante, et depuis la renaissance de l'Ordre, elle était acharnée. Elle n'avait plus qu'un seul objectif : écraser Voldemort et ses mangemorts. Et n'avoir qu'un seul objectif pouvait donner un grand pouvoir, elle s'y consacrait entièrement. Elle vivait dans la douleur permanente d'avoir perdu les siens. Elle s'était toujours définit comme membre d'un clan, d'une famille. A présent que le clan était décimé, elle n'était plus rien. Elle sentait cette soif de vengeance en elle. Et cela l'effrayait. Elle combattait chaque jour cette rage folle pour éviter qu'elle ne la pousse à devenir comme ceux qu'elle haïssait le plus. Sa famille avait toujours lutté pour la justice. Et c'était ce qu'elle réclamait aujourd'hui, la justice. Elle ne voulait pas céder à ses désirs de vengeance. Elle n'était pas comme les mangemorts. Et elle saurait attendre, patiemment, lutant chaque jour, des années durant s'il le fallait, pour que la justice les punisse enfin.

Quelqu'un a pu identifier le corps? Elle ne parvenait pas à croire à ce qu'elle entendait. Plus que jamais, elle eu envie de lui lancer un sort, de le coller au mur, de lui faire regretter ce qu'il lui infligeait. Gabrielle sentit une nouvelle bouffée de colère, qui s'étouffa bien vite, cependant. Elle eu presque l'impression que le fantôme de Sélène flottait quelque part autour d'eux, comme si son souvenir pouvait les observer. Que dirait-elle ? Elle qui avait cru en Alastar. Instinctivement, elle serra plus fort ses doigts autour de sa baguette glissée dans la poche de sa robe de sorcière. Elle finit par lui répondre dans un souffle. Non. Elle voyait se dérouler devant ses yeux éteints les scènes de la mort de sa sœur. Cet homme et son sourire. Le creux dans son estomac, l'impression que la terre s'effritait sous ses pieds, ce froid soudain qui lui avait coupé le souffle. Puis les funérailles. Le cimetière familial des Highlands quasi désert, parce qu'il ne faisait pas bon être l'ami des McGongall en cette sombre époque. Et un cercueil en bois claire qui descendait doucement dans une tombe. Surplombé d'une pierre tombale. Un peu plus claire que les autres. Qui elle aussi, portait le nom McGonagall. Le regard de Gabrielle, fixé sur le banc devant elle, ne voyait plus rien, l'église n'existait plus. Il n'y avait que ce cercueil qui descendait. Et cette envie de sombrer contre laquelle elle devait lutter chaque jour. Ni moi ni ma mère. Ses phrases étaient hachées, sa voix à peine plus qu'un murmure douloureux. Je n'ai vu qu'un cercueil déjà fermé. Une larme roula sur sa joue soudainement très pâle, sans qu'elle ne s'en rende compte ni fasse le moindre geste pour l'effacer. Elle se demanda quel avait été l'état du corps de sa grande sœur, pour que la famille n'ai pas à le voir.

L'injustice, la colère, la douleur et la rage dansaient pêle-mêle dans les yeux mordorés de la jeune femme. Elle sembla revenir brutalement à la réalité. D'un revers de la main, elle effaça la trace salée sur sa joue, se maudissant de cet instant de faiblesse. Quand elle se tourna vers Alastar, ce fut comme si elle le voyait pour la première fois. Et une chose la percuta de plein fouet. Lui aussi semblait ravagé par le chagrin. Je n'ai pas tué ta soeur, Gabrielle. Peut-être. Peut-être que ce n'était pas lui. Mais ça ne le rendait pas moins coupable pour autant aux yeux de Gabrielle. Je ... je tenais trop à elle. Etait-il en train de dire ce qu'elle imaginait ? Ses sentiments pour Sélène étaient-ils sincère ? S'en était trop pour la jeune femme qui sentait sa patience s'user au fur et à mesure que cette affreuse conversation se poursuivait. En la fréquentant tu la mettais en danger. Et tu le savais. Asséna-t-elle d'une voix sourde, implacable. Un mangemort et une auror, bien connue pour appartenir  une famille ennemie de Voldemort.  Il était possible que quelqu'un ai remarqué leur manège et ai décidé d'y mettre un terme. Ou peut être que Sélène était devenu gênante pour Alastar. Qu'elle menaçait de révéler ce qu'il y avait entre eux. Il avait le sang pur et pas elle, une telle idylle était interdite. Le fait de trouver un bouc émissaire, quelqu'un à blâmer pour la mort de sa sœur, était nécessaire pour elle, presque vital, elle s'y raccrochait autant qu'à l'idée qu'un jour, les coupables devraient payer.

Quand il expliqua qu'il ne pouvait pas l'avoir tué, qu'il n'aurait eu aucune raison de le faire, la respiration de la médicomage s'accéléra. Elle ne voulait plus rien entendre, c'était trop, beaucoup trop. Elle ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase et parla en même temps que lui quand il disait qu'il « n'aurait pas pu ». Tais toi, tais toi ! La ferme ! dit-elle d'une voix forte. Les quelques personnes présentent dans l’église se tournèrent vers eux, intriguées de cet éclat de voix soudain. Mais elle ne s'en rendit pas compte. Elle se leva brusquement et ne prit pas la peine de baisser la voix. Qu'est-ce que tu cherches ? L'absolution ? Le pardon? Puisqu'il semblait vraiment souffrir, essayait-il de laver sa conscience ? Pourquoi tu fais ça, tu trouves que c'est pas assez dur ? Les regards se firent scandalisés de tels cris, mais elle s'en moquait. Elle tourna les talons et quitta l'église à grand pas. Pourtant elle n'alla pas loin. Le soleil se couchait doucement sur Londres, dans cette partie peu fréquentée de la ville. Elle s'adossa contre les murs de pierre de l'église, réchauffé par le soleil qui avait brillé toute la journée. Elle laissa aller sa tête contre la pierre et ferma les yeux, luttant farouchement pour ne pas céder aux larmes. Elle enfouit son visage dans ses mains tremblantes, cherchant à calmer sa respiration saccadée par la colère. Quand elle rouvrit les yeux, il était là. Elle planta son regard bouleversé dans celui d'Alastar.  
Parchemin envoyé Sam 7 Mai - 2:37

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Al' était terre-à-terre, c'était un fait et ça pouvait vite déranger. Dans certaines circonstances. ça le rendait même carrément maladroit et indélicat. Comme en ce moment. Sans vraiment s'en rendre compte, le mangemort venait peut-être de poser l'une des pires questions que l'ont pouvait adresser à une personne endeuillée. Et pourtant c'était sorti avec tellement de facilité, sans arrière pensée. Gabrielle ne pouvait que mal réagir. Al' s'attendit en retour à une insulte, un sortilège, une gifle... mais Gabrielle resta silencieuse, ce qui n'était pas forcément mieux. Et pourtant, il pouvait lire la colère dans ses yeux. La rage et la frustration. Ces sentiments, il les connaissait bien pour les avoir ressentis durant ces longues années qui avaient suivi la mort de Sélène. Aussi, il s'apprêta à encaisser, mais Gabrielle répondit, à sa grande surprise Non. Le corps était donc resté caché jusqu'à sa mise en terre.  Ni moi ni ma mère. Je n'ai vu qu'un cercueil déjà fermé.Al' soupira, pensif. Ses idées s'affolèrent, malgré lui. Il savait que cette réponse était dangereuse, parce qu'elle laissait place à un espoir aussi vain qu'insensé : celui que Sélène ne soit pas morte. Que le cadavre qui ait été plongé en terre aux Highlands ne soit pas celui d'une McGonagall mais bien celui d'un cadavre ayant pris sa place... Rackharrow voulut s'empêcher d'espérer. Ne fut-ce qu'un rien. Tuer ces chimères dans l’œuf étant sans doute la chose le plus sage, et pourtant, il ne put s'empêcher d'espérer que oui... peut-être, peut-être bien qu'elle s'en était sortie tout compte fait...

Mais aussitôt, les doutes surgirent. S'en sortir au détriment de sa propre identité, de sa propre vie, de sa propre famille, ce n'était pas Sélène. Elle ne pouvait avoir fui de la sorte, du moins, pas sans avoir une raison valable. Et comment s'y serait-elle prise, elle, une auror déchue n'ayant plus aucun pouvoir en ce monde dominé par les Ténèbres et la nuit, sans aucun ami pour l'aider? Alastar aurait voulu partager ses doutes. Gabrielle devait en savoir plus que lui sur la disparition de sa propre soeur. Elle aurait pu, même violemment, les infirmer, lui dire qu'il était fou de se berner à ce point, que c'était tout simplement impossible que Sélène ait échappé aux mangemorts et abandonné le peu de famille qui lui restait... Il avait besoin de quelqu'un d'aussi froid que lui pour lui remettre les pieds sur terre, pour délaisser ces élans d'optimisme qui décidément ne lui ressemblaient pas du tout... mais ce fut ce moment que choisi la jeune femme pour lancer une accusation sournoise et qui, objectivement, pouvait sembler justifiée.

Alors, pour une fois, Al' fit la concession de mettre ses sentiments à poil. Il ne voulait surtout pas que Gabrielle lui fasse l'injustice de l'accuser pour ce meurtre. Le brigadier en avait ôté, des vies. Oh ça, des tas. Mais il n'aurait pu, même avec la baguette de Voldemort pointée sur la tempe, faire du mal à Sélène. Il aurait voulu que Gabrielle le croie, qu'elle comprenne que lui aussi était une victime, dans cette histoire sordide, tout autant qu'elle. Mais Rackharrow manquait d'assurance dans ses paroles. On ne déclarait pas ses sentiments tous les jours, même indirectement... En la fréquentant tu la mettais en danger. Et tu le savais. Le jugement tomba. Aussi implacable que le précédent. Non. Il était pire encore. S'il n'avait pas renoué avec Sélène, sans doute serait-elle encore là. C'était, ni plus ni moins, ce que Gabrielle venait de lui balancer en plein visage. Le souffle coupé, Al' la dévisagea, partagé entre la colère et l'incompréhension. La mettre en danger? Il n'avait jamais songé à cela et pourtant... avait-elle raison?

Non, c'était impossible. Ils n'étaient pas idiots au point de s'afficher sans précaution. Selene ne le contactait que lorsqu'elle se savait sans surveillance, ce qui arrivait malgré tout assez souvent. Il se rendait chez elle en toute discrétion et veillait toujours à ne pas être suivi, et ils ne restaient que très peu de temps ensemble, malgré leur envie brûlante de ne plus vivre l'un sans l'autre. Non. Gabrielle était cruelle et injuste de lui asséner un coup pareil.

Non. Personne ne savait. Jamais je ne l'aurais mise en danger impunément. Et dans l'équation, celui qui risquait le plus gros, c'était lui. S'ils avaient été vus ensemble, pourquoi n'avait-il donc reçu aucun avertissement? Aucune sanction ? Ce n'était pas plausible. Mais si Alastar restait préoccupé par les faits, Gabrielle, pour sa part, semblait aux prises avec ses émotions. Elle écouta à peine ses explications, l'impatience et la rage brillaient dans ses yeux embués, impétueux, qui lui criaient de se taire.  Tais toi, tais toi ! La ferme ! Al'  resta surpris par cet élan de rage qui venait de les exposer aux quelques moldus présents. Il consentit à se taire par prudence plus que par soumission et fusilla McGonagall du regard. Il comprenait cette douleur, cette peine à affronter la réalité en face. Mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine déception. Alors, elle craquait déjà? Si elle savait ce qu'il était venu lui annoncer réellement... Ils n'en étaient pas  encore là que déjà, elle implosait. Qu'est-ce que tu cherches ? L'absolution ? Le pardon? Pourquoi tu fais ça, tu trouves que c'est pas assez dur ? Non peut-être? Il l'avait fait venir au milieu de nulle part et évoqué sa soeur défunte par pur sadisme ? Il avait mieux à faire de ses soirées, tout de même.  Et réveiller tous ces souvenirs ensevelis depuis plusieurs années l'avaient tout autant chamboulé, même s'il le montrait moins. Rien de tout ça... Alastar gardait la tête froide, il le devait, s'il voulait délivrer le message que Selene lui avait transmis. En serrant les dents, Rackharrow suivit Gabrielle du regard. La brune quitta l'église en trombe, sans se soucier des quelques paires d'yeux qui les observaient depuis son coup de sang.

Al' soupira en lançant un regard à Igbal. La bête, toujours tapie dans l'ombre, lui rendit son œillade dans un reflet rubis. D'un signe à peine perceptible, il invita son maître à essayer, encore. Il le devait. Pour elle.

Lorsqu'il rejoignit Gabrielle, à l'extérieur de la bâtisse, il la trouva presque en pleurs. C'était une vision étrangement troublante. Al' baissa les yeux par pudeur, car il savait que les personnes fortes comme elle peinaient à dévoiler ce que beaucoup prenaient pour de la faiblesse. Problème : ils n'avaient pas vraiment de temps à perdre, car on risquait de les apercevoir ensemble, s'ils tardaient à mettre les choses au clair. Mais rien ne servait de la brusquer. Elle était encore instable, chamboulée par leur discussion.

Je ne t'ai pas demandé de venir pour te faire subir ça. C'était sa façon, peut-être trop subtile, de s'excuser malgré tout. Alors, finissons-en, ça fait bien trop longtemps que j'ai ça sur la conscience. Il devait bien rentrer tout de suite dans le vif du sujet s'il voulait garder son attention. Selene... c'était la première fois qu'il prononçait son prénom, et il retint son souffle dans un frisson inexplicable, elle m'a dit quelque chose avant sa mort. Au départ je n'ai pas compris, ce n'est qu'avec le recul que tout est devenu clair...D'après elle, un an plus tard, une organisation verrait le jour... elle n'a pas été très précise, mais je pense qu'elle parlait d'un groupe destiné à renverser Voldemort. Al' reprit sa respiration. C'était donc maintenant. Et ce serait à jamais.

Elle m'a parlé de ces personnes, et m'a affirmé que tu en ferais partie. Alors... je suis venu te voir parce que j'aimerais faire quelque chose pour elle... Les mots peinaient à venir, et pourtant Alastar qui redoutait tellement cet instant sentait qu'il réalisait l'une des meilleures actions de sa vie. Ce sentiment, ainsi que l'espoir de voir un jour ses ambitions se concrétiser, le poussaient à continuer, à achever ces phrases pourtant si simples. Parce qu'on l'a tuée, je veux la venger. S'il y a quelque chose, je veux le savoir, et je veux y contribuer, à ma manière.

On aurait pu l'exécuter pour ça. Sur le champ. Mais Al' s'en moquait bien, car il ne s'était jamais senti aussi libre qu'en cet instant.
Parchemin envoyé Mar 17 Mai - 16:09

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Ça, elle ne l'avait pas vu venir. Gabrielle n'avait pas l'habitude de perdre à ce point le contrôle, bien sûr elle était plutôt colérique et impulsive. Mais jamais du genre à craquer ainsi, nerveusement, presque au bord des larmes. Quitter l’atmosphère confinée de l'église lui fit cependant du bien, respirer un air nouveau, plus frais était salutaire, les derniers rayons du soleil lui chauffant doucement le visage. Elle passa une main tremblante sur son front, les yeux toujours clos. Elle devait se reprendre, et vite, elle le savait. Elle prit une profonde inspiration. Alastar était là. Il l'avait suivi et la regardait à présent, à quelques pas d'elle. Elle se redressa et fit de son mieux pour retrouver une contenance. La raison de la médicomage vacillait, oscillait entre lui faire regretter d'avoir assisté à cet instant de faiblesse et le laisser là, en plan, s'en aller, lui tourner le dos et tout faire pour ne jamais penser encore à cette entrevue. Dans son message, il avait dit savoir quelque chose sur Sélène. Si elle avait su qu'il était l'expéditeur, elle ne serait pas venu. Ravagée par le chagrin, la douleur de la mort des siens, elle ne parvenait plus à penser de façon rationnelle et tout ce qu'elle pouvait entrevoir, c'était Alastar, immobile, qui lui avait demandé de venir uniquement pour rouvrir de vieilles blessures. Comme une forme de torture.

Je ne t'ai pas demandé de venir pour te faire subir ça.. Ses lèvres se tordirent en un sourire incrédule, désabusé. Menteur. Alors, finissons-en, ça fait bien trop longtemps que j'ai ça sur la conscience. Malgré elle, Gabrielle se redressa, plus attentive. Elle attendit en silence, il semblait chercher ses mots, ordonner ses pensées. Sélène... Elle se raidit, une ombre noire passa dans ses yeux mordorés. Le prénom si doux de sa sœur sonnait étrangement dans la bouche d'Alastar. Comme s'il n'y avait pas sa place. Pourtant, il l'avait dit avec une douceur qu'elle n'aurait pas pu soupçonner. elle m'a dit quelque chose avant sa mort. Au départ je n'ai pas compris, ce n'est qu'avec le recul que tout est devenu clair...D'après elle, un an plus tard, une organisation verrait le jour... elle n'a pas été très précise, mais je pense qu'elle parlait d'un groupe destiné à renverser Voldemort. Gabrielle sentit le nœud dans son ventre se serrer un peu plus. Elle avait toujours su que sa sœur savait des choses, elle ne parvenaient pas à se l'expliquer, c'était ainsi, c'est tout. Sélène avait cette capacité, parfois, elle devinait ce qui allait se passer. Quand elle était enfant, Gaby pensait que c'était un genre d'instinct sur-développé, en grandissant elle avait compris que c'était bien plus compliqué que ça. Sélène savait, c'est tout, elle voyait. Alors elle ne doutait pas une seconde qu'Alastar disait la vérité, il ne pouvait pas comprendre l'ampleur de ce genre de révélation. Mais pourquoi Sélène ne lui en avait-elle pas parlé ? Avait-elle vu la Purge ? La mort des leurs ? Sûrement pas, sinon elle l'aurait empêché. Mais elle avait du voir le Phénix mourir puis renaître. Elle m'a parlé de ces personnes, et m'a affirmé que tu en ferais partie. Alors... je suis venu te voir parce que j'aimerais faire quelque chose pour elle... Sélène faisait confiance à Alastar à ce point ? Au point de savoir que l'Ordre se relèverait, et que sa sœur en fairait partit ? Elle avait remit la vie de Gabrielle entre les mains d'un Rackharrow. D'instinct, Gabrielle rejeta cette idée. Et il voulait « faire quelque chose pour elle » ? Gabrielle avait la sensation d'être en plein rêve. Elle n'osait même pas comprendre ce qu'il voulait dire par là. Etait-il vraiment en train de lui demander ce qu'elle redouter de comprendre ? Il semblait bien que oui. Parce qu'on l'a tuée, je veux la venger. S'il y a quelque chose, je veux le savoir, et je veux y contribuer, à ma manière. Tout ça commençait à ressembler beaucoup trop à un piège. Pourtant il n'y avait personne d'autre qu'eux. Il voulait rejoindre l'Ordre ? Menteur, une fois de plus. On ne pouvait pas se fier à ces gens là. Des traîtres, des monstres, des tueurs. Elle le savait. Tu te moques de moi là ? C'est le piège le plus grossier du monde. Il la prenait pour une idiote ? Il pensait qu'elle allait l’accueillir les bras ouverts ? « Bien sûr, je vais te présenter à l'Ordre du Phénix, viens, je vais te montrer notre QG et te dévoiler nos plans et nos identités ! » Comme ça, une fois qu'elle aurait admis qu'il y avait bien une organisation qui luttait contre les mangemorts, il n'aurait plus qu'à la dénoncer, à attendre que le Ministère lui tombe dessus, la torture pour la faire parler et l'exécute. Sans avoir à se salir les mains. Elle éclata d'un rire incrédule. Je vois pas de quoi tu parles, je comprend rien à tes élucubrations, Rackharrow. Il n'avait pas raisonnablement pu s'attendre à une autre réaction. Il ne la mènerait pas à la mort si facilement. Je sais pas ce qu'on te fait chez les mangemorts mais ça a du te griller le cerveau. asséna-t-elle d'un ton résolument moqueur.

Elle le dépassa et de faufila dans les ruelles. Une fois certaine que personne ne pouvait la voir, elle transplana. Elle rentra chez elle et s'enferma dans son appartement. Dans le noir le plus complet, elle réfléchit. Les mots d'Alasatar lui tournait dans la tête, ritournelle entêtante, au point de la rendre folle. Il avait l'air de souffrir sincèrement de la mort de Sélène. Mais non, elle ne pouvait pas lui faire confiance. L'enjeu était trop important, elle ne le permettrait pas. Mais si il avait vraiment changé de camps, il devenait un atout de poids pour l'Ordre. Elle ne le savait pas encore, mais elle tournerait les différentes hypothèses dans sa tête longtemps encore avant de se décider à lui laisser sa chance. Ou plutôt à lui accorder le bénéfice du doute, sans toute fois jamais lui faire vraiment confiance.
Parchemin envoyé Dim 3 Juil - 23:45

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Alastar était donc à poil. Il venait, ni plus ni moins, de trahir le camp qu'il servait depuis des années au nom d'une morte. C'était peut-être résumé assez grossièrement, mais c'était bel et bien la vérité. Encore maintenant, il pouvait sentir son coeur battre comme jamais. Il était donc suspendu aux lèvres de Gabrielle, cette Gabrielle qui venait de le planter dans l'église sans se soucier de la présence compromettante de plusieurs moldus. Mais malgré tout, Alastar eut la douce folie d'espérer que cette réaction ne présageait pas un rejet catégorique. Peut-être qu'une fois le choc passé, Gabrielle accepterait de lui faire confiance, lui donnerait un indice, un signe, n'importe quoi. Quelque chose qui ne rendrait pas cette trahison vaine. Un simple hochement de tête aurait suffit. Mais c'était de Gabrielle McGonagall dont il s'agissait. À quoi pouvait-il bien s'attendre ?  Tu te moques de moi là ? C'est le piège le plus grossier du monde. Prends ça dans les dents espèce de crétin. La désillusion était telle qu'Al' eut l'impression de s'écraser au sol après une longue chute. Le genre de chute dont on ne sort pas vivant. Un piège. Évidemment. Il pouvait presque la comprendre. Quel triple idiot. Il s'imaginait qu'elle allait tout balancer sans garantie ? Al' s'en voulut immédiatement d'avoir manqué de stratégie. Pour une fois, il s'était laissé porter par ses sentiments, sans même penser à la manière d'aborder les choses, sans proposer un marché cohérent et correct pour Gabrielle. Il voulut s'expliquer, il allait ajouter que rien n'obligeait la brune à le croire et qu'il était prêt à faire ses preuves, mais cette fois, ce fut un rire moqueur qui lui cloua le bec. Je vois pas de quoi tu parles, je comprends rien à tes élucubrations, Rackharrow. Frustré de ne pouvoir s'expliquer comme il l'aurait souhaité et excédé par sa propre bêtise, Alastar perdit le contrôle. Laisse-moi parler par Merlin ! Mais en s'énervant, le sorcier savait qu'il perdait en crédibilité et qu'il encourageait Gabrielle à se braquer davantage. Bref, c'était un véritable cercle vicieux.  Je sais pas ce qu'on te fait chez les mangemorts mais ça a du te griller le cerveau. Cette fois, Al' dut se retenir pour ne pas céder aux insultes. Il la fusilla du regard sans oser s'exprimer, car il n'aurait pu ouvrir la bouche que pour la remettre à sa place et ce n'était pas le moment.  

McGonagall choisit ce moment pour fuir. Elle le planta là, comme un imbécile pour aller se perdre dans les ruelles voisines. Attends! Elle allait transplaner d'un moment à l'autre. Il devait au moins essayer. Mettant miraculeusement sa rancoeur de côté, Rackharrow la rattrapa juste à temps pour lui glisser, avant qu'elle disparaisse. Je ne demande rien en retour. Tu n'as pas à me donner de nom Gabrielle tu comprends ? Tu n'as RIEN à me donner... mais elle disparut. L'écoutait-elle seulement ? Al' ne pouvait en être certain. Comment pouvait-on raisonner une âme tiraillée par la haine et le chagrin ?

Il se perdit dans un pub, ce soir-là. Il ressassa ce moment qui resterait sans doute l'un des plus déterminants de sa vie. Peut-être venait-il de s'enterrer, peut-être venait-il de trahir les siens, mais peut-être avait-il aussi gagné sa place dans ce monde où il errait sans but, et surtout, peut-être venait-il de venger Selene, à sa manière. Il sourit. Il sourit enfin car cette pensée le rendait heureux, tout simplement.
Parchemin envoyé

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